Société
lundi, 09 décembre 2019 14:43

Centrafrique: Les enfants des ex-combattants de la Séléka abandonnent l’école après le déguerpissement de leur famille du Camp Beal

BANGUI, le 09 Décembre 2019 (RJDH)---Le déguerpissement des éléments de l’ex-Séléka du camp Beal par les FACA le 19 novembre dernier, a eu un impact négatif sur la situation scolaire de leurs enfants. Estimés à plus de 300 élèves à l’école des 36 Villas, ils ne sont qu’aujourd’hui une dizaine d’enfants à poursuivre encore le chemin de l’école.

Le revers de cette opération de déguerpissement, c’est l’abandon des cours par les enfants vivant avec leurs parents dans le camp Beal. Ces enfants ont été casernés avec leurs familles respectives au niveau de la CNS pour certains en face de l’ENAM. D’autres sont par-contre dans la nature et ne se présentent en salle de classe. « Présentement, ces enfants ne viennent pas. Il y a de cela une semaine, je suis passé par salle de classe. Mais j’ai trouvé seulement un enfant au niveau du CI et deux autres au niveau du CP. Et ceux sont absents sont dans les grandes classes. Or, au niveau du groupe A, ils étaient  au nombre de 233, du CI au CM-2. Mais présentement, c’est moins de 10 enfants qu’on retrouve dans les salles de classe», a fait savoir Marie Angel Ngama Gou, directrice de l’école 36 Villas groupe A. 

Même son de cloche à l’école 36 Villas groupe B, avec son Directeur Jean Baptiste Faranzo, « nous sommes entrés dans la phase des préparatifs des examens du premier trimestre. Nous sommes dans le regret d’annoncer que nous avons souffert d’un petit coup de départ massif de ces enfants. On avait une centaine d’élèves qui fréquentaient cet établissement, qui habitaient ce camp et qui sont partis. Nous savons eu de difficultés parce que nous ne pouvons plus avoir ces enfants parmi nous maintenant », regrette-t-il. 

Face à cette situation inquiétante, « Nous avons émis le vœu que les parents puissent lâcher les enfants de venir à l’école dans un premier temps pour qu’on puisse les recenser, trouver leurs lieux d’habitations, dresser leur liste afin d’envoyer dans les circonscriptions actuelles où ils habitent », a précisé Jean Baptiste Faranzo, Directeur de l’école 36 Villas-B. Cette disposition selon lui, « permettra de faire inscrire ces enfants n’importe où ils se trouveront avec l’appui des autorités compétentes », a indiqué l’enseignant. 

Quant à sa collaboratrice, Directrice du groupe-A, « bientôt, nous allons convoquer une grande réunion des parents d’élèves. Et à l’issue, peut-être que ces parents peuvent les informer afin qu’ils reprennent le chemin de l’école », a fait savoir Marie Angel Ngama Gou.

C’est en tout près de 300 élèves du fondamental-1 qui sont aujourd’hui privés de leurs droits à l’éducation après les opérations de déguerpissement de leurs familles du Camp Béal le 19 novembre dernier.

