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Centrafrique : le Gouvernement Centrafricain coupe court au sujet des théories du complot contre l'Union Européenne...

BANGUI, 18 mai 2020 (RJDH)---C'est dans un communiqué officiel publié en date du 17 mai que les autorités centrafricaines ont fait une mise au point sur les accusations contre l'Union Européenne au sujet de son dernier appui humanitaire à travers un pont aérien.

Le communiqué s'argumente à partir de l'aide de l'UE dans les domaines sécuritaire, économique, social, politique et énergétique. « Avant de tirer que ces mauvais procès faits à l'encontre de l'UE n'honorent guère la République Centrafricaine », a relevé la Présidence de la République d’entrée de jeu.

Pour les autorités de Bangui, la crise qui sévit en République Centrafricaine met notre pays en face de nombreux défis qu’il faut surmonter tous les jours tout en précisant que l’Union Européenne est le premier partenaire de la République Centrafricaine dans tous les domaines.

« Sur le plan économique et social, l’Union Européenne finance de nombreux projets qu’il nous faut saluer : dans le domaine agricole, le Fonds Bêkou, la réinsertion des enfants soldats, l’accès à l’eau potable dans les zones reculées, la réhabilitation des écoles et des centres de santé », lit-on dans le communiqué.

Sur le plan politique, l’Union Européenne nous apporte des appuis multiformes notamment dans la formation de nos forces de défense et de sécurité, la reconstruction de l’armée, la restauration de l’autorité de l’Etat, la mise en œuvre de l’APPR, la réconciliation nationale, la justice sans oublier le soutien à l’organisation des élections présidentielle et législatives à venir.

Sans ambages, les autorités du pays ont tenu à rappeler que le pays, dans la lutte contre la pandémie du Covid, une fois de plus, compte sur le soutien de l’Union Européenne qui, a organisé des ponts aériens pour fournir aux professionnels de santé les matériels et équipements médicaux qui nous font cruellement défaut pour faire face à la propagation du coronavirus.

« La Présidence de la République condamne fermement les mauvais procès qui sont faits à l’encontre de l’Union Européenne et qui n’honorent pas notre pays », conclut le communiqué.

RJDH

lundi, 18 mai 2020 15:39 Écrit par Dans Politique

Centrafrique : Le PNUD remet des équipements technologiques à la présidence pour le renforcement des capacités des institutions

BANGUI, le 17  mai 2020(RJDH)---Pour le renforcement des capacités techniques en télétravail des institutions clés et la continuité des services de l’Etat et la gestion de COVID-19, le Programme des nations-unies pour le développement a procédé le vendredi 15 mai à la remise de matériels à la présidence et au gouvernement qui sont en première ligne dans la gestion de COVID 19.

C’est le premier lot d’équipements informatiques dotés de l’application ZOOM pour soutenir le fonctionnement des institutions et la gestion de la crise de COVID 19. Les affaires de l’Etat selon cette agence du système des Nations-Unies, doivent donc continuer à être gérées par les plus hautes autorités et pour ce faire, il est essentiel d’être doté en équipements et outils appropriés et fonctionnels.

C’est ainsi que le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), a doté la Présidence de la République, et le Gouvernement d’équipements technologiques de pointe et outils essentiels pour la continuité des services étatiques.

Ces équipements sont composés de onze (11) ordinateurs portables, cinquante (50) ordinateurs de bureau sur 200 attendus, trente (30) imprimantes couleur de grande capacité ainsi que divers accessoires tels que onduleurs, multiprises, casques d’écoute et trois grands écrans.Cet ensemble est accompagné d’un paquet de dominos chargés de crédit pour faciliter la connexion internet immédiate.

« Tous les ordinateurs ont été dotés de l’application appropriée permettant les visio-conférences depuis les départements ministériels et les bureaux des chefs d’institutions. Cette application permettra le travail à distance partout et en tout temps dès lors qu’il y’a une connexion internet. Ainsi, l’application permettra d’organiser simultanément deux réunions différentes et offre la possibilité d’un travail à distance avec les collaborateurs des différents ministères », a déclaré Natalie Boucly, représentante résidente du PNUD en Centrafrique.

Les tests de fonctionnement faits par les équipes du PNUD et de la Présidence tout au long de la semaine ont été concluants, ajoute-t-elle, « et nous rassure de l’utilité de cette application. J’en profite pour remercier les différents Ministères pour leur collaboration pendant les installations et les tests techniques effectués ».

Dans cette perspective, le bureau pays du PNUD travaille en étroite collaboration au sein de l'équipe pays du Système des Nations Unies sous le leadership de la Coordonnatrice Résidente, et en consultation avec le gouvernement à travers le Ministère de l’Economie, du Plan et de la coopération.

Plusieurs départements notamment dont la Santé, l’Intérieur et la Sécurité publique, les finances et Budget, Économie et Coopération, Justice et Droits de l'homme, Transports et aviation civile sont visés par cet appui du PNUD.

