Centrafrique : Équation à plusieurs inconnues

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BANGUI, 9 septembre 2017 (RJDH)–La République Centrafricaine et ses partenaires courent toujours derrière la résolution de la crise  déclenchée fin 2012. Dans cette dynamique, plusieurs Accords sont signés entre le gouvernement et les groupes armés et parfois exclusivement entre les protagonistes.

Depuis les dernières élections ayant conduit à l’installation de nouvelles institutions, le Président de la République a mis l’accent sur le DDRR qui, pour lui, constitue la voie indiquée pour sortir de la crise actuelle.

Ce processus qui constitue une avancée notable vers la paix, a connu l’adhésion des 14 groupes armés que compte le pays. Cette adhésion est bien soutenue par le besoin de réconciliation que ces groupes armés n’ont cessé de manifester. L’équation devient alors à plusieurs inconnues du fait que les groupes armés, bien que signataires de plusieurs Accords, continuent de commettre des exactions sur les populations civiles ou de s’entretuer. Cette attitude aux antipodes  de la volonté manifeste d’aller vers la paix est bien  difficile à saisir. Aussi, le processus est accompagné par des efforts en matière de dialogue et de réconciliation, projet que le peuple salue mais il exige qu’il n’empiète pas sur la justice, qui doit faire son travail.

Nous sommes là face à un dilemme. Car comment attendre la justice des gens qui l’évitent par des armes? Le DDRR, seul, n’arrange donc pas les choses pour les groupes armés. Le Président de la République a certes donné sa vision: faire le DDRR et la réconciliation sans casser le cou à la justice. Mais pour atteindre ces objectifs, il lui faudra faire avec la réticence de ceux qui comptent sur les armes  pour éviter la justice. Ce sont les inconnues qui entourent la question de réconciliation, du DDRR et de la justice, qui pourraient expliquer les volte-face réguliers des groupes armés aujourd’hui sur le terrain.

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