Centrafrique : Le MLPC propose la réadaptation de l’accord politique avec le camp Touadéra

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BANGUI, 12 novembre 2018 (RJDH)—Le 1er Vice-président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), Jean Edouard Koyambounou, a exprimé le souhait de son parti de voir révisé l’accord avec le camp présidentiel. Il l’a fait savoir dans le discours prononcé le 08 novembre dernier à l’ouverture des travaux de l’Assemblée Générale constitutive du Mouvement Cœurs Unis.

C’est dans un discours court mais tranchant que le 1er Vice-président du MLPC a subtilement glissé la proposition de révision de l’accord avec le camp présidentiel. Jean Edouard Koyabounou estime qu’il faut réviser « ledit accord politique de février 2016 en vue de l’adapter aux contextes sociopolitiques actuels ».

En réalité, la révision de cet accord est un souhait que le MLPC de Martin Ziguélé n’a jamais caché. Plusieurs caciques de cette formation politique, l’ont fait savoir au RJDH sous couvert de l’anonymat, « il est important que l’on revienne autour de la table pour passer en revue l’accord avec le camp présidentiel, c’est une sorte de bilan à mi-parcours que nous demandons depuis », a fait savoir un proche de Martin Ziguélé.

Alors que c’est entre alliés et dans les « chapelles » que cette proposition était avancée, le MLPC a estimé nécessaire d’utiliser la tribune de l’Assemblée Générale constitutive du Mouvement  Cœur Unis pour rendre publique sa volonté de réviser ledit accord.

Des proches du président de la République interrogés par le RJDH trouvent nécessaire la révision de l’accord politique comme proposé par le MLPC, « c’est important voire déterminant pour la suite du combat. Nous devons discuter pour réorganiser l’alliance et remettre les alliés en confiance pour les prochains défis qui ne sauraient tarder », confie un proche du chef de l’Etat.

Le camp présidentiel et son allié le MLPC ne semblent pas avoir une même vision de la réadaptation de l’accord politique qui les lie. Alors que cette révision pour le MLPC devrait permettre d’identifier ce qui a été prévu et qui n’est pas réalisé, le camp Touadéra souhaite cette révision pour préparer les prochaines échéances électorales. Cette divergence d’approche sur l’accord pourrait créer la méfiance qui va fragiliser l’accord entre le MLPC et le camp présidentiel, accord qui ne tient qu’à un fil qu’est le silence du MLPC.

Depuis la signature de cet accord, ni le MLPC ni le camp présidentiel n’ont rendu public les engagements contenus dans le document. Mais selon plusieurs indiscrétions, le candidat Touadéra en échange du soutien du MLPC, avait pris de nombreux engagements relatifs à un certain degré de cogestion du pouvoir avec le MLPC qui ne semble pas satisfait par l’offre reçue jusque-là. Au gouvernement par exemple, le parti de Martin Ziguélé compte deux ministres dont celui des sports qui est décédé au début du mois d’octobre. Mais, il est établi que le président du MLPC fait partie des leaders que le président Touadéra consulte régulièrement. Cela peut-il suffire pour une formation politique aussi ambitieuse que le MLPC ?

Le président Touadéra semble avoir des problèmes pour gérer et entretenir les alliances qu’il tisse. Entre les deux tours, il avait la quasi-totalité de la classe politique avec lui mais en deux ans, au moins 80% des alliés sont partis ou sont restés mais avec une bonne dose de déception.

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