Centrafrique : La ministre des Affaires Sociales justifie son intervention lors du congrès annulé de l’OFCA

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BANGUI, 24 avril  2017(RJDH)—Les femmes centrafricaines réunies la semaine dernière pour le congrès de l’OFCA, n’ont pas pu tenir ce rendez-vous. Le gouvernement a fait annuler ledit congrès. Ingérence ou non ? La ministre des Affaires Sociales justifie ce que certaines femmes qualifient d’ingérence. Virginie Baikoua parle d’intervention qui entre dans les prérogatives de son département.

RJDH : Virginie Baïkoua bonjour !

Virginie Baikoua : bonjour !

RJDH : En annulant le congrès de l’OFCA qui est une structure indépendante, n’est pas que vous avez fait de l’ingérence ?

VB : Le ministère n’a pas fait de l’ingérence dans le cas que vous êtes en train de citer. D’abord, l’OFCA est une structure sous tutelle du ministère des Affaires Sociales. Quand il y’a un problème, ces femmes viennent vers nous pour les aider à l’arranger. Ensuite, il y’avait un bureau qui a été mis en place, dirigé par Mme Koffio qui en partant à l’exil, a confié l’OFCA à Mme Service qui ne faisait pas partie du bureau officiellement élu. C’est depuis 2013 que ce problème perdure. Quand on a vu que la gestion devenait compliquée, les détournements des fonds, l’utilisation des locaux à d’autres fins, nous avons pris notre responsabilité. Le ministère ne s’ingère pas, nous allons juste retravailler les textes pour libérer l’OFCA afin d’amener les femmes à l’autonomisation. C’est un travail responsable sans calcul politique derrière.

RJDH : A quand alors le nouveau congrès de l’OFCA ?

VB : Le bureau préparatoire a suspendu ses travaux suite à la perturbation de ces derniers temps. Mais dès la semaine prochaine, les femmes vont se réunir pour reprendre les travaux. Très rapidement, nous allons revenir vers vous pour  la prochaine date du congrès.

RJDH : Le gouvernement a-t-il conscience  des difficultés que les femmes de l’intérieur du pays, ont aujourd’hui pour rentrer ?

VB : Beaucoup sont venues vers nous et nous les avons aidées à rentrer. Mais nous ne savons pas exactement combien de femmes sont à Bangui et en difficulté. Donc, nous traitons ce dossier et c’est au cas par cas que nous essayons d’apporter une réponse. Le souci du gouvernement est de mettre les femmes au cœur de la reconstruction et nous ne pouvons pas les laisser souffrir.

RJDH : Combien de femmes avez-vous déjà soutenues ?

VB : Les femmes de la Lobaye, de la Mambéré-kadéi, de l’Ouaham-Péndé et autres ont eu un appui. Maintenant elles appellent leur député et ministre résident pour pouvoir les aider à rentrer.

RJDH : Malgré votre intervention, il y a toujours deux tendances au niveau de l’OFCA.

VB : Il n’y a pas de tendance aujourd’hui. Il y a un comité préparatoire dont fait partie Mme Service. Quand il y aura le congrès organisé par ce comité, toutes les femmes de toutes les couches sociales seront là.

RJDH : A voir de prêt, il y a un certain doute sur l’avenir de l’OFCA.

VB : Je dis à mes sœurs de ne pas perdre confiance, le gouvernement a une vision qui est de mettre les femmes au cœur de la reconstruction nationale. Nous avons besoin d’organiser les femmes, les appuyer pour les amener à l’autonomisation. Nous avons besoin des ONG féminines très efficaces et fiables pour arriver à un résultat rapide et meilleur. Qu’elles fassent confiance au comité préparatoire qui est à pied d’œuvre pour redonner à l’OFCA une deuxième chance  de redynamiser ses activités. Mais je puis vous dire que le doute n’est pas permis.

RJDH : Virginie Baikoua, merci !

VB : je vous remercie.

Propos recueillis par Noura Oualot.

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