Centrafrique : Les moustiques résistent aux insecticides à Bangui, selon une étude de l’Institut Pasteur de Bangui

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BANGUI, 23 Mai 2017 (RJDH)—Les moustiques sont résistantes aux insecticides, cela implique le changement de la stratégie de lutte contre le paludisme. C’est le résultat d’une étude réalisée en collaboration avec l’Institut Pasteur de Bangui, dont la synthèse a été rendue publique ce 18 Mai.

Le paludisme en Centrafrique figure au premier rang des causes de mortalité et de morbidité. Cependant, la lutte anti-vectorielle est l’une des approches pour réduire la transmission de cette infection. L’étude a touché les quartiers Ouango, Gbanikola, Yapélé, PK10, Petevo, Centre-ville et Cattin.

Afin d’estimer le niveau de sensibilité de ces vecteurs et mettre en évidence les mécanismes impliqués dans la résistance aux insecticides des populations d’An. gambiae ont été collectées en 2014 dans sept quartiers de la ville de Bangui. Cette étude a été menée conjointement par des chercheurs de l’Université de Denver aux Etats-Unis, d’Abomey-Calavi au Bénin et l’Institut Pasteur de Bangui.

La Méthodologie adoptée pour arriver à cette conclusion est scientifique selon l’Institut Pasteur « Au laboratoire, les auteurs ont procédé premièrement aux bio-essaies c’est-à-dire à l’exposition de ces populations d’An. gambiae aux insecticides pour évaluer leur mortalité après 24 heures. Ensuite, des analyses moléculaires et biochimiques ont été réalisées pour comprendre les mécanismes à l’origine de cette résistance », précise l’Institut Pasteur de Bangui.

Les résultats des bio-essais indiquent que toutes les populations d’An. gambiae testées sont résistantes au DDT et aux pyréthrinoïdes puisque le taux de mortalité enregistré après 24 heures a été inférieure à celle de la souche de référence dite (souche sensible) utilisée lors des tests. « En revanche, ces populations étaient toutes sensibles au malathion et au fénitrothion, exceptée une population collectée sur l’un des sept quartiers (Gbanikola). A cet effet, le malathion et le fénitrothion pourront être proposés pour la lutte contre An. Gambiae », soutient l’Institut Pasteur de Bangui.

L’étude relève que les principales causes de résistance identifiées chez ces populations d’An. gambiae sont la présence de la mutation kdr-w (L1014F) dans tous les sites et la quantité élevée d’enzymes de détoxification chez les moustiques analysés, tel que le Cyt P450, le GST et les estérases connues pour empêcher l’action de l’insecticide et donc réduire son efficacité chez le moustique.

L’institut Pasteur de Bangui et les chercheurs proposent à ce que de nouvelles études soient menées rapidement pour identifier de nouvelles stratégies de lutte contre le paludisme en RCA.

L’élimination du paludisme d’ici 2030, est l’un des objectifs fixés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En Centrafrique, selon les données officielles, le Paludisme représente 70% du taux de morbidité.

Lire :  https://parasitesandvectors.biomedcentral.com/articles/10.1186/s13071-016-1965-8   

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L'auteur

Fridolin Ngoulou est journaliste de formation. Il est ressortissant du département des sciences de l'information et de la communication de l'Université de Bangui, où il a obtenu sa licence, première promotion en 2012. Au RJDH, il est Journaliste Reporter, Webmaster et spécialiste des médias sociaux depuis avril 2014. Il est membre de plusieurs organisations professionnelles des médias.

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