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lundi, 04 mai 2020 12:18 In Politique Tags
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Centrafrique : Mahamat Kamoun qualifie de plan d’épuration ethnique les massacres du Nord-Est 

BANGUI, le 05 mai 2020 (RJDH)---Mahamat Kamoun, ancien premier ministre, qualifie d’épuration ethnique les récentes violations de Ndele ayant occasionné plus d’une trentaine de morts entre le 29 et 30 avril dernier. Déclaration faite le samedi 02 mai à Bangui.

L’ancien premier ministre de transition, Mahamat Kamoun, a indiqué que la situation dans le Nord-Est de la RCA (Birao-Ndele) est un plan d’épuration ethnique. Selon lui, avec le contexte actuel de la maladie à coronavirus, les groupes armés doivent observer une trêve comme l’avait souhaité le Secrétaire Général des Nations-Unies, Antonio Guteres.

Les responsables de ces massacres, selon Mahamat Kamoun, sont bien connus de tous en rappelant le communiqué largement diffusé de Nourd Gregraza, Président du PRNC, deux jours précédant le massacre du 29 avril à Ndele. « Eh oui, je suis en coalition avec le MLCJ qui me suit désormais », et bien loin, « Partout où ils se battent tout le monde sait que, et je l’affirme, ce sont les hommes du PRNC qui sont en première ligne notamment à Birao, Ndélé, Bria, Tiringoulou, Gordil dans tout le Nord-Est du pays », rapporte-t-il.

Face à la gravité de ces massacres répétitifs et l’attitude démissionnaire du gouvernement, « Qu’est-ce que les populations de Birao, Bria et Ndélé ont fait pour mériter pareil sort ? Où sont nos FACA et pourquoi on ne les déploie pas pour assurer la protection de nos populations ? Et pour quelles raisons ces criminels patentés continuent de tuer à grande échelle des innocents en toute impunité et sans être inquiétés ? », s’interroge-t-il.

En exhortant le Gouvernement centrafricain et la Minusca à jouer pleinement leur rôle de protection des populations civiles, Mahamat Kamoun leur demande de prendre leur responsabilité pour arrêter ce plan d’épuration ethnique. « Nous estimons qu’il est grand temps d’engager les poursuites devant les instances judiciaires nationale et internationale contre les auteurs de ces violations graves des droits humains », dit-il.  

Les massacres du 29 avril dernier ont été perpétrés sur le marché de Ndélé, et se sont poursuivis jusqu’au lendemain faisant une trentaine de morts. Cette attaque est la 3ème du genre en l’espace de deux mois avec un bilan provisoire d’une cinquantaine de morts. La situation humanitaire dans cette partie du pays reste préoccupante car plusieurs milliers de personnes se sont réfugiées sur les sites des déplacées de la ville.

Cyrille Wegue

mercredi, 29 avril 2020 13:31 In SANTE Tags
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Centrafrique : 1,280 milliard de FCFA de la France pour soutenir des caravanes de santé à l’intérieur de la RCA

BANGUI, le 29 avril 2020 (RJDH)---La France octroie 1,950 million d’euros, soit 1,280 milliard de Fcfa, pour la mise en œuvre du projet baptisé «Songö» pour fournir des soins gratuits aux habitants du Nord-Est du pays. La signature d’une lettre d’entente y relative a eu lieu le 27 avril entre l’ambassadeur de France Eric Gérard et les ministres de la santé et de la population et du plan et de la coopération.

A travers ce projet, des caravanes de santé avec des ambulances à l’appui iront à la rencontre des populations isolées de la région sanitaire N°5 regroupant la Bamingui-Bangoran, la Vakaga et la Haute-Kotto. L’équipe aura à fournir des soins gratuits aux populations vulnérables de ces régions affectées par la crise. C’est un projet visant à accompagner l’Etat dans la mise en œuvre de l’Accord Politique pour la paix et la Réconciliation du 06 Février 2019.  

« C’est un projet qui puise sa racine du temps de grandes endémies.  Le constat est qu’il y a certaines personnes qui durant toutes leurs n’ont jamais été consulté par un Médecin ou Infirmier avant de mourir. C’est pour cela que nous avons dit qu’il faudrait ressayer encore cette expérience. Cette caravane, c’est une équipe qui va sillonner certaines localités. Et si l’équipe ne peut atteindre certains recoins, elle s’installe dans une localité pour offrir des soins gratuits aux populations des zones périphéries et d’évacuer si possible les cas graves», a expliqué le Ministre de la Santé, Dr, Pierre Somse. 

