Centrafrique : Une loi exige 35% de femmes dans les instances de prise de décision

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BANGUI, 19 Décembre 2016—Une loi dite « de parité », promulguée le 24 novembre dernier par le chef de l’Etat Faustin Archange Touadera exige 35% de femmes dans les sphères de prise de décision en Centrafrique. Ce quota s’impose tant au secteur public que privé.

Il s’agit de la loi n° 16.004 « instituant la parité entre les hommes et les femmes en République Centrafricaine ». Selon l’article 7 de cette loi, les femmes doivent être représentées à des postes nominatifs et électifs au moins à hauteur de 35%, ce ci tant au niveau de l’Etat que du secteur privé « un quota minimum de 35% des femmes est requis sur la base de leurs compétences, dans les instances de prise de décision à caractère nominatif et électif (…) », précise l’article en question.

La loi sur la parité frappe de nullité toutes les décisions qui ne respecteront les dispositions de l’article 7. Ce système de quota, selon ladite loi s’impose à « l’Etat, aux partis paris politiques, collectivités territoriales, aux institutions parapubliques et privées et à la société civile sous peine de nullité » rappelle l’article 8 aliéna 2.

Le texte prévoit la création d’une structure dénommée observatoire national de parité homme/femme dont la mission est, selon ce texte « d’impulser le principe de parité auprès de structures de formation et toutes autres entités visées par l’article 1er alinéa 3 de la présente loi. (…). Il a pour mission le suivi-évaluation périodique de la mise en œuvre de la présente loi » note l’article 10.

La promulgation de cette loi est saluée par les organisations de défense des droits de la femme en  Centrafrique qui parlent de l’aboutissement d’une longue lutte « aujourd’hui les femmes peuvent souffler parce que cette loi leur donne une dignité. Elle constitue une base sur laquelle nous allons nous baser pour défendre nos intérêts. C’est le fruit d’une lutte acharnée dont le chemin était semé d’embuches » a confié une femme leader de la société civile.

De sources bien informées, la loi sur la parité a été soutenue dans l’ombre par plusieurs organismes internationaux. Le projet introduit à l’Assemblée Nationale par le gouvernement centrafricain, a été défendu en plénière par la ministre des Affaires Sociales.

La représentativité des femmes dans les instances de prises de décision en Centrafrique, selon les statistiques reste encore faible. Le premier gouvernement du président Touadera compte 4 femmes contre 19 hommes soit 0,92%. Au parlement, il ya 10 femmes députés pour 140 sièges soit 14%.

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