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DROITS DE L’HOMME

DROITS DE L’HOMME (75)

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Centrafrique : le comité de lutte contre les VBG de Sibut note une montée en puissance de violences psychologiques

SIBUT, 20 Aout 2020(RJDH)----Les violences psychologiques, le viol sur mineur et le mariage précoce sont les différentes formes de VBG qui sont les plus récurrentes à Sibut dans la Kémo.

En moyenne, le comité enregistre entre 20 à 30 cas par mois. Pierre Ngoalissio Ngouangbaka, chef secteur social et coordonnateur sous-préfectoral de lutte contre les violences basées sur le genre souligne que les enfants de moins de 17 ans et les femmes d’une trentaine d’années sont les victimes de ces violences.

Les cas réguliers de VBG enregistrés dans les structures qui s’investissent dans cette lutte à Sibut, tournent autour du viol sur mineurs (les enfants de moins de 17 ans), la maltraitance, les violences psychologique ou morale dont le pourcentage est le plus élevés dans la ville.

Le cas de harcèlement sexuel, explique Pierre Ngoalissio Ngouangbaka, Chef secteur des affaires sociales et coordonnateur sous-préfectoral du comité de lutte contre les violences basées sur le genre à Sibut dans la Kemo, est rare contrairement au déni de ressources qui est fréquent dans le milieu paysan où les femmes sont privées de ressources. 

« Pour les violences psychologiques, dans un mois, le comité en collaboration avec les autres structures notamment l’Association des Femmes juristes de Centrafrique, le service judiciaire, de la police et sanitaire ainsi que les autres ONG à Sibut peut enregistrer en moyenne 20 à 30 cas. Le viol sur mineur le nombre n’est pas élevé, mais ce sont les cas de mariage précoce qui sont récurrents. Les coups et blessures, le mariage précoce, pour des filles qui sont contraintes par des parents de lancer dans le mariage », a énuméré le Coordonnateur de lutte contre les violences basées sur le genre Pierre Ngoalissio.

Le comité dans un premier temps fait de référencement quand les victimes arrivent au sein dudit comité, « nous leur faisons le traitement psychosocial et après nous les orientons selon les cas. Soit au niveau de l’hôpital pour des examens s’il s’agit d’un viol, ou au niveau de la gendarmerie pour les cas qui nécessite une assistance juridique et l’assistance sociale qui prend en compte des kits de dignité pour vers les ONGs notamment Inter SOS », précise-t-il.

La République Centrafricaine dispose plusieurs instruments juridiques notamment, le code de la famille, la loi du 27 décembre 2006, portant protection de la femme contre la violence. Malgré ces dispositions, les femmes continuent de subir certaines formes de violences dans le pays.

L’article 1er de la loi portant protection de la femme contre les violences en République Centrafricaine stipule que :« la violence spécifiquement dirigée contre les femmes s’entend de tous actes de violences dirigée contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée ».

L’article 29 de cette même indique que, « quiconque aura volontairement porté des coups ou des blessures ou exercé des violences voie de faits sur une femme sera puni d’un emprisonnement d’un mois et un jour à 2 ans et une amende de 100.000 à 400.000 francs ou l’un de ces deux peines seulement ».

Sale Salwa

vendredi, 21 août 2020 07:35 Écrit par Dans DROITS DE L’HOMME

Centrafrique : deux personnes tuées à Bouar par un élément de sécurité de la société SATOM

BOUAR, le 14 aout 2020(RJDH)----Un homme et une femme ont été tués dans la nuit du 13 au 14 aout à Bouar dans la Nana-Mambéré. Un élément des FACA en charge de sécurité de la société SATOM selon des sources encore non officielles, serait l’auteur de tuerie.

Ces deux personnes victimes sortaient d’un bar local aux environs d’une heure du matin à bord d’un véhicule de la Société Satom. Des sources contactées à Bouar parlent d’un élément armé déployé pour la sécurité au sein de la société SATOM qui aurait tiré des balles réelles sur les deux personnes. Sur les images des corps transférés à l’hôpital de Bouar, l’homme qui conduit le véhicule de marque 4.4 a reçu des balles sur sa poitrine et la fille au niveau de la tête.