Tout en rappelant que cette expérience de la région sanitaire N°5 pourrait s’étendre à travers d’autres régions, le ministre Dr Pierre Somse reconnait, « que les gens de la Haute-Kotto, de la Nana-Gribizi et de la Vakaga sont pour la plupart dans la brousse suite à la crise que le pays a connu, les routes sont impraticables. C’est pour cela que le Président de la République a demandé à ce que ce projet soit expérimenté dans la région. Comme ça, les populations s’auront que la paix est revenue, et que les autorités pensent à eux. Mais si l’expérience marche, nous allons étendre l’expérience à travers d’autres régions du pays ».  

Pour Eric Girard, Ambassadeur de la France en RCA, cet appui vise à accompagner le ministère de la santé afin de pouvoir faire bénéficier aux centrafricains des soins appropriés. « Nous avons souhaité accompagné le ministère de la santé qui avait eu cette vision pour être très vite aux côtés de la population et de faire bénéficier à chaque centrafricain les dividendes de la paix. Cela fait partie des projets à mise en place rapide pour lequel la France avait engagé auprès de la Présidence de la République et des ministres pour accompagner l’accord de paix », soutient-il.

L’Ambassadeur de la France précise également que ce projet s’inscrit dans le temps. « Il y a quelque temps avec les autorités dont le ministre de la santé avec le Président, nous avons mis un projet européen lancé à Birao dans le cadre du Fond Bêkou auquel la France participe en tant qu’Etat membre. C’est un projet lourd, structurel dans le temps. Les deux projets s’arriment. Donc, c’est vraiment une étape pour nous, ça veut dire qu’on est ensemble ».

La caravane de santé qui va sillonner la région sanitaire N°5 est tirée du modèle de l’équipe des grandes endémies, initiée par les colons avec comme objectif de barrer la route à des épidémies.  A travers cette caravane et bien qu’il y ait de centres de santé, l’équipe aura à appuyer ces services de soins deux fois l’an.

Cyrille Wegue

mardi, 28 avril 2020 14:21 In JUSTICE Tags
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Centrafrique : L’administration pénitentiaire s’apprête à libérer certains prisonniers

BANGUI, le 28 avril 2020 (RJDH)---L’administration pénitentiaire est actuellement à pied d’œuvre en vue de faciliter la libération dans les jours prochains de certains prisonniers en République Centrafricaine selon le décret présidentiel en date du 24 avril. Une mesure visant à barrer la route à la propagation de Covid 19 dans le milieu carcéral comme le souhaite le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme.

L’administration pénitentiaire annonce la libération dans les jours prochains de certains détenus, tel que prévu par le décret présidentiel en date du 24 avril 2020. « L’administration pénitentiaire en charge est en train de mettre de l’ordre dans les dossiers des concernées conformément aux dispositions du décret », a fait savoir ce mardi 28 avril 2020 le Procureur de la République Laurent Lengade au RJDH.

Contacté sur la question, le Directeur de l’Administration pénitentiaire, Alain Gbaziale a indiqué : « Le processus est déjà en cours. J’ai déployé des équipes sur le terrain et j’attends la suite afin de boucler le dossier et procéder à la libération proprement dite ». 

C’est le samedi 25 avril 2020 que le décret n°20.160 portant libération de certains détenus visant à prévenir la propagation du Covid19 a été rendu public sur les ondes de la radio nationale.

Le décret présidentiel a fixé cinq catégories de détenus pouvant bénéficier de cette grâce liée au Covid19 dans le pays. Il s’agit des : « Les personnes prévenues, inculpées ou condamnées pour des faits qualifiés de délits ; les prévenus inculpés et condamnés mineurs ; les femmes enceintes ou allaitantes ; les prévenus inculpés ou condamnés âgés d’au-moins 60 ans et les prévenus inculpés ou condamnés souffrants d’une maladie chronique, grave ou contagieuse médicalement établi », mentionne l’article 2 du décret. 

Entre temps, l’article 3 du décret stipule: « sont exclues du bénéfice de la présente mesure les prévenus inculpés ou condamnés des faits qualifiés de crimes de : assassinat, crime de guerre, crime contre l’humanité, crime de génocide, atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, incendie d’une maison à usage d’habitation et de  viol sur mineur de moins de 14 ans ».

L’article 4 de ce décret mentionne que la présente mesure ne s’applique en aucun cas aux amendes, frais de justice, ainsi qu’aux réparations.

Le Haut-Commissariat des Droits de l’Homme des Nations-Unies a demandé mi-mars à ses Etats membres où le Covid19 est signalé, la libération de certains prisonniers. Une mesure visant à protéger les personnes détenues.