Judicaël Yongo

dimanche, 17 mai 2020 13:54 Écrit par Dans Politique

Centrafrique : Zemio face à l’absence de l’autorité de l’Etat

ZEMIO, 15 mai 2020 (RJDH)---la sous-préfecture de Zemio, dans le Haut-Mbomou, est asymptomatique des villes centrafricaines où l'autorité de l'Etat est quasi inexistante. La population appelle le gouvernement à prendre sa responsabilité.

La ville de Zemio a été le théâtre d'un conflit inter communautaire sanglant en 2018. Depuis lors, l'absence criarde de l'autorité de l'Etat se fait sentir. Cette présence n'est symbolisée aujourd'hui que par le sous-préfet, le maire et quelques notables. C'est ce que déplore le vicaire de la paroisse de Zemio, Abbé Blaise Kpangou : "Il n'y a que le sous-préfet qui est affecté ici, il est limité dans ses activités, il n'a pas une force militaire pour arrêter les bandits. Il est obligé de polir les ongles avec les rebelles, ne fut-ce que pour faire avancer les choses ; car il n’y a pas des éléments des FACA, pas de gendarmes, pas de policiers. Il n'y a que le sous-préfet et la MINUSCA en qui la population n'a pas du tout confiance", fait-il savoir.

La cartographie sécuritaire et démographique de Zémio en ce moment est constituée, d'après cette source religieuse, par une scène de désolation marquée par " des villages brulés au-delà de 100 Km sur l'axe Rafai et une population apeurée qui vit dans des campements retirés sans aucune aide humanitaire."

Au Congo Démocratique, poursuit le curé, ce sont des réfugiés centrafricains qui vivent à Zapai (ville frontalière congolaise avec Zemio) qui ravitaillent en ce moment même la ville de Zemio grâce aux petites activités champêtres pratiquées sur leur terre d'accueil.

C’est dans ce contexte que la population de Zemio, indique une autorité locale, "appelle le gouvernement plus que jamais à ne pas les laisser dans cette situation où ils ont l'impression de ne pas être considérés comme des centrafricains".

 Barnabas Badiwi

vendredi, 15 mai 2020 14:47 Écrit par Dans Politique

Centrafrique : Les USA octroient une enveloppe de 3,5 millions de dollars pour la lutte contre le Covid-19

BANGUI, le 11 mai 2020 (RJDH) --- Les États-Unis mettent à disposition l’aide dans plusieurs pays africains, y compris la République centrafricaine, qui recevra un financement humanitaire de 3,5 millions de dollars soit 2,1 milliards de CFA. Cette aide sera principalement affectée au soutien et aux matériels liés à la santé dans le cadre des activités en matière de distribution d’eau et d’assainissement.

Selon le communiqué de presse rendu public ce 05 mai, les États-Unis investissent de longue date de manière généreuse au service de la santé et du bien-être des centrafricains, et cette aide humanitaire vient s’ajouter à l’aide américaine des 20 dernières années : 4,5 millions de dollars soit 2,6 milliards de CFA, dans le secteur de la santé et 822,6 millions de dollars soit 487,5 milliards de CFA au total pour la République centrafricaine.

Et les démocraties sont bien placées pour contribuer à la lutte mondiale contre COVID-19 « en tant qu’Américains, nous sommes fiers que nos secteurs public et privé - dans le cadre d’une approche englobant l’ensemble de l’Amérique - aient déjà mobilisé des ressources pour aider à lutter contre COVID-19 », Lucy Tamlyn, Ambassadeur des États-Unis en République Centrafricaine, lit-on dans ce document.

La diplomate américaine est revenue sur l’importance du rôle des médias dans la lutte contre cette pandémie mondiale, « il est particulièrement important que les journalistes professionnels et les citoyens soient tous libres de rapporter ce qu’ils voient et entendent, et d’exprimer ouvertement leurs opinions », a-t-elle approuvé, avant de souligner que, « nos médias indépendants facilitent l’échange d’informations vitales, passent d’innombrables heures à la recherche de faits et à vérifier leur exactitude, et font de leur mieux pour poser des questions difficiles pour faire en sorte que les responsables publics, comme les experts sur lesquels ils comptent, répondent de leurs actes », mentionne -t-elle.

Depuis le début de l’épidémie, le gouvernement américain a engagé 775 millions de dollars d’aide à ce jour. Des entreprises, des ONG, des organisations confessionnelles et des particuliers américains ont contribué à hauteur d’au moins 3 milliards de dollars sous forme de dons et d’appui humanitaire pour lutter contre le virus.

Auguste Bati-Kalamet

lundi, 11 mai 2020 15:44 Écrit par Dans Politique

Centrafrique : Covid 19, entre une redynamisation de la lutte et la négligence de la population

BANGUI,  08 mai 2020 (RJDH)---Déclarée le 14 mars 2020 en Centrafrique, la pandémie du Covid-19 progresse dangereusement alors que le système de santé connait des dysfonctionnements. Manque d’infrastructures et matériels de soins, problème de coordination, non-respect des mesures barrières par la population ainsi que par les agents de l’État, légèreté au début de l’épidémie dans le contrôle des voyageurs à la frontière, soupçon de mal gérance des fonds… c’est dans ce climat que le pays doit faire face à une pandémie qui court à une vitesse exponentielle.

