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ECONOMIE (58)

Centrafrique : Flambée des prix de produits de première nécessité à Obo dans le Haut-Mbomou

BANGUI, 20 Novembre 2020 (RJDH) ---La ville de Obo dans le Haut-Mbomou connait une flambée de prix des produits de première nécessité. Pour s’approvisionner, les habitants éprouvent d’énormes difficultés à cause de l’état des routes et l’insécurité grandissante dans les régions. Une situation déplorée par les populations qui en appellent au renforcement des dispositifs sécuritaires proche de la frontière.

La ville est située à environ 1000 kilomètres de Bangui. De par sa situation géographique, elle est ravitaillement par le Sud-Soudan qui partage sa frontière avec la RCA à cause de son éloignement avec la capitale. Les habitants ont du mal à s’approvisionner en produits de première nécessité, ce qui selon eux, occasionne la hausse des prix dans la ville et ses environs. Le savon, l’huile végétale, le sucre et bien d’autres produits sont rares dans la localité. Le prix d’un sac de sucre par exemple, est aujourd’hui à 120.000 frs alors dans la capitale, c’est à 36500 frs et le 1kilogramme du sucre qui coutait 1000 frs à Bangui est vendu à 7500f à Obo.  

Thibaut Doumia, un habitant de la ville de Obo explique que dans ces conditions dans lesquelles vivent ces Centrafricains à l’Extrême-est du pays, « nous vivons dans des conditions très difficiles. Les prix des denrées alimentaires sont très élevés. Prenant le cas du sucre où un sac de sucre coute 120000 frs cela fait que certaines populations n’ont pas les moyens pour s’en prémunir et sont obligées de prendre du café sans sucre. Le Savon que vous achetez à 150frs à Bangui ici c’est à 750 Frs. Donc en tous cas nous vivons vraiment dans des conditions précaires. Ce n’est qu’une partie de problème que nous rencontrons dans cette ville », a déploré ce dernier.

Cette situation se complique davantage à cause des conditions sécuritaires et la dégradation de la route entre la ville d’Obo et le Sud-Soudan, explique Irène Ndoté, une commerçante à Obo, « en allant vers Bambouti, vraiment il est difficile d’emprunter cette route juste à plus de 100 Kms. Il faut de fois passer plus d’un mois de route, alors imaginez le calvaire et cela s’ajoute la situation sécuritaire sur l’axe Mboki par ce que ces zones sont contrôlées par les éléments de l’UPC d’Ali Darass », a-t-elle énuméré.

Depuis plusieurs années, les voies sont impraticables à cause de l’insécurité. Les produits de première nécessité proviennent beaucoup plus de la frontière soudanaise qui ravitaille la ville. Ketsia Kolissio.

vendredi, 20 novembre 2020 14:43 Écrit par Dans ECONOMIE

Centrafrique : le ministère des Mines met en place une équipe technique pour la révision de Code minier et pétrolier

BANGUI, le 09 novembre 2020(RJDH)---Une équipe technique du ministère des Mines et de la géologie est mise en place ce lundi 9 novembre 2020 pour la relecture du Code minier et pétrolier en République Centrafricaine. C’est une loi qui réglemente le secteur minier du pays, mais contient des faiblesses, d’où nécessité selon le ministre des Mines Léopold Mboli-Fatran de réviser afin de l’adapter au contexte actuel.

La relecture du Code minier de la République Centrafricaine, intervient dans un contexte où le gouvernement éprouve des difficultés pour règlementer le secteur minier par rapport à certaines carences constatées dans la présente loi. Ceci permettra au département de clarifier et réajuster certains aspects pouvant contribuer au développement du secteur minier et pétrolier en Centrafrique.

« Il est important de réviser le code minier et pétrolier afin de les assoir dans la modernité en les adoptant aux standards internationaux de la gouvernance extractive. Le code minier et pétrolier va permettre de renverser le paradoxe de l’abondance des populations. La dette fiscale est très faible, l’environnement et le droit des autochtones n’est pas pris en compte et tant d’autres aspects, c’est ainsi que nous avons bien voulu réviser ces documents en vue de les réactualiser », a énuméré le ministre.

La non codification, la transparence dans la gestion des ressources minières et pétrolières restent un grand levier à relever pour l’efficacité et l’authenticité du secteur.