Cyrille WEGUE

mardi, 28 avril 2020 14:18 In DROITS DE L’HOMME Tags
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Centrafrique : Une fillette de 9 ans, victime de maltraitance au quartier Kokoro 3 dans le 3ème arrondissement

BANGUI, le 28 avril 2020 (RJDH) ---Victime de maltraitance et de mauvais traitement des mains de sa grande sœur, une fille âgée de 9 ans a été récupérée la semaine dernière par l’ONG Enfant Espoir de Demain pour une prise en charge post traumatique. Sa grande qui reconnait les faits a échappé de justesse à la vindicte populaire des habitants proche du quartier Kokoro 3 dans le 3ème arrondissement de Bangui.

L’enfant victime de ces sévices corporels, le samedi 19 avril dernier au quartier Kokoro-3, a été ramenée de Berberati par sa grande sœur. 

En compagnie des adultes qui s’y trouvent, une fille de 9 ans, fatiguée, portant sur presque toutes les parties du corps les stigmates d’une violence exercée sur elle. « Quand nous avons rencontré cet enfant, c’était vraiment triste.   Elle a du mal à marcher, et comme si elle avait la tremblote et elle sent un malaise au niveau du bassin, une fois que tu la touches. Ce n’est pas à nous de l’ausculter, mais aux médecins », a rapporté Claver Ibozaqui a eu l’initiative de l’amener à l’ONG Enfant Espoir de Demain.

« Je connais cet enfant depuis qu’elle habitait avec sa grande sœur tout proche de chez nous. Et c’est ce matin, quand je voulais aller au marché, je l’ai rencontré, pâle et elle portait un blouson. Dès qu’elle m’a vue, elle m’a appelé. Présentant une mine triste, je lui ai posé la question de savoir si elle n’était pas malade. C’est à cet instant qu’elle m’a fait savoir qu’elle avait étémolestée par sa grande sœur. J’ai constaté qu’elle porte des cicatrices sur tout le corps », a témoigné Claudia Pomba, l’ex-voisine de l’enfant, avant d’ajouter que l’enfant lui a expliqué qu’elle s’est fait battre par sa grande sœur et son mari avec un fil électrique.

Claudia Doutingaye, la grande sœur de la victime, tout en reconnaissant les faits, se dit dépassée par les caprices de sa cadette. « L’enfant, je ne sais comment vous expliquer. C’est un enfant qui ne dort pas à la maison. Arrivée un jour, elle a passé trois jours à l’extérieur. Je l’ai cherché en vain pour la retrouver. Aux environs de 23h. Dès 4heures du matin, elle est sortie et a quitté la maison. Nous l’avons fouillé jusque la retrouver à une place mortuaire chez le chef du quartier. C’est ainsi que je l’ai ramené pour lui infliger une correction », reconnait-elle.  

Pour Maëva, la victime, c’est le comportement de sa grande sœur qui, d’ailleurs, l’a interdit d’aller à l’école qui la pousse à fuir la maison.

Selon elle, le jour où elle a été torturée par sa grande sœur et son mari, elle revenait d’une rencontre avec ses amies du quartier et que son beau-frère lui a même refusé l’accès au domicile. « C’est à mon retour que j’ai constaté la porte de la maison fermée et ce sont les voisins qui m’ont informé que m’a grande sœur a déménagé. J’ai passé des jours chez des voisins. Un jour, un tonton est venu m’informer qu’ils ont vu la nouvelle maison de ma grande sœur et que je pouvais la regagner ». 

Abordant ce qui lui est arrivée, « un matin, je suis sorti faire le ménage. Ce jour-là, ils m’ont refusé même le repas. Et quand je voulais aller chercher de l’eau, elle m’a sauté dessus. Elle m’a fait entrer de force dans la maison avant de me ligoter les mains et les pieds avec le concours de mon beau-frère. Ils m’ont avec de l’eau, et m’ont copieusement tabassé à l’aide d’un ceinturon et fil électrique, durant tous ces moments, ils ne m’ont rien donné à manger », a fait savoir l’enfant. 

Yvette Agouao Gnadindo, Présidente de l’ONG Enfant Espoir de Demain, a signifié qu’elle a déjà pris contact avec son point focal à Berberati afin d’identifier les parents de la victime sur place. Mais en attendant, la victime et sa grande sœur seront d’abord conduites à la Brigade criminelle avant que l’enfant ne soit transportée à l’hôpital.  L’article 74 du code pénal stipule : « Quiconque aura volontairement fait des blessures ou porté des coups à un enfant au-dessous de l’âge de 15 ans accomplis ou qui l’aura volontairement privé d’aliments ou de soins au point de compromettre sa santé, sera puni d’emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 100.002 à 600.000 francs ».

