RJDH-RCA - SANTE
SANTE

SANTE (100)

Centrafrique : « Pour réduire la vulnérabilité des PVVIH, il faudra former des patients experts », dixit Bienvenu Gazalima du RECAPEV

BANGUI, 23 octobre 2020 (RJDH)--L’avènement du coronavirus a ralenti l’élan de lutte contre le Sida en Centrafrique, alors que les personnes vivant avec le VIH doivent éviter de tomber dans une situation de coïnfection et de comorbidité. Pour lutter contre la vulnérabilité des PVVIH, le coordonnateur du Réseau Centrafricain des Personnes Vivant avec le VIH (RECAPEV) plaide dans une interview exclusive pour que la lutte contre le VIH-Sida ne souffre pas d’abandon en cette période de coronavirus et que les patients doivent devenir des experts pour suivre leurs pairs.  

RJDH : Monsieur Bienvenu Gazalima, vous êtes coordonnateur RECAPEV, Bonjour

Bienvenu Gazalima : Bonjour monsieur le journaliste

RJDH : Monsieur le coordonnateur, est-ce que la pandémie du coronavirus a-t-elle freiné l’élan de lutte contre le VIH-Sida en Centrafrique.

Bienvenu Gazalima : Merci pour cette pertinente question. Même en temps normal dans notre pays, les gens ne parlent pas assez du Sida. Du moment où il y a la pandémie du coronavirus qui vient nous surprendre, aujourd’hui les gens ne parlent que de cette pandémie. C’est normal puisque c’est une nouvelle pandémie mais il faut aussi mettre en lumière le VIH-Sida. Il faut mettre cote à cote ces deux pathologies pour mieux faire la lutte. Nous entendons parler beaucoup de covid-19 sans faire du VIH-Sida, cela reste un défi à relever par la Centrafrique.

Donc, si nous  voulons avoir une réponse fiable à la lutte contre la covid-19, il faut intégrer le VIH-Sida parce que c’est un virus très dangereux. Si nous ne faisons pas attention, d’ici demain, quand le Covid-19 va finir, le Sida va rebondir.

RJDH : En Centrafrique au moins 110.000 personnes vivant avec le VIH-Sida (PVVIH) sont dans une situation de vulnérabilité. Mais au niveau de RECAPEV, quelles actions menez-vous pour réduire considérablement cette vulnérabilité ?

Bienvenu Gazalima : Aujourd’hui, nous avons un problème du personnel de santé qualifié. Ceux qui s’occupent des questions du VIH-Sida, sont introuvables dans les formations sanitaires. Mais s’il y a un de ses pairs qui maitrise la maladie, qui maitrise l’accompagnement psychosocial, il va beaucoup aider. Donc, notre solution pour réduire cette vulnérabilité est de former des patients experts.

Le VIH est une maladie chronique c’est pourquoi ceux qui vivent avec le VIH sont vulnérable face à la Covid-19. Si on fait bien les calculs, la majorité de ceux qui sont infectés par la covid-19 sont des porteurs du VIH-Sida.  Nous devons mettre un accent sur le VIH –Sida tout en intégrant la Covid-19. Retenons que ma politique à la tête du RECAPEV est de fondre les patients pour qu’ils deviennent des patients experts.

RJDH : Justement selon le ministère de la santé, la majorité des personnes décédées de la Covid-19 sont malheureusement des PVVIH. Elles sont  au moins 11% des 62 décès. Cela justifie-t-elle la gravité et le poids de cette pandémie sur les porteurs du VIH-Sida ?

Bienvenu Gazalima : Là je confirme à 100%. Mais si vous faites un tour à l’hôpital communautaire, la majorité des patients du VIH-Sida sont des patients grabataires. Cela pose un problème pour la prise en charge, pourquoi ça ? C’est inadmissible aujourd’hui. Un patient qui est mis sous traitement Antirétroviraux (ARV) doit avoir un succès thérapeutique. Mais s’il rentre à l’hôpital ce qu’il y a un problème, un problème de prise en charge. La majorité des patients vivant avec le VIH-Sida commence à avoir un cancer du col de l’utérus, là c’est un problème pour la prise en charge de nos patients en Centrafrique.  La vulnérabilité des PVVIH devient parlante en cette période de la Covid-19.

Nous exhortons le ministère de la santé et nos partenaires à tourner un regard particulier vers le PVVIH parce qu’ils sont encore plus vulnérables avec la Covid-19.

RJDH : Mais que faut-il faire pour barrer la route à la coïnfection VIH-Covid-19 ?

Bienvenu Gazalima : C’est de prendre en compte les infections opportunistes. Maintenant dans toutes les formations sanitaires, il y a la disponibilité des ARV et un manque des traitements contre les infections opportunistes. Les ARV ne traitent pas les infections opportunistes. Il y’a des médicaments pour cela. Dans les centres de prise en charge, il y a zéro traitement contre les infections opportunistes.