Le ministre des mines revient sur les points qui seront pris en compte dans ce nouveau document, « le faible contrôle institutionnel, le non-respect des contraintes environnementales, les difficultés de financement du secteur, la non prise en compte des activités des eaux, des ressources minérales ainsi que les gites, la faible organisation des eaux de carrière, le dévoiement de l’artisanat minier, la faible concertation entre diverses administrations impliquées dans le secteur minier et pétrolier. Tous ces aspects que nous devons prendre en compte pour rehausser le secteur », a ajouté Léopold Mboli-Fatran.

Les dispositions en matière pétrolières et surtout le partage des pourcentages semble être insuffisantes selon le ministre des mines. L’ancienne loi portant Code minier de la République Centrafricaine a été promulguée en avril 2009.

La République centrafricaine a un potentiel minier très important. Le plan minier national a identifié au moins 470 indices minéraux constitués de substances énergétiques, non métalliques, de métaux non ferreux, de diamant et or. En dépit du formidable potentiel minier et des gisements connus, seul le diamant et l’or sont exploités d’une manière artisanale.

Ketsia Kolissio.

lundi, 09 novembre 2020 14:53 Écrit par Dans ECONOMIE

Centrafrique : Vers la redynamisation du secteur minier par le processus de Kimberley

BANGUI, 04 Novembre 2020 (RJDH) ----Le secrétariat permanent du Processus de Kimberley, un organe de veille sur les activités minières en Centrafrique, intensifie son contrôle à travers le pays conformément aux exigences internationales. Un projet  y relatif est lancé ce mercredi 4 novembre 2020 au ministère des Mines et de la géologie à Bangui pour la réforme du secteur.

La mission assignée au secrétariat permanent du processus de Kimberly, consiste à contrôler les activités minières dans les zones déclarées vertes par le Processus. Pour y parvenir, il est important de renforcer l’équipe, explique Léopold Mboli-Fatrane, ministre des Mines et de la géologie afin qu’elle soit dynamique dans la lutte contre les fraudes et la contrebande dans les sites miniers.

« Le secrétariat du processus de Kimberly, a pour principale mission de veiller à la traçabilité de diamant centrafricain. Et donc pour renforcer cette équipe, le gouvernement a rehaussé le niveau du secrétariat avec un décret qui fait du secrétariat, un organe véritablement permanent avec une direction générale et des antennes à l’intérieur du pays. Nous bénéficions de l’appui du DPAM et de la Banque Mondiale pour mettre en œuvre ce processus »,  a expliqué le membre du gouvernement.

Des  outils de travail ont été remis aux différents services du ministère pour la mise en œuvre de ce projet,  « cet appui est composé d’un lot de dix motos, dix ordinateurs portables, dix GPS, dix balances électroniques, huit imprimantes photos de poche, pour l’identification des acteurs en province. Nous avons bien voulu mettre en place tout ceci pour que les activités minières soient sécurisées », a-t-il énuméré.

Ce projet relatif au processus de Kimberly est financé par le gouvernement américain dans l’objectif de règlementer le secteur des mines. La RCA a été sanctionnée par le Processus de Kimberley en 2013, suite à la crise militaro-politique qui a affecté le secteur minier. La sanction a été levée partiellement en 2016.  

Ketsia KOLISSIO

mercredi, 04 novembre 2020 14:47 Écrit par Dans ECONOMIE

Centrafrique: Hypothétique rentrée scolaire à Obo face à la rareté et la cherté des fournitures scolaires

OBO, 22 octobre 2020, (RJDH)---La rentrée des classes 2020-2021 est hypothétique à Obo dans le Haut-Mbomou face à la rareté et la cherté des prix des fournitures scolaires. C’est une triste réalité que les enfants ainsi que leurs parents dans cette partie du territoire centrafricain à un millier de km de Bangui à l’extrême Est du pays. Une situation qui trouve son origine dans  la situation sécuritaire critique dans la région.

En cette période de la rentrée scolaire qui s’annonce à grand pas, les élèves, les parents d’élèves du Haut-Mbomou notamment ceux d’Obo éprouvent des difficultés à assurer leur responsabilité à travers le paiement des fournitures scolaires. «J’avoue qu’à ce rythme, l’enfant du paysan ne peut pas avoir accès aux cahiers pour la rentrée scolaire. Le cahier de 50 pages coute 500Frs-cfa, celui de 100 pages à 1000 frs et  200 pages est à 2000 frs. Et devant cette situation, nous risquons fort d’assister à un fort taux d’abandon parce qu’ils ne peuvent pas, ils ne peuvent rien. J’ai sept enfants et présentement je suis en train de me battre afin de leur fournir le nécessaire pour la rentrée. Qu’adviendra-t-il des veuves et orphelins ? D’ailleurs, l’ardoise et le cahier, même pour les avoir sur le marché, c’est difficile» s’indigne un parent d’élève d’Obo.