 

Cyrille Wegue

vendredi, 17 avril 2020 09:53 In INFO-ELECTIONS Tags
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Centrafrique : « L’ANE tient à respecter les dispositions de la Constitution », dixit Julius  Rufin Ngouade-Baba

BANGUI le 16 Avril 2020, (RJDH) ---L’Autorité Nationale des Elections (ANE), en dépit de la pandémie à Covid19, maintient le cap pour l’organisation des élections en Décembre 2020. Contrairement aux informations faisant état de plausible report des élections, l’ANE selon lui ne s’engage pas dans cette voie, mais tient à respecter les dispositions de la Constitution. Julius Rufin Ngouade-Baba, Porte-parole de l’Autorité Nationale des Elections ANE, l’a dit dans une interview exclusive accordée au RJDH.

 

 

RJDH: Monsieur, Julius Rufin Gouade-Baba Bonjour !

Julius Rufin Ngouade-Baba : Bonjour

RJDH : Un cas importé de Covid 19 a été confirmé 14 mars en République Centrafricaine. Entre temps, le pays amorce le processus électoral en vue des élections groupées. Avec l’évolution de cette maladie, les autorités ont pris des mesures restrictives visant à faire obstacle à la propagation de cette maladie à travers le pays. Aujourd’hui, quel est l’impact de cette maladie sur les activités de ce processus ?

JRNB : Je vous remercie. Je vous annonce que nous observons strictement ces mesures, mais cela ne nous empêche pas de continuer à progresser. L’ANE a fait des analyses sur les éventuels impacts de ce contexte sanitaire sur le processus électoral. Pour l’instant, nous avons décidé de garder le cap sur la préparation des élections dont la date demeure le 27 Décembre 2020.

Je tiens à le dire parce qu’il y a des informations qui circulent. L’ANE ne s’engage pas dans cette voie-là, pour l’instant. L’ANE tient à respecter les dispositions de la loi qui charge l’institution à préparer les élections. Donc, pour l’instant nous gardons le cap. Nous avons eu des échanges avec nos partenaires, avec les prestataires que nous avons identifiés et qui doivent nous livrer du matériel. Des échanges et  analyses que nous avons menées, pour l’instant, nous pouvons tenir ce cap-là. Nous travaillons dans ce sens, bien entendu, en intégrant de nouvelles données, dans les préparations des élections.

RJDH : En quoi faisant ?

JRNB: Je vous donne un exemple. Nous avions déjà à l’époque, passé les commandes du matériel d’enregistrement des électeurs. L’entreprise qui a été retenue est une firme américaine. Nous avons eu plusieurs échanges avec cette firme qui nous confirme qu’elle peut encore tenir le délai de livraison qui est de 60 jours à partir de la signature du contrat.  Par conséquent, nous aussi, nous réorganisons notre travail de sorte à rester dans le temps imparti. Mais, en tenant compte de ce contexte-là nous avons intégré  un certain nombre d’innovation.

Par exemple dans le kit d’enregistrement des électeurs, nous avons dorénavant intégrer les kits de lavage de mains. C’est une nouvelle mesure qui s’impose à cause du contexte actuel. Nous envisageons aussi, et c’est en réflexion, de faire accompagner les équipes d’enregistrement des électeurs par une équipe sanitaire, qui puissent veiller à la mise en œuvre, qui puissent veiller à l’application des mesures barrières face à Covid19.  

L’ANE n’évolue pas en dehors de ce contexte, nous travaillons avec ce contexte, mais comme je l’ai dit, jusqu’à présent, nous observons l’évolution de la situation, que nous espérons positive mais nous continuons à garder notre cap. Nous continuons à travailler dans le but de tenir le délai que la loi, la constitution nous fixe.

RJDH : Monsieur le Porte-Parole, aujourd’hui, quel est le niveau des activités au sein de l’ANE ?

JRNB : Le niveau des opérations, c’est vrai que l’actualité est préoccupante en raison de cette maladie à Covid-19 là, nous ne parlons peut-être pas trop des élections depuis les semaines écoulées, mais nous tenons le cap de nos opérations. Nous avons fini la cartographie, les données sont en traitement. Bientôt, nous allons les valider et  les rendre publiques. Nous avons entamé la mise en place de nos démembrements. Vous savez que ça crée quelques remous dans la classe politique. Nous avons eu des discussions avec les leaders des partis politiques, nous avons répondu à quelques préoccupations qui ont été exprimées ici et là. Et donc, aujourd’hui, après la mise en place des démembrements, nous allons leur faire prêter serment. Parce que c’est la condition de leur entrée en fonction. Pour ce faire, nous pensons privilégier ce serment par écrit.

