Centrafrique : La ville de Kabo au nord du pays est devenue un marché d’armes locales

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BANGUI, 23 Décembre 2017(RJDH) — Les ressortissants de Kabo se disent inquiets de la détérioration de la situation sécuritaire dans cette localité. Ils invitent le pouvoir central à mener des actions pour éradiquer ce phénomène de la vente des armes et sollicitent la protection des ONG humanitaires qui sont souvent victimes d’agressions d’hommes armés. Positions exprimées lors des échanges avec les ressortissants ce 23 décembre à Bangui.

La ville de Kabo au nord de la RCA, ville frontalière avec le Tchad est sous le contrôle des groupes armés du MPC. Selon l’élu du peuple, Clément Nobona, les armes sont vendues à vil prix sur le marché de Kabo. Le fusil kalachnikov se vend à 50 000 FCFA. Cet appel au secours est né du constat que les organisations humanitaires présentes dans la localité se plaignent de l’environnement du travail. Les ressortissants de Kabo ont exprimé leur soutien aux ONG «Solidarité» et «Intersos» et à bien d’autres œuvrant dans la localité.

Philipe Danzéo, premier adjoint au maire de la commune de Kabo, interpelle le gouvernement en ces termes: «ce qui se passe est horrible et terrifiant. Les groupes armés prennent de force des bœufs à leurs propriétaires. La population ne peut plus aller au champ. La situation est telle que nous avons abandonné nos enfants pour venir ici. Mais un enfant a besoin de l’encadrement de ses parents pour bien étudier et réussir dans ses études. Les Tchadiens et les Soudanais viennent avec des armes et avec leurs bœufs pour détruire les champs. Aujourd’hui, ils vendent les armes à ciel ouvert sur le marché. Quand on écoute ce qui se passe dans l’Ouham Pendé, on se demande quand  surviendra l’intervention des autorités pour permettre à la population de Kabo de respirer. Nous avons élu les autorités pour rester à l’ombre et non sous le soleil».

Avis partagé par l’honorable Clément Nobona, député de Kabo 1 exhorte le gouvernement à s’impliquer dans la résolution de ce phénomène. Il déclare : «à l’heure où nous sommes, la ville de Kabo est devenue un marché à armes et à munitions. Je n’ai pas manqué d’interpeller le gouvernement sur tout ce qui se passe à Kabo. Vous savez que Kabo constitue une frontière très poreuse où les hommes viennent de partout piller, violer détruire les champs et voler des bœufs. J’ai toujours lancé un appel pour que les autorités de l’Etat jettent un regard sur ce qui se passe dans la sous-préfecture en particulier et de la ville de Kabo en général».

Hugues Ndolingar, député de Kabo 2 propose une présence de la Minusca pour dissuader les groupes armés :«nous nous sommes réunis parce que la situation sécuritaire et sociale à Kabo nous interpelle. Lorsque la Minusca était encore présente dans la localité, la situation était moins alarmante, mais aujourd’hui elle se dégrade et impacte négativement sur les activités des humanitaires » a-t-il déploré.

Les ressortissants de Kabo dénoncent le marché d’armes, un an après le sommet d’El Fasher où le Tchad, le Soudan et la Centrafrique s’engagent sur la foi d’un accord tripartite à garantir la sécurité aux frontières des trois pays.

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