« Tout ce que nous sommes en train de vivre c’est à la solde de nos autorités qui continuent de ménager les groupes armés. Tous les grands axes sont jalousement bloqués par les groupes rebelles sans être inquiétés. Un commerçant qui ose, ou qui s’hasarde à voyager c’est à ses risques et périls. Soit, il meurt en route, soit il revient mais avec beaucoup de tracasseries en cours de route. Et s’il revient dans la localité, il augmente énormément ses prix. A cela s’ajoute le fait que les enseignants cadres refusent de venir travailler dans le haut Mbomou compte tenu de l’insécurité », a ajouté un autre parent.

Il ressort de la population que l’état critique de la route qui laisse à désirer et le voyage par avion qui selon eux se fait par des tries, font que la population se sente non seulement isolée et abandonnée à sa triste sort, mais également et pris en étaux face aux exactions des groupes armés et le désengagement des autorités compétentes.

La ville d’Obo à l’instar des autres villes du pays, est composée en majorité des Maitres parents. Depuis l’annonce de la rentrée scolaire au titre de l’année académique 2020-2021, il ressort des autorités locales qu’en dépit du climat sécuritaire précaire, les élèves sont prêts à reprendre le chemin de l’école, sauf la disponibilité des fournitures scolaires sur le marché qui fait défaut.

Cyrille Wegue

jeudi, 22 octobre 2020 14:37 Écrit par Dans ECONOMIE

Centrafrique : la Journée Mondiale de l’Alimentation de Bossangoa, reportée ultérieurement

BANGUI, 16 octobre 2020 (RJDH) --- Le comité d’organisation de la Journée mondiale de l’Alimentation (JMA 2020) a annoncé vendredi 16 octobre à Bangui, le report de la célébration de cette journée à Bossangoa, capitale provinciale de l’Ouham qui devrait se tenir initialement ce mois d’octobre.

Les raisons évoquées par le comité d’organisation de la JMA, les retards enregistrés dans les travaux de réhabilitation des routes en état de dégradation avancée allant de Bossembele à Bossangoa.  

 « A Bossangoa, les préparatifs sont presque terminés. Les installations des photovoltaïques dans la ville sont en cours, les activités de désherbage de la ville ont été faites », a fait savoir le président du comité, l’Ingénieur agronome Saint-Pierre Mahamat, avant de déplorer que « l’état de dégradation avancée des routes constitue aussi un handicap actuel pour le transport de toute l’équipe pour cette journée ».

En plus de ces défis techniques, les logements pour les délégations officielles ne sont pas aussi prêts, contrairement à celle de Bambari l’année dernière.

Pour les organisateurs de cette journée internationale, il ne fait aucun doute, on ne peut tenir la JMA dans ces conditions, il faut nécessairement la différer. 

 Auguste Bati-Kalamet

vendredi, 16 octobre 2020 14:03 Écrit par Dans ECONOMIE

Centrafrique : vers la création d’une chambre nationale des métiers dans le secteur de l’artisanat

BANGUI, 12 octobre 2020 (RJDH) --- La création d’une Chambre Nationale des Métiers a été recommandée par les artisans, vendredi 09 octobre à Bangui, pendant la réunion avec le secteur artisanat organisée par le ministère des Petite et Moyenne Entreprise et de l’Artisanat en collaboration avec le programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Plusieurs artisans exercent leurs métiers d’une manière informelle et cette situation a occasionné un retard en matière de lois cadres pour favoriser la promotion de PME/PMI et de l’artisanat en Centrafrique. Cet dans cette optique que les lois portant code de ces secteurs ont été élaborées, adoptées et promulguées.

La représentante du PNUD, Edith Pulchérie Assani Damian, chargée de programme environnement et de développement au PNUD, est intervenue pour inciter les acteurs d’artisanat de mener plus de vulgarisation du code des PME/PMI et artisanat, « nous vous exhortons à veiller à ce que ces codes se traduisent en plan d’action à court, moyen et long terme. Toutes les observations et recommandations seront pris en compte lors de l’élaboration des décrets d’application », a incité la chargée de programme environnemental au PNUD.

