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Centrafrique : face à la pandémie du Corona Virus, les leaders communautaires de la commune de Ngotto s’inquiètent

BANGUI, 10 juillet 2020 (RJDH) --- Dans la commune de Ngotto, au nord de la Lobaye, l’on note une faible sensibilisation de la population sur les mesures barrières, a relevé le curé de la commune dans une interview accordée au RJDH la semaine dernière.

« Les dispositifs d’hygiène et de protection sont quasi-inexistants. Les gens s’entremêlent dans le marché, les débits de boissons locales et autres lieux de distractions », constate le curé de la paroisse Sainte Famille de Ngotto, abbé Antarez Madogbanga qui s’en alarme comme bon nombre de ses pairs leaders de la localité. « C’est une pandémie, donc, Ngotto n’est pas épargnée. On ne fait pas de dépistage, il n’y a pas grandes choses par rapport à la sensibilisation dans cette localité. Je suis étonné. On devait utiliser toutes les structures de la place. Parce que beaucoup sont ignorants de cette pandémie », note le prélat.

Cette situation pousse les gens à encore douter. « Dans les marchés, les lieux de distraction, les gens s’entremêlent. Il y a beaucoup de doutes. Pour les uns, cela n’existe pas, c’est la maladie des blancs, pour les autres, ils ne sentent pas concernés car Ngotto est loin de Bangui » a-t-il poursuivi.

Pour y apporter une réponse, la Caritas paroissiale de Ngotto avec l’appui de Caritas internationale a organisé pour cela une séance de sensibilisation à l’endroit des autorités locales et des différents leaders communautaires. « On a présenté cette pandémie, ses modes de transmissions, les mesures barrières.  Cela a été très apprécié par les participants » a-t-il dit.

Un appel est vivement lancé par les leaders communautaires de la commune de Ngotto qui se trouve isolée dans le Nord de la Lobaye vers le district sanitaire de Boda mais surtout du Ministère de la santé et autres partenaires de songer à intensifier la sensibilisation au sein de la population et surtout les ravitailler en kits d’hygiène et de protection.

 Barnabas Badiwi

vendredi, 10 juillet 2020 15:26 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : près de la moitié des centrafricains affectés par l’insécurité alimentaire, selon OCHA

BANGUI, 16 juillet 2020 (RJDH)---Selon l’analyse du cadre intégré́ de classification de la sécurité́́ alimentaire, 2,36 millions de personnes, soit près de la moitié de la population centrafricaine qui est en situation d’insécurité́ alimentaire aiguë. C’est ce qui ressort du bulletin du mois de juin 2020 de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

 Se basant sur l’analyse du cadre intégré́ de classification de la sécurité́́ alimentaire, courant mai à août 2020, correspondant à la période de soudure, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a estimé́ que, « malgré́ l’assistance alimentaire planifiée, 29 sous-préfectures, soit 0,75 million de personnes représentant 16% de la population, sont en situation d’urgence alimentaire , tandis que 35 sous-préfectures, soit 1,6 million de personnes représentant 35% de la population, sont en crise . Au total, 2,36 millions de personnes (représentant 51% de la population analysée, 4,59 millions) sont en situation d’insécurité́ alimentaire aiguë », a mentionné le rapport qui la lie à la pandémie de la maladie au Coronavirus.

En dehors de ce chiffre, le rapport a également mentionné que « 1,61 million d’autres personnes, représentant 35% de la population analysée, sont en situation de stress avec le risque pour certains d’entre eux, de basculer dans une situation d’insécurité́ alimentaire plus sévère, au cas où̀ la situation actuelle perdurait », analyse le rapport.

Les enfants selon le document n’ont pas été épargnés par cette situation, « À l’heure actuelle, un enfant sur 18 présente un risque de décès extrêmement élevé en raison de la malnutrition aiguë sévère. Une situation qui pourrait se détériorer puisque, par rapport à l’analyse antérieure de l’IPC, on constate une dégradation importante de la situation alimentaire, notamment à Bangui, avec une augmentation de 25 à 50% de la population en besoin d’assistance, 15% à Sibut et Abba dans la Nana-Mambéré́ et environ 5% dans la majorité́ des sous-préfectures, à l’exception des zones où l’assistance alimentaire planifiée n’était pas prise en compte dans l’analyse antérieure».

Trois facteurs, selon le rapport d’Ocha expliquent ce drame.

D’abord, la persistance des conflits armés et inter-communautaires. Les populations étant les principales cibles et victimes de ces affrontements ont dû pour certaines « contraintes abandonné leurs cultures par crainte d’être prises pour cibles par les hommes en armes ». Ensuite, la faible production agricole pour les cultures vivrières sur la campagne 2019-2020. Le manioc, relève-t-on, a souffert de problèmes phytosanitaires, tandis que les cultures de rente comme l’arachide et le sésame ont pâti de déficits pluviométriques qui ont touché́́ l’ensemble du territoire centrafricain.

A ce déficit, s’ajoutent les effets d’inondations intervenues en toute fin de la campagne et d’autres aléas saisonniers qui ont durement affecté les cultures.  Et enfin, la pandémie de Covid 19 avec les conséquences des mesures restrictives pour barrer la route à la propagation de cette pandémie. Le constat révèle une l’augmentation des prix des intrants agricoles, mais aussi de ceux des transports mais également, le manque de disponibilité́́ de main d’œuvre pour les cultures plus exigeantes en termes d’entretien depuis le début de la pandémie.

« La fermeture partielle des frontières des pays voisins, principalement celles du Cameroun, du Tchad et de la République Démocratique du Congo, les prix des denrées alimentaires importées enregistrent des hausses allant de 3 à 50 % à Bangui pendant la période de l’analyse, et les mêmes tendances haussières ont été́ observées sur les prix des produits locaux », a conclu le rapport.

 Cyrille Wegue

vendredi, 10 juillet 2020 15:19 Écrit par Dans HUMANITAIRE

Centrafrique : Attention infox : le Covid-Organics n’est pas en vente sur le marché en République centrafricaine

BANGUI, 02 juillet 2020 (RJDH-Fact Checking)---Une publication Facebook datant du 16 Juin 2020, partagée par une internaute, fait allusion à une mise en vente, sur le marché centrafricain, du Covid-Organics offert par Madagascar à la République centrafricaine. Cette information est une infox.

Le post prétend que le remède malgache (dit efficace pour prévenir et soigner la Covid-19 par le président de Madagascar), aurait été déjà mis en vente sur le marché en République centrafricaine en ces termes : « Le Ministre de la Santé ce matin disait que le Covid-Organic offert par Madagascar n’avait pas encore été distribué, car l’équipe de chercheurs centrafricains est en train d’établir un protocole. Curieusement, les produits malgaches se retrouvent quand même sur le marché. ». Tout ceci est faux.

Le Ministère de la Santé Publique dément cette information

Interrogé par notre rédaction, le Ministre de la Santé Publique et de la Population, Pierre Somse dit ignorer cette prétendue commercialisation : « Ce don de Madagascar de Covid-Organics, offert à la République Centrafricaine, s'inscrit dans le cadre d’une étude expérimentale qui sera menée par le laboratoire Lavoisier, dans l’enceinte de l’Université de Bangui. Pour l’instant, le stock réceptionné depuis Madagascar est intact. Comment pourrait-il déjà se trouver sur le marché ?», s'est-il interrogé

Notre rédaction s'est rendue au ministère de la santé, auprès de leur service logistique, nous avons pu constater la présence des cartons de Covid-Organics.