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Centrafrique : Le syndicat du personnel de santé dans une phase de cessation des activités

BANGUI, 30 mai 2020 (RJDH) ---La Fédération syndicale du personnel de santé réclame du gouvernement la prise en charge globale des agents de santé en première ligne de lutte contre le Coronavirus. Une prise de position faite hier

Lors d’une conférence de presse tenue le 28 mai à Bangui, la Fédération a présenté leur désapprobation suite au manque de sérieux du gouvernement face à la prise en charge globale des agents de santé pendant cette période de Covid-19.

Ces revendications ont été portées à la connaissance de la présidence, la primature l’Assemblée, le ministère de la santé publique et de la population, le 25 mai 2020. Ils ont constaté quelques failles dans le fonctionnement des services hospitaliers à l’heure de la pandémie du Covid-19.

18 revendications ont été portées à la connaissance des autorités nationales, comme le précise ici le secrétaire général du syndicat, docteur Max Richard Bézo, « le personnel de santé fait face à des risques dans la prise en charge des personnes atteintes du Covid-19. Nous ne disposons pas des équipements appropriés et individuels pour notre protection, le versement de l’indemnité des agents de santé pendant la pandémie. Il est important aussi d’augmenter le salaire du personnel de santé et intégrer les contractuels », a- t-il fait savoir.

Le syndicat du personnel de santé a projeté, « qu’en cas d’insatisfaction des revendications, un préavis de grève sera déposé une fois de plus au gouvernement. Ce n’est pas une pression que nous mettons sur le gouvernement, mais, il s’agit ici de nos droits que nous réclamons auprès du gouvernement », a lancé docteur Max Richard Bézo, avant de dire que « si un agent de santé est contaminé de ce virus et meurt, il s’avère capital que le gouvernement prenne en charge les parents directs, orphelins et veuves ».

Un préavis de grève sera envoyé au gouvernement, afin de prévenir une éventuelle cessation de travail de toute l’équipe hospitalière en cas d’insatisfaction.

 Auguste Bati-Kalamet.

samedi, 30 mai 2020 08:42 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : ANJFAS appuie les personnes vivant avec le VIH/SIDA

BANGUI, 28 mai 2020 (RJDH)---Des personnes vivant avec le VIH/SIDA ont reçu un appui en kits alimentaire et hygiénique à hauteur d’un million de FCFA de la part de l’Association nationale des jeunes femmes actives pour la solidarité (ANJFAS), le mercredi 27 mai, dont l’objectif est de les assister dans la lutte contre la Covid 19.

L’idée sous-jacente à cette aide apportée aux patients du VIH/SIDA est celle de leur fournir un peu de moyens de subsistance dans cette période marquée par la pandémie de Corona virus. Pour cela, une vingtaine des femmes membres d’ANJFAS, considérées comme vulnérables, ont été assistées en kits hygiéniques et alimentaires.

Pour Jean-Marie Dimanche, coordonnateur d’ANJFAS, cette pandémie menace toute le monde aujourd’hui et appelle les femmes vivant avec le VIH à prendre leur responsabilité en commençant par respecter scrupuleusement les mesures barrières contre la Covid 19. « La pandémie de corona virus qui est survenu dans le pays nous interpelle tous à une prise de conscience. Chacun de nous doit prendre ces responsabilités par le respect des mesures barrières édictées pour limiter la chaine de contamination », rappelle-t-il.

Toutefois, ajoute-t-il, l’on ne doit perdre de vue la prise en charge des personnes vivant avec le SIDA car, elles sont dans le lot des personnes à risque dans le contexte de cette maladie. « C’est dans cette optique que l’ONG ANJFAS avec le concours de ses partenaires, a mobilisé des kits de lavage des mains et des kits alimentaires pour soutenir ses membres pour que la lutte contre le corona virus puisse avoir l’effet. Ces kits sont essentiellement composés de : seau, huile, riz, savon, masque et savon liquide », précise-t-il.

