RJDH-RCA - Actualités

Centrafrique : les 3R s’opposent une fois de plus au redéploiement des agents de l’ANE dans le nord-ouest du pays

NGAOUNDAYE, 02 octobre 2020 (RJDH) ---Les 3R ont chassés de Ngaoundaye et Koui, les superviseurs de l’ANE déployés pour la formation des agents tablettes et recenseurs locaux de l’Ouham-Pendé. Incident survenu le jeudi 01 octobre dans le Nord-Ouest du pays.

Suspendues pour des raisons de sécurité depuis plus d’un mois dans les régions du Nord-Ouest du pays, les opérations de recensement d’électeurs sur la liste électorale, la réussite, dépendent de la bonne des combattants rebelles des 3R. 

Le cas le plus patent est le refoulement des agents de l’ANE de Ngaoundaye, jeudi 1er octobre, par les éléments de ce groupe armé après un second déploiement dans ces zones malgré les dispositifs sécuritaires promis par la MINUSCA et le Gouvernement.

Une autorité locale jointe au téléphone par le RJDH, a rapporté que les assaillants avaient pour objectif la confiscation des kits électoraux. « Ils étaient informés de l’arrivée de l’équipe de l’ANE dans la localité, et ont déclenché les attaques au moment où ils s’apprêtaient à démarrer la formation des nouveaux agents locaux mais ils ont été repoussés grâce aux casques bleus qui étaient là pour la sécurisation des opérations ».

Pour les 3R, sans ambages, « le gouvernement doit au préalable engager des discussions avec eux avant de laisser poursuivre ces opérations ». Face à ces menaces, la MINUSCA a ramené ces agents dans l’une de ses bases dans la région, rapporte une autre source à Ngaoundaye.

Une situation décriée par les élus de l’Ouham-Pendé qui ne cache plus leur inquiétude, quant à l’impossibilité d’enrôler les électeurs dans ce climat d’insécurité nourri par les 3R depuis un bon moment.

En clair, les 3R sont dans la logique de faire échec aux opérations électorale dans une partie de l’Ouham-Pendé et Nana Mambéré, seul moyen de pression pour eux, de ramener le gouvernement à la table de négociation pour obtenir un cessé le feu dans le cadre de l’opération militaire lancée contre eux au mois de juin dernier.

Ketsia Kolissio

vendredi, 02 octobre 2020 14:59 Écrit par Dans INFO-ELECTIONS

Centrafrique : la porosité de frontière entre la RCA et le Cameroun favorise le commerce illicite de diamant et or à l’ouest du pays

BERBERATI, 02 octobre 2020 (RJDH) ---Le commerce illicite de diamant et d’or se multiplie dans les zones minières à l’ouest de la RCA, frontalières avec le Cameroun. Une situation déplorée par le comité local du suivi de Processus de Kimberley de Berberati qui, au cours de la 3ème réunion trimestrielle du 28 septembre, appelle les autorités centrafricaines à renforcer le système de contrôle.

L’afflux des coopératives et sociétés minières dans des villes minières proches de la frontière camerounaise et congolaise, fait bouleverser le système de commercialisation de diamant et de l’or dans cette partie de l’ouest de RCA. Le contrôle des activités minières devient de plus en plus difficile car, les services des mines notamment, l’Unité Spéciale Anti-fraude (USAF) n’arrivent pas à maîtriser le circuit.

Selon le comité local du suivi de Processus de Kimberley de Berberati, cette situation s’explique par le fait que ces frontières sont moins sécurisées. Vue sa perméabilité, des sujets étrangers s’affluent dans les zones minières telles que Gamboula, Sosso-Nakombo, Dede-Mokouba dans l’intérêt d’acheter frauduleusement le diamant et l’or, « la RCA partage les frontières avec le Cameroun et le Congo. Ses villes ne sont pas solidement couvertes par des éléments de défense et de sécurité censés contrôler les activités minières. Et le diamant sort d’une manière frauduleuse au niveau de la frontière et favorise la contre bande », ont déploré les membres du comité local de Berberati.

