Centrafrique: L’OIF lance » l’opération sauvetage des institutions » à Bangui

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BANGUI, le 18 Mars 2018(RJDH)—Plusieurs mois après le retour du pays au sein des Instances de l’OIF et le passage de Michaëlle Jean Secrétaire Général de cette organisation, c’est une grande opération de sauvetage des institutions issues des élections libres et transparentes que l’OIF lance à travers la retraite interinstitutionnelle de Bangui.

Le premier temps fort de cette retraite est la déclaration forte mais politiquement significative du Pr Boubacar Kanté, « la République Centrafricaine au mieux est au début de sa transition au pire n’a pas encore commencé sa transition ».

Durant trois jours, les chefs des Institutions du pays vont échanger dans les commissions avec d’autres personnalités venus d’ailleurs pour témoigner leurs expériences pouvant aider ce pays qui peine à se relever après la crise à se stabiliser. Cette “opération sauvetage des institutions’’ est faite dans un contexte de collaboration peu harmonieuse entre les Institutions établies, mais aussi et surtout entre la majorité et l’opposition. Une majorité mal organisée et une opposition peu fréquentable.

Dans cette optique, plusieurs personnalités du haut de la tribune de cette retraite ont interpellé les chefs des institutions au premier rang des quels Faustin Archange Touadera à plus d’inclusivité n’en déplaise au représentant Georges Max directeur des Affaires politiques de la francophonie représentant personnel du secrétaire général de l’OIF qui affirme « réagir enfin dans le respect des lois et des spécificités locales, des personnalités d’autres pays de l’espace francophone qui par leurs témoignages contribuent à faire émerger des solutions susceptibles à faire renforcer le fonctionnement des institutions centrafricaines. Il ne s’agit pas pour nous, ni pour les personnalités venues d’autres pays de se substituer aux centrafricains et centrafricaines et encore moins prétendre imposer un model que ce soit » a-t-il prévenu.

Cette retraite est pour le Pr Boubacar Kanté venu du Sénégal de repenser le principe de séparation du pouvoir déjà consacré dans la constitution du 30 mars 2016 et non de le réinterpréter. Mais si tous les intervenants s’accordent sur le principe de séparation de pouvoir selon Montesquieu, le Pr Boubacar Kanté estime qu’en ce moment-là, il faut relativiser car à son époque « il n’existait pas la société civile nationale, ni internationale. Cela nécessite que le principe de la séparation de pouvoir mérite d’être ré-analysé, réinterprété et surtout adapter au contexte africain et pourquoi pas centrafricain. Et après avoir réinterprété pour pouvoir glisser vers la séparation des fonctions », a-t-il appelé.

 Si la mission de l’OIF est celle d’identifier avec les autorités du pays les sources potentielles de conflit dans la séparation de pouvoir, il ressort d’ores et déjà deux formes de conflit politique et juridique selon le Pr Kanté. Un appel de pied au rassemblement qui s’impose à ce pays « la République centrafricaine au mieux a commencé sa transition au pire n’a pas encore commencé sa transition », a lâché le professeur en guise de conclusion. Me Dossou, président du Conseil Constitutionnel du Bénin appelle les centrafricains à se parler entre eux « il faut parler, il faut amener chacun à vous parler, si vous ne connaissez pas quelqu’un, vous ne pouvez pas bien travailler avec lui. Même si vous voulez combattre quelqu’un si vous ne le connaissez pas, vous ne savez pas par quel moyen le combattre… ; il faut considérer que le pouvoir est un », a-t-il exhorté.

Dans ses leçons tirées des affaires, l’ancien premier ministre du Burkina-Faso a d’abord expressément rendu un hommage à ses prédécesseurs à la primature au Burkina-Faso avant d’ajouter que la séparation du pouvoir ne signifie pas cloisonnement des institutions.

Louis Michel, député européen envoyé spécial de Michaëlle Jean met quant à lui un accent particulier sur l’universalité des valeurs démocratiques se démarquant un peu de son prédécesseur le Pr Boubacar Kanté qui table sur la contextualisation de modèle politique à la centrafricaine. Un fait majeur dans ces séries de témoignage, le nom de Nicolas Tiangaye, ancien premier ministre de transition aujourd’hui dans l’opposition revient singulièrement comme un acteur utile dans la démarche africaine par le passé.

Touadera qui a religieusement suivi ces exposés fera-t-il sourd d’oreille ? Difficile pour l’instant d’imaginer un scénario poste-retraite interinstitutionnelle qu’il a dans son allocution affirmé sa volonté d’accorder de crédit aux recommandations de ladite rencontre que nous qualifions « d’opérations de sauvetage des institutions du pays par l’OIF ».

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