Dossier de Fleury Venance Agou et Fridolin Ngoulou

Ignorance/négligence de la maladie par la population ou théorie de complot ?

Après Wuhan (Chine) ou est apparue pour la première fois en décembre 2019 le Covid-19, la maladie s’est vite propagée dans le monde et a été qualifiée de pandémie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le 12 mars 2020. Des mesures de prévention ont été prises et des consignes ont été édictées par les autorités de chaque pays jusqu’au confinement de la population.

S’agissant de la République Centrafricaine (RCA), pays enclavé, le premier cas de contamination a été déclaré le 14 mars et le point de la situation dans la soirée du 07 mai est de 118 cas  positifs dont dix guéris. A l’instar des autres pays du monde, des dispositions ont été aussi décidées.

Cependant, en dépit du matraquage médiatique, des sensibilisations de proximité, « nous avons l’impression que la population ignore/néglige vraiment la maladie ».

Déni ? Non, mais plutôt négligence. Car, les campagnes à grande échelle sont menées à grand tambour. Alors, on peut donc noter que la population dénie la maladie, car croyant au préjugé que « microbe a fa zo voucko pèpè » (le microbe ne tue pas le Noir). Une croyance stéréotype répandue à Bangui.

Pareillement, à lire les commentaires sur les réseaux sociaux, le nombre de personnes malades du Covid-19 et la gestion de la crise suscite interprétations ou grilles de lecture de nature complotiste. « Il faut que les autorités de la R.C.A arrêtent de paniquer la population pour rien. Il n’y a pas coronavirus là. On connait leur complot avec l’OMS. Paniquer la population pour leur faire peur puis introduire leur poison pour détruire les vies. Voyons à quelle vitesse le corona se propage en Chine, France, Italie, USA etc. Mais à Bangui la propagation c’est à pas de tortue. Il n’y a pas coronavirus », a affirmé Virgile Junior Ngo Kokesse dans un commentaire à un post. Mais Odilon Maurice Ouakpo pense le contraire : « Théorie de complot? Non, c’est plutôt le fiasco du complot » a-t-il relevé.

A l’instar des autres observateurs, il a déploré la gestion de l’épidémie en Centrafrique qui est un « fiasco ». Le Ministre de la Santé, Pierre Somsé a reconnu cela en affirmant à lemonde.fr que des «conducteurs ne voulaient pas se faire tester, poursuit le ministre, en raison des préjugés qui se sont répandus, ils avaient peur qu’on leur inocule un vaccin ».

En somme, « l’attitude et le laxisme de certaines autorités renforcent le déni de la maladie par une grande majorité de la population », a déclaré un observateur de la société centrafricaine.

Enfin, « certaines personnes sont littéralement convaincues que la Covid-19 n’est réservée qu’aux occidentaux et que l’africain est en quelque sorte immunisé contre cette maladie », a rapporté dans un article publié par le site talato-covid19.kligao.com.

Carence dans la coordination de la lutte contre le coronavirus

La coordination de la lutte contre le coronavirus pose encore problème. Dans ce contexte où le pays traverse une crise sanitaire avec des conséquences sur plusieurs secteurs, l’absence de coordination freine l’élan d’une lutte véritable.

Depuis la déclaration de la pandémie du Covid19 dans le pays le 14 mars 2020, le président Centrafricain avait mis en place trois cellules pour coordonner la lutte : Une cellule stratégique qu’il préside ; une cellule technique placée sous l’autorité du Chef du gouvernement, Firmin Ngrebada ; une cellule scientifique pilotée  par le Ministre de la santé avec les partenaires intervenant dans le secteur de la santé.

Touchant tous les secteurs et qui prenant une dimension humanitaire très importante, des démembrements ont été opérés au niveau sectoriel. C’est-à-dire que chaque département ministériel doive proposer des plans sectoriels de lutte. Au niveau préfectoral, des sous-comités dirigés par des représentants de l’Etat sont opérationnels y compris le comité de sensibilisation, chapeauté par le Maire de la ville de Bangui, Emile Gros Nakombo, qui a été testé positif au Covid-19.

Des informations en notre possession font état d’une machine encore très lourde qui peine à bien démarrer. Ces comités éprouvent un réel problème de coordination car chaque département ministériel se focalise sur son plan sectoriel. Le secteur de la santé, qui est d’ailleurs très large souffre également de cet handicap de management général. Des ONG intervenant dans le domaine de la santé alors coordonnées par le Ministère de l’action humanitaire doivent en même temps suivre la politique et les directives de ces deux secteurs.

Depuis au moins deux semaines, le Sitrep, un outil des acteurs humanitaires pour la mise à jour de la lutte contre cette pandémie ne parait plus. Le dernier numéro remonte au 11 avril 2020. Après ce 6e numéro, des sources humanitaires confient avoir souffert du « problème de coordination » pour réaliser cet outil qui capitalise l’évolution de la pandémie ainsi que des actions menées et envisagées.

