La République Centrafricaine sans élections locales depuis plus de deux décennies

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BANGUI, 7 octobre (RJDH)–Les élections à la base ne sont pas organisées en Centrafrique depuis plus de deux décennies. Cette situation est déplorée par le Directeur Général de la décentralisation qui la qualifie d’une entorse à la démocratie.

Les dernières élections municipales ont été organisées en République Centrafricaine en 1988. Il y a en effet, aujourd’hui 29 ans que ce pays n’a plus connu ces élections locales qui consacrent la démocratie locale, un maillon fort de tout système démocratique. Le Directeur Général de la décentralisation regrette cette situation qui, pour lui, est une entorse à la démocratie. « Il y a aujourd’hui près de 30 ans que le pays n’a pas connu d’élections municipales qui étaient à la base de notre démocratie. Cette situation nous dérange tous parce qu’elle constitue une véritable entorse à la bonne marche de la démocratie. Avec cette situation, nous ne pouvons pas dire que nous sommes dans un système complètement démocratique. On peut parler de semi-démocratie », explique David Sogbo Ongo, Directeur Général de la décentralisation.

Ce cadre du ministère souhaite que la République Centrafricaine renoue rapidement avec la décentralisation dont les avantages sont énormes pour le pays. « Vous savez le système de délégation spéciale là, ne paye pas. Les partenaires hésitent à injecter de l’argent car ils savent que ces délégations nommées par les autorités centrales, sont contrôlées. Alors si on revient à la décentralisation avec autonomie de gestion, chaque commune pourra signer des accords qui vont lui permettre de prendre en charge le développement local intégré et cela est souvent très rapide », explique-t-il avant de préciser d’autres avantages en ces termes :  la décentralisation va permettre d’assoir une administration territoriale performante et efficace, avec des instances locales élues, des services déconcentrés dotés de moyens de prestation de service de qualité aux populations devenues à la fois actrices et bénéficiaires. De plus, elle permettra d’assurer aux populations centrafricaines un environnement de paix, de sécurité, de prospérité économique où les droits humains sont respectés et de leur permettre de participer équitablement au processus de décentralisation et de consolidation de la démocratie.

En somme, l’objectif N°1 de la politique de décentralisation et de déconcentration est de réduire le niveau de pauvreté par l’amélioration de l’accès aux services de base et la valorisation des potentialités économiques des régions et des communes et par la mise en place d’un dispositif de péréquation des ressources pour les collectivités territoriales.

Les forces vives de la nation centrafricaine sont unanimes sur cette question de la décentralisation. Des notables interrogés à ce sujet ont marqué leur plein soutien au retour à la décentralisation tout comme les leaders de la société civile.

La décentralisation est désormais une aspiration du peuple qui veut se voir impliqué dans la gestion de la chose publique. Alors, il faut que les autorités actuelles puissent travaillent pour que le processus, déclenché depuis plusieurs années, puisse connaitre un aboutissement afin que les populations de l’arrière-pays, puisse se sentir en Centrafrique et bénéficier des droits que leur confère ce statut.

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