Centrafrique : Enquête judiciaire ouverte après les violences lors du match Zarasclo-New-Tech

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BANGUI,  4 Décembre 2017(RJDH)—La demi-finale de la Coupe du 1er décembre 2017 opposant New-Tech et Zarasclo restera un mauvais souvenir pour le basket centrafricain. Sur une faute contre New-Tech dans les dernières secondes du match, des supporters du club ont envahi le parquet pour agresser les officiels et vandaliser les matériels.

Le 1er décembre, la République Centrafricaine célébrera son accession à l’autonomie interne. Dans ce cadre, la Fédération Centrafricaine de Basket-Ball (FCBB) a lancé il y a quelques jours, les éliminatoires de la Coupe du 1er décembre (Dame et Homme). Le 27 novembre, la demi-finale entre les clubs Zarasclo et News-Tech était arrêtée par l’agression des officiels de la rencontre par des supporters qui seraient proches de News-Tech.

Après cet événement dramatique, la FCBB a saisi la justice qui a ouvert une information judiciaire. Dans son communiqué publié le 02 décembre sur sa page Facebook, la FCBB a rappelé qu’ « une enquête est en cours pour identifier formellement les auteurs des agressions et destructions de matériel. Un certificat médical est attendu par rapport aux agressions des arbitres ». Ainsi, pour faciliter le travail de l’Huissier de justice, l’instance du basket centrafricain « prie toute personne ayant assisté à ce match et qui aurait capté des images sur smartphones, de se rapprocher de la FCBB pour compléments de pièces d’enquêtes ».

Action – Réaction ?

Avant la saisine de la justice, la Commission Technique de la Fédération, s’était réunie le lendemain des incidents et « avait pris des mesures conservatoires». Dans l’extrait du procès-verbal de l’homologation des matches, la FCBB attribue l’agression des officiels aux supporters de News-Tech. Et à titre conservatoire, « le club News-Tech Senior Garçon est suspendu de toutes les compétitions ». S’agissant des supporters de News-Tech bien identifiés sont interdits d’accès au stade lors des compétitions officielles pour lesquelles le club New-Tech toutes catégories confondues serait engagé sous peine de perte de match par pénalité, peut-on noter des sources proches de la fédération.

Une décision difficile pour le club leader du championnat. En commentant cette mesure conservatoire, Thomas Joly Ngbonga impute la responsabilité de l’agression des officiels du match à la Fédération qui n’a pas pris des dispositions sécuritaires. « Vous ne cessez jamais d’extérioriser vos limites et vos incapacités à diriger cette fédération centrafricaine de basket-ball. Vous êtes responsables de ces incidents. Comment comprendre qu’un événement qui réunit des centaines de personnes ne soit pas sécurisé par les forces de l’ordre ? », s’est-t-il interrogé.

Demi-satisfaction d’Achille Doungou, président du club de Basket Racing : « Au-moins pour une fois la fédération a pris ses responsabilités. Oui parce que cette fois-ci les auteurs sont ceux qui ne sont pas des proches », a-t-il dénoncé.

Que s’était-t-il passé ?

A égalité de points (66 partout) à 3 secondes de la fin de la demi-finale opposant le 27 novembre les clubs Zarasclo et News-Tech, le match est arrêté par des supporters en colère. L’un des arbitres de la rencontre a sifflé une faute sur Luigi Goh (Zarasclo) qui tentait un tir à 3 points. La faute est sanctionnée par 3 lancers francs dont la réussite donnerait la victoire à Zarasclo.

Sur cette décision, des supporters qui seraient proches de News-Tech ont envahi le parquet pour agresser les arbitres et vandaliser des installations. Selon un témoin proche du club que nous avons joint, ce sont « la médiocrité et la malhonnêteté des officiels du match qui ont d’abord suscité une première reproche des joueurs ».

Profitant de l’absence de force de l’ordre pour assurer la sécurité et en dépit de l’intervention de certains joueurs, l’ire des fans était à son comble. Alerter, les forces de sécurité sont intervenues pour ramener le calme et procéder aux arrestations des supporters ultras.

Cet incident a été condamné par les fans du basket dont certains estiment que le manque de professionnalisme des arbitres est la cause. Pour d’autres, si un club est zélé, il fera mieux de recourir aux procédures administratives que d’user de la force pour réclamer ses droits ou dénoncer un forfait.

« Triste soirée pour mon sport. Dans ma Centrafrique natale qui a tant besoin de concorde et de cohésion par ces temps durs », a regretté l’ancien joueur basketteur Hervé Ngoko-Gongolo sur Facebook. Pour lui, dans une Centrafrique confrontée à une fracture sociale entre des communautés, cet acte doit être sanctionné. « Ces comportements sont inadmissibles dans le contexte social de notre pays et il serait irresponsable de manquer de sévérité… », a-t-il souligné en encourageant les instances du basket à prendre « les mesures nécessaires sans trembler ».

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