Cette situation a motivé la décision de la Mission onusienne en Centrafrique (MINUSCA) d’interdire l’entrée des camions de transport en Centrafrique via le Cameroun, alors que le Gouvernement avait déjà suspendu le trafic entre ces deux pays voisins. Suite aux critiques, la MINUSCA a retiré cette note. Cette attitude a été dénoncée par plusieurs observateurs et considérée comme une confusion de pouvoir. Cette sortie a donc montré une carence de coordination et de partage d’informations en temps réel sur la lutte contre cette pandémie. Il est indispensable de vite se rattraper.

Un problème de coordination peut-il impacté négativement sur la lutte contre le coronavirus en Centrafrique ?

Les techniciens soutiennent qu’une mauvaise coordination pourra entraîner une situation de hors contrôle de l’épidémie en Centrafrique. « Si les acteurs humanitaires, avec leurs principes sensés évoluer sous leur coordination habituelle, alors que les comités mis en place doivent valider à des niveaux différents leurs interventions, cela ralentirait l’efficacité de la lutte », a prévenu une source humanitaire.

Sachant que la crise actuelle est sanitaire et humanitaire avec des conséquences sur tous les plans, un comité souple et plus efficace devrait conduire la riposte en se basant sur les dispositifs sanitaires de lutte contre le choléra et l’Ebola déjà en place ainsi que ceux d’intervention humanitaire. Il suffit donc que le Gouvernement redynamise tous ces dispositifs et cela permettra de bien coordonner la lutte actuelle contre cette pandémie.

Gestion des fonds du Covid-19, sources d’inquiétudes

La pandémie du Covid-19 a suscité une mobilisation sans précédent des institutions du pays, des établissements bancaires, des partis politiques, des particuliers et des partenaires traditionnels de la Centrafrique. Mais la gestion de ces fonds soulève beaucoup de suspicions.

Des contributions sont données après l’appel du Président de la République à une mobilisation nationale. Sur les 114 milliards attendus par le Gouvernement, près de la moitié a été enregistré à travers des dons en nature, contributions financières du gouvernement, des membres du gouvernement, des Elus de la Nation, des hommes politiques et personnalités publiques, des entreprises, des institutions bancaires, des partenaires au développement, des agences du système des Nations-Unies…

Pour éviter toute gabegie comme sur d’autres financements passés et exigeant une bonne gouvernance de ce fonds,  des voix se sont levées pour réclamer la mise en place d’un organe de gestion afin de garantir la transparence. Cette suspicion a contraint plusieurs personnalités à faire directement leurs dons aux ONG et associations qui luttent contre cette pandémie.

Aussi, des sources bien introduites parlent d’une gestion à deux niveaux: Un niveau géré par les mécanismes standards du Gouvernement et un autre directement par les organisations qui reçoivent ces dons.

Selon une source, l’annonce des fonds faits par des organismes internationaux permettra aux ONG partenaires d’exécuter les projets, le cas de l’Union Européenne dont une partie de ses fonds seront alloués à l’ONG Oxfam pour des actions à Bangui et en province.

Existe-t-il un mécanisme permettant au Gouvernement de capitaliser tous les fonds publics et privés qui entrent dans la ligne de compte pour la lutte contre le Covid-19 ?

Il est encore difficile d’avoir des informations fiables sur cette question. Ce qui est sûr, plusieurs organisations privées mobilisent des fonds mais aussi des initiatives purement privées se créent et l’exécutif devrait être à mesure de capitaliser toutes ces dépenses.

La problématique des frontières et des centrafricains bloqués à l’étranger (Cameroun). Que faire ?

Si les frontières aériennes de la République Centrafricaine ont été fermées depuis mars 2020, à l’exception de quelques vols spéciaux, le trafic entre le pays et son voisin camerounais est une épine dans la gestion de la pandémie. « Avec 19 cas le 23 avril », les chiffres ont vite augmenté au bout de sept (07) jours pour atteindre à ce jour 94 cas positifs. Presque que tout produit provient du Cameroun et la fermeture de la frontière étouffera la RCA qui dépend de son voisin pour l’importation de ses biens de consommation.

Face à cette problématique, il est à saluer la décision du pouvoir de déployer des équipes de sensibilisation et de dépistage au point de passage de Garoua-Boulaï. Les deux pays envisagent déjà de « mettre en place des tests dès le départ du Cameroun, pour n’autoriser que les chauffeurs testés négatifs à pouvoir prendre la route ». Ce test se fera aussi à la frontière et à Bangui et est devenu effectif.

Il devra être élargi aussi aux voyageurs bloqués. Autant, que la présence de l’équipe médicale soit élargie à d’autres points de passage entre la RCA et le Cameroun. Mbaiboum, zone transfrontalière Tchad-République Centrafricaine-Cameroun, ne serait-t-il pas souhaitable de penser à l’ouverture d’un centre de dépistage à Bang ou Ngaoudaye ? Idem pour les limites à Gbiti, sans oublier Mongoumba et une ville limitrophe du Congo Brazza.