De son côté, Jeanne Sandra Ngolopou vice-présidente d’ANJFAS, estime que les personnes les plus exposées au corona virus sont les personnes vivant avec le VIH. « Si nous voyons bien les personnes les plus exposées au Corona virus sont ceux qui sont séropositifs car leur organisme est déjà affaibli par le sida, et si le corona virus vient s’y ajouter, ce sera dramatique. C’est pourquoi nous avons pris ces mesures de prévention pour que nous ayons les seau, savon pour nous permettre d’évité cette maladie », fait-elle savoir.

« Ces kits ne sont pas à vendre et non plus pour donner à une autre personne. Nous savons bien que nous avons déjà un problème de santé et nous sommes sous traitement, ces kits alimentaires vont nous permettre de manger avant de prendre les médicaments », a exhorté Jeanne Sandra Ngolopou.

Le cout de ces kits est de 1 600 000 FCFA.

Winny Touguele

jeudi, 28 mai 2020 15:27 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : Le centre de santé du village de Ngoundjia manque de matériel adéquat pour son fonctionnement

NGOUNDJIA, 26 mai 2020 (RJDH) --- Le Centre de santé de Ngoundjia à 33 km de Bangui, route de Damara fait face à d’énormes difficultés pour la prise en charge des patients admis au sein de ce centre de santé catholique. En plus de ces difficultés, on enregistre un faible taux de fréquentation des malades. Un constat RJDH de passage dans la localité le vendredi 22 mai dernier.

A en croire Sylvie Olimbe, cheffe du centre de santé de Ngoundjia, la seule difficulté aujourd’hui pour cette structure sanitaire se situe en termes de moyens matériels et sanitaires pour la prise en charge des patients. « Avant ma prise de service, il y avait beaucoup de patients mais la fréquentation de ces est réduite par rapport au centre de santé de Gbango qui offre aux malades gratuitement des médicaments. Mais parfois on peut recevoir 5 ou 6 patients par jour », précise-t-elle.

Ces difficultés se posent aussi par la prise en charge des femmes enceintes. « Dans ce centre nous sommes deux. Je suis avec la matrone, elle s’occupe des femmes enceintes.  Moi, je m’occupe des adultes et des enfants. Depuis que nous sommes là, nous n’avons pas encore enregistré un cas de décès, seulement que nous avons les manques de médicament parfois » a ajouté la Sœur Sylvie Olimbe.

Les difficultés qu’elle rencontre au niveau de ce centre est au niveau de participation des patients. « Malgré que nous avons mis la consultation 200 frs pour les enfants et 300 frs pour les adultes, il y a toujours des plaintes. Les gens ne viennent pas pour des soins mais juste demander des conseils », s’est plainte la religieuse.

« Concernant la Covid-19, y en a d’autres qui disent que c’est la maladie des blancs malgré les mesures prises par le Gouvernement et les seaux d’eau que nous avons déposés ici, mais ils refusent parfois même de se laver les mains. Nous allons toujours continuer dans la sensibilisation pour leur faire comprendre les dangers à cette pandémie », explique la Sœur Sylvie Olimbe.

Situé à PK 33 sur la Route de Damara le Centre Santé de Ngoundja possède deux lits pour les patients et un pour l’Accouchement.

Paméla Dounian-Doté

mercredi, 27 mai 2020 07:46 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : Une autorité politique guérie du coronavirus, conseille un remède non homologué à son ami ministre des finances atteint de Covid 19

Bangui, le 25 Mai 2020 (RJDH) ---Déclaré positif après un test fait au niveau de l’institut pasteur de Bangui le Ministre des finances et du Budget Henri Mari Dondra est la seconde personnalité centrafricaine qui est contaminé de cette maladie.

Après deux semaines de traitement contre la Covid -19, le président de la délégation de la ville de Bangui a retrouvé la santé, aussitôt le Ministre des Finances et Budget lui a son tour est déclaré positif après un test.

