Centrafrique : Quelles ambitions encore pour la 8 mars ?

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BANGUI, 08 Mars 2018(RJDH)—-La manière dont la fête du 08 mars est célébrée depuis quelques années dans le monde et singulièrement en Centrafrique engage réflexion et débat. Un retour à la source semble de plus en plus une nécessité.

Poser des  questions et réfléchir sur les droits et les conditions de la femme, telle est l’ambition du 8 mars connue à juste titre sous le nom de « journée internationale des femmes ». En 1977, lorsque les Nations-Unies ont pris sur elles, de consacrer cette journée, c’est non seulement en mémoire au combat fait pour valoir la femme, mais aussi faire un zoom sur ce qu’est devenu ce combat aujourd’hui. Ce qu’il convient de souligner, le combat pour la cause de la femme est restée d’actualité malgré que l’eau ait coulée sous le pont.

Dans le monde en général et en RCA en particulier, cette journée perd chaque année, quelque chose de sa substance, de son originalité qui veut à ce que le monde pense à ce qu’est une femme, à sa place et à son engagement dans la société. Il est certes vrai que ces dernières années, le monde a fait quelques progrès dans le combat sur la cause de la femme. Le concept genre s’enracine de plus en plus, la femme est de plus en plus visible sur le plan politique et économique, la femme est écoutée…mais le monde peut faire plus. Les femmes peuvent faire plus et pour le faire, il me parait impérieux qu’elle redonne à la journée du 8 mars toute sa substance afin qu’à l’occasion qu’on pose les vraies questions pour envisager les vraies réponses.

08 mars, n’est pas une occasion exclusive de bombance qui débouche sur des dérapages fragilisant parfois foyers et société. Manger et boire ne sont pas non plus exclut ce jour mais, comme le dirait l’autre, « c’est l’excès qui tue ». Le mal aujourd’hui, c’est de placer la 08 mars sous la loi des H-M-B (Habit, Manger, Boire) comme les conseilleraient les épicuriens. Il le faut certes mais, s’arrêter à ce niveau et considérer comme si on a commémoré cette journée, signifierait qu’on n’est passé à cause.

Dans ce monde et en Centrafrique, on ne saurait chercher les problèmes des femmes. Ils nous dépassent d’ailleurs. Bien que 16% du budget 2018 soit consacré aux femmes en Centrafrique, et bien elles continuent de mourir en donnant la vie avec des problèmes énormes d’accès à la santé, leur parcours scolaire continue d’etre truffé de blocages, elles continuent d’etre violées, agressées, maltraitée voire d’être tuées…En réalité, tous ces problèmes sont montés en projets par des Etats ou des organisations sauf que les retombées sont difficilement observable dans les faits tout simplement parce que détourner des fonds alloués aux femmes est plus facile dans le monde et en RCA.

Alors réfléchissons sur ces questions et la 08 mars en est une occasion en or au lieu de la transformer en journée exclusive de danse, de boisson, de sexe, ce qui conduit à des dérapages regrettables pour notre société.

Vous, nos femmes, nos sœurs, nos amies…, prenez conscience que vous valiez mieux que le spectacle qui est offert tous les 8 mars. Il nous faut faire ce retour à la source pour sauver la femme qui a toujours été le fondement de cette société. Pour réussir, les femmes prenez le lead car vous seules connaissez mieux ce terrain.

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