Centrafrique : Le Président Touadera veut convaincre les investisseurs libanais

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BANGUI, 8 septembre 2017 (RJDH)–Depuis le 06 septembre, le Chef d’Etat centrafricain accompagné d’une délégation d’opérateurs économique est en visite de travail au Liban. S’inspirer de l’expérience libanaise, resserrer les liens diplomatiques et encourager les hommes d’affaire libanais à investir dans son pays, sont les enjeux de ce déplacement présidentiel.

«Lorsqu’un libanais tombe à la mer, il en ressort avec un poisson dans la bouche», dit un proverbe. Ce dicton confirme le dynamisme des descendants des Phéniciens dans le commerce. C’est à cet effet que le Président de la République Centrafricaine, Faustin Archange Touadera a profité de sa visite au pays des Cèdres pour encourager le secteur privé et les détenteurs de capitaux libanais à investir dans son pays.

Après sa rencontre avec son homologue libanais, le Président Michel Aoun et d’autres responsables, Touadera était hier, 07 septembre à la Chambre de Commerce de Beyrouth où au cours d’un exposé, il a présenté les nombreuses potentialités énergétiques, touristiques, agricoles,… de son pays.

Interroger sur les mobiles de sa visite par nos confrères de L’Orient-Le Jour, le Chef de l’Etat a rappelé que « le Liban est un grand pays où il y a beaucoup d’hommes d’affaires, et le problème que nous avons connu prend sa source dans le sous-développement. Si nous voulons régler cela, il faut travailler davantage sur les investissements étrangers et sur le secteur privé, ce qui pourra nous permettre de créer de l’emploi ».

Et, pour relever le tissu économique, les autorités de Bangui misent aussi sur les 500 libanais qui commercent en Centrafrique. « Il faut encourager les investisseurs libanais pour qu’ils participent pleinement à l’économie de la RCA. Nous sommes en train de travailler sur le climat des affaires ainsi que sur le code des investissements pour attirer davantage de partenaires », a-t-il déclaré.

Pour un partage d’expérience sécuritaire avec le Liban ?

Si l’économie est placée au cœur des différentes entrevues de Touadera avec ses hôtes libanais, la question sécuritaire a préoccupé les deux Chefs d’Etat.

Comme la RCA, le Liban a été aussi victime d’un conflit aux origines endogènes et exogènes lié au contexte régional. Pour tirer son pays du bas-fond de l’insécurité et du terrorisme, Faustin Archange Touadera a souhaité que les deux pays collaborent pour afin que la RCA s’inspire du modèle libanais dans le domaine sécuritaire. « Dans ce domaine également, j’ai sollicité un partage d’expérience et une coopération bilatérale soutenue en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme »,  lit-on sur la Page Facebook de la Présidence.

Si Touadera courtise les investisseurs libanais à investisseur en Centrafrique, il faut souligner que ceux-ci ont contribué à la détérioration de la situation sécuritaire par l’exploitation et la vente de diamants de guerre centrafricains.

Dans l’une de ses enquêtes,  l’ONG Global Witness a révélé que des trafiquants libanais se livrent à la vente de ces pierres précieuses sur les réseaux sociaux. Puis récemment, le 08 août, un britannique d’origine libanaise a été appréhendé à Douala au Cameroun par les services douaniers avec de diamants bruts d’une valeur approximative de 560 millions de francs Cfa qui seraient d’origine centrafricaine.

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