Centrafrique : Que signifie le silence que le gouvernement entretient sur l’affaire Ngaïssona ?

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BANGUI, 17 décembre 2018 (RJDH)—Le gouvernement a choisi la voie du silence depuis que le coordonnateur des Antibalaka est arrêté puis transféré à la CPI. Cette attitude semble de plus en plus conforter les rumeurs des plus dans la ville.

Patrice Edouard Ngaïssona a été arrêté le 12 décembre à Paris en faveur d’un mandat d’arrêt émis le 07 décembre. Entre le 07 et le 12 décembre, les autorités centrafricaines ont-elles été informées ? Difficile d’avoir une réponse officielle puisque depuis le 12 décembre, date de cette arrestation, le gouvernement Sarandji 2 semble avoir choisi le silence comme réponse. Tous les circuits habituels de communication gouvernementale éludent la question face aux journalistes.

L’attitude du gouvernement centrafricain étonne d’autant plus qu’elle n’a pas été la même lorsque Alfred Yekhatom Rombo, un autre Antibalaka, a été arrêté et mis à la disposition de la CPI. Que ce soit le ministre de la justice, voie autorisée sur ce dossier que ce soit le ministre porte-parole du gouvernement ou le Procureur général, personne ne veut aborder le sujet que les uns et les autres qualifient de sensible.

Autant l’arrestation de Ngaïssona est sensible autant celle de Rombot est délicate. Est-ce que parce que les autorités nationales n’ont pas été mises au courant de cette arrestation qu’elles préfèrent jouer sur la fibre du silence ? Dans le cas où le RCA ne serait pas mise au courant, on peut imaginer que les relations entre le pays et la CPI pourraient prendre un coup. En réalité, cette hypothèse est bien difficile à imaginer.

Le silence des autorités est, en fait, une stratégie de communication pour éviter la dispersion, les interprétations que les uns feraient de l’intervention du gouvernement et les autres du Parquet général surtout que quelques jours avant cette arrestation, le Coordonnateur Patrice Edouard Ngaïssona a choisi de quitter la majorité présidentielle pour faire cavalier seul.

Le silence est certes une stratégie politique. Elle est très prisée par l’actuel chef de l’Etat centrafricain qui, dans son silence, laisse les choses pourrir pour réagir à la fin. Sur le dossier Ngaïssona, cette attitude a peut-être le mérite de calmer le jeu jusque-là en entretenant le flou ; mais elle encourage et amplifie les rumeurs. Même si le gouvernement espère jouer sur le temps pour que la tension chez les Antibalaka baisse d’un cran, il est à espérer que son attitude alimentant les rumeurs, crée de nouvelles tensions et une radicalisation des proches de Ngaïssona.

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