Centrafrique : Quelle place pour les victimes dans la nouvelle feuille de route de l’Union Africaine ?

0

BANGUI, 29 Juillet 2017 (RJDH)–La feuille de route de l’Union Africaine, signée le 17 juillet à Libreville a touché les questions de l’impunité et de la justice mais aussi celle liée à la réparation des victimes des conflits en Centrafrique. Cependant, cette feuille de route ne mentionne pas des mécanismes clairs à l’aboutissement de ces réparations.

L’initiative de l’Union Africaine se veut le dernier rempart des initiatives pour le retour de la paix en Centrafrique. Il intervient dans un contexte où le peuple centrafricain attend la justice pour marquer la fin de l’impunité qui caractérise les crises en Centrafrique et enfin voire les victimes soulagées après les réparations.

La feuille de route reconnaît que « l’impunité n’a jamais constitué une solution durable aux crises récurrentes en RCA et l’engagement à respecter la lutte contre les graves violations des droits humaines et du droit international humanitaire et à l’examen de toutes les options pertinentes à cet égard, notamment celles tirées du contexte de la justice transitionnelle », peut-on lire dans ce document.

La feuille de route prend également en compte « la présomption d’innocence de tout individu soupçonné de commettre des crimes graves tant qu’il n’aura pas été jugé coupable par une juridiction compétente en la matière ».

Toutefois, les discussions faisant partie de la feuille de route de l’UA prendront en compte les questions économiques et sociales, les questions de sécurité et de défense, mais aussi la justice, la réconciliation et les questions humanitaires sans plus de détails. Cette feuille de route prévoit en plus des discussions sur la question de « justice et de réparation pour les victimes et le mécanisme de justice transitionnelle et de réconciliation nationale ».

Beaucoup d’observateurs estiment les questions de la justice et de la réparation des victimes n’ont pas été clairement soulignées dans cette feuille de route. Mais la question de la justice transitionnelle semble être une priorité. « Dans la justice transitionnelle, deux organes doivent fonctionner : La Cour Pénale Spéciale et la Commission  Vérité, Justice, Réconciliation et Réparation. Pour dire qu’après avoir installé la CPS, il faut aller vers cette Commission », a souligné Narcisse Dibert, chargé de programme Partenariat Stratégique ‘’les Victimes d’Abord’’.

La justice transitionnelle a quatre grands piliers à savoir : La Vérité, la justice à travers la Cour Pénale Spéciale, la Cour Pénale Internationale et les juridictions nationales, le pilier Réparation et Non reproduction.

Ces derniers temps, l’Union Africaine a été critiquée pour sa volonté d’aller vers l’amnistie des présumés coupables des violations des droits de l’homme dans la crise centrafricaine ; démarche contradictoire avec la mise sur pied de la Cour Pénale Spéciale, sensée juger ces présumés auteurs des crimes.

Partage.

L'auteur

Fridolin Ngoulou est journaliste de formation. Il est ressortissant du département des sciences de l'information et de la communication de l'Université de Bangui, où il a obtenu sa licence, première promotion en 2012. Au RJDH, il est Journaliste Reporter, Webmaster et spécialiste des médias sociaux depuis avril 2014. Il est membre de plusieurs organisations professionnelles des médias.

Commenter