Sur sa page Facebook, le président de la délégation spéciale de la ville de Bangui, ancien candidat à la présidentielle tente de remonter le moral à celui qu’il appelle « mon petit » pour citer le ministre des finances, « il faut être fort moralement de forcer l’appétit ». Emile Gros Nakombo prend la place de médecin et conseille un remède, il faut « boire et manger du Gingembre « Tangawissi » peut-on lire dans le post de Émile Raymond Nakombo.

Tangawissi est une tisane très prisée en Centrafrique, ce produit est utilisé contre la fatigue, la grippe, et la courbature.   

La réaction de l’ancien malade et maire de Bangui relance le débat sur le traitement du coronavirus surtout tous les stéréotypes, fakenews qui donnent comme remède au coronavirus les boissons et feuilles amers. Nakombo propose-t-il le Tangaswissi par expérience ? C’est la question que l’on est en droit de se poser aujourd’hui après la sortie de l’ancien malade de Coronavirus, Emile Gros Nakombo.

Paméla Dounian-Doté

lundi, 25 mai 2020 15:32 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : Des leaders communautaires de Bakouma renforcent leurs capacités en gestion de Covid-19

BAKOUMA, 17 Mai 2020 (RJDH) --- Une trentaine de leaders communautaires de la Sous-préfecture de Bakouma et ses périphéries ont été entretenus sur la maladie au Corona virus par la Minusca le 14 mai dernier. L’historique, les symptômes, les modes de transmission, la durée d’incubation de la maladie à coronavirus, ont été développés pendant cette de formation.

Pour empêcher la propagation de la pandémie, la Minusca et une équipe du ministère de la Santé se sont déployées dans la Sous-préfecture de Bakouma dans le but d’informer les chefs de quartiers, de villages, les responsables de la jeunesse et des femmes afin de barrer la route à cette propagation.

Cécile Gogo de la Minusca a rappelé aux participants les effets de cette maladie mortelle, ces modes de contagion et les symptômes. « Le Coronavirus a vu le jour en Chine en 2019. Cette maladie grave s’attaque au système respiratoire et s’est propagée le plus rapidement possible dans le monde ».

Ses modes de transmission s’effectuent « d’une personne à une autre, d’un animal à une personne, par les jets de salive, des écoulements nasals, les éternuements sans les mesures barrières. La Covid-19 passe par voie aérienne, des contacts directs avec les objets contaminés », a-t-elle détaillé, avant de dire que les symptômes sont les maux de tête, l’abondance des sueurs, les écoulements nasals, la fièvre, difficultés respiratoires, la toux.

Le sous-préfet de Bakouma, Simon Gbaki, a interpellé les participants à la restitution de méthodes reçues et une pratique responsable au sein de chaque communauté, « chaque participant doit passer porte à porte pour informer la population sur cette pandémie. Ne laissez nul place », insiste-t-il.

Cette information s’est tenue conjointement avec la Minusca, l’Organisation Mondiale de la Santé et le Ministère de la Santé et de la population. 30 personnes ont été initiées sur la maladie à Coronavirus dans la Sous-préfecture de Bakouma.

Jean-Marie Anidikoumba

dimanche, 17 mai 2020 09:27 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : le ministère de la santé recherche au moins 100 personnes testées

BANGUI, 14 mai 2020 (RJDH) --- Au moins 100 personnes testées positives sont recherchées par le Ministère de la santé publique qui menace d’engager contre elles une poursuite judiciaire face à leur refus de se présenter pour leur prise en charge.

Elles sont au moins une centaine, les personnes que le Ministère de la santé publique leur a demandées, dans un communiqué rendu public ce 13 mai 2020, de se présenter dans un bref délai. Dans le cas échéant, ce département va intenter une poursuite judiciaire contre ces personnes, conformément à la note circulaire n°90/MJD/DIRCAB du Ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux.

