Centrafrique : La ville de Paoua, un exemple de la résilience après la crise

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BANGUI, 11 aout 2018 (RJDH)-La ville de Paoua, une sous-préfecture de l’Ouham-Pendé amorce aujourd’hui une phase importante de son développement, grâce à l’appui technique et financier des partenaires humanitaires et organisations internationales.

Déplacés de Paoua

                          Déplacés de Paoua

Paoua est située à plus de 500 Km de la Capitale Centrafricaine. Cette ville a accueilli en décembre 2017 plus de 75.000 personnes déplacées, qui ont fui les combats entre les groupes armés dans plusieurs communes et villages proches de cette ville, peuplée d’au moins 40.000 habitants. Cette ville du nord fait partie des villes de la préfecture de l’Ouham-Pendé, la plus peuplée de la RCA.

Les communes proches de Paoua ont été les théâtres des violences entre novembre et décembre 2017, faisant fuir plus de 75.000 personnes vers la ville. Après plusieurs actions des humanitaires, des députés de la région et du gouvernement, le premier détachement des Forces Armées Centrafricaines (FACA) a été déployé en janvier dans la ville aux côtés des forces onusiennes, afin de sécuriser les communes pour favoriser le retour des déplacés.

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L’activité agricole est la principale occupation des paysans qui n’ont pas admis que les violences viennent freiner l’élan de la relance agricole dans cette partie de la RCA, considérée comme le « grenier de la République Centrafricaine ».

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Au bénéfice de la stabilité et de réponse humanitaire appropriée, il n’en reste que 2.500 déplacés dont leurs maisons ont été incendiées par les groupes armés. Cette ville, affectée hier par la présence massive et inattendue des milliers de personnes tente de sortir de sa situation chaotique.  L’image qu’envoie aujourd’hui Paoua au monde est celle d’une ville modèle de résilience, où les urgences humanitaires cèdent progressivement la place aux actions du développement.

Aujourd’hui dans la ville de Paoua, plusieurs organisations humanitaires appuient les initiatives locales du développement, le cas du Programme Alimentaire Mondial (PAM), à travers le projet P4P notamment l’achat des produits agricoles locaux. En 2018, cette organisation humanitaire appuie 12.000 membres de 900 groupements agricoles et compte injecté dans l’économie locale plus 1,4 milliards de FCFA à travers ce programme soutenu par le Fonds Bekou de l’Union Européenne.

« Nous produisons du céréale, de Haricot que nous livrons au PAM et autres partenaires. Ce que nous avons reçu, nous a permis de construire les entrepôts, les magasins et d’acheter des machines décortiqueuses puisque PAM souhaite aussi acheter du riz blanc. Maintenant, nous avons le marché localement », a témoigné Déon Sylvanus, président de la sous-fédération des producteurs de haricot, de Paoua.

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Plateforme Ele Songo de paoua

De son côté, la Plateforme « Ele Songo », constituée des femmes depuis 2015 avec l’appui de l’ONG DRC se lance aussi dans plusieurs actions du développement. L’appui financier de l’Union Européenne à DRC permet aujourd’hui à cette plateforme de disposer des machines décortiqueuses, une poste soudure, les moulins, une unité informatique. Les 12 groupements de 239 femmes  se sont aussi lancés dans les activités génératrices de revenu.

« Nous avons acheté 4 générateurs dont un gros qui alimente le quartier de Sara-Mandja en électricité. Le premier semestre, notre chiffre d’affaire a tourné autour de 13 millions de FCFA », a déclaré Mboko Aroda Sylvie, présidente de cette plateforme.

Plusieurs chantiers sont aujourd’hui en cours dans cette ville notamment la construction du building administratif dont les travaux sont financés par l’Union Européenne.

Déplacés à Paoua

Déplacés à Paoua

S’il y’a une ville Centrafricaine où la résilience a été rapide, où les activités humanitaires ont rapidement impactées et que les humanitaires réalisent enfin la vision de passer des urgences au développement, souhaité par le gouvernement, Paoua pourra faire partie et inspirer d’autres villes qui demeurent sous le choc des violences.

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L'auteur

Fridolin Ngoulou est journaliste de formation et Rédacteur en Chef du RJDH. Il est ressortissant du département des sciences de l'information et de la communication de l'Université de Bangui, où il a obtenu sa licence, première promotion en 2012. Au RJDH, il a travaillé de 2014 à 2017 comme Journaliste Reporter, Webmaster et spécialiste des médias sociaux avant d'être nommé Rédacteur en Chef le 18 Janvier 2018. Il est membre de plusieurs organisations professionnelles des médias.

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