RJDH : Vous parlez des infections opportunistes, citez-nous quelques exemples

Bienvenu Gazalima : Je parle du cancer du col de l’utérus. Cela provoque la mort de la majorité des PVVIH. Nous venons d’enterrer une patiente qui a un succès thérapeutiques mais qui est décédée du cancer de col de l’utérus. Le regard doit être tourné vers la qualité de la prise en charge des PVVIH et l’accompagnement psychosocial. Si un patient mis sous traitement ne maitrise pas les médicaments et la maladie, cela va être difficile pour lui de bien suivre les consignes. C’est pour  cela que je mets l’accent sur les patients eux-mêmes d’être des patients experts pour prendre le relai de la prise en charge.

RJDH : Les patients sous traitement ont-ils accès à tout moment à leur traitement ?

Bienvenu Gazalima : La prise en charge est à 50% parce que les ARV sont là. Grâce au gouvernement et au Fonds mondial, nous avons un traitement ARV de 3 mois disponible dans certains sites. Mais ce qui me prend au cœur c’est le traitement des infections opportunistes. Les ARV ne traitent pas les infections opportunistes qui sont entrain de ronger les PVVIH. Donc, 50% oui et 50% non à cause du manque de traitement des infections opportunistes.

RJDH : La stigmatisation reste un poids sur les PVVIH ?

Bienvenu Gazalima : La stigmatisation freine la lutte contre le VIH-Sida en ce moment en Centrafrique. Les patients fuient d’aller à l’hôpital parce que dans ces centres de santé, ils sont stigmatisés. C’est encore un défi pour la lutte contre le VIH-Sida. Nous venons de faire une enquête sur l’index de la stigmatisation. L’index montre que 85% de la stigmatisation c’est dans les formations sanitaires sans oublier la stigmatisation au sein de la communauté. Nous devons accepter les PVVIH au sein de la communauté, ceci est un moyen efficace contre le VIH-Sida.

RJDH : Monsieur le coordonnateur, votre réseau dispose-t-il des moyens nécessaires pour coordonner la réponse au VIH-Sida

Bienvenu Gazalima : Non notre réseau vit grâce aux partenaires comme l’ONUSIDA qui nous donne une main forte. Nous n’avons même pas un véhicule de coordination de la lutte. Aujourd’hui, je coordonne les 16 préfectures de la Centrafrique grâce aux partenaires. J’ai effectué récemment une visite à Obo et à Bambari c’est grâce à l’appui de l’ONUSIDA. Après plusieurs décennies, le RECAPEV  n’a pas mis pied à Obo. Or il y a un sérieux problème à Obo. Un patient sous traitement ne maitrise pas ce qu’on appelle adhérant thérapeutique et comment vivre avec le VIH. Notre réseau vit comme un orphelin alors que le RECAPEV dépend de la nation Centrafricaine. Le réseau est abandonné. Comment irons-nous sur le terrain pour coordonner la lutte ? C’est le cri de cœur des PVVIH.

RJDH : Bienvenu Gazalima  le RJDH vous remercie

Bienvenu Gazalima : C’est à moi de vous remercier.

Interview réalisée par Fridolin Ngoulou

 

vendredi, 23 octobre 2020 14:05 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : Le CICR dote le centre handicapé du 4ème arrondissement de Bangui en kits de protection

BANGUI, le 21 octobre 2020(RJDH)---Le Centre de Rééducation et d’Appareillage des Personnes Handicapées et Moteurs(CRAHM) a été doté ce mardi 20 octobre en kits de protection composés des paravents et des draps. Un don du Comité International de la Croix-Rouge à hauteur de huit millions de francs CFA pour soutenir le personnel dans la prise en charge des patients et la lutte contre la pandémie de Covid_19.

Les dons sont composés de panneaux solaires, huit batteries, trente draps pour le couchage et douze paravents pour séparer et protéger l’intimité des patients. Cet appui du CICR intervient dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19 et permet au Centre de Réduction et d’Appareillage des Personnes Handicapées et Moteurs de lutter efficacement contre le coronavirus dans le centre.

Aly Ouatara, Coordonnateur de santé au CICR, ce don vient renforcer les capacités de prise en charge des patients en cette période de covid-19, « c’est par rapport à l’arrivée de covid-19 qu’on a eu la demande de la part du centre pour permettre les meilleures mesures d’hygiène. Nous avons jugé important de séparer les patients par les lits à au moins deux mètres avec des parents. Deuxièmement, les patients dormaient sur les matelas non couverts. Pour nous, ce n’était pas humain et il fallait leur fournir des draps pour un meilleur traitement », a justifié le coordonnateur.       