Cette annonce du ministère de la santé met à nu l’épineuse question de suivi et de prise en charge des personnes suspectées ou déclarées malades. Non seulement le refus de respecter les mesures barrières initiées par les autorités compétentes mais aussi la difficile collaboration de la population avec les agents en charge de dépistage contre la Covid 19.

En dépit des moyens financiers octroyés par les partenaires, le Ministère de la santé publique est visiblement dépassé par la situation. Le comportement hostile de la population face à cette pandémie est justifié par le doute sur l’existence de cette maladie dans le pays pour certains et pour d’autres, le gouvernement Centrafricain est en train de se faire du beurre sur le dos des centrafricains à travers cette maladie.       

La disparition de ces personnes constitue pour le moment un grand danger pour tout le pays. Avec cette allure, la RCA risque d’atteindre d’ici juin-juillet un nombre vertigineux des personnes contaminées si rien n’est fait de manière sérieuse. Car le pays a franchi aujourd’hui la barre de 221 cas de contamination de Covid 19.

Carlos Watou   

vendredi, 15 mai 2020 14:44 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : Le deuxième centre de traitement du Covid 19 du pays accueille ses premiers patients

BANGUI, 12 mai 2020 (RJDH)---Le deuxième centre de traitement du Covid 19, inauguré le 7 mai dernier par le ministre de la santé, accueille depuis le week-end dernier ses premiers patients. Les cas admis dans ce centre sont maitrisables, selon un des médecins traitant, Louis Médard Warandji.

Ils sont déjà six à être admis au nouveau centre de traitement de Covid 19, installé à l’hôpital général situé à quelques mètres du centre-ville de la capitale. Lors de la visite du RJDH, un calme pesant règne bien que quelques agents discutent à voie base évoquant leurs conditions de travail, conditions qui selon eux, ne sont pas idéales pour les protéger contre d’éventuelles contaminations. Interrogé sur l’inquiétude des agents de santé détachés au sein de ce centre de traitement, le médecin chef calme le jeu, « les conditions de prévention sont réunies et nous avons les matériels qu’il faut pour apporter secours et nous protéger ».  

Sur les six patients, il y a deux cas importés et quatre locaux qui ne sont pas compliqués, « nous avons des cas importés et des cas locaux mais tous ne sont pas d’une extrême gravité », explique Louis Médard Warandji, un des deux médecins désignés pour gérer ce centre constitué de 5 chambres et 127 lits. 

Le centre de l’hôpital général, en terme de capacité d’accueil, est le premier du pays qui en compte déjà 3 dont deux à Bangui et 1 à la frontière avec le Cameroun. La République Centrafricaine compte en deux mois de présence de la maladie dans le pays, 179 cas dont 12 guéris. Selon nos informations, seulement une vingtaine de malades seraient admis dans les différents centres de traitement les autres qualifiés de simples, sont suivis à domicile.

Ketsia Kolissio 

mardi, 12 mai 2020 13:51 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : 900 prélèvements réalisés par le ministère de la Santé dans la Mambere-Kadéï

BERBERATI, le 11 mai 2020(RJDH) ----Une équipe médicale du Ministère de la Santé a lancé depuis le 30 avril dernier des prélèvements dans la préfecture de la Mambéré-Kadéï au sud-ouest du pays. A en croire le Dr Jean Thierry Behoundé 900 personnes ont été relevées dans cette partie du pays qui partage la frontière avec le Cameroun.

Ces prélèvements ont été faits à Gamboula, Dédé, Sosso-Nakombo, Berberati et Carnot. Au total, 900 prélèvements sont prévus dans la préfecture de la Mambéré-Kadéï par le ministère de la santé  et de la Population. Ces tests sont acheminés par la Minusca et les résultats dépendront justement de la charge de l’institut Pasteur de Bangui, le centre de référence de l’OMS.

