Centrafrique : Évaluation des besoins humanitaires à Paoua et ses environs

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BANGUI, 25 aout 2018 (RJDH)–La Coordination humanitaire et le ministère de l’action humanitaire ont organisé du 22 au 23 aout une mission autour de Paoua au nord du pays, afin d’évaluer les besoins des retournés pour une réponse appropriée.

Près de 75.000 personnes avaient fui leurs localités pour se réfugier à Paoua suite aux violences qui ont opposé les groupes armés rivaux dans la région. Huit mois après cette vague de déplacement, il n’en reste que 2.500 dans la ville de Paoua. Les personnes retournées se sont confrontées à des difficultés dans leurs zones de retour. C’est dans ce contexte que cette mission élargie d’évaluation s’est diligentée dans les villages et communes de retour de ces retournés.

Najat Rochdi, coordonnatrice humanitaire en Centrafrique a présenté l’objectif de ce déplacement « Nous sommes là pour comprendre les déficits des retournés. Nous ne voulons pas que les gens restent dans les camps. La meilleure solution ce qu’ils retournent dans leurs villages et nous voulons nous rassurer dans quelles conditions ils vivent », a-t-elle déclaré.

De Paoua à Bémal en passant par Bétoko, les besoins des retournés sont presque les mêmes. « Il nous manque de centre de santé ainsi que les médicaments, de l’eau potable et nous éprouvons le problème lié à l’éducation. Bientôt sera la rentrée scolaire mais l’école manque de tout », a confié un retourné de Bétoko.

« Nombreux sont ceux qui n’ont pas encore reconstruit leurs maisons incendiées par des rebelles », a  énuméré Philémon, un habitant de Bémal, localité à plus de 600 Km de Bangui et à 17 Km de la frontière avec le Tchad.

Même si les gros problèmes restent la santé, l’eau,  l’éducation et l’alimentation équilibrée, la relance de l’agriculture dans cette zone considérée comme « le grenier de la Centrafrique » reste encore timide. « Nous ne pouvons pas aller au-delà de 5 km pour cultiver. Nous avons encore la peur de rencontrer les rebelles, bien que les FACA et les casques bleus sont là », s’est inquiet une habitante de Beboura 3.

Virginie Mbaïkoua, ministère Centrafricaine de la réconciliation nationale et de l’action humanitaire projette les retombées de cette mission d’évaluation, « Avec la délégation humanitaire ici présente, nous allons préparer les réponses appropriées. Déjà, quelques distributions des semences sont en cours et les non-vivres suivront. Les questions de la santé, de l’éducation, de la sécurité, nous allons nous attelés », a confié le membre du gouvernement.

« Le gros problème de l’axe Pendé reste l’accès. Les ponts sont cassés et des hommes armés ont creusé des trous sur d’autres afin d’empêcher les patrouilles et l’accès humanitaire. Pour tout le long jusqu’à la frontière, il nous faudra réhabiliter ou construire 17 ponts. Je ferais le plaidoyer au gouvernement », a souligné Virginie Mbaïkoua.

Cette mission conjointe d’évaluation précède à une réponse humanitaire à ces retournés qui n’aspirent qu’à la sécurité afin de reprendre normalement les activités agricoles, poumons économique de la région de l’Ouham-Pendé au nord du pays.

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L'auteur

Fridolin Ngoulou est journaliste de formation et Rédacteur en Chef du RJDH. Il est ressortissant du département des sciences de l'information et de la communication de l'Université de Bangui, où il a obtenu sa licence, première promotion en 2012. Au RJDH, il a travaillé de 2014 à 2017 comme Journaliste Reporter, Webmaster et spécialiste des médias sociaux avant d'être nommé Rédacteur en Chef le 18 Janvier 2018. Il est membre de plusieurs organisations professionnelles des médias.

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