Centrafrique : Une dizaine de cas de viols sur mineur enregistrés dans le sud-ouest

0

BANGUI, 08 févriers 2017 (RJDH) — A la fin ou au début de chaque année, l’heure est au bilan et aux perspectives d’avenir. Au cours d’une interview accordée au RJDH, le défenseur des Droits de l’Homme et de l’Environnement, Jean Bruno Ngougnogbia chef du « projet Verdir-RCA » a rapporté qu’une dizaine de cas de viol sur mineur a été recensée dans les préfectures de la Sangha-Mbaéré, de la Mambere-Kadeï et de la Lobaye en 2016. Face à cette situation déplorée par l’ONG, le programme «Verdir-RCA » promet un plaidoyer contre ces pratiques en 2017 pour interpeller les autorités nationales et la communauté internationale.

RJDH : Jean Bruno Ngougnogbia bonjour !

JBN : Bonjour monsieur le Journaliste !

RJDH : Vous êtes le chef du projet « Verdir », Respect pour les Droits de l’Homme, quel bilan faites-vous de l’année 2016 sur les questions des Droits de l’Homme et de l’environnement dans les préfectures du sud-ouest de la République Centrafricaine?

JBN : Mieux vaut tard que jamais, je présente mes vœux de réussite pour l’année 2017. Dans le cadre de notre attribution, nous avons constaté des cas de violations dans le cadre de la mise en œuvre du projet, particulièrement dans les préfectures du sud-ouest du pays : la Sangha-Mbaéré, la Mambéré-Kadeï, la Lobaye et plus précisément auprès des communautés, des exploitants miniers et forestiers.

Pour cette année 2016, nous avons reçu des cas de viols qui ont été commis par la communauté Bantous sur le peuple pygmée. Et nous avons alerté les autorités locales sur ces affaires. Aussi, il faut citer la violation des Droits des communautés en ce qui concerne la consultation. Parce que certaines communautés ont désapprouvé l’occupation des zones par des exploitants miniers et forestiers qui limitent le champ d’activité des peuples vulnérables. Ces cas sont nombreux, mais nous essayons au fur et à mesure de les gérer afin de lutter contre la pratique dans les zones d’interventions de nos programmes.

RJDH : Avez-vous les statistiques des cas de violations et de viols sur mineur enregistrés en 2016?

JBN : Dans nos zones  d’intervention, nous avons recensé plus d’une dizaine de cas de violations que nous qualifions de très fragrante et qui méritent que l’opinion nationale lui accorde une attention particulière.

En exemple, un citoyen lambda qui viole une fille parfois âgée de neuf ans, cela est vraiment déplorable. L’autre cas est celui de déguerpissement des communautés autochtones dans certaines zones par des exploitants miniers ou forestiers. A Mokotobilo, une entreprise a promis de dédommager des occupants d’un site d’exploitation. Au finish, cette société n’a pas honoré son engagement. Ces cas sont similaires je peux le dire pour les communautés de Binawoyo et d’autres localités couvertes par notre  organisation.

RJDH : Alors Mr, quelle assistance apportez-vous aux victimes de viols et des violations des droits humains?

JBN : Premièrement, si nous avons des cas de viol, nous apportons une assistance psychosociale et sanitaire à la victime. Et pour les auteurs, nous déposons une plainte afin qu’il soit poursuivi par la justice. Présentement, trois dossiers sont devant les autorités pour des cas de viol sur mineur que nous avons enregistrés dernièrement et l’affaire suit son cours.

RJDH : Bilan 2016 fait, alors quels sont vos projets ou perspectives pour 2017 dans le cadre de la défense des droits humains et de l’environnement?

JBN : Comme nous l’avons souligné au début de notre entretien, nous avons beaucoup d’activités en 2016. Pour cette année, nous mettrons un accent particulier sur la communication pour faire la lumière sur les faits recensés dans les zones d’intervention. Le but est de rendre public les exactions commises par certaines communautés au bénéfice des peuples vulnérables, de recenser tout ce qui se passe autour de nos ressources minières et forestières afin que leurs auteurs soient punis et les détenteurs de permis respectent également au moins les droits coutumiers des peuples autochtones.

RJDH : Justement, à propos des exploitants miniers et forestiers, quels types de relations existent entre vous ces sociétés forestières en Centrafrique?

JBN : Dans certains endroits où nous travaillons, certains exploitants établis, portent des regards très critiques et cherchent à nous mettre en conflit avec les autorités locales. Alors que notre mission est de mettre à la disposition de la population, des messages et de faire un plaidoyer en matière de gestion rationnelle de nos ressources. Car dans certaines zones où nous avons fréquentées, il y a des superpositions entre les permis miniers et forestiers, et donc nous avons inscrit dans le programme de l’année 2017, de nous rapprocher auprès des exploitants pour respecter au moins des clauses de manières à ce que l’environnement de la République Centrafricaine puisse rester sain au bénéfice de la génération future.

RJDH : Monsieur Jean Bruno Ngougnogbia, merci.

JBN : Je vous en prie Monsieur le Journaliste.

Propos recueillis par Judicaël Yongo.

Partage.

L'auteur

Judicaël Yongo est ressortissant du Département des Sciences de l’Information et de la Communication (DSIC) à l’Université de Bangui. Titulaire d’une Licence en Journalisme, il est actuellement Journaliste-Reporter au Réseau des Journalistes pour les Droits l’Homme à Bangui (RJDH).

Commenter