En cas de positivité, le sous-préfet de Berberati Jacques Antoine Gounendji s’interroge sur la prise en charge des malades. « A travers ce dépistage, si on trouve quelqu’un qui est malade, comment faire pour le garder ici puisque les conditions sont très difficiles à Berberati. Maintenant des prélèvements et les envois à l’Institut Pasteur, voyez-vous tous ces temps ! », S’est-t-il interrogé.  

Au doute du sous-préfet, le Dr Jean Thierry Behoundé, répond, « du coup dans cette mission, nous avons identifié des centres covid-19 à Gamboula. Nous avons discuté avec le centre suédois qui nous a donné un local avec une capacité de 14 lits. A Berberati, nous avons aussi un local avec de très grandes capacités. Avec les partenaires et organisations qui sont là, elles sont prêtes à nous appuyer », répond Jean Thierry Behoundé.

Les tests sont repartis de la manière suivante, 300 tests sont utilisés à Gamboula, Dédé, Sosso, et à Berberati, on compte 200 tests. 400 tests supplémentaires sont encore utilisés dans la ville de Berberati et se poursuit à Carnot comme l’indique le Dr Jean Thierry Behoundé.

Judicaël Yongo

 

 

lundi, 11 mai 2020 15:52 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : Une épidémie de rougeole à l'échelle nationale menace la vie des enfants

BANGUI, le 08 mai 2020 (RJDH)---Lorsque les premiers cas de Covid-19 ont été confirmés en République centrafricaine au mois de mars, le pays était déjà en proie à une urgence humanitaire et sanitaire majeure. Au début de l’année, la RCA déclarait une épidémie de rougeole à l’échelle nationale, la plus importante depuis près de deux décennies. Médecins Sans Frontières (MSF) traite et vaccine les enfants à grande échelle dans plusieurs zones du pays.

Ndongue est un village isolé situé à l’ouest de la République centrafricaine, proche de la frontière avec le Cameroun. Des dizaines de parents et de jeunes enfants font la queue à un poste de vaccination que Médecins Sans Frontières a installé sous un grand manguier au centre du village. L'équipe est là pour administrer le vaccin contre la rougeole et la pneumonie (PCV13).

Certains des enfants qui attendent leur tour ont des rayures faites à l’aide d'écorce de mangue et de feuilles sur le visage, un remède traditionnel contre la rougeole et d'autres maladies. Pour la plupart des personnes vivant dans cette région reculée, la médecine traditionnelle est la seule option en cas de maladie. 

« Ici, personne ne peut se permettre de payer une consultation à hôpital, nous essayons donc de nous soigner en utilisant la médecine traditionnelle. En dernier recours, nous allons chez les guérisseurs traditionnels, et nous les payons avec un poulet si nous n'avons pas d'argent, » dit Véronique, une agricultrice locale qui est venue faire vacciner le plus jeune de ses six enfants, Sarah André, âgée de trois mois. « C'est la première fois que nous entendons parler d'une vaccination.»

Après de nombreuses années de violence et d'insécurité, la République centrafricaine est dans un état d'urgence sanitaire chronique. Une grande partie des cinq millions d'habitants du pays, dont plus de 700 000 sont déplacés à l'intérieur du pays en raison de l'insécurité[1], n'ont pas accès aux soins de santé, et de nombreux enfants n'ont pas été vaccinés.

Dans ces conditions, une maladie évitable mais très contagieuse comme la rougeole peut se propager rapidement. En janvier, le ministère de la santé a déclaré une épidémie de rougeole à l'échelle nationale.

