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lundi, 09 décembre 2019 07:55

Centrafrique : Le Comité Stratégique d’Appui au Processus Electoral lance ses premiers travaux

BANGUI, le 09 décembre 2019 (RJDH)---Le Premier Ministre Firmin Ngrebada a présidé ce vendredi 06 décembre, la première réunion du comité stratégique d’appui au processus électoral en RCA. Malgré la controverse autour de la création de ce comité, le Premier Ministre Firmin Ngrebada a indiqué que : « c’est un cadre d’échanges entre le gouvernement et les partenaires du pays sur le suivi et l’appui au processus électoral ».

A quelques mois des élections groupées en Centrafrique en filigrane la controverse suscitée avec la mise en place du Comité Stratégique d’Appui au Processus Electoral, la première réunion inaugurant les travaux dudit comité a été tenue ce vendredi 6 décembre en présence du Premier Ministre Firmin Ngrebada et de tous les autres membres.

En réponse aux inquiétudes qui naissent dans les esprits, Firmin Ngrebada indique que ce comité ne se substitue pas à l’Autorité Nationale des Elections (ANE) qui reste l’organe de préparation et de gestion des élections, « la clarification qu’il faudrait faire, c’est que ce comité stratégique d’appui aux élections ne remplace pas l’Autorité Nationale des Elections qui est l’institution prévue par la loi pour préparer et gérer les élections. Le comité stratégique d’appui au processus électoral comme son nom l’indique est un dispositif qui permet au gouvernement d’étudier tous les problèmes qui peuvent donc naitre dans le processus électoral et dans un élan de solidarité», a laissé entendre le Chef du gouvernement.

Pour Firmin Ngrebada, il sera aussi question de mobiliser à temps les ressources nécessaires pouvant permettre à l’ANE de tenir les élections dans le temps imparti par la loi. « C’est une plateforme qui porte un soutien aux  actions de l’ANE. Ce cadre d’échanges entre le gouvernement et les partenaires fera tout pour garantir la tenue des élections dans le délai prévu et de faire en sorte que les moyens qui doivent être mis à la disposition de l’ANE soient disponibles », poursuit-il.

A ceux qui se sentent écartés de ce comité, le Premier Ministre précise que les élections dans un pays, c’est l’affaire et tout autre débat concernant ce comité n’a pas lieu d’être, « en l’état actuel de notre législation, personne ne sera exclue du processus électoral », dit-il, avant de relever que, « nous avons des instances qui permettent que toutes les entités aient la possibilité de participer au processus électoral. Nous avons, par exemple, le cadre de concertation permanent qui permet que les partis politiques et la société civile de suivre de bout en bout les étapes importantes liées au processus électoral. Donc, le débat sur l’opportunité de la mise en place de ce comité, je pense que c’est un débat qui n’a pas sa raison d’être », a conclu Firmin Ngrebada.

Si le gouvernement justifie la mise en place de ce comité pour faciliter la mobilisation des ressources financières pour la réussite des prochaines élections dans le pays, l’opposition démocratique y voit en cela une machine pour un hold-up électoral.

samedi, 07 décembre 2019 13:40

Centrafrique : L’Institut Républicain International relance les activités de restitution parlementaire

BANGUI, le 07 décembre 2019(RJDH)----Le député du 1er arrondissement de Bangui Augustin Agou a procédé ce samedi 7 décembre 2019 à la restitution des activités réalisées au niveau du parlement depuis le 1er mars jusqu’en octobre dernier. L’initiative a été soutenue par l’Institut Républicain International(IRI) et consiste à connecter les électeurs à leur représentant.

Chaque député doit restituer les activités parlementaires à ses électeurs durant les cinq ans. C’est un exercice qui consiste à renforcer la confiance entre le peuple et son représentant. L’Institut Républicain International(IRI) qui œuvre pour une démocratie en Centrafrique, a initié des rencontres de restitution avec les élus de la nation afin que ces derniers, puissent faire le point sur les activités réalisées par l’Assemblée Nationale dans leur circonscription.

« L’Institut Républicain International continue à promouvoir la démocratie en travaillant en collaboration avec l’Assemblée nationale. C’est la relance des activités de restitution pour mettre en contact la population et les honorables députés afin qu’ils puissent communiquer sur les activités au niveau du parlement. Nous avons eu le privilège d’organiser aujourd’hui la rencontre avec le député du premier arrondissement pour les activités réalisées déjà », a expliqué Kenam Kangui, représentant de l’Institut Républicain International(IRI).

 Cette initiative est saluée par le Député du 1er arrondissement Augustin Agou qui souligne l’importance de cet exercice en ses termes : « C’est quelque très importante pour nous les élus de la nation. Aujourd’hui IRI nous a rassemblés avec nos électeurs de 1er arrondissement de Bangui pour présenter les activités depuis le 1er mars jusqu’aujourd’hui et je ne peux que remercier l’IRI pour cette initiative. Les électeurs ont beaucoup posé des questions sur le fonctionnement de l’Assemblée nationale, sur ce que nous avons fait. Et nous avons répondu favorablement aux différentes questions pour clarifier certaines choses qui se passent au niveau de l’Assemblée nationale », dit-il.

