« Je vais continuer à plaider pour cette Centrafrique qui se relève », promet Le SG de la Francophonie en visite en RCA

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BANGUI, le 14 Avril 2017(RJDH)—La RCA accueilli depuis le 13 avril le Secrétaire Générale de la Francophonie (OIF) Michaëlle Jean. Dans une interview exclusive accordée au RJDH, elle annonce sa détermination à continuer le plaidoyer en faveur de la  RCA qui s’est, selon elle engagée à sortir de la crise. Michaëlle Jean évoque aussi dans cet entretien le programme incubateur en faveur des jeunes centrafricains.

RJDH : Madame Michaëlle Jean, Secrétaire Générale de l’OIF, bonjour !

MJ : Bonjour Monsieur le journaliste !

RJDH : Comment trouvez-vous la  RCA aujourd’hui, une année après son retour à l’ordre constitutionnel et donc dans la famille de la Francophonie ?

MJ : Je voudrais simplement saluer la détermination que vous avez eue alors que vous étiez heurtés de front par des violences incroyables. Vous avez porté une transition qui a inclus le projet de charte constitutionnelle et enfin un référendum sur la constitution et des élections législatives et présidentielle.

Vous avez engagé un processus de réconciliation, vous engagez une Cour pénale spéciale pour lutter contre l’impunité alors que 60% du territoire est sous la menace des milices armées. C’est incroyable. Moi je ne connais pas de pays, même les mieux pourvus capables de porter autant de projet. Donc je vais saluer votre détermination et bien entendue celle des jeunes durant les élections, détermination transmise à travers des reportages sur le terrain. Ceci m’a bouleversé  parce que j’ai vu la volonté des jeunes de participer à la construction de la paix dans ce pays.

Ce que j’ai vu à Bambari m’a beaucoup touché. Il y a un tissu humain qui est resté intact malgré cette difficulté énorme. La ville de Bambari a été dévastée. On ne peut pas faire autrement en repartant comme je vais repartir en se disant, j’ai un plaidoyer très fort à faire. Je vais continuer à plaider pour une Centrafrique qui se relève car j’ai trouvée ici une réelle volonté de relancer la machine.

RJDH : Les jeunes en Centrafrique sont considérés comme acteurs et victimes de la crise. Que préconise l’OIF par rapport à cette range de la population ?

MJ : Nous sommes très heureux d’être là de nouveau en mission parce que nous sommes au côté de la République Centrafricaine depuis des années. Nous avons été là depuis des années, nous avons été là pendant toute la période de la crise, de la transition pour faciliter le retour à l’Etat de droit, pour renforcer les institutions. Nous le faisons en tout égard pour que le pays retrouve la stabilité et les énergies nécessaires, conditions pour son développement. Donc la question économique se pose d’emblée. C’est dire que la reconstruction passe aussi par les appuis et les accompagnements que l’on peut apporter aux forces économiques dans ce pays et cela inclus les jeunes entrepreneurs et les femmes entrepreneures. Nous accordons une priorité à ces porteurs et porteuses de projets économiques.

Nous avons créé un programme que nous avons commencé à déployer dans 12 pays africains. La République Centrafricaine devient le 13ème pays. C’est un programme d’incubateur, d’accélérateur pour les petites et moyennes entreprises.

Alors qu’est-ce qu’un incubateur ? C’est un espace collaboratif qui regroupe des jeunes entrepreneurs, des femmes entrepreneures dans plusieurs filières et nous identifions les filières à renforcer avec les autorités du pays mais aussi avec les entrepreneurs sur le terrain et c’est un accompagnement structurant sur la professionnalisation. Comment faire  et renforcer son plan d’affaire, comment produire, mais sur le standard de qualité, comment peut-on apporter de label et de certification pour pouvoir débourser sur le marché, les marchés parfois locaux, régionaux, continentaux mais aussi internationaux.

Parce que la francophonie c’est un espace sur les cinq continents de 84 Etats et de gouvernements et depuis que nous avons amené cette stratégique économique pour la francophonie pour impulser des synergies et partenariat possible, des maillages, nous voyons une plus grande mobilisation de tous nos pays à cet égard et pourquoi les jeunes et les femmes ? Parce que tout nous donne raison. Toutes les études le prouvent. Quand vous investissez dans des initiatives économiques qui sont portées par les jeunes et par des femmes qui sont des très-très petites et moyennes entreprises, vous investissez dans les moteurs de croissance, tout de suite cela a un impact sur la croissance du pays et sur le PIB. Donc c’est son développement, il faut que cela soit inclusif et que ce soit une croissance partagée. Les jeunes et les femmes sont les plus souvent les laisser pour compte.

C’est une erreur grave et nous, nous arrivons en renfort pour redresser la barre. A cet égard, nous menons des plaidoyers très importants pour trouver justement la mobilisation des fonds et pour redresser  mais aussi pour structurer les petites et moyennes entreprises.

RJDH : peut-on avoir une idée sur le coût de ce programme incubateur ?

MJ : Alors déjà, nous avons un fonds de démarrage qui est un fonds auquel plusieurs pays ont contribué, rien que le Canada a déjà contribué à hauteur de plus de 10 millions de dollars, l’OIF y a mis de ses fonds propres et il y a des pays africains qui ont aussi répondu parce qu’ils savent à quel point avec la poussée démographique le chômage des jeunes, les risques deviennent énormes.

Pour bien savoir ce que représente ce programme en termes de possibilité, il faut tout le partenariat que nous établissons pour mobiliser le fond avec l’Union Européenne, avec la BAD, la Banque Mondiale parce qu’il faut un plan majeur et le chantier est immense avec la masse des jeunes qui sont en chômage notamment dans ces pays où nous œuvrons et auxquels nous dédions ce programme dans un premier temps. Ce qu’il faut comme ressource est considérable. Donc qu’est-ce que nous faisons, il faut mettre dans la balance toutes les synergies, les nouvelles coopérations que nous engageons dans l’espace francophone dans certains domaines et filières par exemple, le cacao, coton, café, artisanal etc. On a des pays qui viennent en renfort et on établit des accords de partenariat tripartites. Le Vietnam est un cas, il vient et il s’engage dans ces filières là, au côté du pays en question et de l’OIF également et d’autres partenaires et cela crée de mouvement et je dirai de possibilité nouvelle dans cette coopération plus robuste et plus dynamique que nous voulons sur le plan économique dans l’espace francophone.

RJDH : Madame Michaëlle Jean, je vous remercie !

MJ : Merci beaucoup !

Propos recueillis par Jean Fernand Koena

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