Centrafrique : « L’Accord de Rome, est un plus pour le processus DDRR », selon le ministre Willibyro Sako

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BANGUI, 9 septembre 2017 (RJDH)–L’Accord de Rome est une contribution importante pour la paix en République Centrafricaine. Même si les chefs d’Etat impliqués dans la résolution de la crise centrafricaine n’y étaient pas présents, cet Accord est un plus pour le DDRR et rassure autant les autorités en charge de pilotage du processus de démobilisation. C’est la substance d’un entretien que le ministre Jean Willibyro Sako a accordé au journal Patara.

Monsieur le ministre, Jean Willibyro Sako Bonjour

Jean Willibyro Sako (JWS) : Bonjour Monsieur le journaliste

Treize groupes sur quatorze ont signé l’Accord de Rome. En quoi cela peut influencer positivement le processus DDRR ?

JWS : Dans le cadre du processus DDRR et surtout celui de la recherche de la paix et de la sécurité dans notre pays, toutes les initiatives sont saluées par la coordination et par le gouvernement pour que tout le monde contribue à amener les uns et les autres vers la paix. A Rome nous n’y avons pas été mais le gouvernement a été représenté et comme vous l’avez mentionné 13 groupes ont pu prendre part et le quatorzième empêché pour des raisons logistiques. Que 13 groupes armés fassent le déplacement de Rome c’est ce qu’on appelle une entente déjà à ce niveau, elle permet de dire qu’il y a un pas qui est fait en avant vers cet engagement vers la paix.

On ne peut pas dire que c’est déjà la solution. Mais que tout le monde, et dans le cadre du dialogue qui est actuellement prôné par le chef de l’Etat, se mette autour d’une table. Alors, chaque fois qu’on se mette d’accord sur quelque chose pour avancer et bien c’est une contribution et c’est en ce sens que l’entente de Rome qui a abouti à la signature d’un document qui a été applaudi est à nos yeux une autre contribution par rapport à tous les efforts qui sont en train de se faire tant au  niveau national qu’au niveau de la communauté internationale. Je pense et je crois que l’accord de Rome est un plus pour le processus DDRR.

Des chefs d’Etat de la sous-région impliqués dans la gestion de la crise n’ont pas été à Rome. Alors qu’attendez d’un tel Accord ?

JWS : Il ne s’agissait pas d’une réunion au niveau des chefs d’Etat. Donc les chefs d’Etat ne pouvaient pas être attendus à Rome. C’était une réunion au niveau des principaux acteurs qui étaient impliqués dans la crise centrafricaine. Si à Rome, les Etats en tant que tels accompagnant la République Centrafricaine n’y étaient pas, mais il y a certains Etats qui étaient là : il y a l’Italie, certains Etats qui ont pu envoyer des délégations au niveau ministériel pour prendre part à cette réunion, qui s’est prorogée par la rencontre de Bruxelles où, à Bruxelles, certains gouvernements ont dépêché des  ministres des Affaires étrangères, de la Défense, leurs représentants spéciaux pour compléter le travail qui a commencé à Rome, pour se poursuivre sur l’examen de la feuille de route qui avait été initiée par le gouvernement centrafricain et par l’Union Africaine. Comme vous voyez, Rome n’a été qu’une étape, elle s’est poursuivie à Bruxelles et à Libreville où on a signé la feuille de route qui va réellement être l’organe central du pilotage de tous les efforts de médiation de paix et de dialogue, qui se met en place au niveau du continent d’abord mais aussi au niveau de tous les partenaires, de la communauté internationale qu’il s’agisse des bilatéraux, des Nations Unies, la CEEAC et de l’Union Européenne.

Quel lien faites-vous entre cet Accord et la médiation ?

JWS : je crois que c’est une question qu’il faut poser au médiateur de la République, je crois qu’il était avec nous à Bruxelles. Il a écouté ce qui a été présenté comme les conclusions de Rome et je crois qu’en vous rapprochant de lui, il pourra vous donner son sentiment par rapport à l’Accord de Rome. De toutes les façons cela correspondrait à un appui à tout ce qui entend mettre dans le cadre de médiation en République Centrafricaine. Mais c’est une question qu’il faut poser au médiateur.

Certains qualifient Rome d’un Accord d’autres d’un document de travail. Quelle est votre position et qu’en est-t-il du DDRR ?

JWS : En ce qui concerne le DDRR, à Rome nous avons dit qu’il s’agissait d’une contribution aux autres efforts qui sont faits. Nous travaillons au  niveau de DDRR, sur la base des Accords de Bangui, issus du forum national. C’est le document de base, c’est cet accord-là auquel la plus part des groupes armés ont adhéré et beaucoup ont signé et c’est cet Accord qui fait la base. D’autres initiatives viennent accompagner l’effort du peuple centrafricain, c’est une contribution.

Monsieur le ministre je vous remercie.

Propos recueillis par Fernand Koena

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