Un appui salué par la Directrice du centre Merveille Mbala, qui en appelle aux personnes de bonne volonté d’emboiter le pas, « nous sommes très heureux de recevoir les 30 paravents et 30 draps de la part du CICR. Cela va nous aider à prendre en charge ces handicapés. J’en profite pour lancer un appel aux personnes de bonne volonté de nous venir en aide car, nous avons beaucoup de choses à réaliser mais pour des raisons de difficultés financières, nous sommes limités dans l’assistance », a lancé la coordonnatrice de CRAHM.

Le Comité International de la Croix-Rouge en Centrafrique assiste les personnes touchées par les conflits ou violences communautaires dans le pays. Cette intervention entre dans le cadre de son programme de lutte contre la pandémie de Coronavirus. En 2019, le CRAHM a enregistré plus de 1000 patients et en 2020, plus de 800 patients pour la rééducation fonctionnelle.

Sandra Cynthia Belly.

mercredi, 21 octobre 2020 09:49 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : le vaccin contre le tétanos fragilisé par des rumeurs liées au vaccin contre Covid-19

BANGUI, le 06 septembre 2020 (RJDH)---La mobilisation des femmes campagne de vaccination contre le tétanos du 30 septembre au 03 octobre, est faible selon les services de santé à Bangui. Cela est dû aux rumeurs faisant état de ce que cette vaccination empêche la fertilité féminine pour les uns et un vaccin contre la Covid 19 pour les autres.

Une situation que dénonce le Dr. Coquette Joëlla Aurore, coordonnatrice de la campagne de vaccination à Bangui. Elle en appelle aux femmes dont les tranches d’âge varient entre 14 ans à 49 ans à aller massivement se faire vacciner afin non seulement de garantir leur santé mais également la santé de leurs progénitures.

Pour illustrer cette faible participation des femmes à la campagne de vaccination contre le tétanos, l’exemple est pioché à partir des donnés du 7ème arrondissement de Bangui où c’est seulement 6 188 femmes qui ont actuellement vaccinées alors que l’on s’attendait à plus de 17 515.  « Sur l’organisme humain, ce vaccin produit la présence des anticorps qui protègent la femme contre le clostridium tétanique qui est la bactérie à l’origine de tétanos », fait-elle valoir, tout en relevant que « quand une femme accouche, normalement elle doit accoucher dans des conditions normales. Mais il arrive que les femmes se présentent tard, ou ne se présentent pas dans les maternités et accouchent à la maison.  Si elle a bien reçu ces vaccins et que les conditions d’accouchements sont réunies, elle sera protégée et son enfant sera également protégé contre le tétanos », a expliqué Dr Coquette Joëlla Aurore.

 « Je lance un vibrant appel à l’endroit des femmes de se présenter dans les sites temporaires de vaccination que nous avons créée pour se faire vacciner contre le tétanos. Parce que ce vaccin n’est pas un vaccin contre le Coronavirus. Jusqu’à lors, le monde entier n’a pas pu développer un vaccin contre la Covid19 », a-t-elle lancé pour couper court aux rumeurs qui circulent contre ce vaccin contre le tétanos.

Lancé le 30 septembre 2020, la campagne de vaccin contre le tétanos ouverte pour les femmes de 14 à 49 ans prendre fin le 04 octobre 2020. Les sites temporaires de vaccins créent dans les arrondissements de Bangui sont les écoles, les domiciles des chefs de quartier ou chefs de groupe.

Cyrille Wegue

mercredi, 07 octobre 2020 14:00 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : « Malgré la Covid-19, le Sida n’est pas confiné. Ensemble, continuons la lutte », déclare Dr Patrick Eba de l’ONUSIDA

BANGUI, 1er Octobre 2020 (RJDH) – D’après l’ONUSIDA les personnes vivant avec le VIH et les personnes affectées par la tuberculose présentent une certaine vulnérabilité à la COVID-19. Alors que plus de 4000 personnes infectées meurent du Sida chaque année, plus de 5000 nouvelles infections sont enregistrées parmi les adultes et 1000 nouvelles infections touchant les enfants de moins de 5 ans, les actions de prévention et de prise en charge du VIH-Sida ne doivent pas souffrir du relâchement, comme ressort dans cette interview exclusive réalisée par le RJDH-RCA.

Docteur Patrick Eba, directeur-pays de l’ONUSIDA en Centrafrique répond aux questions du RJDH et appelle à plus de mobilisation contre le VIH-Sida.

RJDH: Dr Patrick Eba Bonjour,

Dr Patrick Eba : Bonjour

RJDH : La Covid-19 a impacté plusieurs secteurs depuis son apparition en Centrafrique. Dites-nous en quoi cette pandémie a impacté la riposte contre le VIH-Sida.