Cette pandémie a aussi bloqué plusieurs Centrafricains en déplacement à l’étranger. Le gouvernement avait trouvé mieux de leur demander de rester dans ces pays sans pour autant initier des mesures de suivi et d’accompagnement. Des étudiants, des stagiaires, des agents de l’Etat en mission ne peuvent plus rentrer au bercail à cause des mesures visant la fermeture des frontières alors que le pays ne dispose pas malheureusement de moyens logistiques pour rapatrier ses enfants bloqués à l’étranger.

Dépistage de masse et dangers de prise en charge

L’une des mesures pour limiter la casse est le dépistage de masse pour circonscrire le virus et procéder aux traitements précoces des malades afin d’éviter l’aggravation de leur état de santé, a décidé le gouvernement.

Avec ce projet de dépistage de masse que prône le gouvernement dans un avenir proche, le pays devra s’attendre à la découverte de plusieurs cas, surtout dans la capitale et les villes proches du Cameroun.  La question du transfert de cas positifs des villes de provinces vers Bangui reste préoccupante.

Déjà, le 30 avril dernier, cinq cas de Bouar près de la frontière avec le Cameroun ont été testés positifs.  D’après nos sources, les malades seraient à Bangui pour leur prise en charge. Dans cette ville, les médecins et agents de santé ont été formés à mener des tests. La décentralisation des tests dans les villes de provinces devrait s’accompagner d’un système fluide dans le transfert des patients à Bangui.

Ne disposant pas d’infrastructures de transports adéquates et n’ayant pas de centres de prise en charge à l’intérieur du pays – peut être en construction – la lutte contre le Covid-19 sera longue mais a besoin que toutes les énergies soient mobilisées. Covid-19 a certes révélé les limites de nos systèmes de santé mais pas notre incapacité à tout reconstruire.

Réhabilitation en 10 jours d’un centre de traitement du covid 19

Au début de la détection des premiers cas, une structure a été créée à l’hôpital de l’Amitié à Bangui pour le traitement des cas du Covid-19. Ce centre ne disposait que d’une quinzaine de lits et est sous-équipé avec juste un seul respirateur.

L’évolution des nouveaux cas est devenue exponentiel ces dernières semaines avec 94 cas confirmés dont 10 guéris et zéro décès lié au coronavirus. Se sont donc 63 cas importés et 31 par transmissions locales parmi lesquelles au moins 5 résidents étrangers à Bangui.

Face à cette hausse, un bâtiment de trois étages du Centre Hospitalier Universitaire de Bangui (CHUB) qui est combinée avec le centre de traitement des épidémies a été inauguré ce 07 mais par le Ministre de la Santé, Pierre Somsé. Ce deuxième centre réhabilité en dix jours a une capacité de « 14 chambres (climatisées et équipées de postes téléviseurs) de 127 lits », a rapporté la page Facebook Diaspora. La réfection du centre a été financée par l’Agence Italienne pour la Coopération au Développement à hauteur à hauteur de 28 millions de Fcfa.

Sur les 118 malades enregistrés à ce jour, des sources médicales parlent d’isolement à domicile de plusieurs patients et que seuls onze malades seraient pris en charge à l’hôpital. Ces mêmes sources ajoutent que plusieurs patients positifs de nationalité camerounaise ont rebroussé chemin dans leur pays pour se faire soigner. Une information qui reste encore non confirmée par le Ministère de la santé.

Sans pour autant être fataliste, mais par mesure de prévention, n’est-il pas indispensable de penser à la création d’un troisième centre de traitement de la Covid-19 ?

Coronavirus, opportunité de créativité et d’innovation de l’Université de Bangui, du Lycée Technique, …

Dans plusieurs pays, les universités sont en première ligne dans la lutte contre la maladie en proposant des solutions. Non seulement, les étudiants et les enseignants sont des agents de sensibilisation, ils initient aussi des programmes pour lutter contre le Covid-19 s’estimant que c’est une opportunité de développer les compétences théoriques et pédagogiques.

A propos, après des échanges avec des étudiants et cadres de la Faculté des Sciences de l’Université de Bangui, ceux-ci ont confirmé que le gel hydro-alcoolisé peut-être fabriqué localement « mais on n’a pas d’emballages » idem aussi pour le savon qui sont des solutions préventives efficaces. Dans cette optique, il est indispensable que le comité de crise et des départements ministériels envisagent de lancer des appels dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre le Covid-19. Cette démarche a pour enjeu de disposer de propositions pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Elle porte sur la recherche de solutions innovantes : technologique, organisationnel, managérial en RCA et aussi des challenges covid-19.

Pareillement aussi pour d’autres Facultés ou instituts, Lycée Technique, ateliers… il vaut la peine de les encourager à fabriquer des dispositifs de lavage des mains sans toucher le robinet. Des recherches approfondies devraient être menées localement pour en savoir mieux sur le comportement du virus, les conséquences sociologiques, économiques. Les chercheurs en sciences humaines et sociales peuvent être mis à contribution. Il y a des aspects anthropologiques et sociologiques à prendre en considération dans cette crise sanitaire.

