Centrafrique : L’ACABEF dans la dynamique de redéployer ses cliniques mobiles en provinces

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BANGUI, 7 décembre 2017(RJDH)—L’association Centrafricaine pour le Bien-être Familial (ACABEF) est dans la vision de redéployer ses cliniques mobiles à l’intérieur du pays, après les moments de crise qui ont conduit aux pillages de ses services. C’est ce qu’a confié au RJDH Alphonse Ndotiga Biansere, Directeur Exécutif de cette association, lors d’une interview ce 7 décembre 2017.

RJDH : Monsieur Alphonse  Ndotiga Biansere, Bonjour

RJDH : Vous êtes  le directeur exécutif de l’Association Centrafricaine pour le Bien-être Familial (ACABEF) qui vient de créer une clinique avancée dans la ville de Sibut. Parlez-nous de cette réalisation.

A.N : Ce n’est pas seulement à Sibut qu’on a l’habitude d’organiser les cliniques avancées. Depuis 2013 jusqu’en 2017, l’ACABEF a fait l’objet de beaucoup de pillages au niveau de ses structures si bien qu’on est obligé d’aller vers la population pour leur venir en aide.

La dernière fois, on a organisé beaucoup de cliniques mobiles à Mbaïki, Boali, Damara et maintenant nous sommes à Sibut du 2 au  4 décembre pour essayer de voler à la rescousse de la population vulnérable.

RJDH : Pouvez-vous nous dire quelles sont vos attentes par rapport à cette clinique avancée ?

A.N : Vous êtes sans ignorer que la crise qu’a connue notre pays a presque décimé les infrastructures sociales de base et a rendu sa population vulnérable. Notre population est aujourd’hui incapable de se payer les médicaments et c’est dans cette optique-là que nous avons décidé en tant que structure intervenant dans le domaine de la santé de la reproduction, de leur apporter une assistance médicale gratuite.

RJDH : Quels ont été vos constats en termes de prise en charge sanitaire de la population de Sibut ?

A.N : Nous avons été à Sibut dans le but de répondre aux problèmes de santé de reproduction. Mais on s’était rendu compte qu’il y a beaucoup de cas de maladies non traitées parmi la population faute d’infrastructures sanitaires adéquates. Pour ce faire, on a payé beaucoup de médicaments essentiels  génériques pour répondre à ces besoins. La population était satisfaite.

RJDH : L’ACABEF travaille pour la santé de reproduction à Bangui et ses environs. Quel bilan faites-vous en cette fin d’année ?

A.N : Je puis vous assurer que le bilan est positif parce que nos statistiques le démontrent. D’ici février, nous allons présenter notre rapport annuel qui va attester certainement et nous confirmer que le bilan  est  au-dessus de celui de l’année 2016. Donc le bilan est positif. Nous sommes en train de voir les partenaires comment ils  peuvent augmenter le financement de l’ACABEF pour essayer de couvrir un peu les environs. Nous comptons ouvrir la rentrée prochaine une clinique à Mbaïki pour répondre aux attentes de la population de la Lobaye.

RJDH : Dites-nous comment vous faites pour couvrir les autres villes de provinces dans le cadre de santé de reproduction ?

A.N : A l’exception de Bangui, on était à Paoua, Bozoum, Bambari et Bossangoa mais toutes ces structures ont été entièrement saccagées et pillées. Ce qu’il y a lieu de faire pour l’instant, c’est de voir avec les partenaires  comment reprendre nos activités dans ces zones-là, si la paix revient dans le pays. Et d’élargir aussi dans d’autres régions où nous ne sommes pas encore présents.

RJDH : Monsieur le directeur nous avons constaté qu’il y’a des cas de ventes illicites des pilules dans les quartiers. Comment allez-vous faire pour mettre fin à cette pratique ?

A.N : L’ACABEF appui le gouvernement dans ses efforts. Nous n’avons pas vocation à suppléer le ministère de la santé à qui il revient de veiller sur ce genre de situation. Le ministère de santé a son entrepôt de stockage des produits pharmaceutiques et nous, nous avons le nôtre. Nos produits viennent de Londres. Quant aux ventes illicites des pilules, nous ne pouvons vous dire avec exactitude d’où cela provient. Mais il faut se rapprocher du ministère en charge de la Santé qui a cette responsabilité de contrôler les médicaments qui circulent dans le pays.

Les pilules qui se vendent à la sauvette dans les quartiers ne sont d’aucune garantie. Les femmes généralement qui en prennent reviennent vers nous avec de nombreux cas d’autres maladies. Nous nous voyons obliger de leur administrer des soins, mais cette pratique n’est pas à encourager.

RJDH : Vous prônez la planification familiale alors que la RCA est un pays sous peuplé. Comment jugez-vous cela.

A.N : La planification familiale n’est pas le fait de limiter les naissances mais plutôt les planifier au niveau de chaque famille. Elle favorise le bien-être et la santé de la famille. Généralement, il y a des femmes qui sont issues d’une famille pauvre avec beaucoup d’enfants en mains et n’arrivent pas à subvenir à leurs besoins. C’est pourquoi, l’ACABEF prône l’instauration du  bien-être au sein de la famille. Notre souhait est de voir chaque famille capable de répondre aux besoins primaires des enfants en fonction de ses moyens.

RJDH : Monsieur Alphonse Ndotiga Biansere nous vous remercions.

Propos recueillis par Nina Verdiane Niabodé et Fridolin Ngoulou

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