Dr Patrick Eba : Dès l’émergence de cette pandémie, nous avons averti du danger que représente l’apparition d’une pandémie comme la Covid-19 en Centrafrique avec son impact sur la possibilité des gens de se déplacer mais aussi avec son impact sur la santé de certaines personnes fragiles telles que les personnes vivant avec le VIH.  Nous étions très inquiets que les personnes séropositives du fait de leur système immunitaire affaibli, se retrouvent plus vulnérables que d’autres populations. Nous avions la même inquiétude pour les personnes qui vivent avec la tuberculose.

Par-ailleurs, la distribution des médicaments antirétroviraux (ARV) requiert l’existence d’une logistique efficace et aussi que les patients puissent se déplacer vers les centres de santé. Mais avec les difficultés de déplacement lié à la pandémie de la Covid-19, nous craignions que cela ait un impact sur les patients. Le bureau pays de l’ONUSIDA en Centrafrique a donc dès le mois de mai 2020 lancé ici avec le ministère de la santé et le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS), une enquête auprès des patients et des personnes séropositives et cette enquête a en effet confirmé nos inquiétudes.

D’après cette enquête, plus de 80% des personnes séropositives étaient très inquiets à cause de la Covid-19. Les résultats de cette enquête indiquent que plus de 40% des patients craignaient de ne pas avoir leur médicament à temps. D’autres étaient très inquiets au sujet de leur possibilité de se déplacer pour aller prendre leur médicament.

Donc, il y a une vraie vulnérabilité et des vraies inquiétudes pour les personnes séropositives liées à la Covid-19

RJDH : Au moins 11% des cas positifs de la Covid-19 sont des personnes séropositives selon le ministère de la santé.  Dites-nous Docteur en tant que 1er partenaire de lutte contre le VIH-Sida, quelles sont les orientations que vous avez données au gouvernement pour ne pas oublier le combat contre le VIH-Sida ?

Dr Patrick Eba : Dès le début de cette pandémie, nous avons attiré l’attention sur la vulnérabilité des personnes séropositives, au moins 110.000 actuellement. Mais cela a été bien reçu par le ministère de la santé et les autres partenaires de la lutte contre le sida. Il a été mis sur pieds une stratégie pour distribuer les médicaments aux personnes séropositives sur plusieurs mois. Grâce à cette stratégie, cela a permis d’éviter les ruptures de traitement. Aujourd’hui, les patients séropositifs peuvent recevoir dans leurs centres de santé leurs traitements sur trois mois. Lorsque les patients seront bien traités, bien suivis, leur système immunitaire se retrouve être boosté et ils ont moins de risque de tomber malade du fait d’autres maladies.

L’autre chose, cela a été de travailler pour que, les personnes séropositives soient conscientes des risques et des vulnérabilités. Nous l’avons fait à travers des activités de sensibilisation avec le ministère de la santé pour informer les patients mais aussi pour nous assurer de leur prise en charge. L’ONUSIDA et l’OIM ont également lancé un projet de fabrication et de distribution gratuite de masques pour la protection des personnes vivant avec le VIH contre la COVID-19.

RJDH : Pour dire que malgré la Covid-19, l’ONUSIDA continue à appuyer la prise en charge médicale des personnes séropositives ? 

Dr Patrick Eba : Absolument. Et comme dit le slogan de notre campagne, « le Sida n’est pas confiné ». Nous devons continuer la lutte. Et c’est parce que le sida n’est pas confiné que les vulnérabilités continuent d’exister et que nous devons rester déterminer.

Vous savez en Centrafrique, chaque année, c’est plus de 4000 personnes qui meurent du fait du Sida. Chaque année, nous avons environs 5000 personnes qui sont nouvellement infectées par le VIH. Chaque année, nous avons plus de 1000 enfants de moins de 5 ans qui sont nouvellement infectés par le VIH. Cela veut dire que nous devons rester mobiliser et cette mobilisation ne doit pas être flanché, ne doit pas s’arrêter à cause de la Covid-19. Donc, nous continuons notre action avec le gouvernement, avec l’appui de l’Unicef, de l’OMS, des agences du système des nations-unies et d’autres partenaires.

L’année dernière, nous avions lancé un plan national pour accélérer la prévention du VIH. Nous avons aussi travaillé cette année, malgré la Covid-19 sur la soumission par la Centrafrique d’une demande pour financer toute la réponse au VIH et nous venons d’obtenir 68 millions d’euros pour l’accès au traitement des personnes séropositives. C’est le signe que nous continuons notre combat.

Nous avons lancé une charte nationale pour zéro discrimination, une charte des patients qui dit que les patients ne doivent pas être victimes de mauvais traitement, de discrimination ou d’autres habitudes négatives dans les hôpitaux. C’est le signe que nous sommes mobilisés et nous continuons la lutte malgré la Covid-19.

