Centrafrique : Les évêques du pays s’opposent à toutes tentatives d’amnistie en faveur des auteurs de crime

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BANGUI, 29 Juin 2018(RJDH) —Réunis en conférence des évêques à Berbérati à l’ouest du pays, les évêques ont exprimé entre les lignes leur opposition à toute idée d’amnistie sous une forme quelconque en faveur des auteurs présumés de crimes. Conclusion de cette rencontre le 24 juin à Berberati.

La position des évêques de Centrafrique a été rendue publique le 24 juin 2018 à la clôture de l’assemblée ordinaire des évêques de Centrafrique tenue à Berberati. Cette position vient renforcer les dispositions de la loi suffisamment claire sur la question d’amnistie. Elle intervient au moment où les leaders de la société civile et une partie de la classe politique soupçonne l’initiative africaine pour la paix dans le pays de converger dans le sens de l’amnistie.

Les évêques ont rappelé le gouvernement, la communauté internationale sur la force de l’autorité de l’Etat, « l’autorité de l’Etat est non négociable et par conséquent ne peut faire l’objet d’un quelconque marchandage », peut-on lire dans la déclaration.

Pour mémoire, plusieurs personnes visées par la justice ont été amnistiées. Par exemple en 2003, les proches de François Bozizé qui avait pris le pouvoir par les armes en chassant le président démocratiquement élu Ange Félix Patassé ont bénéficié de l’amnistie au bénéfice du dialogue de réconciliation nationale. Neuf (9) ans après le pays retombe dans la même situation avec la prise du pouvoir par les armes de Michel Djotodia Amnondroko. La justice et la réparation constituent pour les évêques la seule voie de retour définitif de la paix à l’exemple du Rwanda.

Face à cette expérience du passé, les évêques ont par la même occasion interpellé le gouvernement sur la justice seul moyen pour un retour définitif de la paix, « il n’y a pas de réconciliation ni de développement durable sans la justice. L’impunité et l’amnistie que certains tentent de nous imposer ne nous apporteront pas la paix. Car elles portent en elles-mêmes les germes d’autres crises », ont-ils mentionné dans la déclaration.

La justice est la voie privilégiée par les évêques de Centrafrique après l’échec de justice internationale dans le procès Bemba et l’ouverture des enquêtes par la Cour Pénale Spéciale.

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