Dans ce pays où rares sont ceux qui se lancent dans les recherches, alors que le financement de ce secteur reste soit problématique soit mal géré, la Centrafrique attend tout de l’extérieur pour copier-coller à sa situation même si l’on sait que les contextes ne sont pas les mêmes.

La place des Forces de Défense et de Sécurité dans la lutte contre Covid-19 : Action civilo-militaire

Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) en plus de leurs missions classiques, apportent leurs expertises au dispositif sanitaire civil dans le combat contre cette pandémie.

Une cellule de crise a été instituée au Ministère de la Défense pour cela. Nantie de ressources humaines de qualité, la Direction Générale du Service de Santé des Armées peut être mise pleinement à contribution en déployant une équipe médicale militaire aux postes frontières (Garoua Boulaye, Mbaïboum, Ngaoudaye, Gbiti, Mongoumba,…). Nul n’est censé ignoré que le personnel de santé militaire est coutumier à exercer dans le chaos avec des infrastructures et des ressources limitées. A cela, les médecins militaires pourront être associés à la recherche. Le Médecin-Colonel, Eudes Gbagbangaï, qui est infectiologue.

Et, si les villes riveraines de l’Oubangui ne sont pas exposées au coronavirus, une attention est néanmoins requise. L’Armée, à travers le Bataillon Amphibie pourra apporter son soutien logistique dans les campagnes de prévention à l’instar de ce qui a été fait lors de l’épidémie du choléra et la menace d’Ebola.

Autre contribution de l’Armée est la fabrication de masque par la MAMICA, bien que la structure ait perdu sa potentialité d’antan elle demeure opérationnelle. C’est ici une opportunité de montrer les enjeux de l’effort de l’Armée dans le développement socio-économique de la Nation.

Notre faiblesse, une opportunité pour nous protéger ?

Si le nombre des malades progresse, des facteurs endogènes et exogènes sont la cause. D’abord, la population ne respecte pas les gestes barrières et la gestion de la maladie à la frontière centrafricano-camerounaise est le point sombre de la lutte. Beaucoup d’actes inciviques ont été répertoriés, notamment des rassemblements spontanés, la fréquentation des bars, … Cependant, la RCA étant un pays pas trop desservi par les compagnies aériennes, cela a été une opportunité de cet Etat enclavé au cœur de l’Afrique de connaître une circulation quasiment nulle du virus.

A côté de la sensibilisation et l’application des quatre piliers recommandés par l’OMS : test de masse, isolement, traitement et suivie des contacts/ personnes exposées, éduquons la population à consommer les aliments qui boostent le système de défense sanitaire. Une autre mesure est de penser au confinement des personnes âgées et à risque.

Covid 19 : Chiffres clés en Centrafrique du 14 mars au 08 mai 2020

Tests réalisés : 4546

Total des cas confirmés : 118

Total des cas importés : 92

Total de transmission locale : 26

Total des patients guéris : 10

Total du décès : 0

Age inférieur des patients : 17 ans

Age supérieur des patients : 88 ans

 

Par Fleury Venance Agou et Fridolin Ngoulou

vendredi, 08 mai 2020 15:12 Écrit par Dans Politique

Centrafrique : François Bozize s’engage à œuvrer pour le retour de la paix

BANGUI, le 06 mai 2020 (RJDH) --- La Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH) a reçu le bureau politique du Parti Kwa na Kwa « KNK » conduit par son leader, l’ancien chef d’Etat François Bozize, le mardi 5 mai 2020.  Les deux parties ont longuement discuté sur la situation socio politique du pays.

La rencontre entre la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme et le bureau politique du KNK conduit par l’ancien chef de l’Etat François Bozize, était d’évoquer principalement les questions socio-politiques du pays. Selon le communiqué final, « les échanges ont portés sur les points suivants : la situation socio-politique de la République Centrafricaine, la paix et la sécurité, la situation des Droits de l’Homme en RCA et enfin les droits humains du citoyen de François Bozize, l’ancien chef de l’Etat ».

« Les débats francs et sincères ont permis aux deux parties de noter leurs points de convergences sur : la situation socio-politique préoccupante, l’absence de paix et de la sécurité sur une grande partie du territoire national, par-ailleurs occupé par les groupes armés, le non-respect des groupes des droits humains notamment des groupes armés en présence de la Minusca », a relevé le communiqué final.

En prenant la parole, François Bozize réaffirme l’engagement de son parti à œuvrer sans cesse pour le retour de la paix en Centrafrique. « C’était l’occasion pour nous de venir rencontrer un membre de la société civile, échanger avec lui le problème de l’heure, et tout ce qui peut intéresser l’organisation et le parti KNK. Les discussions se sont déroulées sans exclusive sur les différents domaines qui ont été définis dans le communiqué conjoint, ce qui témoigne notre engagement à œuvrer pour le retour de la paix en Centrafrique », a-t-il déclaré.

Les deux parties ont décidé de poursuivre leur effort à la recherche de la paix et l’appui de la démocratie en Centrafrique dans un contexte où le pouvoir en place ne cesse d’accuser François Bozize d’être l’instigateur d’un coup d’Etat dans le pays.