RJDH : La Centrafrique, pays où le taux des nouvelles infections reste élevé, dites-nous la Covid-19 a-t-elle modifié les directives de lutte contre le Sida ?

Dr Patrick Eba : Du point de vue de l’accès au traitement, il y a eu des modifications pour tenir compte de la situation nouvelle. Avant, les patients qui allaient au centre de prise en charge ont leur traitement sur une période d’un mois. Aujourd’hui, puisqu’il est difficile de se déplacer, puisque le transport coute plus cher maintenant, le ministère de la santé et l’ONUSIDA ont décidé que les patients séropositifs auront leur traitement sur trois mois, comme cela,  ils ne pourront pas revenir chaque mois et cela réduit le cout de transport. C’est de façon concrète l’une des mesures qui a été prise pour tenir compte de la situation actuelle de modification de directives existantes.

Un autre domaine, les activités de sensibilisation sur le VIH intègrent la Covid-19. L’ONUSIDA travaille avec l’OIM, la mairie de Bangui et l’association des maires de la Centrafrique mais aussi le CNLS et le RECAPEV, pour mettre en œuvre un projet sur la prévention du VIH auprès des personnes déplacées. Dans le cadre de ce projet, nous menons des activités ici à Bangui, à Bimbo, à Begoua mais aussi à Bambari et à Obo. Dans les messages de sensibilisation, nous ne parlons pas seulement du VIH. Nous avons adapté le message de sensibilisation pour aussi mentionner la Covid-19. Nous disons aux gens que si le masque, la distance physique et le lavage des mains protègent contre la Covid-19, le préservatif, l’abstinence, la réduction des partenaires sexuels, la fin des violences basées sur le genre demeurent les mesures efficaces contre la maladie du sida. En même temps, nous encourageons les gens à se faire dépister pour la Covid-19 mais aussi pour le VIH Sida. Donc, nous utilisons cette campagne contre la covid-19 comme aussi une opportunité pour rappeler à la population que le sida n’est pas confiné.

RJDH : Depuis les dernières enquêtes multi index (MICS) 2010, dix ans après, iront-nous vers une enquête plus globale pour mesurer l’ampleur du VIH ?

Dr Patrick Eba : Nous continuons de travailler pour avoir des données plus surs, plus efficaces sur le VIH. Il est vrai que l’enquête MICS a eu lieu en 2010, mais avec l’appui de l’Unicef et le ministère de la santé, de l’ICASEES, il y’a un travail qui est en train d’être fait pour une nouvelle enquête mics. Une partie de cette enquête a déjà eu lieu l’année passée et nous devions continuer vers la finalisation de cette enquête lorsque la Covid-19 est arrivée et a conduit à un ralentissement des efforts pour finaliser cette enquête. Mais, je suis optimiste. Maintenant que nous allons vers une situation beaucoup plus positive dans la lutte contre la Covid-19, en lien avec nos collègues de l’Unicef, de l’OMS et du ministère de la santé, nous pourrons reprendre le fil de cette enquête.

Je dois aussi rappeler que si nous attendons les résultats de l’enquête MICS, cela n’est pas la seule enquête que nous utilisons sur le VIH. Chaque année, nous avons des données qui nous permettent de savoir plus ou moins quelle est la prévalence du VIH en Centrafrique.

Aujourd’hui, nous avons une prévalence de 3,6% qui représente une réduction dans ce pays (4,9% en 2010), même s’il y a encore des efforts à faire. Nous utilisons aussi des données qui viennent des sites de traitement. A ce niveau, nous savons aujourd’hui, combien de personnes sont traitées, ceux qui ne reviennent pas pour prendre le traitement. Cela nous donne une certaine visibilité sur la réponse même si c’est vrai que l’enquête Mixte nous donnera encore plus de précisions sur certains domaines d’intervention. 

RJDH : Dr Patrick Eba, directeur-pays de l’ONUSIDA, nous vous remercions.

Dr Patrick Eba : C’est à moi de vous remercier pour cette opportunité que le RJDH nous donne de rappeler à la population que malgré la Covid-19, le Sida n’est pas confiné. Ensemble, continuons la lutte, continuons la prévention, continuons d’encourager l’accès au traitement et rappelons à tous que les personnes vivant avec le VIH ne doivent pas faire l’objet de discrimination.

Interview réalisée par Fridolin Ngoulou

 

 

jeudi, 01 octobre 2020 08:39 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : le centre de santé de Boganda fait face à d’énormes défis liés à l’évacuation des malades

BOGANDA, le 25 septembre 2020(RJDH)---- Le centre de santé de Boganda à environ 50 kilomètres de Boda dans la Lobaye se trouve dans l’incapacité d’évacuer des malades dont les cas se compliquent davantage. Certains sont parfois transférés qu’en moto à l’absence d’ambulance et à cela s’ajoute l’état de route très dégradée qui ne favorise pas l’évacuation rapide.