De sources concordantes, parlent aussi de certaines complicités des autorités du pays dans le commerce illicite, « vous trouverez des sujets chinois, mauritaniens, burkinabés, camerounais en flagrant délit. Si des poursuites sont engagées, automatiquement des menaces viennent de partout pour obtenir la libération d’une quelconque affaire. Voilà la réalité, qui fait que l’USAF, unité spéciale anti-fraude et les services des mines ont des limites en ce concerne la répression », ajoutent ces sources qui ont souhaité garder l’anonymat.

Le comité demande au gouvernement, l’installation des postes de contrôle de l’USAF et des services de mines à partir des villes frontalières afin de lutter contre la fraude et la contrebande.

Selon le Code Minier de la République Centrafricaine du 29 avril 2009 en son article 187, « sont passibles d'un emprisonnement de deux (2) à cinq (5) ans et d'une amende pouvant aller de cinq cent mille (500.000) à cinquante millions(50.000 000) francs CFA ou à deux (2) fois la valeur de la marchandise saisie ou de I ’une de ces deux peines seulement, les personnes qui, n'ayant les qualités ni de collecteur, ni d'agent acheteur d'un Bureau d'Achat, d'une bijouterie, d'une taillerie, d'une fonderie ou du COMIGEM se livrent à I’ achat, à la vente et à la transformation illicite de I ‘or, des diamants bruts et d'autres substances minérales », précise le code minier.

Des acteurs miniers avec l’appui du DPAM (Droits de Propriété et Artisanat Minier) ont validé le 16 septembre dernier à Bangui, des nouveaux bordereaux d’achat. L’objectif est de doter le système de commercialisation d’un outil efficace, infalsifiable et riche en informations pouvant contribuer non seulement à la lutte contre la fraude et la contrebande mais aussi au traitement des données statistiques sur la production.

Judicaël Yongo

vendredi, 02 octobre 2020 14:52 Écrit par Dans SECURITE

Centrafrique : 10 000 tonnes de café produit en 2019-2020, selon l’ORCCPA

BANGUI, 02 octobre 2020 (RJDH)---La production caféière en Centrafrique de 2019-2020 est estimée à environ 10 000 tonnes de production, a fait savoir Boniface Damboti directeur général de l’office de règlementation de la commercialisation et du contrôle de conditionnement des produits agricoles en abrégé (ORCCPA). Il l’a indiqué à l’occasion de la journée internationale du café célébré ce 1er octobre 2020 autour du thème : consommons le café centrafricain pour reconstruire la filière.

En RCA, ce moment a permis aux caféiculteurs de réfléchir sur la question de la production et de la consommation du café dans le pays dont le secteur a été fortement touché par la pandémie de Covid 19, provoquant la chute du prix sur le marché mondial selon le Directeur Général de l’ORCCPA, Boniface Damboti.

« Nous célébrons cette journée dans une période critique de maladie à coronavirus. Le prix du café est tombé de 170 frs le kilogramme en février à 130 frs en mars quand la Covid 19 est signalée sur sol centrafricain », a précisé Boniface Damboti.

La campagne 2019-2020, selon l’ORCCPA, est estimée à 10 000 tonnes de café marchand ce qui équivaut à environ 20 000 tonnes de café coq.

Quant aux représentants des torréfacteurs, la présidente directrice générale de café Gbako, Lucienne Maka-Gbossokoto, elle se plaint de la concurrence internationale qui impacte le secteur national en raison des cafés importés. « Notre rôle c’est d’acheter le café marchand et de le transformer par la torréfaction. Nous faisons donc du café moulu. Mais nous sommes confrontés avec beaucoup de concurrence d’autres produits importés et les gens utilisent de mauvais café vendu à très bas prix sur le marché local », se plaint-elle.

« Nous voulons profiter de la journée internationale du café pour nous adresser aux centrafricains de consommer le café local pour que cela puisse profiter aux torréfacteurs, aux commerçants et aux planteurs », a souhaité Madame Lucienne Maka-Gbossokoto.

