Centrafrique : Une fillette de 9 ans, victime de maltraitance au quartier Kokoro 3 dans le 3ème arrondissement

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Centrafrique : Une fillette de 9 ans, victime de maltraitance au quartier Kokoro 3 dans le 3ème arrondissement

BANGUI, le 28 avril 2020 (RJDH) ---Victime de maltraitance et de mauvais traitement des mains de sa grande sœur, une fille âgée de 9 ans a été récupérée la semaine dernière par l’ONG Enfant Espoir de Demain pour une prise en charge post traumatique. Sa grande qui reconnait les faits a échappé de justesse à la vindicte populaire des habitants proche du quartier Kokoro 3 dans le 3ème arrondissement de Bangui.

L’enfant victime de ces sévices corporels, le samedi 19 avril dernier au quartier Kokoro-3, a été ramenée de Berberati par sa grande sœur. 

En compagnie des adultes qui s’y trouvent, une fille de 9 ans, fatiguée, portant sur presque toutes les parties du corps les stigmates d’une violence exercée sur elle. « Quand nous avons rencontré cet enfant, c’était vraiment triste.   Elle a du mal à marcher, et comme si elle avait la tremblote et elle sent un malaise au niveau du bassin, une fois que tu la touches. Ce n’est pas à nous de l’ausculter, mais aux médecins », a rapporté Claver Ibozaqui a eu l’initiative de l’amener à l’ONG Enfant Espoir de Demain.

« Je connais cet enfant depuis qu’elle habitait avec sa grande sœur tout proche de chez nous. Et c’est ce matin, quand je voulais aller au marché, je l’ai rencontré, pâle et elle portait un blouson. Dès qu’elle m’a vue, elle m’a appelé. Présentant une mine triste, je lui ai posé la question de savoir si elle n’était pas malade. C’est à cet instant qu’elle m’a fait savoir qu’elle avait étémolestée par sa grande sœur. J’ai constaté qu’elle porte des cicatrices sur tout le corps », a témoigné Claudia Pomba, l’ex-voisine de l’enfant, avant d’ajouter que l’enfant lui a expliqué qu’elle s’est fait battre par sa grande sœur et son mari avec un fil électrique.

Claudia Doutingaye, la grande sœur de la victime, tout en reconnaissant les faits, se dit dépassée par les caprices de sa cadette. « L’enfant, je ne sais comment vous expliquer. C’est un enfant qui ne dort pas à la maison. Arrivée un jour, elle a passé trois jours à l’extérieur. Je l’ai cherché en vain pour la retrouver. Aux environs de 23h. Dès 4heures du matin, elle est sortie et a quitté la maison. Nous l’avons fouillé jusque la retrouver à une place mortuaire chez le chef du quartier. C’est ainsi que je l’ai ramené pour lui infliger une correction », reconnait-elle.  

Pour Maëva, la victime, c’est le comportement de sa grande sœur qui, d’ailleurs, l’a interdit d’aller à l’école qui la pousse à fuir la maison.

Selon elle, le jour où elle a été torturée par sa grande sœur et son mari, elle revenait d’une rencontre avec ses amies du quartier et que son beau-frère lui a même refusé l’accès au domicile. « C’est à mon retour que j’ai constaté la porte de la maison fermée et ce sont les voisins qui m’ont informé que m’a grande sœur a déménagé. J’ai passé des jours chez des voisins. Un jour, un tonton est venu m’informer qu’ils ont vu la nouvelle maison de ma grande sœur et que je pouvais la regagner ». 

Abordant ce qui lui est arrivée, « un matin, je suis sorti faire le ménage. Ce jour-là, ils m’ont refusé même le repas. Et quand je voulais aller chercher de l’eau, elle m’a sauté dessus. Elle m’a fait entrer de force dans la maison avant de me ligoter les mains et les pieds avec le concours de mon beau-frère. Ils m’ont avec de l’eau, et m’ont copieusement tabassé à l’aide d’un ceinturon et fil électrique, durant tous ces moments, ils ne m’ont rien donné à manger », a fait savoir l’enfant. 

Yvette Agouao Gnadindo, Présidente de l’ONG Enfant Espoir de Demain, a signifié qu’elle a déjà pris contact avec son point focal à Berberati afin d’identifier les parents de la victime sur place. Mais en attendant, la victime et sa grande sœur seront d’abord conduites à la Brigade criminelle avant que l’enfant ne soit transportée à l’hôpital.  L’article 74 du code pénal stipule : « Quiconque aura volontairement fait des blessures ou porté des coups à un enfant au-dessous de l’âge de 15 ans accomplis ou qui l’aura volontairement privé d’aliments ou de soins au point de compromettre sa santé, sera puni d’emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 100.002 à 600.000 francs ».

 

Cyrille Wegue

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mardi, 28 avril 2020 14:18 Écrit par  In DROITS DE L’HOMME
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