Sandra Belly

  

mercredi, 06 mai 2020 21:18 Écrit par Dans Politique

Centrafrique : Massacre de Ndélé, Mahamat Kamoun plaide pour une riposte musclée

BANGUI, le 05 mai 2020 (RJDH)---Mahamat Kamoun fait le parallélisme entre le déploiement des FACA à Birao et à Ndélé qui, selon lui, ne sera pas dissuasif. Il plaide pour une riposte musclée à la hauteur de la gravité des faits. Position exprimée le vendredi 01 mai 2020 lors d’un point de presse relatif aux massacres de Ndele du 29 Avril 2020.

Pour Mahamat Kamoun, le déploiement des FACA dans le nord-est du pays est intervenu après plusieurs signaux de détresse émis par les populations de cette région aux autorités du pays. « Des milliers de populations qui ont vécu vraiment des périodes cauchemardesques, ont été contraintes en violation de la Constitution de notre pays, à la déportation vers le Soudan et le Tchad. Aujourd’hui, les FACA sont déployées dans une ville fantôme », a constaté l’ancien premier ministre.

« Ce qu’on a toujours déploré dans ce pays, c’est la politique consistant à jouer le Médecin après la mort.  La crise de Birao a démarré l’année dernière le 1er septembre 2019. Les FACA viennent à peine d’être déployées, il y a une ou deux semaines, après que la ville a été mise en poussière », a-t-il noté.

L’annonce du déploiement des FACA à Ndélé sonne pour Mahamat Kamoun comme le début d’un processus qui prendra du temps. « A Ndélé, moi j’attends de voir comme St-Thomas. Entre la prise de décision et les actes, il faut du temps. D’ailleurs, nos militaires sont déjà dans certaines villes du pays, mais leur présence n’a pas permis de calmer la situation. La Minusca a les moyens pour dissuader, pour contraindre, pour anéantir n’importe quel groupe armé en République centrafricaine. Et la Minusca est présente à Ndélé, ils ne sont pas intervenus pur arrêter ce drame », a dénoncé Mahamat Kamoun qui précise, par-ailleurs, que c’est pour la 3ème fois en l’espace de deux mois que ces attaques ont eu lieu.

« Ils n’ont pas fini, et au moment où je vous parle, les hostilités continuent. Il y aura encore des attaques. Donc voilà, il faut une riposte musclée à la hauteur de la gravité des faits », a plaidé Mahamat Kamoun.

Les récentes violences interethniques entre deux groupes armés rivaux à Ndele ont occasionné plus d’une trentaine de personnes tuées.

 Cyrille Wegue

mardi, 05 mai 2020 15:07 Écrit par Dans Politique

Centrafrique : Mahamat Kamoun qualifie de plan d’épuration ethnique les massacres du Nord-Est 

BANGUI, le 05 mai 2020 (RJDH)---Mahamat Kamoun, ancien premier ministre, qualifie d’épuration ethnique les récentes violations de Ndele ayant occasionné plus d’une trentaine de morts entre le 29 et 30 avril dernier. Déclaration faite le samedi 02 mai à Bangui.

L’ancien premier ministre de transition, Mahamat Kamoun, a indiqué que la situation dans le Nord-Est de la RCA (Birao-Ndele) est un plan d’épuration ethnique. Selon lui, avec le contexte actuel de la maladie à coronavirus, les groupes armés doivent observer une trêve comme l’avait souhaité le Secrétaire Général des Nations-Unies, Antonio Guteres.

Les responsables de ces massacres, selon Mahamat Kamoun, sont bien connus de tous en rappelant le communiqué largement diffusé de Nourd Gregraza, Président du PRNC, deux jours précédant le massacre du 29 avril à Ndele. « Eh oui, je suis en coalition avec le MLCJ qui me suit désormais », et bien loin, « Partout où ils se battent tout le monde sait que, et je l’affirme, ce sont les hommes du PRNC qui sont en première ligne notamment à Birao, Ndélé, Bria, Tiringoulou, Gordil dans tout le Nord-Est du pays », rapporte-t-il.

Face à la gravité de ces massacres répétitifs et l’attitude démissionnaire du gouvernement, « Qu’est-ce que les populations de Birao, Bria et Ndélé ont fait pour mériter pareil sort ? Où sont nos FACA et pourquoi on ne les déploie pas pour assurer la protection de nos populations ? Et pour quelles raisons ces criminels patentés continuent de tuer à grande échelle des innocents en toute impunité et sans être inquiétés ? », s’interroge-t-il.

En exhortant le Gouvernement centrafricain et la Minusca à jouer pleinement leur rôle de protection des populations civiles, Mahamat Kamoun leur demande de prendre leur responsabilité pour arrêter ce plan d’épuration ethnique. « Nous estimons qu’il est grand temps d’engager les poursuites devant les instances judiciaires nationale et internationale contre les auteurs de ces violations graves des droits humains », dit-il.  

