Centrafrique : la délivrance de carte nationale d’identité, Augustin Agou y voit une arnaque

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Centrafrique : la délivrance de carte nationale d’identité, Augustin Agou y voit une arnaque

BANGUI, 06 aout 2020 (RJDH) ----Dans une interview accordée au RJDH, Augustin Agou, Député du 1er Arrondissement de Bangui, membre de la commission Loi à l’Assemblée nationale qualifie de tricherie les manœuvres de l’exécutif sur le prix de la carte nationale d’identité. L’occasion également pour lui de s’inquiéter sur la tenue du calendrier électoral par l’ANE. Augustin AGOU est interrogé par Cyrille Wegue du RJDH.

RJDH : Augustin AGOU, bonjour !

Augustin AGOU : Bonjour Monsieur le Journaliste.

RJDH : Il y a de cela quelques semaines, les élus de la nation se sont prononcés sur le respect de la loi en ce qui concerne le prix actuel de la carte nationale d’identité. Aujourd’hui, malgré votre mise en garde à l’endroit des ministères concernés, les centrafricains continuent de payer les frais qui officiellement fixés à 6000 FCFA et à cela s’ajoutent les frais de photocopies qui se chiffrent à 750 frs. Entre temps, vous avez adoptez une loi qui a fixé le prix à 4500Frs-cfa. Comment comprendre cette attitude de l’exécutif dans cette affaire ? 

AA: C’est un sentiment de colère. Et pour répondre à votre question, ce n’est pas normal.  On ne gère pas un pays en trichant. On ne gère pas un pays avec le mensonge. Le peuple a beaucoup souffert, c’en est assez. Dans un pays, chacun doit respecter la loi, car nul n’est au-dessus de la loi.  Cette loi a été votée et promulguée depuis janvier 2020 par le Président de la République et est applicable depuis.

Mais on a été désagréablement surpris que le ministre des finances, qui apporte le projet de loi des finances budget à l’Assemblée Nationale et c’est lui qui le défend, il a pu apposer sa signature au bas d’un arrêté illégal qui a augmenté le prix de la carte nationale d’identité à 6000 frs et que les gens arrivent là-bas, on leur demande 750 frs de plus. Je vous dis que c’est du vol, c’est de la tricherie.  Ce n’est pas normal.

Bon maintenant, il a fait la promesse devant le parlement pour dire qu’ils vont annuler, malheureusement, cet arrêté illégal n’a jamais été annulé et on continue à mettre la pression sur les compatriotes centrafricains qui sont meurtris aujourd’hui, qui vivent dans la pauvreté totale et qui vivent dans le chômage, qui n’ont pas de moyen et on les oblige à donner de l’argent gratuitement aux gens pour qu’ils remplissent leur poche.

Ce que vous oubliez monsieur le Journaliste, les 6750 francs qu’on demande aux compatriotes de payer, seulement une partie des 4500 frs est rétrocédée à la caisse de l’Etat parce qu’il y a un contrat qui lie la société Al-Amadina avec le gouvernement centrafricain. Donc, c’est dans les 4500Frs qu’il y a la part du gouvernement, mais le reste rentre dans la poche des gens. Ils se le partagent entre eux. Malheureusement, au lieu de prendre un arrêté pour mettre fin à cela, ils ne l’ont pas fait.

RJDH : Et dans ces cas de figure, que prévoit la loi ?

AA: Mais puisque nous sommes en vacances parlementaires, nous n’avons pas de choix, car nous travaillons avec notre règlement intérieur. Donc, nous sommes obligés d’attendre la session ordinaire du mois d’octobre. Ce sera le moment certainement d’interpeller une fois de plus le gouvernement sur ce sujet. Surtout le ministre des finances, pour savoir pour quelles raisons ils n’ont pas honoré leur promesse.

RJDH : Honorable, Augustin AGOU, l’ANE vient une fois de plus de proroger la période d’enrôlement sur la liste électorale à Bangui. Quels sont vos sentiments vis-à-vis de cette situation ?