« Dans le véhicule de marque pick-up appartenant à la société SATOM se trouvent le conducteur et une femme. Les deux étaient ensemble dans le bar avec d’autres agents de la société et c’est aux environs d’une heure du matin lors qu’ils voulaient sortir, qu’un élément des forces armées centrafricaines a ouvert le feu sur les deux. Donc le chauffeur a reçu des balles au niveau de sa poitrine et la fille à la tête», a confié une source locale.

C'est un élément des FACA qui serait impliqué dans cet incident explique une autre source. « Il s’est rendu volontairement lui-même à la gendarmerie de Bouar afin de garantir sa sécurité ».  Sur cette affaire, la gendarmerie a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de la mort de ces deux victimes.

Constant Ndolo-Babou

vendredi, 14 août 2020 15:54 Écrit par Dans DROITS DE L’HOMME

Centrafrique : une trentaine de cas de VBG et braquages à main armée enregistrés dans le 8ème arrondissement

BANGUI, le 07 Aout 2020(RJDH) ---Des violences basées sur le genre et les cas de braquages à main armée sont devenus monnaie courante dans plusieurs quartiers du 8èmearrondissement de Bangui. Une information confirmée par des sources proches du commissariat du 8ème et des chefs de quartiers qui en appellent au renforcement des dispositifs sécuritaires.

En l’espace d’un mois, le commissariat du 8ème arrondissement de Bangui a annoncé avoir recensé plus d’une dizaine de cas. Il s’agit des violences sexuelles, de braquage à main armée et des violences physiques. Du côté des autorités locales, dans certains quartiers dudit arrondissement, au moins 23 cas sont enregistrés. C’est difficile de circuler la nuit même le jour, a témoigné le chef de quartier Galagabja 1 Anselme Bagara, « les cas de braquage nombreux dans les secteurs du 8ème. Même ce matin, on m’informe d’un autre cas de vol qui s’est produit dans mon quartier où des malfrats ont emporté une moto, une télé et autres objets. Pour les violences armées, c’est vraiment réel », a martelé Anselme Bagara.

Un autre chef du quartier Galabaja 4 qui a requis l’anonymat, a indiqué que les cas qui sont récurrents dans son secteur, c’est beaucoup les violences sexuelles. A cela s’ajoute le banditisme et les violences conjugales, « nous sommes très inquiets par rapport à l’insécurité grandissante. Les enfants ne peuvent pas circuler au delà de 17h ou 18heure. Surtout les filles parfois, on assiste a un cas de viol», a décrié cette source.

La montée en puissance des violences préoccupe la Commission Nationale des Droits de l’Homme et de la Liberté Fondamentale, qui projette organiser une vaste campagne de sensibilisation sur la question dans la capitale. N’Kali Bandjo, secrétaire général de la Commission interrogé par le RJDH a fait savoir que cette campagne sera programmée dans l’objectif de sensibiliser les populations centrafricaines sur les multiples cas de plaintes notamment les violences conjugales, les violences sexuelles, les coups et blessures faits à l’endroit des femmes et enfants. « Nous avons reçu plusieurs plaintes des populations banguisoises et ses environs à propos des violences qui sont exercées sur elles. Nous sommes en train de rédiger un rapport sur les graves violations des droits humains. Et une fois rédiger, nous allons organiser une campagne de sensibilisation sur les droits de l’homme », a confié le secrétaire général.

Le commissariat du 8ème selon un notable, travaille dans le souci de répondre aux exigences, mais sauf que les éléments sont dépourvus de matériels, « donc notre souci, c’est de renforcer l’effectif des policiers afin que ces derniers puissent assurer la sécurité dans les 18 quartiers. Parce que nous sommes dans une période électorale et il va falloir renforcer les dispositifs sécuritaires », a-t-il lancé.

