Centrafrique : Le Conseil de sanction de l’ONU examine la requête sur l’envoi de matériels militaires à la RCA

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BANGUI, 11 Juin 2018 (RJDH) —- Les membres du Conseil de sanction de l’ONU sur la République Centrafricaine ont jusqu’au 14 juin pour décider sur la demande de la RCA en dotation de moyens militaires par la Chine.

Sous embargo militaire de l’ONU, la République Centrafricaine ne peut combattre les bandes armées qui écument le pays et commettent des crimes de guerre et crimes contre l’humanité au su et au vu de tout le monde.

Ainsi comme la paix et la sécurité sont l’alpha et l’oméga de tout développement et l’armée est un outil de défense, les autorités centrafricaines, notamment la Ministre de la Défense, Me M.N Koyara ont adressé une demande au Comité de sanction de l’ONU en vue de recevoir un don militaire de la Chine. Cet équipement militaire est « destiné aux Forces armées centrafricaines (FACA) mais également à la police et à la gendarmerie sous forme de don de la Chine », a rapporté nos confrère de RFI.

Cette demande contenue « dans un document de onze pages » est depuis le 5 juin sur la table du comité de sanction. Dans sa requête, la Centrafrique a sollicité de la « Chine à travers la société d’Etat Poly Technologies des armes « létales et non létales » notamment des « véhicules blindés, mitrailleuses anti-aériennes ou encore des roquettes destinés aux Forces spéciales centrafricaines, formées au Rwanda, mais également du matériel de maintien de l’ordre qui doit équiper la police et la gendarmerie », a-t-on appris.

Et d’ici le 14 juin, la RCA aura la réponse à sa requête et « si aucune réponse n’est donnée, la demande aura valeur d’accord ». La Chine espère bénéficier du même traitement accordé à la Russie dans la livraison d’armes à la Centrafrique. Et, il ne faut pas exclure que des armes seront retirées de cette demande comme ce qui a été fait avec la dotation de Moscou.

Le Comité de sanction pourra être saisi le 12 juin 2018 à Bangui et profitera pour s’informer sur  les numéros de série de ces armes qui est  pour le moment non connus. Le nom du transporteur et enfin les numéros de marquage permettant d’assurer le suivi des armes.

De l’intérêt de la communauté internationale de satisfaire la doléance centrafricaine :

Le Comité de sanction de l’ONU avait prorogé jusqu’en janvier 2019 l’embargo sur les armes en Centrafrique. Cette décision n’était pas la bienvenue dans ce pays, car il était considéré pour beaucoup de centrafricains comme une caution aux groupes armés qui se ravitaillent en armes depuis le Soudan et le Tchad et prive le pouvoir de Bangui de ses moyens de protection de la population. Pire, même des Casques Bleus trafiquent des armes et munitions aux groupes armés. C’est le cas du soldat du contingent gabonais appréhendé alors qu’il s’apprêtait à vendre des munitions aux bandits armés du Km5.

Pour l’avis de beaucoup d’observateurs, cet embargo est abusif et contribue aux multiplications des crimes de guerre et crimes contre l’humanité que dénoncent les ONG humanitaire et de défense des Droits de l’Homme. « En Centrafrique, le nombre de personnes déplacées internes a augmenté de plus de 70% en un an. En avril 2018, il était de 669 997. Les civils continuent de payer le prix des violences. Ils ne sont pas une cible ! » a déploré OCHA.

Aussi, les Nations Unies dont les missions sont très critiquées ces derniers mois et les Casques Bleus peinent à restaurer la sécurité en Centrafrique gagneront en crédibilité de répondre favorablement à la demande centrafricaine. Car, « le maintien ou la prorogation de l’embargo ne devrait pas se calculer en terme de formation de militaires, ça devrait se calculer en nombre de personnes qui vont encore mourir. Nous sommes membres des Nations unies, nous ne devons pas être là en train d’être puni. L’embargo aujourd’hui n’est pas considéré comme une sanction des Nations unies mais comme une punition du peuple centrafricain », avait déploré l’ancien ministre de la défense, Joseph Bindoumi, président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme.

Comment rétablir l’autorité de l’Etat sans une Force de Sécurité et de Défense pourvues de moyens pour répondre à toute éventualité pouvant compromettre la sécurité des civiles ?

La Présidence du Conseil de sécurité pour le mois de juin est assurée par le russe M. Vassily A. Nebenzia dont le pays a posé ses valises au cœur de l’Afrique. La France dont son opération baptisée Sangaris n’a pas atteint les résultats escomptés en Centrafrique devra en toute logique avaliser cette requête. La République Centrafricaine très courtisée par les puissances ne devra pas continuer de souffrir de la guerre géopolitique dont elle est victime.

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