Centrafrique : La ville de Bria morcelée par de clivage

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BRIA,  12 Février 2018(RJDH)—Le morcellement de la ville de Bria au Centre Est du pays en quatre (4) secteurs est la conséquence de la tension sécuritaire qui plane dans la région depuis le début du conflit armé. Une situation inquiétante pour la population qui souhaite la réunification.

Chaque secteur morcelé est contrôlé par un groupe armé opérationnel dans la région. Le FPRC, placé sous la coupe d’Abdoulaye Hissene dispose d’une partie qu’il contrôle, l’aile dissidente contrôlée par Azore Kalite assure le contrôle du second secteur tandis que l’UPC et les Anti-Balaka se répartissent une portion congrue.

Du constat du RJDH, la ville de Bria est repartie de la manière suivante : au quartier Gobolo, c’est le fief de l’UPC, alors que le quartier Pk3 où se trouve le site des déplacés à Bria, on y  rencontre les Anti-Balaka. Selon les témoignages recueillis dans cette localité, chacun fait sa loi dans sa zone de juridiction. A Bornou c’est le quartier général du FPRC de Azor Kalite, et le dernier camp, c’est celui du FPRC de Abdoulaye Hissene dont les éléments sont basés au niveau de la station en face de l’hôpital de Bria.

Chaque camp s’accuse mutuellement. C’est vraiment un cauchemar du côté de l’UPC de voir la ville de Bria morcelée, «nous avons signé en octobre 2017, un accord tripartite UPC-FPRC-Anti-Balaka pour enterrer la hache de guerre. Le respect des engagements demeure un problème. Aujourd’hui, on ne peut pas aller partout dans la ville de Bria» s’inquiète un habitant de Gobolo fief de l’UPC.

Sur le site des déplacés de l’Eglise CEBI Centre 3 de Bria, au quartier Bornou, les habitants sont mieux chez eux mais ne peuvent pas aller au-delà de 3 à 5 kilomètres de leur zone. Ils sont sous la protection du FPRC de Kalite. Au-delà de ces frontières, Joël affirme qu’il ne peut pas traverser la ligne rouge de peur de subir des exactions de la part des Anti-Balaka de jour comme de nuit.

«Ils ont instauré à partir de 18heures, un couvre-feu et à cette heure, par inadvertance si on tombe entre les mains des éléments des Anti-Balaka, il faut s’attendre à une torture » confie un des déplacés de PK3.

La persistance de la violence et la position des groupes armés dans chaque camp à Bria plonge les habitants dans la psychose générale. D’où nécessité pour le pasteur de l’église CEBI Centre 3 d’envoyer à Bria les Forces Armées Centrafricaines (FACA) aux côtés des forces de la Minusca, ceci pour la pacification de la ville et de ses environs.

Difficile à l’heure actuelle de parler de réunification des différentes zones d’influence car l’autorité de l’Etat demeure encore fragile dans la ville. Même si le préfet est présent dans la localité, le sous-préfet de Bria lui, n’est pas là pour impulser la dynamique de la réconciliation.

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L'auteur

Judicaël Yongo est ressortissant du Département des Sciences de l’Information et de la Communication (DSIC) à l’Université de Bangui. Titulaire d’une Licence en Journalisme, il est actuellement Journaliste-Reporter au Réseau des Journalistes pour les Droits l’Homme à Bangui (RJDH).

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