Le directeur des métiers artisanaux au ministère des PME/PMI et artisanat, Thibaut Logbama, a souligné que le secteur dispose de deux codes des PME/PMI et celui de l’artisanat. « Depuis la création du secteur de l’artisanat par un département ministériel, nous n’avons jamais obtenu un document juridique qui règlemente ce secteur. Cette préoccupation a été la recommandation du comité pour la Coordination des activités des artisanats au sein de l’Afrique, raisons pour lesquelles le Président de la République a promulgué les lois portant code des PME/PMI et artisanat », a expliqué le directeur.

« La création d’une Chambre Nationale des Métiers a été recommandée par les acteurs artisanats dans l’objectif de rendre formel l’informel. Travailler seul ne pourrait jamais faire avancer le secteur de l’artisanat. Il serait souhaitable que les artisans puissent se réunir en coopération pour faire développer ce domaine », a suggéré le directeur des métiers.

Le code des PME/PMI et le code artisanat ont été promulgués le 11 décembre 2017. Une échéance de vulgarisation de ces instruments juridiques est en cours à Bangui puis à l’intérieur du pays.

Auguste Bati-Kalamet  

lundi, 12 octobre 2020 08:31 Écrit par Dans ECONOMIE

Centrafrique : vers la redynamisation des PME/PMI dans le pays

BANGUI, 08 octobre 2020 (RJDH) --- Le gouvernement centrafricain a regroupé les acteurs économiques et artisanats, les partenaires au développement du 6 au 9 octobre à Bangui, afin de vulgariser les lois portant code des Petites et Moyennes Entreprises (PME/ PMI).

L’objectif des rencontres avec les entrepreneurs, et les partenaires dont le PNUD, est de soumettre les nouvelles lois n°19.013 du 11 décembre 2013, portant l’artisanat et la loi n°20.011, du 16 mai 2020, portant code des Petites et Moyennes Entreprises et Petite et moyennes industries.

En février 2017, le PNUD et le ministère des PME/PMI et du secteur informel ont mis en œuvre des activités conjointes dans l’optique d’élaborer les codes des PME/PMI et de l’artisanat, « C’est pour améliorer le climat des affaires et encourager le développement du secteur privé, que les nouvelles lois ont été initiées. Cette rencontre permet de vulgariser ces codes qui contiennent des dispositions légales et règlementaires », a souligné Edith Pulchérie Assani Damian, chargée de programme environnement et de développement au PNUD.

Ces lois permettent de booster l’économie centrafricaine affaiblie par le manque des textes appropriés afin de faire face aux concurrences, « ces lois ont une importance dans la promotion du secteur privé et la redynamisation de ce secteur. C’est une possibilité de rendre les secteurs privés compétitifs et créatifs pouvant contribuer à la réduction de la pauvreté. Ces lois sont des mesures incitatives fiscales douanières. C’est également une occasion pour PME l’accès aux crédits et aux marchés publics », ajoute le ministre des PME/PMI, Aboua Maouloud Moussa Térab.

Environ 1000 entrepreneurs ont été conviés à cette rencontre de vulgarisation des codes PME/PMI et artisanat. Ces acteurs joueront le rôle promoteur de ces nouvelles lois auprès de leurs pairs pour le relèvement du secteur privé en Centrafrique.

Auguste Bati-Kalamet

jeudi, 08 octobre 2020 12:02 Écrit par Dans ECONOMIE

Centrafrique : 10 000 tonnes de café produit en 2019-2020, selon l’ORCCPA

BANGUI, 02 octobre 2020 (RJDH)---La production caféière en Centrafrique de 2019-2020 est estimée à environ 10 000 tonnes de production, a fait savoir Boniface Damboti directeur général de l’office de règlementation de la commercialisation et du contrôle de conditionnement des produits agricoles en abrégé (ORCCPA). Il l’a indiqué à l’occasion de la journée internationale du café célébré ce 1er octobre 2020 autour du thème : consommons le café centrafricain pour reconstruire la filière.

En RCA, ce moment a permis aux caféiculteurs de réfléchir sur la question de la production et de la consommation du café dans le pays dont le secteur a été fortement touché par la pandémie de Covid 19, provoquant la chute du prix sur le marché mondial selon le Directeur Général de l’ORCCPA, Boniface Damboti.

« Nous célébrons cette journée dans une période critique de maladie à coronavirus. Le prix du café est tombé de 170 frs le kilogramme en février à 130 frs en mars quand la Covid 19 est signalée sur sol centrafricain », a précisé Boniface Damboti.

La campagne 2019-2020, selon l’ORCCPA, est estimée à 10 000 tonnes de café marchand ce qui équivaut à environ 20 000 tonnes de café coq.

