Centrafrique : La population de Sikékédé s’estime marginalisée et revendique une place dans le découpage électoral

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Centrafrique : La population de Sikékédé s’estime marginalisée et revendique une place dans le découpage électoral

BANGUI,  le 21 juillet 2020, (RJDH) ---Laissée pour compte d’après leur constat, la population de Sikékédé dans la Vakaga au nord Est du pays réclame une place dans le découpage électoral. Elle se dit marginalisée depuis plus de 22 ans sans prendre part aux votes et veut avoir un représentant à l’Assemblée Nationale.

La situation est alarmante à Sikékédé, selon le Président de la jeunesse locale qui aujourd’hui se trouve à Ndélé. La ville est actuellement privée de réseau téléphonique, et il y a ce problème d’accès aux services sociaux de bases. Les écoles et les services de soins et de santé manquent du personnel qualifié et du matériel.

Actuellement à Ndélé,  Abakar Yaya Sabaroudja, Président de la jeunesse est porteur d’un message de la population aux autorités du pays. « Nous voulons un découpage électoral de Sikékédé. Il faut que Sikékédé soit découpé. Nous voulons avoir notre Député  pour aller à l’Assemblée, discuter par rapport à notre situation. Et si cette année, il n’y a pas de découpage électoral ici, nous n’irons pas aux élections présidentielles et législatives », a-t-il dit.

Pour le Président de la Jeunesse de Sikékédé, les données électorales de sa localité ont souvent été truquées : « A chaque moment, sur 55000 habitants, on ne nous envoie que 350 cartes d’électeurs. Et on nous fait savoir que c’est Bangui qui a fait çà. Souvent, les agents restent à Tiringoulou et envoient des rapports mensongers à l’ANE.  Et à chaque fois que nous voulons dénoncer, on nous traite de rebelle. Est-ce que les femmes, les enfants, les personnes de troisième âge, les handicapés sont-ils tous des rebelles?  En tout cas, nous sommes marginalisés sur notre droit. Et là où je vous parle, on est fatigué avec la guerre. Nous voulons un découpage électoral avec tout le matériel à Sikékédé », dit-il.  

La ville de Sikékédé, selon Abakar Yaya est le cœur de la Vakaga, mais l’Etat est quasi inexistant. La population n’a pas exercé son droit de vote depuis 22 ans. A cela s’ajoute le manque de personnel qualifié dans les services sociaux de bases. De l’école Sikékédé centre, en passant par l’école Boura, et autres, la ville dispose de 7 écoles au total, « mais qui malheureusement manquent d’enseignants. Nous avons un grand centre à Sikékédé et un poste de santé à Aïfa. Tout ça, il n’y a pas d’infirmier qualifié et ce sont les enfants qui sont formés par MSF qui sont là en train de soigner leurs parents. Mais il n’y a pas de médicament. On donne une boite de 1000 comprimés de paracétamol de 500 mg pour deux mois. Imaginez-vous-même si on devait partager ça pour 55000 habitants. Est-ce que cela va suffire? », a  décrié le président de la jeunesse de Sikékédé, Abakar Yaya Sabaroudja.   

Face à l’absence de l’autorité de l’Etat, il promet une garantie sécuritaire à tous ceux qui auront à effectuer une mission ou à travailler sur place. « Nous sommes là, disponibles. On va les accueillir à bras ouverts. Nous allons les conduire jusqu’à Sikékédé et une fois qu’ils auront terminé leurs boulots, on va les reconduire à Ndélé », a conclu le Président de la jeunesse de Sikékédi, Abakar Yaya Sabarouda.

La Sékikédé  dans la Vakaga, est située à 175 km de la ville de Birao et 270 km de Ndélé. Elle compte environs  55.000 habitants, 75 quartiers et 18 chefs de groupes.

Cyrille Wegue

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mardi, 21 juillet 2020 15:32 Écrit par  In DROITS DE L’HOMME
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