Centrafrique : Disparition du dossier d’instruction de Camille Lepage à Bangui

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BANGUI, le 12 Mai 2018 (RJDH) — Cela fait quatre ans, jour pour jour que la journaliste française, Camille Lepage trouvait la mort dans une embuscade à Bouar (Ouest Centrafrique) au cours d’un reportage. Ses assassins ne sont pas encore identifiés et son dossier d’instruction a disparu à Bangui.

L’avocat de la famille Lepage, Maître Vincent Fillola était à Bangui il y a quelques semaines. Celui-ci s’est confronté à de nombreuses difficultés dans son travail. « Le dossier d’instruction sur l’affaire Camille Lepage a tout simplement disparu », a indiqué Reporters Sans Frontières.

Les vraies raisons de la disparition du dossier n’ont pas été connues, mais Reporters Sans Frontières a jugé que « l’instabilité politique qui perdure en Centrafrique et qui entraîne de nombreux changements de magistrats pourrait être à l’origine de la perte du dossier ». Du coup, le procès d’assises qui devait être organisé début 2018 a été reporté à une date ultérieure, mais RSF persistent pour que le dossier soit retrouvé. « Nous comptons sur les autorités centrafricaines pour tout mettre en œuvre et retrouver le dossier d’instruction sur le meurtre de Camille Lepage », déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

A propos de la disparition du dossier de l’assassinat de Camille Lepage, cela ne surprend guère Orphée Douaclé Ketté, un observateur de la vie publique du pays. Il a souligné sur son compte Twitter que « Camille Lepage fait partie des milliers de victimes de cette crise que la justice en France comme en Centrafrique ignore ostensiblement ».

Si la situation sécuritaire n’était pas favorable il y a quatre ans, le conseil de la famille Lepage insiste sur la reconstitution des faits et une enquête sur les lieux de l’assassinat comme recommandé en cas d’assassinat. C’est aussi les vœux des  enquêteurs comme les magistrats qui « assurent que les conditions actuelles permettent de se rendre sur les lieux, avec l’appui de la Minusca et des services judiciaires français ».

En dépit de toutes ces difficultés, la mère de la victime, Maryvonne Lepage persiste ne baisse pas les bras et veut aboutir à un procès. « A défaut de pouvoir mettre un nom sur la personne qui avait le doigt sur la gâchette, il est indispensable d’identifier au moins le groupe des assaillants », a-t-elle souhaité. Pour Maryvonne Lepage, l’aboutissement de cette enquête à un procès «  peut aider d’autres familles à persévérer dans leur propre enquête, ou remettre à l’ordre du jour certains dossiers trop tôt oubliés ».

La journaliste Camille Lepage était assassinée le 12 mai 2014 en Centrafrique. D’autres professionnels des médias centrafricains ont été aussi victimes des groupes armés aux pires moments de la crise en RCA.

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