Dans le cadre du projet stratégique regroupant la LCDH, AVED, le RJDH, CERCLE et autres organisations nationales qui s’investissent dans la lutte contre les violences basées sur le genre en Centrafrique, plus d’une dizaine de journalistes ont été formés du 08 au juin dernier au Centre de la mère et de l’enfant. L’objectif est d’impliquer les journalistes dans les activités de sensibilisation à travers leurs émissions radiophoniques et la publication des articles sur les types de violences.

Winnie Touguéle

vendredi, 07 août 2020 15:26 Écrit par Dans DROITS DE L’HOMME

Centrafrique : une journaliste du RJDH maintenue à la brigade criminelle

BANGUI, 07 aout 2020 (RJDH)---Jocelyne Nadège Kokada, une journaliste du RJDH qui réalisait un reportage sur le circuit de délivrance des cartes d’identité est maintenue plus de 3 heures, ce vendredi 7 août 2020, à la Direction des Services de Police Judiciaire (DSPJ).

Elle a été arrêtée par la Direction de la police judiciaire (DSPJ) pour avoir enquêté sur le prix truqué de la confection des cartes d'identité nationale en Centrafrique. Ce prix avait été fixé à 4500, voté dans la loi des finances par les députés. Mais, un arrêté ministériel du gouvernement l'a ajusté à 6750 XAF.

Ce dossier suivi par notre consœur à but d'une dénonciation lui a valu plus de 3 heures de temps passées à DSPJ. Son dictaphone confisqué lui avait été remis au moment de sa libération.

« Après 4 heures de 30 minutes à la direction des services de police judiciaire (DSPJ), la journaliste du Réseau des journalistes pour les Droits de l'homme Nadège Kokada est libérée et ramenée à la rédaction mais nous allons continuer l'enquête sur le circuit de délivrance de la Carte Nationale d'identité pour laquelle un centrafricain débourse plus de 10 000 frs pour s'en prémunir », a déclaré Romain Sylvestre Sokambi, Coordonnateur du RJDH.

Il y a de cela quelques semaines, les élus de la nation se sont prononcés sur le respect de la loi en ce qui concerne le prix actuel de la carte nationale d’identité à 4500 frs. Aujourd’hui, malgré la mise en garde à l’endroit des ministères concernés, les centrafricains continuent de payer les frais qui officiellement fixés à 6000 FCFA et à cela s’ajoutent les frais de photocopies qui se chiffrent à 750 frs.

RJDH

vendredi, 07 août 2020 15:20 Écrit par Dans DROITS DE L’HOMME

Centrafrique : la MINUSCA enregistre 57% de diminution du nombre des victimes de violation des droits de l’homme  

BANGUI, 31 Juillet 2020 (RJDH) --- La MINUSCA a documenté et vérifié 7 incidents d’abus et de violation des droits de l’homme, des droits internationaux humanitaires au cours de la semaine dernière. Ces incidents ont affecté huit (08) victimes dont 6 hommes, une femme et une fille. Ce rapport a été présenté le mercredi 29 juillet, lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Minusca.

Les présumés auteurs de ces violations et abus des droits de l’homme sont les combattants de l’UPC, le groupe 3R, MPC, FPRC, les Anti Balaka et les agents de l’Etat. Il s’agit de meurtre, atteinte à l’intégrité physique, viol, détention arbitraire et d’enlèvement, confiscation de propriété, note la mission onusienne.

Selon la MINUSCA, les préfectures les plus touchées sont l’Ouham et le Mbomou. Ces incidents ont affecté 8 victimes, 6 hommes, deux femmes, dont une mineure. « Le nombre des victimes de la semaine est en baisse de 8 victimes contre 19 victimes la semaine dernière, une estimation de 57% de réduction de nombre des victimes », a présenté le porte-parole par intérim de la Minusca, Charles Bambara.

Le groupe 3R a détruit des ponts qui constituent un moyen de communication entre les régions de Besson et Koui, dans le but de ralentir les avancées des forces de la MINUSCA et les FACA, conclut le rapport.

