Centrafrique : le Haut-Commissariat des Nations-Unies relève des violences perpétrées par des groupes armés signataires de l’accord de paix

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Centrafrique : le Haut-Commissariat des Nations-Unies relève des violences perpétrées par des groupes armés signataires de l’accord de paix

BANGUI, 22 juin 2020 (RJDH)--- Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) reste préoccupé par les graves violations des droits humains commises en République centrafricaine (RCA), notamment à l’encontre des enfants par les groupes armés. Le rapport a été présenté par la commission des droits de l’homme au Conseil des droits de l’homme la semaine dernière.

Même si le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) « des évolutions positives dans le pays depuis le début 2019 avec l’installation d’une Commission vérité, justice et réconciliation », il n’en demeure pas qu’il reste préoccupé par les graves violations des droits humains commises en République centrafricaine (RCA), notamment à l’encontre des enfants.

Devant le Conseil des droits de l’homme, la cheffe adjointe des droits de l’homme de l’ONU a noté avec inquiétude que les attaques contre les civils et les autres violations des droits humains restaient monnaie courante dans ce pays.  « Quelques 634 incidents de violations des droits de l’homme impliquant 1.092 personnes, dont 156 femmes, 118 garçons et 72 filles, ont été documentés entre septembre 2019 et mai 2020 », a déclaré jeudi soir, la Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme, Nada Al-Nashif.

Certains des groupes armés, qui sont pourtant signataires de l’accord de paix, sont ainsi accusés de « continuer à tuer, mutiler et maltraiter des civils ». Les abus et violations documentés se sont concentrés dans les préfectures périphériques du pays, dans le nord-ouest de l’Ouham et l’Ouham-Pendé, et dans les zones centrales de la Haute-Kotto, du Bamingui-Bangoran et de l’Ouaka.

« Plus de 90 % de ces attaques contre les civils ont été attribuées à des groupes armés pourtant signataires de l’accord de paix », a-t-elle fait savoir. 

Dans le même temps, les agents de l’État, en particulier les Forces armées de la RCA (les FACA), la police et la gendarmerie ont été responsables de 54 cas de violations des droits de l’homme depuis septembre, impliquant 67 victimes. Cela représente environ 8 % du nombre total de violations documentées.

Revenant sur les affrontements dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, Mme Al-Nashif a indiqué que ces violences se sont déroulées dans un climat de terreur, ayant opposé des éléments armés des factions Rounga et Goula du Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC). « L’une des victimes est une fillette de sept ans qui a été décapitée, et l’autre un bébé de quatre mois dans le dos de sa mère - toutes deux tuées », a ajouté la Haut-Commissaire adjointe. « Les rapports selon lesquels des enfants ont été utilisés comme boucliers humains pour empêcher le déploiement efficace des soldats de la paix des Nations unies sont particulièrement inquiétants », a dénoncé la Cheffe adjointe des droits de l’homme de l’ONU, tout en relevant que « des écoles ont été pillées et deux ont été incendiées ».

« Il est regrettable que des groupes armés qui avaient répondu à l’appel pour un cessez-le-feu du Secrétaire général continuent leurs exactions », a-t-elle déclaré. Les groupes qui ont signé l’Accord de paix doivent mettre un terme aux violations des droits des enfants. Il faut également que l’ensemble des acteurs s’abstiennent de tout discours de haine, a souligné la Haut-Commissaire adjointe. 

En écho à la présentation de la Haut-Commissaire adjointe, l’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine a estimé que les groupes armés signataires de l’accord de paix ont commis de multiples violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, malgré leurs engagements au titre de l’accord.  « Les groupes armés signataires de l’accord de paix ont commis de multiples violations des droits de l’homme en vertu du droit international humanitaire, au moins 80 % des 446 violations en 2019 étant attribuées aux groupes armés », a affirmé Yao Agbetse.

M. Agbetsea par ailleurs a alerté sur les conséquences des affrontements entre groupes armés qui risquent de se transformer en conflits intercommunautaires, notamment à Bria en janvier, et à Ndélé en mars et avril 2020, appelant les autorités centrafricaines à être les garantes de la paix.

RJDH

Lu 207 fois Dernière modification le lundi, 22 juin 2020 23:39
lundi, 22 juin 2020 15:13 Écrit par  In DROITS DE L’HOMME
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