L’Institut Républicain International envisage organiser cette activité dans les autres circonscriptions du pays au profit des populations centrafricaines.

vendredi, 06 décembre 2019 15:00

Centrafrique : Le HCR plaide pour la participation des Réfugiés au prochain processus électoral

BANGUI, le 06 Décembre 2019 (RJDH)---Le Haut-commissaire du HCR, Philippo Grandi, plaide en faveur des réfugiés quant à leur participation au processus électoral en Centrafrique. Pour le Haut fonctionnaire des Nations-Unies, les citoyens d’un pays où qu’ils se trouvent doivent participer aux débats qui touchent à leur avenir. Il l’a dit mercredi à la presse en fin de visite en Centrafrique.

A quelques mois des échéances électorales dans le pays, la question de la participation des refugiés quant aux choix de leurs futurs dirigeants préoccupe le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR). Cette question a été évoquée par Philippo Grandi, Haut-commissaire et le chef de l’Etat Centrafricain cette semaine à l’occasion de sa visite dans le pays.

Même si l’agence onusienne encourage et facilite le retour des réfugiés au pays mais, nul n’ignore que cela devra être fait progressivement et méthodiquement, « j’ai fait un plaidoyer auprès du Chef de l’Etat centrafricain, comme on l’a fait en 2016 pour que les réfugiés centrafricains qui sont en exil puissent voter. C’est au citoyen de ce pays de choisir leurs dirigeants. Donc, il est important que l’on puisse les appuyer dans ce processus électoral de 2020-2021 », a fait savoir le patron du HCR.

Il a, par-ailleurs, précisé que c’est une question complexe qui concerne non seulement la République Centrafricaine mais aussi la communauté internationale. « Cette question est complexe qui ne concerne pas seulement la RCA mais les autres pays donc tout le monde doit être d’accord pour que cela soit fait. Mais  j’espère que ce processus prendra en compte les réfugiés et le HCR a fait ce plaidoyer par ce que nous pensons que les réfugiés ont ce droit et c’est important pour qu’il leur soit reconnu», soutient Philippo Grandi. « Nous avons vu cela pour ces personnes qui se voient déjà reconnues comme des citoyens de ce pays et surtout on leur donne un rôle qui est celui de la votation», une manière de montrer l’attachement de la République à ces fils d’ailleurs » pense Philippo Grandi.

La participation des réfugiés centrafricains aux élections de 2015-2016, a été assurée par le HCR au Tchad, au Cameroun et au Congo. Le rôle du HCR dans ce processus, à l’époque, se fondait sur une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU à la demande de l’Autorité Nationale des Elections. Le HCR a fourni un appui technique et logistique pour faciliter la participation des réfugiés aux élections. L’on estime à près de 400.000 centrafricains réfugiés.

lundi, 25 novembre 2019 07:03

Centrafrique : Anicet Georges Dologuélé s’inquiète de la mise en place du comité stratégique d’appui au processus électoral

BANGUI, le 25 novembre 2019 (RJDH) ---Anicet Georges Dologuele, chef de file de l’opposition démocratique, ne cache pas son inquiétude vis-à-vis du Comité Stratégique d’Appui au processus électoral créé récemment par le Gouvernement centrafricain. Le président de l’URCA pense pour sa part que : « des signes extérieurs pouvaient guider cette manœuvre pour une fraude électorale ». Il l’a dit dans une interview accordée au RJDH le samedi 23 novembre dernier.

A quelques mois des échéances électorales dans le pays et au regard de l’évolution des étapes importantes liées aux opérations, le Premier Ministre Firmin Ngrebada a pris un arrêté le 18 novembre dernier mettant en place un comité de suivi régulier du chronogramme électoral. Ce comité regroupe les membres du gouvernement, des institutions républicaines et chancelleries présentes en Centrafrique.

Se basant sur la légitimité de ce comité et sans détours, le président de l’URCA estime pour sa part que le gouvernement veut opérer un passage en force lors des prochaines élections, « nous nous apprêtions en tant que députés à poser des questions au gouvernement et nous allons poser des questions au gouvernement à l’Assemblée Nationale le mercredi prochain. Personne ne comprend ce qui se passe », s’est-il interrogé, avant d’enfoncer le clou en affirmant clairement que, « lorsque vous voulez voler, on se cache pour voler. Personne ne vole ouvertement. Mais j’ai l’impression que nos frères-là, ont décidé de tout faire et ouvertement comme si la population n’existait pas, les autres partis n’existaient pas ?»