Auguste Bati-Kalamet

vendredi, 31 juillet 2020 14:35 Écrit par Dans DROITS DE L’HOMME

Centrafrique : Amnesty International réclame la poursuite des enquêtes après le retrait des entreprises chinoise de l’Ouham

BANGUI, 29 Juillet 2020(RJDH) --- L’Amnesty International sollicite la poursuite des enquêtes ouvertes après le retrait des entreprises minières chinoises de l’Ouham, pour rendre des comptes et apporter des réparations. Une position exprimée dans une déclaration rendue publique le 27 Juillet à Dakar.

La demande de l’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale intervient trois (3) mois après la publication par l’Amnesty International d’une déclaration le 17 avril 2020, exhortant le gouvernement centrafricain à suspendre les activités de quatre sociétés chinoises d’exploitation aurifère près de Bozoum et de diligenter de toute urgence une enquête indépendante sur les impacts environnementaux  occasionnés par ces entreprises.

Selon la déclaration datée du 27 juillet, l’Amnesty International réclame la poursuite des enquêtes afin de «  déterminer si les activités d’exploitation et le processus de fermeture des mines ont respecté les lois pertinentes, relatives aux droits humains, à l’environnement, à la santé et à la sécurité, et le droit administratif, minier et pénal et s’ils ont mis en péril la vie humaine et la santé. » Se basant sur les articles des médias centrafricains, sept (7) personnes sont mortes en espace de sept (7) jours en fin Avril 2020. Ces morts ont pu être causés par l'état dans lequel les berges ont été laissées lorsque les compagnies minières ont quitté les sites », Peut-on lire dans la déclaration.

Dans cette même déclaration, l’Amnesty International réclame un soutien aux personnes touchées s’il est établi qu’il existe un risque actuel ou imminent pour la vie ou la santé des populations des zones minières. « Le gouvernement doit prendre des mesures immédiates pour protéger leur vie et leur santé, qui peuvent notamment consister à fournir de l’eau potable saine, à garantir l’accès à des soins de santé, à clôturer les parties dangereuses des berges, et à apporter un soutien à ceux dont les moyens de subsistance ont été impactés et qui ont de plus grandes difficultés à pêcher et mener des activités agricoles qui dépendaient de la rivière », a-t-il souhaité.

Trois grandes recommandations ont été formulées à l’endroit des entreprises notamment,  « mener une enquête et prendre des mesures correctives adaptées si les compagnies minières ont causé des atteintes aux droits humains ou y ont contribué à un moment quelconque. Aussi, publier toutes les informations concernant la conception des mines, les évaluations menées par les entreprises des impacts au niveau social et environnemental, ainsi que les analyses d’eau ou d’autres activités pertinentes. Et adhérer aux principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits humains communiqués par la Chambre de commerce chinoise des importateurs et exportateurs de métaux, minerais et produits chimiques. »

Une enquête parlementaire a été ouverte sur cette affaire en début 2020, elle a été entachée de soupçons de corruption et restée sans suite.

Marina Moulou-Gnatho

jeudi, 30 juillet 2020 15:29 Écrit par Dans DROITS DE L’HOMME

Centrafrique : une femme de ménage placée en garde à vue à la brigade de Bégoua sous pression d’un  magistrat

BANGUI, 29 juillet 2020 (RJDH) ---Depuis le 22 juillet 2020, une femme de ménage, âgée d’une quarantaine d’année, mère d’une famille de trois enfants est placée en garde à vue à la brigade territoriale de Pk-12. Elle est accusée par ses employeurs notamment, un magistrat, d’avoir volé un ordinateur à son domicile.

L’incident s’est produit à Bégoua au quartier Cité des trois Collines après que la présumée coupable a eu à passer plus d’un an et quatre mois comme femme de ménage chez ce magistrat. Sous ce toit, habitent cinq couples et leurs enfants.

