Centrafrique : Les victimes opposées à la transformation des comités locaux de paix en comités des victimes

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BANGUI, 4 septembre 2017 (RJDH)–Le ministère des affaires sociales a organisé une journée de réflexion avec les associations des victimes pour présenter le projet de la transformation des comités de paix en comité des victimes. Ces associations se sont opposées à ce projet. Elles optent pour un comité national des victimes.

La crise qui a frappé la Centrafrique depuis 2013 continue de faire des victimes tant à Bangui que dans les villes de provinces. Plusieurs initiatives ont été prises pour organiser les victimes en association. Du côté du gouvernement, afin d’éviter de faire d’autres victimes, les comités locaux de paix et de la réconciliation ont été créés dans chaque arrondissement de Bangui. C’est dans ce contexte que le gouvernement a présenté son projet dans le souci d’avoir un comité de paix qui va regrouper aussi des victimes.

Les associations des victimes invitées à cette rencontre ont rejeté cette idée. Etienne Omba, coordonnateur de l’association des victimes de Gobongo estime que les deux structures ne sauraient avoir les mêmes objectifs, « nous rejetons l’idée de la transformation des comités locaux de Paix en Comité des victimes car, les objectifs poursuivis ne sont pas les mêmes. Nous réclamons justice et réparation, les comités de paix parlent de la paix et de la réconciliation. Je ne vois pas pourquoi on doit les mettre ensemble », a-t-il confié au RJDH en marge de cette rencontre.

Pour lui, les associations des victimes se penchent maintenant vers la création de coordination nationale, afin de fédérer celles-ci et faire porter leur voix.

Mme Yandoka, présidente de l’association des femmes et filles mères victimes, rejette aussi l’idée, « nous avons déjà nos propres associations et nous travaillons avec les organisations des droits de l’homme, le RJDH, les femmes juristes. Notre proposition c’est que les Affaires Sociales acceptent nos organisations et le projet de la création de la coordination nationale des associations des victimes », a-t-elle soutenu.

Plusieurs autres membres des associations des victimes ne soutiennent pas l’idée. « Je pense que l’essentiel est de rendre la justice et la réparation. Aussi, le gouvernement devrait s’atteler à mettre en place la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation que de nous distraire sur ce point », a souligné un participant.

Un leader de la société civile dénonce une tentative de récupération, « l’Etat doit rester en dehors de ce circuit. Mais avec cette approche, si les comités locaux mis en place par le gouvernement venaient à être transformés, la structure serait dans les mains de l’Etat qui va l’utiliser comme bon lui semble. Or les victimes veulent être indépendantes et partenaires du gouvernement pour que nous puissions arriver à atteindre les vrais objectifs sans manipulation ni récupération », explique-t-il avant de soutenir l’opposition des victimes, « je trouve logique l’opposition des victimes à cette idée. Il faut qu’on tienne compte de cette préoccupation pour éviter un passage en force qui serait fatal pour la suite ».

Au moins huit (8) associations des victimes travaillent avec Cordaid dans le cadre du Partenariat Stratégique, lobbying et plaidoyer ‘’Les victimes d’Abord ‘’.  Elles ont leur couverture juridique pour œuvrer afin de réclamer la justice et la réparation.

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L'auteur

Fridolin Ngoulou est journaliste de formation. Il est ressortissant du département des sciences de l'information et de la communication de l'Université de Bangui, où il a obtenu sa licence, première promotion en 2012. Au RJDH, il est Journaliste Reporter, Webmaster et spécialiste des médias sociaux depuis avril 2014. Il est membre de plusieurs organisations professionnelles des médias.

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