Instaurée en 2015, c’est pour la première fois que la journée internationale de café a été célébrée en Centrafrique. En RCA, bien que le café est de meilleur qualité, cette filière éprouve des difficultés sur toutes la chaine, depuis la production, la distribution jusqu’à la consommation.

Jocelyne Nadège Kokada et Chancelvie Malembeti

vendredi, 02 octobre 2020 14:50 Écrit par Dans ECONOMIE

Centrafrique : la plate-forme politique Bê-Oko non favorable au vote des réfugiés

BANGUI le 1er octobre 2020 (RJDH) --- La plate-forme Bê-oko appelle les signataires du communiqué du 24 septembre dernier exigeant le vote des réfugiés centrafricains à revoir leur copie. Position exprimée le 30 septembre 2020 lors de la signature d’accord entre l’UNDP d’Amine Michel et le Mouvement Cœurs-Unis. 

C’est suite à un communiqué de presse conjoint publié le 24 septembre dernier par les organisations régionales et internationales demandant aux autorités centrafricaines le droit de vote des réfugiés que l’organisation politique proche du gouvernement monte au créneau pour demander aux signataires la révision du contenu de ce communiqué.  

Pour Thierry Patrick Akoloza, rapporteur de la plate-forme Bê-Oko, le vote des réfugiés n’est pas une exception centrafricaine. « Le vote des réfugiés n’est pas une exception centrafricaine. Les réfugiés à travers le monde ne votent pas. Ils ont perdu ce droit de par les dispositions de la convention de Genève. C’est par obligation morale sur l'insistance de nos partenaires et pour des raisons d’exclusivité que le gouvernement a voulu faire exception », a-t-il ainsi justifié la mise à l’écart des réfugiés.

Cette plateforme politique indique que le vote des réfugiés est soumis à un financement de la part de la communauté internationale. « Le financement lié à ce vote promis par la communauté internationale n’est toujours pas disponible. Les Etats hébergeant les différents sites des réfugiés sont réticents. Sans leur autorisation préalable, aucun vote n’est possible sur le site des réfugiés. Aucune statistique n’est fiable sur la situation des réfugiés. Fort de ce qui précède la plate-forme Bê-Oko demande aux signataires du communiqué du 24 septembre 2020 de revoir leur copie, et d’appuyer le peuple centrafricain à aller aux élections le 27 décembre prochain. » A-t-il souhaité

Pour la plateforme politique Bê-Oko, de poursuivre, « la réalisation à bonne date des élections doit rester une priorité absolue. Et dès lors que l’ANE elle-même a fait savoir que cela ne sera pas réalisable, le gouvernement en prend acte ou de plus à l’heure actuelle plusieurs facteurs objectifs sont de nature à entraver le processus de ce vote, ou à provoquer un grand retard sur le processus global. »

La question de la tenue des élections du 27 décembre prochains reste divergente entre le pouvoir en place et l’opposition démocratique qui exige le glissement de la date des élections prévue pour le mois de décembre prochain.

Carlos Watou

jeudi, 01 octobre 2020 14:03 Écrit par Dans Politique

Centrafrique : les personnes de troisième âge appellent à la création d’un asile de retraite

BANGUI, 01er octobre 2020 (RJDH)---Les personnes âgées déplorent leurs conditions de vie à travers le pays et appellent à la construction d’un centre de retraite pour cette catégorie de personne. Position exprimée ce 1er octobre 2020 à l’occasion de la journée internationale des personnes âgées.  

Les multiples cas d’agression orientés vers les personnes de 3e âge n’ont cessé de prendre une proportion inquiétante en Centrafrique. Celles-ci déplorent le sort qui leur est réservé et s’inquiètent pour leur condition de vie.