Quant aux représentants des torréfacteurs, la présidente directrice générale de café Gbako, Lucienne Maka-Gbossokoto, elle se plaint de la concurrence internationale qui impacte le secteur national en raison des cafés importés. « Notre rôle c’est d’acheter le café marchand et de le transformer par la torréfaction. Nous faisons donc du café moulu. Mais nous sommes confrontés avec beaucoup de concurrence d’autres produits importés et les gens utilisent de mauvais café vendu à très bas prix sur le marché local », se plaint-elle.

« Nous voulons profiter de la journée internationale du café pour nous adresser aux centrafricains de consommer le café local pour que cela puisse profiter aux torréfacteurs, aux commerçants et aux planteurs », a souhaité Madame Lucienne Maka-Gbossokoto.

Instaurée en 2015, c’est pour la première fois que la journée internationale de café a été célébrée en Centrafrique. En RCA, bien que le café est de meilleur qualité, cette filière éprouve des difficultés sur toutes la chaine, depuis la production, la distribution jusqu’à la consommation.

Jocelyne Nadège Kokada et Chancelvie Malembeti

vendredi, 02 octobre 2020 14:50 Écrit par Dans ECONOMIE

Centrafrique : l’Hôtel du Centre repris par un opérateur économique centrafricain

BANGUI, 26 septembre 2020 (RJDH)--- Christian Achille Colongo, un opérateur économique centrafricain est le nouveau patron de l’Hôtel du Centre. Cette reprise, à l’en croire, est effective dans le cadre du partenariat public/privé mis en place depuis 2016 par le Gouvernement Centrafricain. Le contrat cède 75% à cet opérateur, responsable de la société Bac-El et l'Etat conserve 25%. Il l’a fait savoir dans une interview accordée au RJDH le 22 septembre.

RJDH : Monsieur Christian Achille Colongo bonjour 

CAC : Bonjour.

RJDH : Vous êtes opérateur économique et responsable de la société BA-C-EL, vous avez repris l’Hôtel du Centre qui est devenu un sujet d’interprétation un peu partout sur les réseaux sociaux, dites-nous dans quel cadre que vous avez repris cet Hôtel du Centre qui est l’hôtel de l’Etat ?

CAC : Nous avons repris l’hôtel du centre dans le cadre du partenariat public et privé, c’est un nouveau système que le gouvernement a mis en place depuis 2016. C’est pour cette raison que nous avons jugée mieux de reprendre ce complexe hôtelier en dégradation avancée pour sa réhabilitation. La convention de partenariat a été signée par la société BA-C-EL, le ministre de tourisme Dieudonné Ndomate et le ministre des finances Henri-Marie-Dondra le 18 aout 2020.

RJDH : En reprenant cet hôtel, qu’allez-vous faire concrètement, et ce, pour combien de temps ?

CAC : La société Bac-El a mis plus de 3 milliards pour les travaux de réhabilitation et d’équipement de cet hôtel. On va le réhabiliter compris les meubles et ce jusqu’à vingt ans d’exploitation, avant de le remettre au gouvernement centrafricain.

RJDH : Certaines informations font état de ce que l’hôtel a été repris par un libanais ?

CAC :  L’un des problèmes en Centrafrique, c’est les rumeurs. Je suis centrafricain, tout le monde me connait dans ce pays. Je suis un opérateur économique et je suis dans l’import-export des cigarettes avec ma société « Oumar ». J’ai des camions qui partent à Mambéré pour le transport des bois. Allez demander au marché Magalé dans le 3e arrondissement de Bangui qui est monsieur Christian Achille Colongo ? Tout le monde me connait là-bas. La société Bac-El est installée en Centrafrique en 2016 et compte 453 employés. Elle a déjà réalisé les travaux de construction des écoles et lycées Technique, Gobongo, Métier d’Art, LPF, JPN, JPN de Bogoura et Sica 2. En plus de cela, les travaux de construction du centre de santé de Damara, Baoro et Taley, du marché à Bétail de Bouboui, les latrines publiques à Mbaïki et la réhabilitation de l’ENI à Bambari.

J’ai repris cet hôtel en raison de sa dégradation. J’ai un peu de moyen et pour le faire il me faut des associés. Il s’agit de Wassef El Amine, un opérateur économique libanais de mère congolaise, mon associé, un partenaire avec qui j’ai fait des affaires. Ce dernier a 28 établissements hôteliers à travers le monde. Je me suis rapproché auprès de lui pour cet investissement et il l’a accepté.