Curieusement, cette femme est actuellement la seule à faire l’objet de cette mise en cause : «Tantôt, il dit que j’ai mis l’ordinateur dans un sac banco pendant que j’étais allée payer de la farine de blé. Puis, on m’a aperçu avec un sac contenant l’ordinateur que j’ai déposé derrière la latrine avant de rentrer avec. Tantôt, j’ai enfoui l’ordinateur dans un sac rempli de graine de manioc quand je devais aller moudre. Il est même allé loin pour dire que, ce sont mes enfants qui sans cesse me suivent sur le lieu du travail chez lui et que c’est avec leur complicité que j’ai pu faire sortir l’ordinateur. Or, mes enfants, n’ont jamais mis pied là où je travaille», a fait savoir la femme de ménage accusée.

La victime a également fait savoir que depuis qu’elle a été placée en garde à vue. « Personne n’est passée pour me rendre visite même la femme qui m’a embauché. Même pour nous confronter avec d’autres membres de la famille ou ceux qui m’auraient aperçu avec l’ordinateur, rien! Et quand son mari passe, c’est pour discuter avec les gendarmes et il rebrousse chemin », a-t-elle déploré.

Impatient de voir les preuves des accusations portées contre sa femme, le mari de la femme de ménage placée en garde à vue, se dit dépassé par la charge et le suivi de ses enfants.

« Pour le moment, je traverse un moment difficile parce que cela fait déjà cinq jours que ma femme est placée en garde à vue à la Brigade de Pk12. Ce Magistrat n’a pas encore apporté les preuves de l’accusation portée contre elle pour attester effectivement que c’est elle , la coupable. Jusque-là, on est là, rien, la pauvre femme est à la brigade », s’est-il indigné. 

Pour lui, la procédure d’arrestation ou de garde à vue de sa femme ne s’est pas faite selon les règles de l’art.

Plusieurs tentatives d’entrer en contact avec la femme du magistrat en question ont échoué. Par souci de préserver la dignité de ses employeurs, la victime et ses proches ont demandé au RJDH de ne pas rendre publique l’identité du magistrat mise en cause dans cette affaire. Affaire à suivre !

RJDH

mercredi, 29 juillet 2020 16:04 Écrit par Dans DROITS DE L’HOMME

Centrafrique : Le personnel de l’Hôtel du Centre réclame du gouvernement le paiement de 5 mois d’arriérés de salaire

BANGUI, le 27 juillet 2020 (RJDH) --- 238 millions de FCA, c’est la somme réclamée par le personnel de l’Hôtel du Centre au Trésor public. Les agents ont manifesté ce début d’après-midi leur mécontentement pour présenter un certain nombre de revendications dont le paiement de leurs arriérés et la prise en charge dudit Hôtel para-étatique.

Plusieurs points de revendications sont à l’ordre de leur manifestation déclenchée ce lundi 27 juillet 2020 notamment le paiement de leurs cinq mois d’arriérés de salaires qui s’élève à hauteur de 238 millions de FCA. Les manifestants demandent la prise en charge dudit hôtel, qui n’est pas subventionné par le gouvernement.

Jean Poumale, Chef du personnel à l’Hôtel du Centre ne passe pas par quatre chemins pour présenter la raison de leur mécontentement, « nous avons des arriérés vis-à-vis du Trésor public qui s’élève à 238 millions de FCA. Mais jusqu’à présent, rien ne fait comme geste en notre faveur. En dépit de toutes les démarches menées auprès du Ministre tutelle, nos efforts sont restés vains. Les autorités demandent les 10% de nos salaires, c’est aberrant. Face à cette situation nous ne pouvons pas croiser les bras, c’est pourquoi nous sommes descendus sur le terrain, pour manifester notre indignation aux autorités Centrafricaines qui font preuve d’indifférence à nos problèmes »a-t-il déclaré.

« Nous allons poursuivre cette grève jusqu’à avoir gain de cause. Au cas échéant, cette manifestation va se poursuivre. Je pense que la République Centrafricaine nous appartienne. Pas question de marginaliser d’autres fils du pays. L’hôtel du Centre est le seul hôtel paraétatique à travers le pays, en réalité, l’Etat doit subventionner cet hôtel malheureusement ce n’est pas le cas. Nous demandons aux autorités d’aider cet hôtel à répondre aux normes internationales » conclut-il.