Odile Wanga, la soixantaine, se préoccupe de sa situation sociale et sécuritaire car, selon elle, la vieillesse en Centrafrique rime avec la sorcellerie. « Les personnes âgées éprouvent d’énormes difficultés surtout sur le plan social et sécuritaire. En réalité nous sommes maltraitées jusqu’à un niveau élevé. A titre d’illustration je n’ai personne pour s’occuper de moi car j’ai perdu mon enfant si bien que je me sens abandonnée. Au moment où je vous parle je suis malade mais je ne sais quoi faire. La plupart des personnes âgées font l’objet des plusieurs accusations entre autre la sorcellerie. » S’est-elle plainte.

« Nous sommes vraiment vulnérables à cause de notre position sociale et physique. Les personnes âgées en générale et en particulier celles de l’arrière-pays vivent dans la crainte car elles peuvent être agressées à tous moment. Nous demandons aux autorités du pays de construire un grand centre pouvant abriter cette catégorie de personne », demande Odile Wanga.    

Il y a lieu de le rappeler qu’en République Centrafricaine, les conditions de vie des personnes âgées sont loin d’être améliorées. Ces personnes ont toujours été victimes de traitements cruels inhumains ou dégradants : accusées de sorcellerie ou lynchées, abandonnées pour la plupart dans les villages ou foyers.

Carlos Watou

jeudi, 01 octobre 2020 13:23 Écrit par Dans Femme/Enfant

Centrafrique : Faux ! Tous les porteurs de masque ne sont pas infectés par le coronavirus en Centrafrique

BANGUI, 01er octobre 2020 (RJDH/Fact-Checking)---La rumeur selon laquelle ceux qui portent les masques en Centrafrique sont tous porteurs du coronavirus, est une fausse imagination car aucune preuve ne la démontre. Or, le port de masque est efficace pour lutter contre le coronavirus.

Le constat a été fait par la rédaction de Fact-checking depuis le mois d’août au bord de la route, dans les transports en commun ainsi qu'aux marchés de différents arrondissements de Bangui et dans l’arrière-pays. Selon la rumeur, tous ceux qui portent les masques sont des porteurs du virus.

Une fausse rumeur selon les spécialistes de la santé 

Compte tenu de l’évolution des personnes atteintes de la Covid-19 à travers le Monde, l’Organisation Mondiale de la Santé estime que les gouvernements de chaque pays devraient inciter le grand public à porter un masque lorsque la transmission est généralisée et quand la distanciation physique est difficile comme au marché, dans les transports publics. Mais pour dire que tous ceux utilisent le masque sont porteurs de covid-19 est une fausse rumeur dont il faut se méfier.

Docteur Louis-Médard Ouarandji, responsable du centre de prise en charge des personnes atteintes de la Covid-19 réfute en bloc cette rumeur en ces termes : Les autorités du pays nous a recommandé de respecter les gestes barrières pour ne pas contracter le coronavirus. Nous avons deux catégories de ceux qui portent le masque, cela signifie que, si une personne est atteinte de la covid-19, elle ne va pas transmettre à une autre à travers le masque qu’elle porte. Pour celles qui ne sont pas encore atteintes, lorsqu’elles portent le masque, elles ne peuvent pas attraper le nouveau coronavirus car le masque protège contre l’infection de tiers et agit comme une barrière pour empêcher la propagation du virus du porteur à d’autres personnes », a-t-il expliqué.

L’efficacité du masque est en effet confirmée par de récentes études, à commencer par celle d’une équipe canadienne diligentée par l’OMS, dont les conclusions ont été publiées au début de ce mois par la revue The Lancet.

Il en ressort que le port de masque réduit la probabilité d’être contaminé par le nouveau coronavirus de 85 ℅ en cas de rencontre avec une personne. Dans cette même revue, méta-analyse de 172 études observationnelles menées dans 16 pays sur tous continents montrent que le taux de contamination des personnes en bonne santé côtoyant un individu touché par la covid-19 passe de 17,4℅ à 3,1℅ si elle porte un masque et protège le visage.

Britney Line Ngalingbo/Redaction du Fact-checking (AFC)

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jeudi, 01 octobre 2020 13:20 Écrit par Dans Fact Checking

Centrafrique : la loi portant modification du code électoral promulguée

BANGUI, 01er octobre 2020 (RJDH)--- La loi sur le code électoral a été promulguée le 26 septembre dernier après l’avis conforme de la cour constitutionnelle, le 25 septembre 2020. Selon la cour, le projet de loi adopté par les députés le 23 septembre dernier est conforme à la constitution, et promulgué par le chef de l’Etat le 27 septembre 2020.