D’un côté, la composition de ce comité pose problème et de l’autre la présence des membres du gouvernement appartenant au MCU, l’indépendance de ce comité est compromise pour le chef de file de l’opposition. « Il y a déjà la loi organique sur l’Autorité Nationale des Elections qui est déposée à l’Assemblée Nationale, une commission a été mise en place qui a travaillé et qui a bouclé son rapport. Et soudainement, on vient retirer la loi sans explications. Ensuite il y a le code électoral voté par l’Assemblée Nationale promulgué par le gouvernement, et puis on vient créer encore un comité stratégique. Un comité dans lequel on met tous les ministres membres du bureau politique du MCU et pour faire bien, on met quelques ambassadeurs. Les ambassadeurs n’ont jamais voulu être dans un comité stratégique. C’est une élection centrafricaine certes financée par l’extérieur », a précisé Anicet Georges Dologuele.

Pour lui, aucun organe ne peut suppléer l’ANE et que tout ce qui touche au processus électoral doit faire l’objet d’un consensus, « il y a un organe prévu par la constitution qui doit organiser les élections mais, je n’ai pas compris, sans concertations et sans rien dire à personne, ils viennent prendre un arrêté comme cela où il y a tout le MCU qui est aligné et puis tout le monde doit applaudir», a déclaré le président de l’URCA.

Le comité stratégique d’appui au processus électoral a été créé le 18 novembre par le premier ministre Firmin Ngrebada. Il se réunit deux fois par mois à compter du lancement.

vendredi, 15 novembre 2019 15:14

Centrafrique : Le pays accuse 6 mois de retard dans son processus électoral

BANGUI, le 16 Novembre 2019 (RJDH)---Le processus électoral engagé en Centrafrique, accuse déjà un retard de 6 mois, selon un décompte fait par le Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH) à partir de l’avant-projet de chronogramme rendu public par l’Autorité Nationale des Elections (ANE).

L’avant-projet du chronogramme des élections qui engage le pays dans de vastes opérations électorales étalées sur deux ans, est scindé en cinquante étapes allant des élections législatives, présidentielles et locales.

Les six premières étapes censées enclencher les autres ont pris au moins six mois de retard. Selon le document de l’ANE dont le RJDH a eu copie, les questions relatives au code électoral et à la loi organise de l’ANE, sont censées être bouclées depuis mars 2019 dans les faits, elles ne le sont pas encore aujourd’hui. Le code électoral a été promulgué en juillet 2019 après plusieurs tiraillements entre le gouvernement et l’Assemblée Nationale. Mais la loi organique qui devrait entrer en vigueur depuis mars 2019, ne l’est pas encore soit 8 mois de retard. Déposer à l’Assemblée Nationale et déjà examiné par la commission, ce projet de loi a été retiré en septembre par le gouvernement dans des conditions qualifiées de douteuses par de nombreux élus.  

L’ANE, l’organe technique avait programmé de mobiliser la quarantaine de milliards pour ces élections entre janvier 2019 et septembre 2020. Il reste certes, dix mois pour boucler l’enveloppe mais avec 1 milliards de mobilisé et 9,5 milliards d’annonce de la d’un des bailleurs (UE), il est difficile de croire que le pari est gagné de ce côté. Techniquement et selon de nombreux spécialistes, en novembre 2019, l’ANE devrait être à 75% de mobilisation de ressources mais avoir réuni moins de 3% des ressources au niveau actuel, démontre que le processus a accusé du retard dans la mobilisation des fonds.   

Selon la programmation de l’ANE, tous les équipements nécessaires pour la cartographie et l’inscription des électeurs, devrait être livrés en novembre 2019 mais dans les faits, ces équipements ne sont pas encore prêts.

Entre octobre et décembre 2019, l’ANE avait projeté la cartographie des centres d’enrôlement et de futurs lieux de vote. A un mois de l’expiration de ce délai, les opérations sur le terrain ne sont pas toujours lancées. L’organe technique est encore au niveau de Bangui pour le déploiement des agents dont le nombre (90) ne peut permettre de rattraper les 3 mois de retard accusé. Dans deux prochains mois, l’ANE doit d’un côté mettre en place ces démembrements dans les 16 préfectures de la RCA et dans les 171 sous-préfectures du pays et de l’autre former les agents recenseurs. Voilà deux défis majeurs qui exigent de l’argent que l’ANE n’a pas.  

Le cumul des retards enregistrés dans la mise en place du cadre juridique des élections, la mobilisation des ressources, la livraison des premiers matériels et la cartographie, fait au moins six mois de retard accusé sur l’ensemble du processus. Partant de l’hypothèse que toutes les étapes d’un processus électoral sont dépendantes les unes des autres, ces six mois de retard auront des répercussions sur le reste du processus et donc sur le respect de la date du 27 décembre 2020, date du 1er tour des élections groupées (présidentielle et législatives) et aussi sur le 21 novembre 2021, date du 1er tour des élections locales. A moins de vouloir précipiter voire bâcler certaines étapes pour tenir les dates par tous les moyens et courir le risque d’avoir encore dans ce pays, des élections porteuses des germes de crise.