Les massacres du 29 avril dernier ont été perpétrés sur le marché de Ndélé, et se sont poursuivis jusqu’au lendemain faisant une trentaine de morts. Cette attaque est la 3ème du genre en l’espace de deux mois avec un bilan provisoire d’une cinquantaine de morts. La situation humanitaire dans cette partie du pays reste préoccupante car plusieurs milliers de personnes se sont réfugiées sur les sites des déplacées de la ville.

Cyrille Wegue

lundi, 04 mai 2020 12:18 Écrit par Dans Politique

Centrafrique : les stagiaires du ministère des Finances dénoncent la dernière intégration

BANGUI, le 28 avril 2020 (RJDH)---Les stagiaires du ministère des finances ont manifesté ce matin devant les locaux dudit ministère pour dénoncer certains vices constatés dans le processus d’intégration en cours. 

Ils étaient plus d’une dizaine issue de différents services du département des finances à manifester ce mardi devant ledit ministère pour réclamer l’équité dans le processus de recrutement en cours.  Selon les manifestants, « l’intégration est entachée d’irrégularités ».

Thibaut Martial Namsenemon, stagiaire à la direction générale des impôts, pointe du doigt le ministre des finances Henri-Marie Dondra qui, selon lui, s’est basé sur le clanisme pour procéder à l’intégration au ministère des finances. « Notre déception a été grande vis-à-vis du comportement de notre chef de département par rapport à la dernière intégration au ministère des finances », dit-il.

Pour lui, l’intégration n’a pas été faite sur des critères objectifs. « L’intégration n’a pas été objective du point de l’art. Nous nous sommes rendu compte que c’est le népotisme qui prime dans ce pays.  Il y a parmi nous de stagiaires qui ont totalisé dix années au ministère des finances. Ceux qui sont intégrés sont des gens externes au ministère », a déclaré Thibaut Martial Namsenemon.

La manifestation va-t-elle durer combien de jour ? Seule une réponse favorable pourra détendre notre élan, dit un autre sur ton déterminé. « Nous sommes là, nous réclamons un droit et ce droit nous allons l’obtenir. Nous continuerons cette manifestation jusqu’à obtenir gain de cause. Nous ne tolérerons pas l’imposture. Car le premier ministre, chef du gouvernement, Firmin Ngrebada a affirmé que les intégrations en cours prendront beaucoup plus en compte les stagiaires ayant mis du temps au sein des départements », a-t-il déclaré.

Sollicités par le RJDH, les responsables du ministère n’ont pas souhaité se prononcer sur la question. « Nous reviendrons vers vous », nous promet un cadre du département.

Petho Sally

 

mardi, 28 avril 2020 15:41 Écrit par Dans Politique

Centrafrique : La proposition de loi relative à la modification de la constitution sur la table du conseil des ministres

BANGUI, le 23 avril 2020 (RJDH)---Le gouvernement discute ce jour, en conseil des ministres, la proposition de la loi relative à la modification de la constitution a appris le RJDH de sources généralement bien informées.  

Le conseil des ministres de ce jour est certainement le plus attendu du magistère de Faustin Archange Touadéra. Ce conseil devra, de sources concordantes, se prononcer sur la proposition de loi relative à la modification de la constitution pour permettre au président de rester en place au cas où les élections n’étaient pas ténues à bonnes dates. Cette proposition de loi, portée par un groupe de députés de la majorité présidentielle et soutenue par plusieurs autres élus de la nation, a été déclarée recevable par le bureau de l’Assemblée Nationale le 16 avril et transmise le 17 avril, au gouvernement.

Son examen par le conseil des ministres, est prévu pour ce jeudi 23 avril 2020. Un allié de Touadéra, très influent à l’Assemblée Nationale, dit s’étonner de la vitesse que prend ce dossier, « la proposition de loi a pris une vitesse exponentielle mais vous comprenez que c’est l’urgence pour ceux qui sont à la manette tant du côté de l’Assemblée Nationale que du gouvernement », confie-t-il sous anonymat.

Ce conseil de ministre spécial, ne réserve aucune surprise. Le gouvernement soutenant, l’initiative dans l’ombre depuis le début, va certainement valider la proposition de loi et la transmettre à la cour constitutionnelle pour avis avant de la renvoyer à l’Assemblée Nationale qui, sans aucune surprise une fois de plus, va l’adopter. L’opposition et une frange de la société civile très opposées à cette initiative, n’ont pour le moment que la carte de la cour constitutionnelle à jouer comme l’avait annoncé Me Nicolas Tiangaye dans l’émission « Actualité et Nous » du RJDH le 14 avril dernier, « la coalition de l’opposition démocratique va saisir la cour constitutionnelle au moment opportun ».

Le combat politique en Centrafrique dans les prochains jours, va se faire sur un terrain juridique. Les deux camps affutent déjà, selon nos sources, leurs armes pour tenter de prendre le dessus. Les 15 prochains jours, seront déterminants voire dominés par les débats politico-juridiques même si la pandémie du coronavirus aussi reste une menace pour la RCA.

RJDH

jeudi, 23 avril 2020 16:17 Écrit par Dans Politique
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