Cette décision permettra à l’Autorité Nationale des Elections ANE de boucler les opérations d’enrôlement dans certaines parties du pays et de l’étranger et publiée le calendrier technique des opérations spécifiques le 08 octobre comme le veuillent les autorités centrafricaines.

Le président de la République a saisi la cour constitutionnelle le 24 septembre aux fins d’examiner la conformité à la constitution, de la loi portant dérogation à certaines dispositions de la loi numéro 19. 0012 du 20 aout 2019 portant code électoral de la République Centrafricaine.

« La cour a déclaré que la procédure d’élaboration de la loi portant dérogation à certaines dispositions de la loi n° 19.0012 du 20 aout 2019 portant le code électoral de la RCA est conforme à la constitution », lit-on dans l’avis rendu par la Cour.

La loi électorale est déjà promulguée le 26 septembre par le président de la République ce qui permettra à l’ANE de poursuivre ces opérations dans la fourchette qui lui a été accordée afin d’organiser les élections groupées le 27 décembre 2020.

Jocelyne Nadège Kokada

jeudi, 01 octobre 2020 13:17 Écrit par Dans INFO-ELECTIONS

Centrafrique : 500 personnes sur 700 détenues en détention provisoire à la maison centrale de Ngaragba

BANGUI, 30 septembre 2020 (RJDH) --- Environ 500 personnes sont en détention provisoire sur les 700 détenues à la Maison Centrale de Ngaragba, a dénoncé la conférence sur les réformes pénitentiaires, du 30 septembre au 1er octobre à Bangui.

La situation des personnes détenues provisoirement dans les centres pénitenciers est au cœur de préoccupation des organisations de la défense des droits de l’homme en Centrafrique. Pour le magistrat Arsène Sende, en présentant l’état des lieux du système pénitentiaire en Centrafrique, il a relevé que sur les 38 maisons d’arrêt que compte le pays, 13 seulement ont été réhabilitées par les partenaires de la Centrafrique principalement la MINUSCA. « Cette situation a occasionné la surpopulation de la maison Centrale de Ngaragba, avec aujourd’hui 700 prisonniers, dont 500 personnes sont en détention provisoire », a fait savoir le magistrat.

Une situation décriée par Gérard Valery Gonda Directeur régional des services pénitentiaires, qui appelle à ce que les droits des personnes détenues soient respectés. « Pour résoudre cette problématique, les partenaires internationaux ont exigé au gouvernement centrafricain de revoir le système pénitentiaire, dans le but d’améliorer les conditions des détenus dans les centres carcéraux.  C’est pourquoi, nous nous sommes réunis aujourd’hui pour échanger sur la politique de la démilitarisation des maisons d’arrêt », dit-il.

Des recommandations sur la mise en œuvre des réformes pénitentiaires en Centrafrique sont attendues à la fin de cette conférence qui a regroupé des partenaires nationaux et internationaux.

Auguste Bati-Kalamet

jeudi, 01 octobre 2020 13:08 Écrit par Dans DROITS DE L’HOMME

Centrafrique : le personnel d’appui du ministère des arts de la culture exige le paiement de 4 mois d’arriérés de salaire   

BANGUI, 01er octobre 2020 (RJDH)--- Le personnel d’appui du ministère des arts, de la culture et du tourisme poursuit son mouvement de grève entamé depuis mercredi 30 septembre, pour réclamer le paiement de leur 4 mois d’arriérés de salaires et leur intégration dans la fonction publique. 

Encore très tôt ce matin, le personnel d’appui a investi les locaux dudit ministère bloquant ainsi l’entrée principale de la clôture. A première vue, la concession du ministère des arts de la culture et du tourisme est décorée par des feuilles de palmier, les activités sont paralysées, des sifflets en mains, les manifestants exigent le paiement de 4 mois d’arriérés de salaire et leur intégration dans la fonction publique.