La manifestation du personnel de l’Hôtel du Centre intervient quelques semaines après celles du personnel soignant et les enseignants vacataires du fondamental 2 durant ce mois de juillet 2020.

Carlos Watou

 

 

lundi, 27 juillet 2020 16:53 Écrit par Dans DROITS DE L’HOMME

Centrafrique : La population de Sikékédé s’estime marginalisée et revendique une place dans le découpage électoral

BANGUI,  le 21 juillet 2020, (RJDH) ---Laissée pour compte d’après leur constat, la population de Sikékédé dans la Vakaga au nord Est du pays réclame une place dans le découpage électoral. Elle se dit marginalisée depuis plus de 22 ans sans prendre part aux votes et veut avoir un représentant à l’Assemblée Nationale.

La situation est alarmante à Sikékédé, selon le Président de la jeunesse locale qui aujourd’hui se trouve à Ndélé. La ville est actuellement privée de réseau téléphonique, et il y a ce problème d’accès aux services sociaux de bases. Les écoles et les services de soins et de santé manquent du personnel qualifié et du matériel.

Actuellement à Ndélé,  Abakar Yaya Sabaroudja, Président de la jeunesse est porteur d’un message de la population aux autorités du pays. « Nous voulons un découpage électoral de Sikékédé. Il faut que Sikékédé soit découpé. Nous voulons avoir notre Député  pour aller à l’Assemblée, discuter par rapport à notre situation. Et si cette année, il n’y a pas de découpage électoral ici, nous n’irons pas aux élections présidentielles et législatives », a-t-il dit.

Pour le Président de la Jeunesse de Sikékédé, les données électorales de sa localité ont souvent été truquées : « A chaque moment, sur 55000 habitants, on ne nous envoie que 350 cartes d’électeurs. Et on nous fait savoir que c’est Bangui qui a fait çà. Souvent, les agents restent à Tiringoulou et envoient des rapports mensongers à l’ANE.  Et à chaque fois que nous voulons dénoncer, on nous traite de rebelle. Est-ce que les femmes, les enfants, les personnes de troisième âge, les handicapés sont-ils tous des rebelles?  En tout cas, nous sommes marginalisés sur notre droit. Et là où je vous parle, on est fatigué avec la guerre. Nous voulons un découpage électoral avec tout le matériel à Sikékédé », dit-il.  

La ville de Sikékédé, selon Abakar Yaya est le cœur de la Vakaga, mais l’Etat est quasi inexistant. La population n’a pas exercé son droit de vote depuis 22 ans. A cela s’ajoute le manque de personnel qualifié dans les services sociaux de bases. De l’école Sikékédé centre, en passant par l’école Boura, et autres, la ville dispose de 7 écoles au total, « mais qui malheureusement manquent d’enseignants. Nous avons un grand centre à Sikékédé et un poste de santé à Aïfa. Tout ça, il n’y a pas d’infirmier qualifié et ce sont les enfants qui sont formés par MSF qui sont là en train de soigner leurs parents. Mais il n’y a pas de médicament. On donne une boite de 1000 comprimés de paracétamol de 500 mg pour deux mois. Imaginez-vous-même si on devait partager ça pour 55000 habitants. Est-ce que cela va suffire? », a  décrié le président de la jeunesse de Sikékédé, Abakar Yaya Sabaroudja.   

Face à l’absence de l’autorité de l’Etat, il promet une garantie sécuritaire à tous ceux qui auront à effectuer une mission ou à travailler sur place. « Nous sommes là, disponibles. On va les accueillir à bras ouverts. Nous allons les conduire jusqu’à Sikékédé et une fois qu’ils auront terminé leurs boulots, on va les reconduire à Ndélé », a conclu le Président de la jeunesse de Sikékédi, Abakar Yaya Sabarouda.