Nous allons saisir le ministre de la Justice à propos.  Une fois qu’ils auront prêté serment,  nous allons lancer le processus de recrutement, de formation, des agents recenseurs afin de nous permettre de poursuivre cette opération. Je le répète encore, en tenant compte de l’évolution de la situation sanitaire mondiale.

RJDH : Monsieur le Porte-Parole, quelle est aujourd’hui la situation de démembrement à l’intérieur du pays ?

JRNB : Nous avons mis en place un peu plus de 130 démembrements à ce jour. Bon, il y eu quelques protestations que nous enregistrées. Et comme l’ANE reste toujours très réceptive des plaintes ou des observations faites par les acteurs du processus, nous les avons examiné au cas par cas. Ce qui nous a permis de reprendre à deux ou trois endroits où nous pensons que les plaintes étaient justifiées.

RJDH : Autrement dit,  est-ce la réponse aux multiples contestations de la classe politique et de la société civile ?

JRNB : Vous parlez de multiples contestations, je vous dis que chaque fois qu’il y a eu de contestation, l’ANE reçoit, l’examine et apporte une réponse adéquate.

RJDH : Monsieur Julius Rufin Ngouade-Baba, Porte-parole de l’ANE, je vous remercie !

JRNB : c’est moi qui vous remercie !

Propos recueillis par Cyrille Wegue

vendredi, 17 avril 2020 09:48 In SECURITE Tags
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Centrafrique : Le FPRC favorable au déploiement des Forces de défense et de sécurité  à Ndélé

BANGUI, le 16 Avril 2020, (RJDH) --- Le FPRC s’est engagé à travers un communiqué en date du 25 mars à assurer la sécurité des minorités et à favoriser le couloir humanitaire. C’est ce qu’a fait savoir Thomas VAAH, Chef de bureau Minusca de Ndélé  le 15 avril 2020 au cours de la traditionnelle conférence de presse de la mission onusienne à Bangui.

Selon le chef du bureau de la MINUSCA à Ndélé, Thomas Vaah, après les violences qui avaient prévalu tout le mois de mars dans le Bamingui-Bangoran, la situation politique et sécuritaire s’est finalement améliorée. Il a également évoqué le retour à Ndélé d’Abdoulaye Hissene, chef militaire du FPRC, qui promet œuvrer pour le retour de la paix dans la région.

« Le retour de son chef Abdoulaye Hissene, a créé beaucoup d’attente au sein de la population qui espère retrouver la paix », rapporte Thomas VAAH, Chef de bureau de la Minusca à Ndélé. Il poursuit que durant ces derniers jours, la ville ainsi que la population civile ont commencé, petit à petit à retrouver leur vie normale.  

Il a également précisé que lors d’une réunion avec le Chef militaire du FPRC  Abdoulaye Hissene, il y a une semaine, « ce dernier a affirmé le désire de coordonner ses efforts avec la Minusca pour renforcer la sécurité de la ville et assurer la protection des civils. A ce titre, il a aussi accepté le déploiement des FSI dans la préfecture », dit-il.

La nomination du nouveau préfet de Bamingui-Bangoran a été accueillie favorablement par Abdoulaye Hissene. Il s’est engagé dit-il : «  à coopérer avec toutes les investigations lancées par la Minusca concernant les derniers évènements. Abdoulaye Hissene a par ailleurs, mis l’accent sur la nécessité du déploiement des Unités Spéciale Mixte de Sécurité (USMS) comme envisagé dans l’Accord politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine ».

Au sujet de l’engagement politique rapporte le bureau de Ndélé, « les interactions avec les dirigeants du FPRC ont été intensifiées, ayant pour seul objectif la protection des civils et pour mettre fin à la crise actuelle. Le Sultan-Maire de Ndele soutient nos efforts dans ce sens ».

Les combats de Ndélé ont coûté la vie à plusieurs civils et ont causé d’énormes dégâts matériels. Le 11 mars dernier, les éléments Goula selon la Minusca ont mené une attaque ciblée contre des civils. Six civils Soudanais et Tchadiens ont été sommairement exécutés. Une grande partie du marché central a été brulée et la maison du sultan pris d’assaut. « Parmi les crimes enregistrés, il y a le meurtre intentionnel et choquant d’un collègue national, personnel de la Minusca, le meurtre d’une petite fille de sept ans en plein jour ainsi que l’incendie du lycée de Ndélé et de deux églises apostoliques », a fait savoir Thomas Vaah, Chef de Bureau de la Minusca à Ndele.