Un des défis auquel le centre fait face, c’est la difficulté d’évacuer les cas qui se compliquent. L’évacuation se fait qu’en moto selon le major du centre, d’où nécessité de construire un bloc opératoire en réponse à ce problème crucial, « Notre grande préoccupation aujourd’hui est de demander au gouvernement de construire un bloc opératoire dans la sous-préfecture de Boganda. Parce que les femmes enceintes et les enfants qui manquent de sang parfois dont les cas nécessitent une évacuation rapide. Mais malheureusement  nous ne disposons pas des moyens roulant pour le faire », a lance le major.   

La sous-préfecture de Boganda ne compte qu’un seul centre de santé avec une petite capacité d’accueil. Les maladies les plus fréquentes sont le paludisme et la rougeole. En moyenne, le centre enregistre par mois, plus d’une centaine de patients dont leur âge dominant varie de 10 à 16 ans.  Ces pathologies sont causées par des piqures de moustiques, car Boganda de part sa position géographique, est située dans la forêt.  

« La plus part de maladies ici dans notre localité, c’est le paludisme, la rougeole et la grippe. Dans un mois, nous nous enregistrons plus de cent cas et dans une semaine, le nombre varie entre 20 à 30 cas. La prise en charge se fait immédiatement afin d’éviter les complications », a expliqué Daniel Gbadoui, major du centre de santé interrogé par le RJDH de passage dans la ville.

A côté du centre, se trouve un autre bâtiment qui sert d’une grande salle de Programme Elargie de Vaccination(PEV), vaccination contre la poliomyélite et la rougeole. Les cibles sont les enfants de zéro à 59 mois et des rattrapages se font au fur et à mesure, indique  Gabriel Boussola, responsable de PEV, pour d’autres qui ont raté le vaccin, « les enfants qui naissent nouvellement et d’autres qui ont raté le vaccin contre la poliomyélite et la rougeole bénéficient des doses de vitamine et albendazole pour éviter les cas de contamination. Des enfants meurent à cause de ces maladies et nous voulons rester toujours en veille afin de barrer la route à ces fléaux », a-t-il précisé.

La population de Boganda selon les données officielles, est estimée à environ six mille habitants et dispose d’un seul centre de santé qui est tenu par un chef de centre et des agents communautaires.

Judicaël Yongo

vendredi, 25 septembre 2020 10:09 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : consommation des liqueurs fortes, un passe-temps des jeunes à Bangui

BANGUI, 24 septembre 2020 (RJDH) ---Des jeunes en Centrafrique, sont de plus en plus enclin à la consommation des liqueurs fortes d’origine inconnues mais avec des noms tels que Rambo, Kolingangou (Homme Fort) Aigle, Café Boss, Vitesse, Robot et bien d’autres qui sont en pleine circulation dans le pays. Le RJDH s’est intéressé aux méfaits nuisibles de ces boissons sur les consommateurs.

Selon le constat RJDH, dans chaque quartier de Bangui, ces boissons envahissent les cabarets et sont consommées beaucoup plus par la population jeune lors des cérémonies funéraires et autres.

Pour les consommateurs rencontrés au quartier Batambo dans le 2e arrondissement de Bangui, en tentant de justifier leur addiction pour ces liqueurs fortes, c’est un moyen pour eux de se défouler. « C’est pour nous un plaisir en consommant cette boisson », disent-ils, avant de relever que « ces boissons agissent comme des calmants. Quand nous avons des douleurs, elles nous aident à noyer des pensées négatives qui envahissent nos têtes. »

Pour d’autres, ils préfèrent en prendre car ils n’ont rien à faire.  « En vérité, nous prenant cette boisson pour nous occuper car il n’y a rien à faire dans ce pays. Je suis un habitué du coin, même si cette boisson est nocive, mais nous la consommons quand même mais avec beaucoup d’efforts. »

Dr Dondup Alfred Koffi, Médecin généraliste, précise que ces boissons sont très nuisibles pour la santé de l’homme. « C’est une catégorie de boisson qu’il faut prendre avec beaucoup de modération et si on essaye de voir tout autour de nous. Ces boissons-là sont partout et se vendent d’une manière illicite et qui ont de l’appellation bizarre. Si on regarde un peu le dosage de fois cela varie de 25 à 45% d’alcool. Donc c’est très dangereux pour la santé de l’homme et sur le plan pratique, ces liqueurs peuvent réduire l’expérience de la vie d’un être humain et ont aussi de conséquence à court et à long terme sur la santé de ceux qui le prennent. »  

 « L’excès de ces boissons dans le corps peuvent toucher le cerveau, le cœur, le foie, … Et quand cela touche le foie, à la longue cela peut causer ce qu’on appelle la Cirrhose de foie. Et quant au cerveau, il peut y avoir les troubles psychiques la perte de mémoire et le manque de concentration et pour en finir au niveau de cardiovasculaire. Chez-une personne hypertendue, l’excès de boisson dans son corps peut augmenter sa tension artérielle et à la longue la personne peut avoir un accident vasculaire cérébrale donc on un mot il plusieurs conséquences », prévient le médecin.