samedi, 07 décembre 2019 09:18

Rétro-actualité RJDH de la semaine du 02 au 07 Décembre 2019 en 10 points

  • L’Ambassadrice de l’Union Européenne en Centrafrique Samuela Isopi, s’est félicitée de l’organisation de ces activités dans le pays. Les journées portes ouvertes organisées par l’Union Européenne pour montrer l’impact de leur projet sur financement à travers le « Fond Bêkou » à l’endroit de la jeunesse Centrafricaine, se sont terminées le samedi 30 novembre dernier sur une note de satisfaction.
  • La deuxième vague du rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains vivant en République Démocratique du Congo est arrivée lundi 2 décembre à Bangui. Ils étaient une centaine à rentrer au pays et accueillis par le Haut-Commissaire du HCR, Philippo Grandi, et quelques membres du gouvernement centrafricain.
  • De nombreux partenaires financiers de la Caritas Centrafrique, ont mis un terme aux contrats avec cette structure de l’église catholique. Ces décisions, selon les investigations du RJDH, font suite aux soupçons de viol qui pèsent depuis quelques jours sur cette entité.
  • Le Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme en Centrafrique (RJDH-RCA) a mis en place le 05 décembre 2019 le comité d’alerte communautaire pour les violences basées sur le genre dans le 7ème arrondissement de Bangui. Ce comité regroupe des jeunes et autorité locale qui vont travailler sur les questions liées aux VBG dans leur milieu.
  • Affaire Caritas Centrafrique, le Cardinal Dieudonné Nzapalahinga plaide pour que les partenaires financiers de la Caritas Centrafrique qui ont mis un terme aux contrats avec cette structure de l’église catholique de penser aux personnes qu’elle assiste à travers le pays en lien avec les soupçons de viol sur mineurs éclaboussent cette organisation.
  • La Minusca a enregistré une légère augmentation d’actes et exploitation d’abus sexuels en Centrafrique en 2019. 12 cas d’allégations ont été documentés cette année contrairement aux 20 autres cas en 2018.
  • Des éléments de l’UPC maintiennent toujours leur position à Bambouti. Le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro a indiqué tout ce qui était prévu reste de mise et la Minusca continue à travailler avec les autorités dans ce sens.
  • Les enseignants contractuels du fondamental 1 ont manifesté dans la matinée du jeudi 05 décembre devant le Building administratif où se trouve le cabinet du Ministère de l’Enseignement Primaire pour réclamer le payement du dernier trimestre de l’année académique 2018/2019 et leur intégration dans la Fonction Publique.
  • Une fille de 25 ans a tenté d’empoisonner certains membres de sa famille à l’aide de raticide le mercredi 04 décembre à Berberati. A l’origine, une mésentente entre elle et ses parents depuis quelques jours qui l’a conduit à cette pratique. Elle a été arrêtée et placée en détention à la gendarmerie locale de Berberati.
  • Le Haut-commissaire du HCR, Philippo Grandi, plaide en faveur des réfugiés quant à leur participation au processus électoral en Centrafrique. Pour le Haut fonctionnaire des Nations-Unies, les citoyens d’un pays où qu’ils se trouvent doivent participer aux débats qui touchent à leur avenir.
mercredi, 04 décembre 2019 15:55

Centrafrique : « Une personne sur quatre sont des déplacées ou réfugiées », selon Philippo Grandi, Haut-Commissaire de HCR

BANGUI, le 04 Novembre 2019(RJDH)---Une personne sur quatre sont des déplacées ou réfugiées ce qui témoigne une proportion de déplacement qui est parmi les plus élevés aux monde. Un Constat fait par le Haut-commissaire du HCR, Philippo Grandi, en visite en Centrafrique du 02 au 04 décembre. Il l’a fait savoir cet après-midi lors de sa rencontre avec les  professionnels de médias à Bangui.

En visite de trois jours dans le pays, le Haut-commissaire du HCR, Philippo Grandi a indiqué que la  Centrafrique est classée parmi les pays où le nombre des personnes affectées par la crise est en hausse entrainant ainsi leurs déplacements en lien avec les conflits armés.

Pour le Haut-Commissaire du HCR, une personne sur quatre en Centrafrique sont des déplacées, « En Centrafrique, une personne sur quatre sont des déplacées ou réfugiées. C’est beaucoup. C’est une proportion qui est la plus élevée au monde, cela reflète quand même une crise grave qui a sévi dans  ce pays depuis plusieurs années et qui a débouché sur un phénomène de déplacement massif à l’intérieur et à l’extérieur du pays », indique-t-il.    

Le pays renoue peu à peu avec la paix encouragée par des signes manifestés de retour par les déplacés internes, selon Philippo Grandi, « Cet élément, c’est le souhait de beaucoup des centrafricains déplacés ou un certain nombre de ces personnes de rentrer chez elles et d’en terminer avec la dépendance. Je l’ai entendu haut et fort lors de ma visite sur le site des déplacés à Bambari c’est encore une minorité des personnes qui déplorent cette situation qui pose de problème », a cru le Haut-Commissaire du HCR.  

Au-delà de la volonté de retour, il est important d’accompagner ces personnes dans les mesures du possible mais les soutenir n’est pas aussi suffisant dans un pays comme la RCA qui a encore des défis majeurs à relever. « Le retour n’est pas suffisant, c’est la durabilité de ce retour ; c’est soutenir ce retour dans le temps pour que ces déplacés ou réfugiés ne deviennent pas de nouveau des personnes déplacées. C’est là le défi dans un pays qui a encore des défis de sécurité, au niveau des services publiques, au niveau de la présence de  l’administration de l’Etat» a rappelé Philippo Grandi, Haut-commissaire au HCR

La visite du Haut-Commissaire en Centrafrique s’inscrit dans le programme du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés visant à accompagner les réfugiés ayant accepté volontairement de rentrer au pays.