AA: C’est un sentiment d’inquiétude et de découragement de la part de la population centrafricaine. Parce que les choses n’ont pas démarré comme on a l’habitude de le faire. Premièrement, l’ANE devait démarrer les opérations sur toute l’étendue du territoire et terminer le même jour. Or, vous conviendrez avec moi que ce n’est pas ce qui a été fait.

Même dans la ville de Bangui, ce n’est pas ce qui a été fait. Il y a eu des arrondissements qui ont commencé et d’autres ont pris du retard. Egalement, il y a eu des problèmes soulevés lors du recrutement des agents de l’ANE.

Et aujourd’hui, il y a d’autres localités où les agents de l’ANE n’ont pas mis pieds jusqu’à présent. Donc, initialement à Bangui, l’enrôlement sur la liste électorale devrait terminer le 21 juillet, l’ANE a prorogé d’une semaine encore. Mais nous n’avons pas de choix. Si nous voulons qu’un jour qu’il y ait un changement, cela passe d’abord par l’enrôlement sur la liste électorale. Cessons avec la colère, ce n’est pas le temps, parce que le temps passe. Allons-y, inscrivons-nous sur liste électorale rapidement. Et s’ils ne le font pas, il n’y aura pas de changement dans notre pays. Les mêmes causes vont produire les mêmes effets.

RJDH : Vous parlez d’inquiétude au début de votre intervention sur les opérations d’enrôlement sur la liste électorale, ça veut dire pour vous que les élections du 27 décembre 2020 n’auront pas lieux ?

AA : Non !  Que nous voulons ou pas, les élections auront lieu.

RJDH : A bonne date ?

AA : A bonne date, c’est la grande interrogation. Les opérations d’enrôlement sur la liste à durer plus d’un mois au niveau de la capitale. Si on arrive au 03 Aout, ça va faire un mois et une semaine. Au niveau de l’intérieur du pays, c’est la saison des pluies. C’est la saison où nos parents dans les campagnes vont aller aux champs pour semer.

Et donc, je ne vois pas comment ça va se passer. Dons l’arrière-pays également, ça va prendre certainement du retard, ça va durer un mois, un mois et demie. Donc, on va arriver au mois de septembre, octobre et les élections étaient prévus pour le mois de décembre. Faite le calcul, et donc, je doute un peu.  

RJDH : Honorable, serez-vous candidat à votre propre succession dans le 1er arrondissement de Bangui à la législative ?

AA: Oui ! Ma réponse est affirmative. Je serais candidat, j’ai été élu, député du premier arrondissement de Bangui, la population du premier arrondissement m’a fait confiance et je n’ai pas démérité. Je ne peux pas me venter, j’ai fait ce qui était à mon pouvoir. J’ai toujours été proche de ma population, mon téléphone est toujours ouvert 24h/24h. Je n’ai pas un aide de camp qui m’accompagne. Je n’ai pas quelqu’un qui tient mon téléphone, etc… Je serai candidat comme député du 1er arrondissement de la ville de Bangui.

RJDH: Vous étiez un candidat indépendant pendant les élections de 2015, et une fois élu député, vous avez créé votre propre parti la Renaissance. Serez-vous également candidat à la présidentielle de décembre 2020 ?

AA : Eh bien, le moment viendra, ce n’est pas à moi de prendre cette décision unilatérale. C’est un parti politique, je ne suis qu’un président fondateur, mais il y a des militants, puis les membres du bureau politique qui sont là. Le moment viendra, suivons les choses, si Dieu nous donne l’occasion de poser notre candidature à l’élection présidentielle, vous serez aviser Monsieur le Journaliste. 

RJDH : Monsieur Augustin AGOU, député du 1er arrondissement de Bangui, radio fréquence RJDH vous dit merci.

Augustin AGOU : C’est moi qui vous remercie, que Dieu vous bénisse.

Propos recueillis par Cyrille Renaldi Wegue

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jeudi, 06 août 2020 16:08 Écrit par  In Politique
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