Pour le Directeur de l’Office Centrafricain de lutte contre la drogue (OCLAD), le commissaire de la police Romaric Selengouma, ces boissons pour ces effets dévastateurs sur la population notamment la jeunesse avec le risque de créer de trouble à l’ordre public, il est nécessaire de les supprimer sur le marché par un arrêté portant interdiction d’importation et de commercialisation de certains produits en République Centrafricaine.

Ketsia Kolissio

 

 

jeudi, 24 septembre 2020 14:12 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : remise officielle ce jour du site de construction de l’hôpital polyclinique de Poukandjia

BANGUI, 14 Septembre (RDH) --- Le gouvernement centrafricain a procédé, le lundi 14 septembre 2020, à la la remise officielle du site au bureau d’Etude saoudien pour lancement des travaux d’étude de la construction de l’hôpital polyclinique de 250 lits de Poukandjia dans le 7e arrondissement de Bangui. 

Le cout de la construction du nouveau centre hospitalier polyclinique au quartier Poukandjia dans le 7ème arrondissement est estimé à environ 5 milliards de FCFA avec une capacité de 250 lits sur un périmètre de 20 hectares.

La remise d’une carte sur laquelle est définie le plan de la construction de l’édifice sanitaire, a été effectué entre la ministre de l’Urbanisme et l’équipe tunisienne. « Nous vous remettons ce schéma d’une manière symbolique pour vous permettre de commencer les travaux. Que la mise en œuvre soit réalisée dans le délai de trois mois », a souhaité le membre du gouvernement Gina Roosalem Lawson.

Le ministre de la santé et de la population Docteur Pierre Somsé, de son côté, a fait savoir qu’une équipe de surveillance des travaux est mise en place, « pour accompagner la faisabilité des travaux. Lorsque nous parlons de développement dans une région donnée, il est capital que les ressources humaines soient en bonne santé et valides pour accomplir une tache. Il faut un hôpital spécialisé avec des agents de santé spécialisés également », dit-il.

Après la présentation de la maquette, la semaine dernière par le Bureau d’étude, le cap est désormais mis sur la matérialisation du projet sur le terrain dont les travaux sont impartis dans un délai de 03 mois, afin de permettre le démarrage effectif des travaux de la construction.

Auguste Bati-Kalamet

lundi, 14 septembre 2020 15:17 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : environ 5 milliards de FCFA prévus pour la construction d’un hôpital polyclinique

BANGUI, 14 septembre 2020 (RJDH) --- Sur financement du Fonds saoudien pour le développement (FSD), environ 10 millions de dollars soit 5 milliards de FCFA sont prévus pour la construction d’un nouveau centre hospitalier polyclinique à Poukandja dans le 7ème arrondissement de Bangui. La cérémonie de présentation officielle de la maquette de cette infrastructure sanitaire a eu lieu vendredi 11 septembre au ministère du plan et de la Coopération internationale.

Il s’agit d’un hôpital polyclinique de 250 lits que le Gouvernement projette construire à Poukandjia dans le 7e arrondissement de Bangui. Le ministre de la santé publique et de la population, Dr. Pierre Somsé, a souligné que la construction de ce bâtiment est une réponse aux besoins d'accès facile aux infrastructures de santé de proximité pour la population éloignée.

« Ce projet de construction est estimé à environ 5 milliards de FCFA et sera équipé des matériels techniques au standard international. Ceci dans le but d’éviter des transfèrements couteux des cas graves pour l’étranger et parfois les malades qui ont besoin des soins particuliers trouvent la mort par manque de moyen financier, des soins spécifiques appropriés et du personnel qualifié », a précisé le membre du gouvernement.

Dr. Pierre Somsé poursuit que le gouvernement engagera un personnel qualifié pour le référencement des cas graves. « Nous ne pouvons pas attendre que le nouvel hôpital soit construit. Nous devons penser au personnel de santé spécialisé. Nous allons envisager la demande d’une main d’œuvre spécialisée de nos partenaires de santé et la formation de nos cadres s’en suivra », a-t-il lancé.