En fin février dernier, le Préfet de Ndélé et une partie de la population ont sollicité le déploiement des forces armées centrafricaines et de défense intérieure dans cette partie du territoire. Le lendemain, une partie de la jeunesse sous la pression des éléments du FPRC ont manifesté pour réclamer le départ pur et simple du Préfet face à cette demande. La principale question est de savoir si cette position d’Abdoulaye Hissene suscite l’adhésion des autres leaders du FPRC. 

Contacté à Ndélé, un habitant joint au téléphone à fait remarqué qu’Abdoulaye Hissène est très versatile, « je me demande si cette position d’Abdoulaye Hissene est sincère. Il est capable de te dire à midi le contraire de ce qu’il te dit le matin. Espérons que son engagement soit également celui de son groupe le FPRC», a-t-il dit sous couvert d’anonymat.

Cyrille Wegue

mardi, 14 avril 2020 13:42 In INFO-ELECTIONS Tags
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Centrafrique : L’ANE maintient le cap d’organiser les élections fin 2020 en dépit de la pandémie Covid-19

BANGUI, le 14 avril 2020(RJDH)----Le calendrier électoral sera toujours maintenu selon l’Autorité Nationale des Elections en Centrafrique, l’organe en charge d’organiser les élections. Le rapporteur général Rufin Julius Ngouade-Baba, interrogé par le RJDH ce mardi 14 avril 2020, a indiqué que les opérations se poursuivent en dépit des mesures restrictives contre le coronavirus.

L’ANE a décidé de garder le cap sur la préparation des élections dont la date demeure le 27 décembre 2020. Selon le rapporteur général de cet organe chargé d’organiser les élections en Centrafrique, plusieurs études et analyses sont déjà faites par l’ANE et ses partenaires en vue de tenir les élections dans le délai prévu par la constitution du 30 mars 2016, « je tiens à le dire parce qu’il y a des informations qui circulent, mais l’ANE ne s’engage pas dans ces voies-là. Pour l’instant nous gardons le cap. Nous avons eu des échanges avec nos partenaires, les prestataires qui devraient nous livrer des matériels. Des études, des analyses que nous avons menées, pour l’instant, nous pouvons encore tenir ce cap », a précisé Rufin Julius Ngoade-Baba.

En tenant compte de ce contexte, l’ANE dit avoir intégré des mesures dans les opérations en cours, visant à barrer la route à cette maladie à coronavirus, « nous avons intégré un certain nombre d’innovation dans les opérations d’enregistrement notamment des kits d’hygiène. Nous envisageons faire accompagner les équipes d’enregistrement par une équipe sanitaire qui puisse veiller à la mise en œuvre, à l’application des mesures devant barrer la route à la propagation de coronavirus. Nous travaillons dans ce contexte et nous continuons dans le but de tenir le délai qui nous a fixé la constitution », ajoute-t-il.

Plusieurs voies se sont levées au sein de la classe politique, de l’opposition et de la société civile contre un probable report des élections dans le pays. La réaction de l’ANE vient en réponse au doute qui plane dans les esprits et face aux mesures drastiques contre le covid-19.

Cyrille Wegue

mardi, 14 avril 2020 13:34 In Politique Tags
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Centrafrique : Treize mesures prises par les autorités visant la riposte contre le Covid-19

BANGUI, le 14 avril 2020, (RJDH)--- Entre le 14 mars et le 14 avril 2020, les autorités centrafricaines ont pris plusieurs mesures pour barrer la route à l’avancée de cette maladie dans le pays. Quelles sont ces mesures.

Le 26 mars 2020, c’est la seconde déclaration du Président de la République qui est rendue publique sur les ondes de la radio nationale suite à la détection du 5ème cas le 24 mars faisant craindre le pire dans le pays avec des cas de plausible contamination locale.

Treize (13) mesures sont édictées pour une période de 15 jours renouvelables si nécessaire visant à lutter contre la propagation de cette maladie à travers le pays à savoir : La suspension des entrées en République centrafricaine, si nécessaire, les voyageurs non centrafricains en provenance ou ayant transité au cours des derniers 15 jours à travers les pays à transmission locale.

Ceci, à l’exception des diplomates et des organisations non gouvernementales humanitaires et internationales. La fermeture de tous les établissements préscolaires, scolaires et universitaire; La suspension de cérémonies des cultes religieux regroupant plus de 15 personnes ; La fermeture des bars dancings et buvettes. 