RJDH : Mais quelle sera la part de l’Etat dans la gestion de cet hôtel ?

CAC : Précisons-le. L’Etat Centrafricain n’a pas vendu l’hôtel comme on le dit ici et sur les réseaux sociaux, c’est des rumeurs. Je ne comprends pas les centrafricains. Quelqu’un veut apporter sa pierre de reconstruction dans ce pays, ils n’en veulent pas mais pourquoi ? L’Etat a une part de 25% et la société BA-C-EL à 75%.

RJDH : La société BA-C-EL à 75% et va exploiter l’hôtel pendant vingt ans avant de le remettre à l’Etat Centrafricain, mais dites-nous un peu quelle est la situation du personnel mis en chômage ?

CAC : La situation des anciens travailleurs, je ne vois pas le mal au jour d’aujourd’hui, si vous menez bien vos enquêtes, la plupart de gens qui travaillent à l’hôtel du centre ne sont pas des gens qualifiés pour travailler dans un hôtel.  Il y a un sérieux problème de niveau et de ressources humaines dans la gestion hôtelière. On va les soumettre à des tests, et nous reprenons ceux qui ont le niveau pour rehausser le niveau de cet établissement. Nous avons trouvé une dette de 72 millions de FCFA à payer aux fournisseurs.

RJDH : A un moment donné, ils revendiquaient le paiement de cinq mois d’arriérés de salaire, est ce que cela a été réglé ?

CAC : Merci, les cinq mois ont été payés, y compris les 20 % de leurs droits légaux.

RJDH : Mais vous avez commencé déjà les travaux de réhabilitation ?

CAC : Là on n’a pas encore entamé, parce qu’il y a le service de domaine. On est en train de faire la vente aux enchères, dès que cela termine, on va démarrer les travaux proprement dits.

RJDH : Vous allez démarrer effectivement quand ?

CAC : Cela dépend du service de domaine. Dès qu’il finisse d’évacuer leur meuble, d’ailleurs il n’y a pas de clients, si on peut trouver un endroit pour aller caser tout ceci, on démarrera aussitôt que prévu.

RJDH : Est- ce qu’il y a beaucoup de défi à relever ?

CAC : Il est trop tôt pour le dire. Le moment venu vous allez revenir ici, je le souhaite, et vous ne jugerez.

RJDH : Monsieur Christian Achille Colongo, je vous remercie.

CAC :  Je vous remercie

Propos recueillis par Fridolin Ngoulou

 

samedi, 26 septembre 2020 09:38 Écrit par Dans ECONOMIE

Centrafrique : le gouvernement cède l’Hôtel du Centre à un libanais

BANGUI, 14 septembre 2020 (RJDH)---L’Hôtel du Centre, tombé en faillite depuis quelques mois, est cédé à un opérateur libanais pour sa rénovation, a appris le RJDH des sources généralement bien informées et proches du dossier.

Il y a de cela trois mois, le personnel de l’hôtel du Centre, avait manifesté pour réclamer le paiement de trois mois d’arriérés de salaires. Parmi les revendications, ce personnel avait aussi réclamé le soutien du gouvernement pour sa rénovation.

Le montant total pour le paiement des salaires et la réhabilitation s’élevait à 238 millions FCFA. C’est dans la foulée de ce mouvement que l’hôtel a été rétrocédé à un opérateur libanais.

Selon les informations RJDH, la convention entre le gouvernement et le preneur inclue une phase de réhabilitation, de gestion et afin interviendra le transfert à l’Etat, « la période de transfert de l’hôtel au gouvernement sera entre 10 à 15 ans », a confié une source proche de l’ancienne équipe de gestion de cet hôtel.

Après la fermeture pour les travaux, tout le personnel a été collectivement licencié. « Le syndicat du personnel n’a pas été associé aux négociations, le directeur général lui-même absent car il n’a plus de contrat depuis le 31 aout 2020. Le gouvernement nous a rassuré que le personnel licencié sera privilégié lors de la réouverture de l’hôtel », a rapporté un personnel.

Contacté par le RJDH, l’ancien directeur général n’a pas souhaité se prononcer sur cette affaire tandis qu’au ministère du tourisme qui a la charge de cet établissement hôtelier, les personnes ressources ne sont pas encore disponibles.

Pour le moment, tout le matériel de l’hôtel du Centre est mis en vente aux enchères. Mais les travaux de réhabilitation n’ont pas encore démarré.

RJDH

lundi, 14 septembre 2020 14:20 Écrit par Dans ECONOMIE
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