Qui est le nouveau président centrafricain Faustin Archange Touadera ?

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Les résultats provisoires de l’Autorité nationale des élections publiés, le 20 février 2016 donnent Faustin Archange Touadera, vainqueur de la présidentielle du 14 février dernier. Ce professeur de mathématique devient président de la République sous réserve de la validation de la cour constitutionnelle de transition. Mais qui est-il ?

Le 21 avril 1957 à Bangui, naissait Faustin-Archange Touadera qui deviendra 59 ans plus tard président de la République Centrafricaine à l’issue des élections organisées pour permettre au pays de retrouver l’ordre constitutionnels rompu avec le coup d’Etat du 24 mars 2013 qui a introduit un régime transitoire de près de trois ans.

Faustin-Archange Touadera, originaire du centre du pays, précisément de la ville de Damara,  à 75km de Bangui, est un fils de chauffeur qui a étudié dès son enfance. Très bon en mathématique,  le garçon sera orienté en série C et obtient son baccalauréat à Bangui en 1976.

Il s’inscrivit par la suite à l’université de Bangui où il fait la Mathématique. En 1981, il décroche sa licence après quoi, il s’envole pour Abidjan en Côte d’Ivoire où il va obtenir la Maitrise en Mathématique avant de se rendre à Lilles en France pour passer le DEA en 1986 et le Doctorat du 3ème cycle  en Mathématique.

De retour à Bangui, il occupe plusieurs postes de responsabilités à l’Université de Bangui où il est intégré. En 1987, il est Maître -Assistant de Mathématiques à la Faculté des Sciences Université. Entre 1989 et 1992, il occupe le poste de Vice Doyen de la Faculté des Sciences tout en étant  Inspecteur de Mathématiques. L’année suivante Faustin Archange Touadéra est nommé Directeur de l’Ecole Normale Supérieure, poste qu’il va gérer pendant quatre ans. C’est là où, le futur président de la République Centrafricaine a formé plusieurs professeurs qui travaillent aujourd’hui dans le secteur de l’éducation.

En 2000, Faustin Archange Touadéra devient Maître de Conférences de Mathématiques après avoir été inscrit sur la liste de CAMES cinq années plutôt. A la même année, le mathématicien Touadéra est rappelé à la faculté des Sciences comme Doyen, poste qu’il va occuper jusqu’à sa nomination comme recteur de l’université de Bangui en mai 2004.

Recteur de l’université de Bangui, Faustin Archange Touadéra sera nommé premier ministre par l’ancien président François Bozizé le 22 avril 2008. Il restera à ce poste pendant cinq années. C’est comme premier ministre qu’il se frotte à la politique. C’est aussi sa nomination comme chef du gouvernement qui lui permet de s’essayer en politique. C’est aussi à ce poste qu’il se fait une idée du paysage politique de la République Centrafricaine qu’il sera appelé à diriger huit années plus tard.

Faustin Archange Touadéra sera débarqué de ce poste le 12 janvier 2013, en faveur d’un gouvernement d’union nationale décidé par les forces vives de la nation à l’issue des pourparlers tenus à Libreville à un moment où la rébellion Séléka était à la porte de Bangui.

Moins de trois mois après son départ, le pouvoir de Bozizé est renversé. Touadéra, ancien premier ministre traverse des moments difficiles. Il a été à plusieurs reprises interdit de quitter le pays. Le président Touadéra réussira à prendre son vol grâce à l’intervention de plusieurs personnalités et sur accord de l’homme fort de l’époque, Michel Djotodia. C’est en France qu’il peaufine son engagement politique et se forge des ambitions.

Après l’élection de Catherine Samba-Panza, suite à la démission de Michel Djotodia, Faustin Archange Touadéra, laissant sa famille en France, rentre au pays et commence avec un petit groupe de fidèles à se préparer pour la présidentielle. Mais dès le départ, il conditionne sa participation à la course par l’acceptation ou non du dossier de François Bozizé qu’il reconnait comme son « faiseur ».

Quand le 4 août 2015, il annonce sa candidature, la colonne vertébrale du KNK, parti dont il est le 2ème vice-président le sanctionne pour indiscipline. Tenace, il fait son chemin.

Très peu attendu, Faustin Archange Touadéra force le respect à l’issue du 1er tour du 30 décembre, élections dont il est la surprise. 2ème avec 19,05%, son passé joue en sa faveur et il est rejoint par une vingtaine de candidats malheureux dont Martin Ziguelé arrivée en 4ème position avec plus de 11% ainsi que Jean Serge Bokassa, 5ème avec plus de 6%.

La chance de gagner la présidentielle au second tour, se précisait pour Touadéra avec les vagues de ralliements qu’il a commencé à avoir dès la publication des résultats provisoires du 1er tour.

Le 14 février 2016 se transformera en un jour de plébiscite pour ce candidat qui devance son adverse et obtient 62,71% devenant ainsi le 9ème président de la RCA après 56 ans d’indépendance. Faustin Archange Touadéra est le 3ème président centrafricain démocratiquement élu. Son élection est la deuxième  véritable alternance démocratique dans l’histoire politique centrafricaine. La première a eu lieu en 1993 sous André Kolingba qui, battu, à la présidentielle qu’il a organisée, passa le pouvoir au vainqueur Ange Félix Patassé.

Faustin Archange Touadéra est marié et père de trois(3) enfants.

Sylvestre Sokambi et Fridolin Ngoulou

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L'auteur

Fridolin Ngoulou est journaliste de formation et Rédacteur en Chef du RJDH. Il est ressortissant du département des sciences de l'information et de la communication de l'Université de Bangui, où il a obtenu sa licence, première promotion en 2012. Au RJDH, il a travaillé de 2014 à 2017 comme Journaliste Reporter, Webmaster et spécialiste des médias sociaux avant d'être nommé Rédacteur en Chef le 18 Janvier 2018. Il est membre de plusieurs organisations professionnelles des médias.

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