Le Haut Conseil de la Médiation appelle les parties prenantes de la crise centrafricaine au respect de l’ordre constitutionnel

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Dans une interview accordée au Docteur en Droit et magistrat hors-hiérarchie Jacques Mbosso, et en sa qualité de président du Conseil National de la Médiation, il a déclaré sur un ton calme et affable que l’Institution qu’il dirige a rattrapé le train du dialogue et marche. Il prône l’intérêt supérieur  du peuple centrafricain en mettant l’accent sur le respect de la Constitution dans le dialogue en préparation entre gouvernement et groupes armés.

Juvénal Koherepede  (JK) : Deux initiatives sont mises en œuvre notamment l’initiative du panel des experts de l’Union Africaine et l’initiative Russe, où donc est la place du Conseil National de la Médiation ?

Dr Jacques Mbosso : D’abord je voudrais vous signifier que le Conseil National de la Médiation, en 2016, a été dissout. Son reinstallation n’a eu lieu que le 28 mars 2017, c’est-à-dire que le Conseil National de la Médiation n’existait pas et ne pouvait pas prendre une initiative au départ. Par la suite, lors que la feuille de route de Libreville a été signée le 17 juillet 2017, il nous a paru important de voir et écouter ce qui se faisait, c’est ainsi que nous avons obtenu d’être représenté au Secrétariat Technique du panel des experts de l’Union Africaine. En ce qui concerne l’initiative russe, elle a été subite, elle n’a pas connu un long cheminement comme l’initiative du Président Centrafricain qui a cheminé longtemps avant de devenir l’initiative de l’Union Africaine. Dans la mesure où elle a été subite, il n’y a pas eu de communication en avance, le Conseil National de la Médiation n’y a pas pris part et ne pouvait pas y prendre part.

JK : Le Conseil National est appelé à travailler sur tout le territoire centrafricain. Il y a un an, vous avez pris un Arrêté pour créer les antennes régionales de ce Conseil, comment entendez-vous coordonner toutes ces antennes et où en sommes-nous avec les démembrements de ces antennes ?

Dr Jacques MBOSSO : Le Conseil National de la Médiation, comme son nom l’indique, est un organe national. Il est sensé pouvoir travailler sur tout le pays et conformément à cette mission. Il a été prévu par la loi organique relative au Conseil National de la Médiation, la création des antennes régionales. Ces antennes régionales ont été créées par Arrêté en 2017. Nous sommes actuellement dans la phase consistant à réunir les moyens logistiques pour permettre le déplacement pour l’installation effective de ces antennes régionales.

JK : Il ya beaucoup de contentieux dans le pays. De combien de contentieux avez-vous déjà été saisi ?

Dr Jacques Mbosso : Comme vous le dites, il y a beaucoup de contentieux dans le pays, mais les contentieux qui tiennent pour une part à l’inertie de l’administration par rapport à des réponses à donner aux requérants, parfois au refus délibéré de certaines administrations à exécuter les décisions de justice qui accordent des droits, à certains de nos concitoyens, donc ce sont ces contentieux là qui ont multiplié des contentieux dont nous sommes saisis. Donc je peux dire qu’il y’a un nombre considérable de dossiers dont nous avons été saisis. La procédure est assez facile, il suffit de pouvoir écrire à l’Institution, évoquer la question qui préoccupe. Le Conseil se réunit, délibère et voit dans quelle mesure il peut apporter la solution au problème qui lui est posé. Beaucoup de questions ont été posées et certaines de ces questions ont trouvé une issue favorable. Vous savez que le Conseil National de la Médiation ne peut pas imposer des solutions, mais elle doit pouvoir accompagner les gens dans la revendication de leurs droits, tel est le premier volet de la mission du Conseil qui est celui de l’amélioration des relations entre le citoyen et l’administration à travers la promotion et la défense de ses droits. C’est dire que, par rapport à ce premier volet, beaucoup a été déjà fait et beaucoup reste à faire. Certaines procédures suivent encore  leur cours.

JK : Nous attendons le dialogue entre le gouvernement et les groupes armée, quelle suggestion avez-vous à faire en votre qualité de Médiateur de la République ?

Dr Jacques Mbosso : S’il ya suggestion à faire, c’est pouvoir tenir compte de ce à quoi les deux parties prenantes se sont engagées à travers la feuille de route de Libreville puisque dans les principes directeurs énoncés dans la feuille de route de Libreville, il est très clairement dit au point 3.1 : «  En vue de favoriser un climat apaisé, nécessaire qu’en vue de la conduite  et la réussite du dialogue, les parties prenantes de la crise centrafricaine s’engagent à se conformer au principe directeur suivant :le respect de la Constitution de la République Centrafricaine du 30 mars 2016 et de l’Ordre Constitutionnel et de la légitimité  démocratique du pays ». Voilà un principe, si ce principe est suivi, comme l’entête le dit, ça permet d’aborder le dialogue de manière apaisée. Il est également dit  dans la Feuille de route, de tenir compte du forum de Bangui. Les parties se sont engagées de respecter tout ce qui est dit là dedans. Si tout ce qui est dit dans la feuille de route est respecté, ça permet de pouvoir aller au dialogue pour pouvoir satisfaire les uns des autres. Ce que je voudrais ajouter, c’est qu’au centre des débats, il devrait avoir l’intérêt supérieur du peuple centrafricain qui a trop souffert depuis six ans.

JK : Monsieur le Médiateur de la République, je vous remercie.

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