Centrafrique : Existe-t-il des partis politiques d’opposition en Centrafrique?

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BANGUI, 16 Mars 2019(RJDH)— Depuis la tenue des pourparlers de Khartoum pour la restauration de la paix en Centrafrique, un vent de division souffle dans les couloirs des partis politiques de l’opposition démocratique centrafricaine qui évolue en ordre dispersé.

Deux tendances se dégagent aujourd’hui dans le rang de l’opposition démocratique. Le temps des amours est révolu. Il suffit aujourd’hui de voir la configuration de ces partis pour se rendre compte qu’il existe deux camps,  l’un avec les partis URCA d’Anicet Georges Dologuelé et PATRIE de Me Crépin Mboli-Goumba et l’autre avec le MDREC de Joseph Bendounga, le RPR d’Alexandre Nguendet et la CRPS de Me Nicolas Tiangaye.

Dans un passé récent, les partis de l’opposition démocratique avec son chef de fil, Anicet Georges Dologuelé, se concertent pour prendre des décisions unanimes sur les évènements politiques.

A titre d’exemple, l’opposition faisait bloc contre la célébration du 1er décembre 2018 se ralliant ainsi à l’appel des pères de l’Eglise Catholique qui avaient appelé les chrétiens catholiques à s’abstenir de célébrer cette fête pour compatir ainsi avec les victimes des exactions perpétrées à Alindao.

Force est de constater que les voix de ces leaders de l’opposition divergent en fonction du clan auquel ils appartiennent, surtout sur l’Accord de paix de Khartoum signé le 06 février 2019 à Bangui entre le gouvernement et les groupes armés.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est que le camp Dologuelé et Mboli-Goumba a envoyé chacun un représentant de son parti dans le  gouvernement Ngrebada dit « gouvernement inclusif », ce qui n’est pas du goût d’un des deux camps qui a demandé à son représentant de se retirer de ce nouveau gouvernement après sa mise en place.

Un leader de l’opposition démocratique regrette le comportement de leurs pairs qui ont décidé de maintenir leurs représentants dans le gouvernement «C’est déplorable pour nos amis qui se réclament de l’opposition mais se laissent manipuler par l’exécutif pour bénéficier d’un département ministériel. Vous voyez comment l’URCA et PATRIE  se font avoir facilement», a regretté cet homme politique contacté par RJDH.

Pour un analyste politique centrafricain interrogé par RJDH, il pense pour sa part que chacun d’entre eux a le droit de prendre une décision personnelle du fait  qu’ils ne sont pas dans la même dynamique, «Actuellement il n’y a pas un texte qui stipule que l’opposition démocratique doit avoir une alliance avec un chef de file ayant mission de suivre les actions du gouvernement afin de dénoncer les maux sociaux. Je vais vous donner un exemple concret. Avec l’opposition de 2005 au 2013 du régime de Bozizé avec son chef de file, Martin Ziguélé et autres partis d’opposition ils avaient décidé de faire une alliance pour combattre la dictature du régime de l’époque », a précisé cet analyste. Une manière pour ce dernier de comparer l’opposition d’avant avec celle d’aujourd’hui qui ne s’inscrit pas dans cette dynamique.

Outre cela, il déclare qu’il n’y a plus d’opposition démocratique aujourd’hui en face du pouvoir de Bangui, « ils se sont dissous dans un moule et chacun se bat pour sa survie sur l’échiquier politique national ». Ces derniers temps, nous assistons à une reconfiguration des partis politiques dits de l’opposition ou de la majorité présidentielle qui se rejoignent  sur un point pour se prononcer sur la vie politique nationale. Se dirige-t-on vers un nouvel dynamisme politique en Centrafrique ? Où serait la place du peuple dans cette guerre de positionnement ? Nous ne saurons le dire, le temps en dira long à cet effet.

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