Centrafrique : Le Gouvernement doit tout faire pour éviter l’insécurité financière, selon André Nalké Dorogo

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BANGUI, 8 Aout 2017(RJDH)—Le premier vice-président de l’URCA, André Nalké Dorogo s’inquiète de l’insécurité financière qui s’ajouterait à l’insécurité physique déjà grandissante dans le pays. Il engage le pouvoir de Bangui de tout faire pour éviter d’aggraver le sort des centrafricains et a qualifié de diversion les séries d’accusation contre les leaders politiques indociles au régime de Faustin Archange Touadera. Propos exprimés lors d’une interview accordée au RJDH ce 8 Aout à Bangui.

RJDH : André Nalké Dorogo Bonjour !

André Nalké Dorogo : bonjour monsieur le journaliste

RJDH : Le fonds monétaire international (FMI) dans son dernier rapport place la RCA au bas de l’échelle en matière de gouvernance, alors que la Banque Centrale de revoir à la baisse le taux de croissance du pays. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?

AND : je constate tout simplement que cette situation est grave et préoccupante, contrairement à ce que les autorités financières de notre pays avancent. Ces deux institutions sont des institutions suffisamment crédibles pour pouvoir annoncer ces nouvelles qui non seulement devraient nous préoccuper mais amener le gouvernement à prendre des mesures pour éviter qu’à l’insécurité physique qu’on se retrouve dans une insécurité financière. Ce qui aggraverait le sort des centrafricains.

RJDH : Alors que le gouvernement table sur l’investissement dans l’agriculture, et à travers des kilomètres des routes bitumées,  vous, vous parlez de l’insécurité financière?

AND : je vous renvoie à votre question par rapport à la conclusion de la BEAC et du FMI ; ce sont des éléments qui permettent de pouvoir jauger de la capacité d’un pays dans le cadre de la politique budgétaire et surtout dans le cadre du respect des normes financières.

RJDH : ces derniers plusieurs personnalités politiques sont accusées de coup d’Etat, j’entends par là, Nicolas Tiangaye, Crépin Mboligoumba, Alexandre Ferdinand Nguendet, Anicet Georges Dologuélé et aujourd’hui Abdou Karim Meckassoua. Quelles sont vos analyses de ces faits ?

AND : pour moi, c’est nettement de la diversion parce que le vrai problème qui préoccupe notre pays aujourd’hui, c’est la recrudescence de l’insécurité et plus de 80% du territoire sont sous la coupe réglée par les bandes armées. Et donc il revient au pouvoir de garantir la sécurité à la population. C’est dans le serment et c’est l’article premier de notre Constitution qui dit ceci « que la personne humaine est sacrée et inviolable, la puissance publique et toutes organisations ont l’obligation de la protéger et de la respecter » ce n’est pas moi qui le dit c’est la loi fondamentale.

RJDH : En citant la Constitution, le gouvernement vous oppose le fait que  les forces de défense et de sécurité ne sont pas encore redéployées et que l’EUTM n’a pas encore certifié un nombre important des troupes pour pouvoir assurer le rôle régalien de l’Etat et protéger les citoyens ?

AND : je vous prends au mot, aujourd’hui l’EUTM a déjà formé un bataillon, ce bataillon est formé mais pas armé parce que le gouvernement n’a pas pris les dispositions pendant qu’on les formait pour mettre en place la procédure d’acquisition des moyens létaux. Alors, la responsabilité première d’un gouvernement, d’un pouvoir c’est de garantir la défense de l’intégrité territoriale et d’assurer la sécurité nationale.

RDJH ; Dans une interview accordée à nos confrères au journal « Le Monde » Anicet Georges Dologuélé, le président de votre parti a affirmé que « le seul problème en Centrafrique, c’est que le fauteuil présidentiel est vide » en tant vice-président dudit parti, comment pouvez-vous faire une analyse pareille ?

AND : le constat est là, est-ce que vous pouvez nous prouver le contraire ?

RJDH : Mais les institutions sont en place et ces institutions fonctionnent ?

AND : les institutions fonctionnent au travers des résultats ; au seul plan de la sécurité dites-moi quels sont ces résultats ?  Pourquoi aujourd’hui les groupes armés en sont arrivés arriver à réduire l’Etat et mettre la population en grande danger.

RJDH : Mais selon le gouvernement les groupes armés ne respectent pas leurs engagements et pour preuve au lendemain de l’accord de Sant ‘Egidio les violences ont repris.

AND : Mais lorsqu’on prend des mesures, on fait en sorte que ces mesures soient respectées. Mais justement parce que le gouvernement manque de fermeté.

RJDH : Donc, ce qui revient à dire que le gouvernement est démissionnaire?

AND : je ne parlerai pas de démission, mais le gouvernement devrait prendre ses responsabilités. Est-ce que vous voulez me dire que le gouvernement à démissionner devant ses responsabilités ; c’est à lui de prendre ses responsabilités de garantir la sécurité du pays et ce n’est pas aux groupes armés d’en imposer à la population.

RJDH : le président de votre parti a été infiltré par Joachim Kokaté, il s’en est plaint où en sommes-nous avec la suite ?

AND : une plainte a été déposée et j’ai l’impression qu’il y a de la tergiversation à ce niveau, nous attendons à ce qu’on dise à quand le procès pour que l’affaire soit discutée en publique et qu’on sache quels sont les commanditaires parce qu’on ne va s’arrêter aux lampistes.

RJDH : donc vous doutez de l’indépendance de la justice dans le traitement de cette affaire ?

AND : Nous attendons que le procès soit programmé !

RJDH : M André Nalké Dorogo, je vous remercie

AND : c’est moi qui vous remercie !

Propos recueillis par Jean Fernand Koena

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