Centrafrique : Les réseaux sociaux inondés d’incitation à la haine et fausses nouvelles

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BANGUI, 5 mai 2018 (RJDH)–Depuis l’attaque de l’église Notre Dame de Fatima qui a fait des morts et les représailles à Bangui, les réseaux sociaux sont devenus un espace d’incitation à la haine. Ces messages postés sont condamnés par les autorités et l’association des blogueurs, malheureusement que le secteur des médias en ligne n’est pas encadré par une loi.

Les images, vidéos, discours haineux et les fake news continuent d’empester les réseaux sociaux, surtout Facebook. Des centrafricains trouvent un moyen d’inciter à la vindicte. Certains postent des photos de tuerie pour leur scoop ou font du sensationnel et cela est repris par de grandes chaines internationales qui se reconnaîtront à travers ses lignes.

Hier une photo présumée être le corps d’un centrafricain au Sénégal, assassiné en représailles des leurs lynchés mutilés à Bangui a été postée sur Facebook. L’autre fake new est relative à la cérémonie de réconciliation entre Goula et Mbororos à Bria que des personnes rapportent que c’est la descente des Séléka sur Bangui pour créer la peur et intoxiquer. Aussi une rumeur circulant sur Facebook affirme que « deux musulmans ont été tués à l’hôpital de MSF à SICA Saïdou ». Un internaute a appelé à la vengeance après l’attaque de l’église de Fatima.

Pareil aussi pour les extrémistes de l’expression qui publient des images et vidéos qui choquent les esprits. Dans la soirée du vendredi, des publications inondaient les réseaux sociaux pour annoncer le pillage du Centre Artisanal ainsi qu’un super marché  au centre-ville. Il ne s’agissait que des fausses alertes.

Ces canulars abondent sur les réseaux sociaux et sont amplifiés par des communautés qui les retransmettent en un clic. La technologie est-elle en train de bouleverser notre rapport à la vérité ?

Ces agitations extrémistes ont été dénoncées le 04 mai par le Gouvernement. « C’est le moment d’attirer l’attention de tous sur le fait que des personnes mal intentionnées lancent des fausses informations par SMS et sur les réseaux sociaux sans savoir les bonnes informations et dans le but de créer la frayeur », a prévenu le Ministre Kazagui, porte-parole du Gouvernement.

Le Haut Conseil de la Communication constate avec regret que les messages incitant à la haine et à la violence se multiplient dangereusement sur les réseaux sociaux. « Ces messages illégaux doivent cesser immédiatement, car ils compromettent les efforts allant dans le sens de la cohésion sociale et de la paix. Le HCC appelle les uns et les autres à la retenue et exhorte toute la population à respecter les lois de la République », a lancé cette institution républicaine.

Même son de cloche des blogueurs centrafricains qui dans une déclaration du 03 mai « prient aussi les utilisateurs des réseaux sociaux à la retenue et à s’abstenir de toute publication à caractère haineux ou à la diffusion d’images qui peuvent inciter à la haine ».

On  note une volonté du pouvoir et autres institutions à lutter contre ce comportement délictuel, malheureusement qu’aucune loi n’encadre les médias en ligne. Pour l’heure, l’Association des Blogueurs Centrafricains (ABCA) envisage de partir en guerre contre la haine sur les réseaux sociaux.

N’est-il pas temps pour les autorités centrafricaines de réguler les médias en ligne ? N’est-il pas temps de rattraper le retard sans porter atteinte à la liberté d’expression ? N’est-il temps de mener un combat collectif contre les rumeurs et discours haineux ?

Rappelons que Facebook et Twitter ne suppriment un message qu’après avoir reçu le signalement d’un utilisateur. Que les centrafricains épris de paix signalent les messages haineux. Nous y reviendrons.

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