Tchad: Les confessions de Deby sur les combines de la France en Centrafrique

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BANGUI, 27 juin 2017 (RJDH)–Le Président tchadien, Idriss Deby Itno était l’invité de Radio France Internationale (RFI), du journal Le Monde et de TV5 Monde il y a quelques jours. Le Chef d’Etat tchadien a pointé du doigt le rôle trouble de la France dans la tragédie centrafricaine.
Accusés par la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU pour exactions commises par ses soldats en Centrafrique, comme à ses habitudes, Idriss Deby en transe a dit haut ce que d’autres disent bas en crachant des vérités à la France mais en se dédouanant. Il s’est servi d’un adage pour rappeler que des Etats, auteurs de la tragédie centrafricaine veulent entrainer le Tchad avec eux en le calomniant.

«  Je crois que dans l’adage de certaine région, il est dit : Pour mourir, faut pas mourir seul, il faut entrainer d’autres personnes avec–soi-. Il y a des pays dont les soldats ont fait des bêtises et qui jugent mal le rôle du Tchad alors que celui-ci était neutre », a déclaré Idris Deby.

Quand Cyril Bensimon de TV5 Monde a demandé au Chef d’Etat tchadien quels sont les pays dont les militaires se sont mal comportés en RCA  » vous pensez à la France et aux soldats de Sangaris ? « .  A cette question,  Deby a pointé «  les soldats français, les soldats congolais, …d’autres nationalités aussi ».

En reposant la question au journaliste pour savoir « qui a armé les anti-Balaka avec des grenades, des kalachnikovs et des minutions ? Qui a créé les affrontements entre chrétiens et musulmans ?  » Le N°1 du Tchad a martelé que « ce n’est pas le Tchad » et qu’ « il faut demander à la France de faire une enquête ». Une manière voilée de dénoncer le jeu trouble de la France en Centrafrique.

Les langues se délient sur la crise centrafricaine
Dans sa diatribe, le Président du Tchad a qualifié le rapport onusien de « malhonnête ». Car, selon lui, «  on a étiqueté le Tchad pour ne pas être accusé seul ». Il s’est adressé par là à la France, dont ses militaires de l’Opération Sangaris ont été accusés de viol sexuel et de pédophilie sur mineurs en échange de pitance ne veut partager seule sa culpabilité. Puisque, Deby a rappelé à ses hôtes que « l’homosexualité, la pédophilie, cela n’existe pas dans nos traditions -tchadiennes- ».

Et tout compte fait, l’on est en mesure de croire que l’Armée tchadienne n’est pas intervenue sur les théâtres d’opération pour l’intérêt des africains, mais «  pour protéger les intérêts des Occidentaux dans tous ses pays », a déclaré Idris Deby. Malheureusement, au lieu d’être reconnaissants, «  il y a des gens, des pays, des organisations qui nourrissent une haine contre le président Deby et contre l’armée tchadienne et c’est pour eux un moyen de se faire payer », a déploré le Président tchadien.

Mais Deby a-t-il oublié son soutien logistique à la Séléka et faisant du Tchad la base arrière du FPRC ? Dieu merci que le Chef d’Etat tchadien nous a rappelé qu’il est l’appui de la Françafrique en Afrique Centrale. Sa réélection en 2006 après modification de la Constitution est l’œuvre de la France. « J’aurais souhaité m’arrêter en 2006 après mon second mandat. Mais la guerre a éclaté. Et alors que je ne le voulais pas, la France est intervenue pour changer la Constitution ».

Pour se faire une bonne image, le Tchad vient de geler les avoirs d’Abdoulaye Hissene, le chef de guerre du FPRC et a lancé un mandat d’arrêt contre ce chef de guerre.

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