Centrafrique : L’organisation des groupes armés fragilise l’économie rurale à Kaga-Bandoro

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KAGA-BANDORO, 18 Octobre 2017 (RJDH) — L’organisation et la forte concentration des groupes armés à Kaga-Bandoro fragilisent le circuit économique. Cela s’explique par le faible pouvoir d’achat et la mévente des produits agricoles de la population. Une situation décriée par les habitants de Kaga-Bandoro dans un micro balade du RJDH en mission dans la localité.

Kaga-Bandoro zone contrôlée par le MPC de Mahamat Althatim est en proie à une situation économie précaire. Les habitants qui vivent des produits agricoles sont découragés non seulement de l’insécurité qui ne favorise pas la production mais aussi la mévente des produits du fait des taxes imposées par les rebelles et les barrières illégales des groupes armés qui prélèvent sur les marchandises en provenance de Kaga-Bandoro. Alors que la demande des produits de première nécessité excède, les opérateurs économiques s’inquiètent des risques, rendant l’inflation des prix, le tout dans une baisse du pouvoir d’achat de la population.

Selon Ahmat Tidjani, Délégué des commerçants du marché central de Kaga-Bandoro, «les affaires ne sont pas telles qu’on a constaté auparavant. Ces derniers temps, les marchandises ne viennent plus de Bangui. Nous n’avons pas assez d’articles, ni assez de la clientèle. La baisse du pouvoir d’achat est la cause de l’arrêt de circuits des marchandises. Pour l’heure il y’a pénurie du sucre et autres produits de premières nécessités. Nos recettes sont toujours faibles et  nous ne savons que faire », s’est-il plaint.

Quelque rare commerçants rencontrés par le RJDH à Kaga-Bandoro se lamentent des effets de restriction sur la libre circulation des biens et des personnes « nous sommes démotivés, mais nous n’avons pas le choix de prendre le risque pour approvisionner les parents qui sont ici. Mais je puis vous dire que c’est pénible lorsqu’on calcul les frais payés aux groupes armés c’est énorme. Imaginez- vous les conséquences sur le chiffre d’affaire ! » A expliqué un des commerçants faisant axe Bangui, Dékoa et Kaga-Bandoro.

Un constat difficile mais les opérateurs économiques de la région n’ont que les yeux tournés vers le gouvernement et la Minusca « Si le gouvernement et la Minusca pourraient démanteler les barrières des groupes armés afin de réduire les multiples taxes, ce serait une bonne chose pour nous permettre de continuer le commerce et aussi permettre à la régie financière de prélever ces taxes pour la reconstruction du pays. Or, nous payons illégalement», a souhaité un commerçant sous couvert de l’anonymat.

Le contrôle des flux financiers résultant du commerce, de l’élevage et de l’agriculture dans le centre de l’Etat échappe encore au contrôle du pouvoir central de Bangui dans un contexte de relèvement financé par la communauté internationale

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