En ce qui concerne les restaurants, caves et dépôt de vente de boissons, le Président a fait savoir que des dispositions spéciales seront prises. L’interdiction a également été faite pour des rassemblements publics de plus de 15 personnes. Il a également annoncé la fermeture de l’aéroport, si nécessaire, à l’exception des vols humanitaires, des vols cargos, des aéronefs en difficultés, des escales techniques sans débarquement des passagers ou des vols spéciaux autorisés. L’interdiction totale de sortir de son lieu de quarantaine à toutes personnes suspectes, sauf décision médicale. L’obligation d’isolement pour les cas confirmés et la prorogation de la période quarantaine et de confinement de 14 à 21 jours en fonction des donnés épidémiologique. La déclaration obligatoire aux autorités sanitaires de tous sujets suspects au Corona Virus. La limitation des cérémonies de deuils, de mariage, de dot à la strict limité familiale ainsi que la restriction de mouvement de population entre Bangui et les provinces ainsi que l’établissement des comités locaux de crise dans les provinces. 

Ensuite, le 27 mars, c’est un arrêté interministériel signé du ministre de l’intérieur et celui du transport sur instruction du premier ministre qui a été rendu public. L’arrêté fait mention de limitation du nombre de passagers dans les véhicules de transport public et privé inter et intra urbain et fixant les nouvelles mesures en matière de circulation routière en république centrafricaine, en application des mesures complémentaires de prévention et de lutte contre covid-19.

Pour les bus, mini bus et les autocars, la moitié du nombre de places assises offertes, y compris le conducteur et le personnel de bord, idem pour les autres véhicules automobiles à savoir les taxis, véhicules administratifs et véhicules des particuliers, la moitié du nombre des places assises offertes y compris le chauffeur;  Quant aux camions et les gros porteurs, outre le chauffeur, un seul passager en cabine et aucun passager sur les marchandises, en dehors du personnel de bord; Pour les motos, un seul passager à l’arrière du conducteur.

A l’article 2 de cet arrêté, il est également dit, pendant la même période le port de masque et de gants est obligatoire pour les chauffeurs, les passagers et le personnel de bord durant tout le trajet.

Les fréquentations aux abords ou à l’intérieur des gares routières qui ne sont pas liées à l’exploitation ou à l’activité desdits gares sont formellement interdites pendant la période précitée, selon l'article 3.

 Ce délai expiré, ces disposions ont une fois été reconduites à compter du vendredi 10 avril sur décision du Premier Ministre. Les lieux de service fondamentaux à l’image des magasins, restaurant et bien d’autres sont priés d’accroitre les mesures barrières afin de minimiser le risque de contamination à Covid19. 

Cyrille Wegue 

lundi, 13 avril 2020 13:23 In Politique Tags
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Centrafrique : Décalage ou élections à bonne date, Crépin Mboli-Goumba souhaite une concertation des forces vives de la nation  

BANGUI, le 13 avril 2020, (RJDH)--- Me Crépin Mboli-Goumba, président du PATRIE, dans une interview accordée au RJDH ce dimanche, appelle à une concertation nationale à propos de la prorogation du mandat présidentiel porté par les députés proches du pouvoir de Bangui. Car, selon lui, cette démarche est contradictoire au regard de la Loi fondamentale.

Candidat déclaré au présidentiel de 2020, Crépin Mboli-Goumba pense que c’est complètement dérisoire et contradictoire pour le pouvoir en place de dire que les élections auront lieu à bonne date d’un côté, et de l’autre côté, initié une pétition pour proroger le mandat du Président et des députés. Pour lui, le génie centrafricain voudrait que les forces vives de la nation se réunissent pour trouver une solution à cette aventure.

« Face au flou qu’entretient le pourvoir en place à travers d’une part, des incessants discours affichant sa volonté de tenir le calendrier électoral et d’autre part, la pétition des Elus de la nation allant à contre-courant de ce que clame l’exécutif », relève le Président du PATRIE.

Non partisan de la transition, Crépin Mboli-Goumba a également fait mention de ce que le mandat du président n’est pas de l’ordre d’une disposition modifiable dans la constitution centrafricaine : « le Patrie de Crépin Mboli-Goumba n’est pas partisan d’une quelconque transition », dit-il, tout en relevant que cette question doit être discutée, « si d’aventure on modifiait le calendrier électoral et que le mandat du Président arrivait à terme sans organisation de l’élection présidentiel, le Président de la République ne serait plus Président de la République.  Et dans cette hypothèse, le génie centrafricain voudrait que les forces vives de la nation se réunissent pour trouver une solution », a-t-il suggéré. 