Le délégué adjoint du compte d’affection spécial du développement touristique CAS/ DT, l’un des manifestants, déclare : « comme vous voyez nous revendiquons les 4 mois d’arriérés de salaires et il y a une collègue qui totalise, elle, 6 mois d’arriérés et en plus nous voulons notre intégration. C’est le personnel d’appui qui fait tourner le ministère, les responsables ne veulent rien faire pour notre intégration.  Pour nous payer, cela devient un problème. Si nos revendications ne sont pas prises en compte, nous continuerons le mouvement de grève. »

Pour Honoré Blaise Mohanda, directeur des ressources humaines au ministère des arts, de la culture et du tourisme, les démarches sont en cours au niveau du ministère des finances pour décompter cette situation.

« Le département à travers le directeur de cabinet a entamé des démarches au niveau du ministère des finances pour qu’une solution d’urgence soit trouvée, malheureusement l’administration n’a pas fini la négociation et le personnel a décidé de se mettre en grève », a-t-il expliqué au RJDH

Cette grogne sociale intervient au moment où le ministère des arts, de la culture et du tourisme, organise une consultation pour la relecture et la validation du document de la politique culturelle en partenariat avec l’organisation international de la francophonie. En février dernier, ces manifestants revendiquaient déjà 3 mois d’arriérés de salaire.

Jocelyne Nadège Kokada

jeudi, 01 octobre 2020 12:57 Écrit par Dans SOCIETE

Centrafrique : « Malgré la Covid-19, le Sida n’est pas confiné. Ensemble, continuons la lutte », déclare Dr Patrick Eba de l’ONUSIDA

BANGUI, 1er Octobre 2020 (RJDH) – D’après l’ONUSIDA les personnes vivant avec le VIH et les personnes affectées par la tuberculose présentent une certaine vulnérabilité à la COVID-19. Alors que plus de 4000 personnes infectées meurent du Sida chaque année, plus de 5000 nouvelles infections sont enregistrées parmi les adultes et 1000 nouvelles infections touchant les enfants de moins de 5 ans, les actions de prévention et de prise en charge du VIH-Sida ne doivent pas souffrir du relâchement, comme ressort dans cette interview exclusive réalisée par le RJDH-RCA.

Docteur Patrick Eba, directeur-pays de l’ONUSIDA en Centrafrique répond aux questions du RJDH et appelle à plus de mobilisation contre le VIH-Sida.

RJDH: Dr Patrick Eba Bonjour,

Dr Patrick Eba : Bonjour

RJDH : La Covid-19 a impacté plusieurs secteurs depuis son apparition en Centrafrique. Dites-nous en quoi cette pandémie a impacté la riposte contre le VIH-Sida.

Dr Patrick Eba : Dès l’émergence de cette pandémie, nous avons averti du danger que représente l’apparition d’une pandémie comme la Covid-19 en Centrafrique avec son impact sur la possibilité des gens de se déplacer mais aussi avec son impact sur la santé de certaines personnes fragiles telles que les personnes vivant avec le VIH.  Nous étions très inquiets que les personnes séropositives du fait de leur système immunitaire affaibli, se retrouvent plus vulnérables que d’autres populations. Nous avions la même inquiétude pour les personnes qui vivent avec la tuberculose.

Par-ailleurs, la distribution des médicaments antirétroviraux (ARV) requiert l’existence d’une logistique efficace et aussi que les patients puissent se déplacer vers les centres de santé. Mais avec les difficultés de déplacement lié à la pandémie de la Covid-19, nous craignions que cela ait un impact sur les patients. Le bureau pays de l’ONUSIDA en Centrafrique a donc dès le mois de mai 2020 lancé ici avec le ministère de la santé et le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS), une enquête auprès des patients et des personnes séropositives et cette enquête a en effet confirmé nos inquiétudes.