En soutien aux autorités sanitaires, MSF a lancé une campagne de vaccination massive pour vacciner plus de 312 000 enfants contre la rougeole dans sept zones sanitaires du pays.« Les défis logistiques et les coûts liés à la mise en place d'une campagne de vaccination à grande échelle dans des régions aussi isolées et éloignées sont énormes", déclare Ester Gutierrez, cheffe de mission de MSF en RCA. ¨Beaucoup de ces régions ne peuvent être atteintes que par avion, et nos équipes voyagent souvent pendant plusieurs jours pour atteindre les habitants des villages les plus reculés. L’insécurité est aussi un obstacle de taille : nous n’avons par exemple pas pu nous rendre dans la zone entre Bria et Ouadda au centre-nord du pays pour y vacciner les enfants et apporter des soins médicaux en raison des violences. »

Maintenir les vaccins au froid dans les régions dépourvues d'électricité fiable est un énorme défi. Zacharie Musangu est un vétéran de MSF qui a commencé à travailler avec l'organisation dans sa République démocratique du Congo natale en 2004. Sur la base temporaire de MSF, dans la petite ville de Baboua, l'expert en logistique se lève chaque matin à 3 heures pour préparer les vaccins destinés aux huit équipes mobiles qui les emmènent en voiture ou à moto dans les villages isolés du district. « Le plus important est de maintenir la même température lorsque les vaccins sont prélevés des congélateurs de notre base, ce que nous appelons la chaîne du froid active, à la chaîne de froid passive des glacières que nos équipes mobiles emmènent sur les sites de vaccination. C'est une procédure très délicate, » dit Zacharie, que tout le monde appelle Papa Zac.

En parallèle de la campagne de vaccination, les équipes de MSF traitent également les enfants déjà malades de la rougeole. Depuis le début de l’année 2020, plus de 6 200 cas suspects de rougeole ont été rapportés et traités par MSF dans les districts sanitaires de Nangha, Boguila et Bossangoa, dans la région de l’Ouham au nord du pays.

Yvonne Zongagofo a amené son beau-fils Maxime à un poste de santé que MSF soutient dans le village de Benzambe, à plusieurs heures de route de la ville de Bossangoa. Maxime est malade depuis trois jours. Il a de la fièvre et ne veut pas manger. « J'ai insisté auprès ma famille pour emmener Maxime au centre de santé après avoir su que c'était la rougeole », dit-elle. « Nous n'avons pas eu de cas de cette maladie depuis des années, mais j'ai reconnu les symptômes parce que je me souviens de la dernière épidémie, lorsque j'étais enfant. À l'époque, la médecine traditionnelle était le seul remède, et il n'y avait ni ONG, ni médecins, ni hôpitaux dans cette région. Aujourd'hui, la situation s'est légèrement améliorée, nous avons un peu plus accès aux soins de santé, mais ce n'est pas suffisant. Des enfants meurent encore dans ma communauté ».  Après la consultation au poste de santé, Maxime est conduit à l'hôpital soutenu par MSF à Bossangoa, où un service a été mis en place spécialement pour la rougeole.

Les enfants dont le système immunitaire est affaibli par la rougeole développent souvent d'autres problèmes de santé, notamment des infections respiratoires graves comme la pneumonie, ou la diarrhée. Une autre complication fréquente est la malnutrition. De nombreux enfants atteints de la rougeole développent des ulcères douloureux qui peuvent les empêcher de manger correctement. Les enfants malades n'ont pas beaucoup de réserves et sont rapidement sous-alimentés. Les équipes de MSF traitent ces comorbidités ainsi que les maladies comme la rougeole ou le paludisme, qui restent les principales causes de décès des enfants en RCA.

Soulaimani Bouldi, 30 ans, est un commerçant du village de Besson, où une équipe mobile de MSF avait mené une campagne de vaccination quelques jours auparavant. Soulaimani avait amené son fils Hammadou, âgé de deux ans, pour le faire vacciner. Mais notre équipe médicale a diagnostiqué une malnutrition chez le petit garçon, qui avait auparavant été malade de la rougeole, et l'a envoyé à l'hôpital de Baboua, où MSF soutient temporairement le service pédiatrique et a installé trois tentes pour traiter les cas de rougeole avec complications. « Notre vie a été incroyablement dure ces dernières années, » dit Soulaimani « Il y a 5 ans, nous avons dû fuir au Cameroun à cause des attaques des groupes armés. A notre retour, notre maison a été détruite et nos animaux ont été volés. Nous n'avons pas d'argent pour payer les médicaments de nos enfants ».

