Centrafrique : Des faits qui ont conduit Rodrigue Ngaïbona alias Général Andjilo devant la barre

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BANGUI, 18 Janvier 2018 (RJDH) —Le chef Anti-Balaka Rodrigue Ngaïbona alias Général Andjilo comparait depuis le 11 Janvier devant les juges de la Cour Criminelle à Bangui pour plusieurs chefs d’accusation. Quels sont les faits qui ont conduit Andjilo devant la barre?

Après la prise de pouvoir de la rébellion de la Séléka le 24 mars 2013 faisant chuter le général d’armée François Bozizé, un climat de répression et des violations des droits de l’Homme s’est instauré. C’est dans ce contexte que la milice Anti-Balaka s’est constituée pour barrer la route aux exactions des éléments de la Séléka. Le 5 décembre 2013, les Anti-Balaka entrent dans Bangui et tentent un coup de force.

Rodrigue Ngaïbona alias Général Andjilo, venu de Bouca dans l’Ouham avec au moins 300 éléments a fait le choix de Bangui comme quartier général, la ville de Bouca devant servir de base arrière en cas de repli. Après la démission de Michel Djotodia, le 10 janvier 2014, sous la pression de la communauté internationale, Andjilo installe ses quartiers généraux dans le 4e Arrondissement de Bangui, notamment à Boy-Rabe.

Plusieurs exactions, violations des droits de l’Homme sont alors enregistrés. Andilo est présumé auteur de nombreux braquages de motos, de véhicules appartenant à des particuliers ou à des organismes humanitaires, des vols à main armée, des enlèvements, des viols, de liquidations systématiques, des assassinats et d’attaques contre des civils dans de nombreuses régions du pays

Une opération conjointe pour arrêter Andilo a été menée à la fin du mois d’Octobre 2014 par les soldats français de l’opération Sangaris et par des membres de l’équipe spéciale d’enquête de la gendarmerie du quartier de Boy Rabe à Bangui. Même si l’opération a échoué, plusieurs individus soupçonnés d’appartenir au groupe visé ont été arrêtés et transférés à la prison centrale de Bangui. Fin novembre 2014, les autorités centrafricaines ont poursuivi les recherches pour retrouver ces personnes et de nombreux autres membres des groupes armés.

Plus tard, le 17 janvier 2015, le redoutable chef des Anti-Balaka, Rodrigue Ngaïbona alias Andjilo, a été arrêté à Bouca, par des éléments camerounais de la Minusca avant d’être transféré à Bangui.

Plusieurs plaintes ont alors été déposées, notamment pour l’assassinat le 9 octobre 2014 du gendarme de 2e classe Francis Maléssara, celui de l’Adjoint au Maire de Bouca, Gilbert Wikila le 4 février 2014, l’assassinat de Tambala au Pk55 le 9 janvier 2015, la séquestration de Barnabé Bizimbi, de son fils et de Ngayoko et vol de 4 motos en janvier 2015. Le vol de véhicule du PAM, de celui de Zoumbeti le 7 juin 2014, le camion de Sikos, le véhicule de Bifoyo Parfait, de Touabena le 16 octobre 2014 et la moto de Mlle Inzapa.

Poursuivi pour plusieurs chefs d’accusations dont assassinat, vol aggravé, vol à mains armées, association des malfaiteurs, détention illégale d’armes et munitions de guerre, séquestration et recels de vol, Andjilo comparait depuis le 11 Janvier 2018 lors de la Cour criminelle à Bangui.

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L'auteur

Fridolin Ngoulou est journaliste de formation et Rédacteur en Chef du RJDH. Il est ressortissant du département des sciences de l'information et de la communication de l'Université de Bangui, où il a obtenu sa licence, première promotion en 2012. Au RJDH, il a travaillé de 2014 à 2017 comme Journaliste Reporter, Webmaster et spécialiste des médias sociaux avant d'être nommé Rédacteur en Chef le 18 Janvier 2018. Il est membre de plusieurs organisations professionnelles des médias.

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