Centrafrique : Visite conjointe à Zemio et Bangassou dans des situations toujours très critique

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BANGUI, 15 juillet 2017 (RJDH)—Le chef de la Minusca et une délégation gouvernementale ont effectué ce samedi 15 juillet une visite à Zemio puis à Bangassou, afin d’évaluer les situations sécuritaires et humanitaires dans ces deux villes, plongées dans les violences.

Les hostilités déclenchées à Zemio à l’Est du pays continuent de faire rage. Déjà, 23.000 déplacés, plus de 188 maisons incendiées et une vingtaine des morts. Des témoignages reçus font état de l’attaque d’un centre hospitalier mardi dernier à Zemio. C’est dans ce contexte que cette mission a été effectuée .

Cette visite vise à évaluer la situation afin de trouver des solutions à la fois au problème sécuritaire et humanitaire. Au moment où nous mettons sous presse cette presse cette information, la délégation serait toujours à Zemio et passera par Bangassou pour Bangui.

Les informations en notre possession indiquent, qu’après le retrait du HCR suite à l’attaque de sa base, c’est maintenant le tour de MSF-Hollande de quitter la ville de Zemio à cause de la flambée de violences et l’attaque armée orchestrée au sein de l’hôpital.

Selon les raisons de ce départ sont liées à l’infiltration des autodéfenses ce mardi 11 Juillet dans l’hôpital de Zemio. « Ils ont ouvert le feu, ce jour-là, le bilan fait état d’environ 1o morts dont il y a un enfant (1 an), des produits pharmaceutiques et autres biens matériels emportés », rapporte un humanitaire sous l’anonymat.

La ville de Zemio continue d’être sous les détonations d’armes, les pillages, la destruction des maisons. Selon des sources humanitaires, 188 maisons ont été incendiées, environs 23.000 personnes déplacés, 23 morts et plus de 23 blessés.

Une source administrative a minimisé la mission d’une semaine que le Préfet du Haut-Mbomou a effectuée dans la zone pour calmer les esprits. « La mission n’a pas d’effet, car  les communautés musulmanes et chrétiennes ne sont pas prêtes à s’accepter », rapporte cette source.

« Pour la communauté autochtone Zandé, accepter le pardon c’est encore trop tôt. Car les conséquences imminentes dont elle est victime sont vivaces ; elle vit dans le site des déplacés, toutes les maisons et biens ont été incendiés », a relevé la même source avant d’ajouter que la situation qui affecte la ville de Zemio inquiète déjà la population d’Obo qui reçoit plusieurs déplacés.

Selon un communiqué conjoint de la coordination humanitaire et le ministère des affaires sociales et des actions humanitaires, ces violences entravent sérieusement l’accès humanitaire et « les derniers incidents ont obligé les ONG internationales qui étaient les seules à apporter des soins de santé à suspendre leurs activités et de relocaliser leurs personnels en lieu sûr ».

«Nous appelons les instigateurs de cette violence physique et morale à mettre un terme immédiatement à leurs agissements criminels et à placer les intérêts des personnes affectées au-dessus de toute autre considération », peut-on lire dans le communiqué.

Zemio comme plusieurs autres villes des provinces sombrent dans des violences depuis ces derniers temps. Début mai dernier, les violences à Bangassou ont fait plusieurs morts et des dégâts matériels.  Des soldats de la paix du contingent marocains et cambodgiens ont été la cible d’attaque causant la mort de 6 casques bleus.

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L'auteur

Fridolin Ngoulou est journaliste de formation. Il est ressortissant du département des sciences de l'information et de la communication de l'Université de Bangui, où il a obtenu sa licence, première promotion en 2012. Au RJDH, il est Journaliste Reporter, Webmaster et spécialiste des médias sociaux depuis avril 2014. Il est membre de plusieurs organisations professionnelles des médias.

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