Malheureusement, pour certains enfants et leurs familles, l'aide arrive trop tard. Une femme appelée Zari Odette amène son bébé à l'hôpital, mais le petit garçon est mort à son arrivée. Il avait récemment été atteint de la rougeole et est très probablement mort de complications respiratoires.

Pour la seule année 2018, la rougeole a coûté la vie à plus de 140 000 personnes dans le monde, pour la plupart de jeunes enfants, et les chiffres de l'année dernière devraient être bien plus élevés, avec des flambées dévastatrices dans plusieurs pays.

« Les enfants ne devraient pas avoir à mourir d'une maladie évitable comme la rougeole », déclare Adelaide Ouabo, coordinatrice médicale de MSF. « Contrairement au nouveau Coronavirus, nous disposons d'un vaccin contre la rougeole depuis des décennies, et nous devons faire en sorte que le plus grand nombre possible d'enfants y aient accès. »

Le premier cas de COVID-19 a été confirmé en RCA en mars, et MSF soutient la réponse des autorités sanitaires à la pandémie.

« Dans le même temps, notre priorité reste de poursuivre nos projets médicaux pour sauver des vies dans de nombreuses régions du pays », déclare M. Ouabo. « Nous devons nous assurer que les mesures prises pour limiter la propagation du Covid-19 ne compromettent pas la lutte contre les « maladies tueuses silencieuses » comme la rougeole, le paludisme, la pneumonie ou la malnutrition. Nous savons par expérience qu'un accès réduit aux services médicaux en cas d'urgence entraîne encore plus de crises sanitaires ».

MSF craint qu'un accès réduit aux vaccinations ne crée des lacunes dangereuses en matière d'immunité, ce qui entraînerait une augmentation des maladies évitables par la vaccination dans les mois à venir.

RJDH

[1] Selon les derniers chiffres du HCR de février 2020 : https://data2.unhcr.org/en/situations/car

vendredi, 08 mai 2020 14:49 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : les patients de covid 19 isolés à la maison faute d’infrastructures d’accueil

BANGUI, le 06 mai 2020 (RJDH)--- Les patients détectés positifs au coronavirus, sont isolés chez eux pour leur prise en charge à défaut des structures d’accueil des centres d’isolement, a appris le RJDH de sources médicales bien indiquées.

Aujourd’hui, la Centrafrique compte 94 cas confirmés de l’épidémie du COVID-19 dans un contexte où le pays éprouve de réelles difficultés à réunir les moyens humains et logistiques. Le centre d’hospitalisation ne dispose que de 13 lits.

Sur les 94 cas du Covid 19 dont 10 guérisons, seulement 11 personnes sont admises au centre d’isolement de l’hôpital de l’amitié et les autres « sont isolés et traiter chez eux aux domiciles ». Ce qui traduit une défaillance dans la prise en charge des personnes atteintes. Une situation plus qu’inquiétante probable d’ouvrir la voie à d’autres cas de contamination sans limite alors que des fonds ont été décaissés pour pallier à certain nombre de problème en vue d’améliorer la prise en charge. 

Entre temps, le gouvernement est dans la recherche des locaux pouvant servir de centre d’isolement, a aménagé un bâtiment dans l’enceinte de l’hôpital général de Bangui, mais ce dernier est encore en phase de réhabilitation, ce qui oblige les patients à rester chez eux pour être pris en charge.

Face à cette mauvaise gestion de covid19 par le comité de gestion de la crise, certains sujets étrangers porteurs du covid19 en RCA ont décidé de retourner dans leur pays pour s’assurer de leur prise en charge.   

Ketsia Kolissio

mercredi, 06 mai 2020 20:28 Écrit par Dans SANTE
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