Centrafrique : Des dossiers de victimes préparés par des organisations de la société civile pour la CPS

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BANGUI, 24 juin 2017 (RJDH)–De nombreuses organisations de la société civile ont annoncé la préparation des dossiers pour la saisine de la Cour Pénale Spéciale. Les leaders de ces structures interrogés affirment être guidés par la volonté de combattre l’impunité en Centrafrique. 

La Cour Pénale Spéciale se met en place et les organisations de la société civiles peaufinent leurs armés. Plusieurs d’entre elles ont affirmé avoir constitué des dossiers qui seront déposés au niveau de cette cour pour que justice soit rendue.

La Commission Episcopale Justice et Paix qui a commencé l’enregistré des victimes depuis 2014, dit avoir rassemblée plus de 5000 dossiers pour la Cour Pénale Spéciale, «nous avons recensé environ 5.285 dossiers qui seront présentés à cette instance judiciaire » confie l’abbé  Frederic Nakombo, secrétaire général de cette commission. La CEPJ a créé un réseau pour défendre les victimes qui se sont fait enregistrées auprès d’elle.

La Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme a promis se constitué partie civile devant la Cour Pénale Spéciale pour défendre les victimes. Selon son président Joseph Bindoumi, plus de 6000 dossiers sont prêts et l’enregistrement continue car la ligue n’entend pas se limiter à 2015, « nous avons un dossier plus précis et détaillé que Mapping.  Non seulement que nous avons des faits comme Mapping, nous avons pu identifier les auteurs, des témoins des dates précises et des endroits. Vous comprenez que partant de notre dossiers, la CPS n’aura pas à se tracasser parce qu’il s’agira que d’appeler les gens cités pour les entendre et voir comment monter la procédure » explique le magistrat Joseph Bindoumi.

L’OCDH a aussi annoncé sa disponibilité à se constituer partie civile devant la cour. Selon Me Mathias Morouba, les victimes ont besoin d’appui de tout genre pour s’engager, « c’est pour cette raison que nous serons là pour apporter cette aide en dehors de dossiers que nous sommes en train de constituer afin de nous présenter devant la cour au moment venu », explique t-il.

La Coalition pour la CPS est aussi dans la même dynamique, selon son coordonnateur. Des associations des victimes créées à Bangui sont aussi en train de constituer des dossiers. C’est le cas de AVED et ASVI qui selon les informations données par leurs responsables, seraient à hauteur de 1500 dossier chacune.

L’association des Femmes Juristes de Centrafrique (AFJC), travaille aussi dans ce sens mais en partenariat avec le gouvernement à travers le ministère  des Affaires Sociales.

La Cour Pénale Spéciale est créée pour instruire, enquêter et juger les crimes graves commis en Centrafrique entre 2003 et 2015. Son mandat s’étale sur la présidence de quatre chefs d’Etat notamment Ange Félix Patassé, François Bozizé, Michel Djotodia et Catherine Samba-Panza. Les organisations de la société civile lors de la publication du rapport Mapping ont souhaité que le mandat soit prolongé jusqu’en 2017.

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L'auteur

Fridolin Ngoulou est journaliste de formation. Il est ressortissant du département des sciences de l'information et de la communication de l'Université de Bangui, où il a obtenu sa licence, première promotion en 2012. Au RJDH, il est Journaliste Reporter, Webmaster et spécialiste des médias sociaux depuis avril 2014. Il est membre de plusieurs organisations professionnelles des médias.

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