La Sékikédé  dans la Vakaga, est située à 175 km de la ville de Birao et 270 km de Ndélé. Elle compte environs  55.000 habitants, 75 quartiers et 18 chefs de groupes.

Cyrille Wegue

mardi, 21 juillet 2020 15:32 Écrit par Dans DROITS DE L’HOMME

Centrafrique : des milliers d’ouvriers des sociétés forestières sans couverture sociale

BANGUI, 17 juillet 2020 (RJDH) ---Plus de 4500 ouvriers des communes et des sociétés forestières sont dans une ambiguïté statutaire et méconnaissent leurs droits légaux dans la région sud-ouest de la République Centrafricaine. C’est ce qui ressort du bilan à mi-parcours d’une mission conjointe, Haute Autorité chargée de la Bonne Gouvernance (HABG), la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et le Ministère du Travail. 

La mission actuelle fait suite à une première mission d’investigation qui a conduit la HABG à mettre la main sur les pratiques de mauvaise gouvernance concernant les redevances forestières. « Il s’est avéré que lors de la mission, des soucis se sont révélés en termes d’immatriculation des employés des communes et des ouvriers de sociétés forestières. On a identifié environ 4500 employés non immatriculés à la CNSS dont à peu près, 600 au niveau des communes et 3900 au niveau des sociétés forestières. C’est une forme d’injustice sociale qui a longtemps durée et qu’il faut rapidement rompre avec », a indiqué Zéphirin Mogba, en sa qualité de Chef de mission lors de sa rencontre avec les radios locales la semaine dernière.

A travers cette mission, les membres entendent condamner le net à payer qui est versé aux employés des communes et des sociétés forestières. « Lorsque quelqu’un travaille, il a des droits sociaux. Chaque fin du mois, on paie les salaires aux employés des mairies, aux employés des sociétés forestières. Il y a des retenus qui se font sur les cotisations et sont destinés à être reversés à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale pour gérer les situations de sinistre en cas d’accident de travail ou en cas d’évènement heureux. Les allocations familiales ou bien lorsque l’employé atteint l’âge de 60 ans et qu’il doit faire valoir ses droits à la retraite, il a droit à des pensions », a fait mention Zéphirin Mogba.

Vu que la banque CBCA est au niveau local, l’idéal aurait voulu que tous les fonds des communes soient domiciliés au niveau de cette Banque. « Lorsqu’on paie les salaires, les retenus et leur montant total  devraient être  libellés sur un chèque au nom de la caisse nationale de sécurité sociale et contresignés par le payeur qui se charge d’aller déposer au niveau de la CNSS et ils vont retirer après, à titre de cotisation.  Donc, il n’est pas dit que les Maires doivent aller déposer l’argent en mains et aller déposer. Et que les Maires ont accès à leur compte avec le visa des trésoriers payeurs généraux et donc, il faut qu’ils établissent, mais ils n’établissent pas ».

Bien que mentionné sur les Bons de Commande lors des paiements de salaire, les retenus de salaires ne vont pas dans la bonne destination. «Lorsque nous avons remonté les filières au niveau des trésoreries régionales, pour savoir, où sont domiciliés ces cotisations, ils nous ont dit que c’est dans les comptes pour les communes. Au niveau des sociétés forestières, les retenus se font par les comptables, les chefs de personnel que nous avons interrogés, mais, au fond, cela n’est pas reversé », a indiqué Zéphirin Mogba.

Au rang de 4500 personnes identifiées comme ouvriers des sociétés forestières et des communes, d’autres ont plus de 70 ans, 75 ans et qui ont passé plus de 40 à 50 ans. Aujourd’hui, ils n’ont plus la capacité de travailler et ne peuvent prétendre à faire valoir leurs droits à la retraite. L’objectif de la mission conjointe est de voir comment redresser la situation au niveau de toutes les communes forestières, pour une retraite garantie à ceux qui ont plus de 60 ans afin de bénéficier à leur pension.

Cyrille Wegue

vendredi, 17 juillet 2020 09:58 Écrit par Dans DROITS DE L’HOMME
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