Centrafrique/R D Congo : 19 décembre 2016, jour de toutes les inquiétudes

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BANGUI, 19 Novembre 2016 (RJDH)–A un jour de la fin de son mandat, le président sortant de la RDC, Joseph Kabila et l’opposition politique ne trouvent pas de compromis pour la transition. L’opposition veut s’expirer de la méthode burkinabé pour le déguerpir, mais le pouvoir compte déjouer ce plan en s’imposant par la force. 

A quelques heures de l’expiration du mandat de J. Kabila, opposition et majorité présidentielle n’ont toujours pas trouvé un consensus sur la transition en RDC. Pour le pouvoir, la Transition doit être assurée par l’actuel Chef d’Etat jusqu’en 2018, ce que rejette l’opposition.

Les efforts de l’église catholique pour concilier le point de vue de la majorité présidentielle et ses contradicteurs politiques n’ont toujours pas abouti. La Conférence épiscopale Nationale du Congo (CENCO) qui mène ces pourparlers ont reporté la reprise des travaux pour le mercredi 21 décembre 2016. Sur invitation du Pape François, les médiateurs catholiques sont actuellement au Vatican.

Cette absence de consensus entre les acteurs politiques après le non tenu d’élection présidentielle menace la stabilité de la RDC. Aujourd’hui 19 décembre, malgré que l’opposition n’a pas donné de mots d’ordre et l’interdiction de manifester faite par le pouvoir, il y a des mouvements de rue contre Kabila dans beaucoup de villes congolaises. Ils réclament le départ du Président sortant à « la méthode Burkinabé ». A l’Université de Kinshasa, étudiants et forces de l’ordre se regardent en chien de faïence. Mais la police et l’armée sont déployées pour contrer toutes protestations de rue.

Face à cette tension, Vital Kamerhe de la majorité présidentielle a encouragé les congolais au dialogue. « Nous devons rester sincèrement impliqués en toute responsabilité dans la recherche du consensus. Car la paix n’a pas de prix ! » Lit-on sur son compte twitter.

Et que dit la communauté internationale ?

Sur la RDC, la communauté internationale, précisément l’Union Européenne et les Etats-Unis d’Amérique exigent au Président Kabila de se limiter à ses deux mandats prévus par la Constitution. Les USA et la Belgique ont demandé à leurs ressortissants de quitter la RDC et le Pape à implorer les fidèles de prier pour ce pays. L’Union Africaine ne s’est pas encore prononcée sur la problématique Kabila.

A Bangui et les autres capitales de la Sous-région, la situation est suivie de près par les pouvoirs et la diaspora congolaise. Dans la capitale centrafricaine, les résidents congolais sont partagés entre le maintien ou non de Kabila, mais tous souhaitent la paix en RDC. Interviewé hier par www.francetvinfo.fr, Antoine Glaser journaliste et écrivain spécialiste de l’Afrique, a déclaré que l’instabilité en RDC aura des incidents dans les pays voisins. « Si vous regardez l’Afrique, Kinshasa et la RDC, c’est un peu la gâchette du pistolet de l’ensemble du continent africain. C’est un peu le cœur mou du continent et c’est vrai que si ça va très mal en RDC, tous les pays voisins risquent également d’avoir un certain nombre de problèmes », a-t-il relevé.

En septembre, environ 50 manifestants contre son troisième mandat ont été tués par la police. Les élections pour remplacer J.Kabila ont été retardées jusqu’en 2018 et il entretien un flou sur un énième mandat. Feury Agou/RJDH

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