D’après cette enquête, plus de 80% des personnes séropositives étaient très inquiets à cause de la Covid-19. Les résultats de cette enquête indiquent que plus de 40% des patients craignaient de ne pas avoir leur médicament à temps. D’autres étaient très inquiets au sujet de leur possibilité de se déplacer pour aller prendre leur médicament.

Donc, il y a une vraie vulnérabilité et des vraies inquiétudes pour les personnes séropositives liées à la Covid-19

RJDH : Au moins 11% des cas positifs de la Covid-19 sont des personnes séropositives selon le ministère de la santé.  Dites-nous Docteur en tant que 1er partenaire de lutte contre le VIH-Sida, quelles sont les orientations que vous avez données au gouvernement pour ne pas oublier le combat contre le VIH-Sida ?

Dr Patrick Eba : Dès le début de cette pandémie, nous avons attiré l’attention sur la vulnérabilité des personnes séropositives, au moins 110.000 actuellement. Mais cela a été bien reçu par le ministère de la santé et les autres partenaires de la lutte contre le sida. Il a été mis sur pieds une stratégie pour distribuer les médicaments aux personnes séropositives sur plusieurs mois. Grâce à cette stratégie, cela a permis d’éviter les ruptures de traitement. Aujourd’hui, les patients séropositifs peuvent recevoir dans leurs centres de santé leurs traitements sur trois mois. Lorsque les patients seront bien traités, bien suivis, leur système immunitaire se retrouve être boosté et ils ont moins de risque de tomber malade du fait d’autres maladies.

L’autre chose, cela a été de travailler pour que, les personnes séropositives soient conscientes des risques et des vulnérabilités. Nous l’avons fait à travers des activités de sensibilisation avec le ministère de la santé pour informer les patients mais aussi pour nous assurer de leur prise en charge. L’ONUSIDA et l’OIM ont également lancé un projet de fabrication et de distribution gratuite de masques pour la protection des personnes vivant avec le VIH contre la COVID-19.

RJDH : Pour dire que malgré la Covid-19, l’ONUSIDA continue à appuyer la prise en charge médicale des personnes séropositives ? 

Dr Patrick Eba : Absolument. Et comme dit le slogan de notre campagne, « le Sida n’est pas confiné ». Nous devons continuer la lutte. Et c’est parce que le sida n’est pas confiné que les vulnérabilités continuent d’exister et que nous devons rester déterminer.

Vous savez en Centrafrique, chaque année, c’est plus de 4000 personnes qui meurent du fait du Sida. Chaque année, nous avons environs 5000 personnes qui sont nouvellement infectées par le VIH. Chaque année, nous avons plus de 1000 enfants de moins de 5 ans qui sont nouvellement infectés par le VIH. Cela veut dire que nous devons rester mobiliser et cette mobilisation ne doit pas être flanché, ne doit pas s’arrêter à cause de la Covid-19. Donc, nous continuons notre action avec le gouvernement, avec l’appui de l’Unicef, de l’OMS, des agences du système des nations-unies et d’autres partenaires.

L’année dernière, nous avions lancé un plan national pour accélérer la prévention du VIH. Nous avons aussi travaillé cette année, malgré la Covid-19 sur la soumission par la Centrafrique d’une demande pour financer toute la réponse au VIH et nous venons d’obtenir 68 millions d’euros pour l’accès au traitement des personnes séropositives. C’est le signe que nous continuons notre combat.

Nous avons lancé une charte nationale pour zéro discrimination, une charte des patients qui dit que les patients ne doivent pas être victimes de mauvais traitement, de discrimination ou d’autres habitudes négatives dans les hôpitaux. C’est le signe que nous sommes mobilisés et nous continuons la lutte malgré la Covid-19.

RJDH : La Centrafrique, pays où le taux des nouvelles infections reste élevé, dites-nous la Covid-19 a-t-elle modifié les directives de lutte contre le Sida ?