Plusieurs projets des centres de santé sont en cours de réalisation pour renforcer le système de santé, à l’exemple de l’hôpital de prise en charge des maladies infectieuses de PK 24 route de Boali dont la pose de première a eu lieu il y a quelques jours.

Auguste Bati-Kalamet

 

lundi, 14 septembre 2020 14:48 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : les médecins en spécialisation à l’étranger en détresse

BANGUI, 08 septembre 2020 (RJDH)---Au moins 47 médecins en cours de spécialisation au Benin, au Cameroun, au Congo, en Côte D’Ivoire, au Togo, au Mali, au Niger, au Sénégal, au Maroc et aux Etats-Unis déplorent, dans un mémorandum adressé au Chef de l’Etat, le non-paiement des bourses et subventions de la part de l’Etat Centrafricain depuis deux ans.

Ces médecins centrafricains en spécialisation sont regroupés au sein de la plateforme Médecins Centrafricains en Diplôme d'Etudes Spécialisées (MECDES).  Sans bourses ni subventions de l’Etat centrafricain, Ils ont entrepris des démarches depuis plus de 2 ans auprès des autorités pour la subvention de leurs études.  

Les premières doléances ont été portées à l’attention du président Faustin Archange Touadera en juillet 2018 et les dossiers de subvention adressés au ministère de la santé depuis janvier 2019. Mais selon ces médecins, leurs doléances dont restés sans suite. C’est après plusieurs relances qu’ils ont décidé de rédiger un mémorandum à l’intention du président de la République.

Dans ce mémorandum dont nous avons obtenu copie, les signataires demandent au moins 1.500.000 FCFA par année, par médecin en spécialisation pour faciliter leur prise en charge. Pour eux, beaucoup paient plus d’un million de FCFA sur leur propre frais. Ceux qui sont intégrés dans la fonction publique ne gagnent que 125.000 FCFA de salaire de base et ont perdu toutes les indemnités.

 Admis pour les études en spécialisation qui devraient durer 4 à 5 ans, ces médecins demandent une attention particulière de la part des hautes autorités. Pendant cette crise de Covid-19, deux d’entre eux ont été infectés et n’ont pas bénéficié des programmes d’aide du pays.

Dans ce pays qui compte au moins 5 millions d’habitants, le ratio médecin/habitant fait 1 médecin pour 24.769 habitants.  Seuls 4 départements d’études spécialisées sont opérationnels à l’université de Bangui notamment une étude spécialisée en Pédiatrie, en Gynécologie-obstétrique, en Santé publique et en Anatomie pathologie.

Cette situation critique que traverse les médecins en cours de spécialisation illustre aussi celle des autres étudiants centrafricains, restés sans bourses d’études à l’étranger depuis plusieurs mois.

Fridolin Ngoulou

mardi, 08 septembre 2020 12:42 Écrit par Dans SANTE

Centrafrique : le défi de la médecine traditionnelle en Centrafrique

BANGUI, 02 septembre 2020 (RJDH) --- C’est sur le thème « deux décennies de la médecine traditionnelle quel progrès dans le pays » que la République Centrafricaine a célébré le 31 aout la 18ème journée Africaine de la médecine traditionnelle.

Pour Junior Ouefio, Directeur de la pharmacie et de laboratoire de la médecine traditionnelle, la célébration de cette journée a permis de revoir toutes les problématiques du secteur pour la redynamisation de la médecine traditionnelle. « Nous avons passé en revue toutes les problématiques du secteur et à l’issu de ces moments de réflexion, il est assorti des recommandations très fortes pour aller dans le sens de trouver des voies et moyens pour la redynamisation de la médecine traditionnelle pour le bien de l’ensemble du système de la santé »

Présent à cette commémoration, le ministre de la santé, Docteur Pierre Somsé a expliqué que le gouvernement a un plan d’action qui consiste à renforcer la capacité des acteurs du secteur. « Il y a un engagement politique très fort qui s’est traduit par une institution aguerrie, compétente qui a besoin d’être renforcée. Donc nous sommes prêts pour passer à l’étape suivante qui est l’intégration effective de la médecine traditionnelle et de la pharmacopée dans le système sanitaire ». Promet-il.

Aussi fier des avancées de la médecine traditionnelle, Dr pierre Somsé admet que « c’est d’abord un sentiment de satisfaction et de fierté puisque cette journée est dédiée à l’évaluation des efforts accomplis par le gouvernement en deux décennies en matière des objectifs définis par l’OMS pour mesurer le progrès réalisé dans le domaine de la médecine traditionnelle ».

Au regard de son apport dans le domaine de la santé, la médecine traditionnelle semble entre en retard au détriment de la médecine moderne

Ketsia Kolissio

mercredi, 02 septembre 2020 13:22 Écrit par Dans SANTE
Page 1 sur 8