De l’avis de Crépin Mboli-Goumba et de son parti le PATRIE, « nous sommes dans une belle contradiction où d’un côté, le gouvernement nous dit que les élections auront lieu à bonne date, c’est-à-dire le 1er tour le 27 décembre 2020, et de l’autre côté, initie une pétition pour une prorogation du mandat présidentiel ou du mandat des députés. Il faut choisir. Soit, on nous rassure et nous dit, qu’effectivement les élections auront lieu à bonne date, auquel cas, dit-il,  c’est complètement dérisoire et contradictoire d’initier cette pétition que de nous dire, il y aura des problèmes, on va être obligé de revoir le calendrier. Et dans cette hypothèse-là, il faut que les forces vives de la nation arrivent à donner leur point de vue », a conclu Crépin Mboli-Goumba.

Dans la foulée la Synergie Centrafricaine très proche du pouvoir en place soutient la démarche des élus de la nation allant dans le sens d’apporter à la constitution des dispositions visant à proroger leur mandat et celui du chef de l'Etat.

 Cyrille Wegue

 

jeudi, 09 avril 2020 11:57 In ECONOMIE Tags
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Centrafrique : Le ministère des transports s’indigne face à la spéculation des prix des transports en commun

BANGUI, le 09 avril 2020, (RJDH)---L’arrêté interministériel visant à limiter le nombre de passagers en vue de lutter contre la propagation de Covid-19 souffre d’applicabilité. Faute de mesures d’accompagnement, les conducteurs de taxi, bus et moto continuent de spéculer unilatéralement sur les prix de transport au grand dam de la population. Pour le Directeur de transport de surface, Nono Wenceslas Nguelekoumon, il n’y a aucune raison pour ces gens de spéculer sur les prix des transports en commun.

Malgré les multiples appels à l’ordre des autorités compétentes, le prix de transport en commun est passé au double, une décision unilatérale des conducteurs faute de mesures d’accompagnement au sujet de la restriction du nombre de passagers. « Là, ce sont les conducteurs et les receveurs qui ont provoqué cela. Il n’y a aucun texte qui est pris au niveau du ministère de transport pour l’augmentation du prix de transport », c’est en ces termes que le Directeur de transport de surface, Nono Wenceslas Nguelekoumon, au ministère de transport dénonce le comportement réfractaire des conducteurs de bus et taxis.

Cet arrêté interministériel en son article 2, prévoit également le port obligatoire de masque et de gant pour les transporteurs et les personnes à bord de ces engins, disposition qui aujourd’hui est relayé  au second plan. Ceci, au vu et au su des éléments de la Police et de la Gendarmerie déployés sur le terrain. Nono Wenceslas se réfère au texte à son article 4: « Le ministère du transport ne se substitue pas à la Gendarmerie et à la Police. Tout ce qui est réglementation, on le fait. La mise en application ne dépend pas de notre département mais relève plutôt de la compétence de ceux qui font la répression sur la route ».

Les dispositions de cet article deux selon le directeur de transports de surface  vise à  protéger les chauffeurs et les receveurs pour qu’ils ne puissent pas être contaminés et de contaminer à leur tour les autres.

Pour les conducteurs, les dispositions prises par les autorités n’ont rien prévu comme mesures d’accompagnement pouvant leur alléger la tâche. Le gouvernement y réfléchi, répond Nono Wenceslas. « Nous avons initié un scénario pour voir dans quelle mesure, le gouvernement peut accompagner ou d’alléger les charges des véhicules pour permettre à la population de bien circuler. Et ce scénario, c’est déjà sur la table du gouvernement. Et dans les jours à venir, des textes vont tomber pour essayer d’alléger le coût de transport et de permettre aux propriétaires de véhicules et aux chauffeurs de bien faire leurs activités », a fait mention  Nono Wenceslas Nguelekoumon.   

De l’avis de certains observateurs, la problématique d’applicabilité des dispositions de cet arrêté interministériel face à la position réfractaire des conducteurs de taxis, bus et moto à trouver un palliatif à combler leur manque à gagner prouve à suffisance la fragilité de l’autorité de l’Etat.  Ce qui  suscite déjà des interrogations au sujet de plausibles mesures drastiques à prendre suivant l’évolution de la maladie dans le pays. Lesquelles mesures doivent être appliqué par la population afin de barrer la route  à la propagation de Covid 19, dont la lutte s’avère utile pour la santé publique.

Cyrille Wegue

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