Centrafrique : La JPN projette l’insertion des jeunes à travers le sport

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BANGUI, 26 septembre 2017(RJDH)—Devant la faiblesse du marché de l’emploi et la concurrence, la Jeunesse Pionnière Nationale (JPN) voit en sport un débauché et projette conclure une convention avec le CNOSCA. Vision exprimée par Cyriaque Souké Haut-Commissaire à la Jeunesse Pionnière Nationale (JPN) lors d’une interview accordée au RJDH à Bangui.

RJDH : Cyriaque Souké bonjour !

Cyriaque Souké : bonjour !

Vous êtes Haut-Commissaire chargé de la Jeunesse Pionnière Nationale. Plusieurs jeunes sont sensibilisés par votre service à opter pour des formations offertes par votre structure, lesquelles des formations vous accordez aux jeunes et quelle catégorie des jeunes sont concernés pour cette formation.

SK : Le public cible par notre institution c’est essentiellement les jeunes désœuvrés et déscolarisés dans la tranche d’âge de 14 à 25 ans. Mais avec la crise, nous sommes obligés d’élargir jusqu’ à 30 ans. Nous dispensons des formations d’abord civiques, techniques dont nous avons la mécanique, la menuiserie, la maçonnerie, la plomberie, l’hôtellerie, la soudure. Naturellement l’élevage et l’agriculture. Nous sommes en train de voir comment insérer la formation en tôlerie et au lavage textile industriel.

Cela fait plusieurs années que vous formez des jeunes, quel est le mécanisme de suivi que vous mettez en place pour encadrer l’intégration et l’encadrement face à la concurrence sur le marché de l’emploi.

SK : Aujourd’hui au niveau de la Jeunesse Pionnière Nationale,  il existe une direction générale qui a un service de suivi et d’insertion et c’est à travers ce service que nous essayons de faire le suivi des jeunes après leur formation en essayant de leur trouver des emplois ou les aider à s’auto-employer.  Et le service de suivi est là pour suivre ces jeunes sur une période de trois ans afin d’évaluer l’impact réel de la formation sur eux et leur capacité à s’adapter par rapport à la concurrence. Mais eu égard à la concurrence et par rapport au marché, nous avons développé une stratégie qui consiste à introduire dans toutes nos filières la formation en entreprenariat et aussi nous avons essayé de développer un aspect qui consiste le leadership managérial. De ce fait, nous pensons que face à la concurrence nous n’avons pas spécialement beaucoup de problème car nous veillons à ce que nos formations puissent se raffiner le jour au jour.

Vous avez déjà formé combien de promotion et selon vos données statistiques vous avez combien de pourcent de succès ?

SK : Depuis la réhabilitation de la Jeunesse Pionnière Nationale en 2006, nous sommes à la quatorzième promotion de formation. Et en termes de statistique, compte tenu de la faiblesse du marché d’emploi  en RCA, on peut estimer le taux de réussite à 53%. Mais ceci n’est pas la faute de la qualité de nos offres de formation mais c’est dû aussi à la faiblesse des débouchées sur le plan national. Tout ceci naturellement est la conséquence de la crise sociale que nous traversons depuis des décennies.

RJDH : Est-ce que vous avez pensé à d’autres politiques pour pouvoir occuper ces jeunes ?

SK : Nous sommes en train de réfléchir avec le Comité Olympique National Centrafricain(CNOSCA) pour voir dans quelle mesure ces jeunes puissent être insérés à travers le sport car aujourd’hui, le sport est devenu une véritable industrie à l’échelle mondiale. Nous avons pensé aussi qu’il faut aussi développer le partenariat extérieur et faire en sorte que ces jeunes-là se confrontent avec d’autres jeunes et d’autres expériences à la limite stimuler leur dynamisme. Grace à l’appui du président de la République et du chef du gouvernement nous allons créer mettre en place un programme du développement de la jeunesse rurale  et plaider pour que ce programme soit  doté d’un fond spécial afin que ces jeunes puissent accéder au crédit. Ce sont les quelques axes stratégiques que nous sommes en train de développer pour ces jeunes.

RJDH : quels sont aujourd’hui vos atouts contrairement aux centres de formation professionnelle privé qui montent en puissance à Bangui.

SK : La différence fondamentale entre la JPN et d’autres structures est que nous donnons des formations civiques de base et en plus de cela nous avons des formateurs qui nous sont prêtés par l’armée donc y’a la discipline et la rigueur et contrairement aux centres privés. Nous ne cherchons pas à faire de bénéfice, nous sommes un service public de qualité et nous avons l’obligation d’atteindre l’excellence.

RJDH : Quelle est votre approche par rapport au DDRR en ce qui concerne la formation. Est- ce que les conditions sont réunies par votre institution pour relever ce défi ?

SK : Aujourd’hui avec la Minusca nous sommes déjà en train de travailler sur le DDRR ; nous formons les combattants reconvertis depuis plus de huit mois. Nous restons aujourd’hui un organe d’exécution dans la mesure où nous avons des infrastructures qu’il faut. A Bangui, un immeuble qui peut contenir cinq cent éléments. A Nzila nous avons aussi des édifices avec des dortoirs qui peuvent prendre quatre cent éléments, les  autres à Bogoura, à Ndélé, à Bouar et Berberati. Ce qui fait dire que nous avons des atouts pour accompagner valablement le DDRR.

RJDH : monsieur le Haut-commissaire je vous remercie !

Cyriaque Souké c’est moi qui vous remercie !

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