Dr Patrick Eba : Du point de vue de l’accès au traitement, il y a eu des modifications pour tenir compte de la situation nouvelle. Avant, les patients qui allaient au centre de prise en charge ont leur traitement sur une période d’un mois. Aujourd’hui, puisqu’il est difficile de se déplacer, puisque le transport coute plus cher maintenant, le ministère de la santé et l’ONUSIDA ont décidé que les patients séropositifs auront leur traitement sur trois mois, comme cela,  ils ne pourront pas revenir chaque mois et cela réduit le cout de transport. C’est de façon concrète l’une des mesures qui a été prise pour tenir compte de la situation actuelle de modification de directives existantes.

Un autre domaine, les activités de sensibilisation sur le VIH intègrent la Covid-19. L’ONUSIDA travaille avec l’OIM, la mairie de Bangui et l’association des maires de la Centrafrique mais aussi le CNLS et le RECAPEV, pour mettre en œuvre un projet sur la prévention du VIH auprès des personnes déplacées. Dans le cadre de ce projet, nous menons des activités ici à Bangui, à Bimbo, à Begoua mais aussi à Bambari et à Obo. Dans les messages de sensibilisation, nous ne parlons pas seulement du VIH. Nous avons adapté le message de sensibilisation pour aussi mentionner la Covid-19. Nous disons aux gens que si le masque, la distance physique et le lavage des mains protègent contre la Covid-19, le préservatif, l’abstinence, la réduction des partenaires sexuels, la fin des violences basées sur le genre demeurent les mesures efficaces contre la maladie du sida. En même temps, nous encourageons les gens à se faire dépister pour la Covid-19 mais aussi pour le VIH Sida. Donc, nous utilisons cette campagne contre la covid-19 comme aussi une opportunité pour rappeler à la population que le sida n’est pas confiné.

RJDH : Depuis les dernières enquêtes multi index (MICS) 2010, dix ans après, iront-nous vers une enquête plus globale pour mesurer l’ampleur du VIH ?

Dr Patrick Eba : Nous continuons de travailler pour avoir des données plus surs, plus efficaces sur le VIH. Il est vrai que l’enquête MICS a eu lieu en 2010, mais avec l’appui de l’Unicef et le ministère de la santé, de l’ICASEES, il y’a un travail qui est en train d’être fait pour une nouvelle enquête mics. Une partie de cette enquête a déjà eu lieu l’année passée et nous devions continuer vers la finalisation de cette enquête lorsque la Covid-19 est arrivée et a conduit à un ralentissement des efforts pour finaliser cette enquête. Mais, je suis optimiste. Maintenant que nous allons vers une situation beaucoup plus positive dans la lutte contre la Covid-19, en lien avec nos collègues de l’Unicef, de l’OMS et du ministère de la santé, nous pourrons reprendre le fil de cette enquête.

Je dois aussi rappeler que si nous attendons les résultats de l’enquête MICS, cela n’est pas la seule enquête que nous utilisons sur le VIH. Chaque année, nous avons des données qui nous permettent de savoir plus ou moins quelle est la prévalence du VIH en Centrafrique.

Aujourd’hui, nous avons une prévalence de 3,6% qui représente une réduction dans ce pays (4,9% en 2010), même s’il y a encore des efforts à faire. Nous utilisons aussi des données qui viennent des sites de traitement. A ce niveau, nous savons aujourd’hui, combien de personnes sont traitées, ceux qui ne reviennent pas pour prendre le traitement. Cela nous donne une certaine visibilité sur la réponse même si c’est vrai que l’enquête Mixte nous donnera encore plus de précisions sur certains domaines d’intervention. 

RJDH : Dr Patrick Eba, directeur-pays de l’ONUSIDA, nous vous remercions.

Dr Patrick Eba : C’est à moi de vous remercier pour cette opportunité que le RJDH nous donne de rappeler à la population que malgré la Covid-19, le Sida n’est pas confiné. Ensemble, continuons la lutte, continuons la prévention, continuons d’encourager l’accès au traitement et rappelons à tous que les personnes vivant avec le VIH ne doivent pas faire l’objet de discrimination.

Interview réalisée par Fridolin Ngoulou

 

 

jeudi, 01 octobre 2020 08:39 Écrit par Dans SANTE
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