Centrafrique : La surpopulation perdure dans les maisons carcérales de Bangui et Bimbo

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BANGUI, 11 Septembre 2018 (RJDH) – Les maisons carcérales de la capitale sont surpeuplées à ce jour. C’est le constat fait par le RJDH dans les prisons de Ngaragba, du Camp de Roux et celle pour les femmes de Bimbo.

Une enquête réalisée par le RJDH indique que la prison centrale de Ngaragba, construite pour accueillir 350 prisonniers en compte actuellement environ 1.400 personnes. Une cellule spéciale est aménagée à l’intérieur de cette prison pour les enfants.

La prison pour femme de Bimbo avec sa capacité d’accueil de 50 prisonnières arrive de fois à au moins 80 femmes. Selon les informations du RJDH.  Pour le moment, cette prison abrite au moins 30 prisonnières.

Le camp de Roux, un centre de correction pour les militaires, accueil parfois les prisonniers de renom. Sa capacité d’accueil reste inédite pour des rigueurs militaires. Selon les informations du RJDH, ce centre se serait vidé de ses occupants à cause de la dégradation avancée des bâtiments. « Les prisonniers se seraient orientés à Ngaragba, raison pour laquelle cette maison carcérale connait un surnombre » a indiqué une source proche de Ngaragba.

« Dans la prison centrale de Ngaragba la surpopulation est estimée à environ 388%.  Celle de Bimbo est à 189% et le centre de détention du Camp de Roux est à 102 % », cette statistique est confirmée par Gérard-Valery Gonda, directeur des services pénitentiaires, ce lundi 10 septembre à Bangui.

Le centre de détention du Camp de Roux est en état d’affaissement avancé. « C’est dans ce contexte que la promiscuité à la maison centrale est constatée. Nous déplorons également  la situation non élucidée et obscure des personnes qui sont à la maison d’arrêt de Ngaragba et sans jugement », poursuit le directeur des services pénitentiaires, qui a ajouté que « la Cour des femmes de Bimbo est la seule qui accueille les femmes la ville de Bangui, Bimbo et certaines femmes en conflits avec la loi des provinces».

Pour Gérard-Valery Gonda la prise en charge des prisonniers reste un devoir régalien du gouvernement, « sur ses propres fonds, le gouvernement nourrit toutes ses personnes privées de leur liberté. Elles ont droit à un traitement équitable. Mais un mécontentement se lit au niveau de la prise en charge sanitaire et nous avons déjà lancé un SOS aux partenaires qui interviennent dans ce cadre, afin de répondre à ce besoin », ajoute-t-il.

Si les prisons sont aujourd’hui surpeuplées, la nécessité d’augmentation des capacités d’accueil ou de la construction d’autres centres de détention se présente dans un contexte où dans peu de temps, la Cour Pénal Spéciale démarrera effectivement ses activités.

« Il est urgent d’augmenter la capacité d’accueil dans les prisons de Bangui mais aussi penser aux prisons de l’intérieur du pays. Car la plus part de prisonniers viennent de l’intérieur du pays puisque la sécurité ne permet pas de maintenir les prisonniers dans certaines zones », a fait observer un magistrat centrafricain.

Plusieurs programmes visant la réhabilitation et la construction des maisons carcérales sont en cours avec l’appui de plusieurs partenaires du gouvernement dont le PNUD, la Minusca et l’Union Européenne.

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L'auteur

Auguste Bati-Kalamet est journaliste-reporter au Réseau de Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH), après avoir travaillé à la Radio ESCA. Certifié en gestion des radios communautaires, il a effectué plusieurs missions de reportage à l’intérieur du pays. Il est producteur des magazines sur les droits humains.

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